Compte rendu d'un long moment à regarder dedans.

La partie de la conscience qui observait est restée aussi calme, tranquille, neutre que possible, pendant 1 h 30 / 2 heures, très concentrée. 

Plusieurs choses plus significatives se sont passé.

1) Vision d'une usine désaffectée

Le corps semblait être une usine désaffectée. 

Cela ressemblait vaguement à cela, il y avait plusieurs grands hangars désaffectés. Pas aussi grand que celui-ci mais plusieurs. Et puis avec moins d'ouverture, moins de lumière. Et il y avait deux niveaux. La couleur dominante était le marron. Une ambiance assez figée, la conscience avait une sorte de vue d'ensemble mais ne se promenait pas vraiment d'un hangar à l'autre. C'était assez inerte, pas très virant tout ça, pas beaucoup de vie là-dedans,  et cela a duré assez longtemps et puis il s'est passé plusieurs choses.

2) Quelques tubes d'aciers carrés sont apparus. 

Je les sentais dans mon corps, je me disais que cela devait être des bouts de méridiens, des bouts de nerfs mais l'aspect carré m'a beaucoup surpris... parce que dans la structure intérieure, tous les circuits sont ronds, circulaires. Je sentais dans mon corps un travail énergétique se faire sur ces tubes, ils recevaient une pression et évidemment, ils résistaient...

3) Dés métalliques

Et puis, à un autre moment, ces tubes d'acier, la sensation était vraiment métallique, semblent avoir explosé en mille morceaux...

À moins que je confonde car c'était hier, le souvenir est moins clair. Peu importe, ce qui m'a marqué était qu'il y avait des milliers de morceaux qui flottaient à dans l'intérieur de la conscience corporelle. On aurait dit des petits dés en métal. Ce qui m'a beaucoup frappé c'était que chaque dé semblait être quelque chose que j'avais vécu, un acte, une pensée, un souvenir, une mémoire, une émotion, un sentiment... n'importe quoi. Et tous ces petits morceaux en flottement étaient carrés... C'était très frappant. j'en étais un peu gêné, comme si cela disait quelque chose de ma personnalité. 

Ces tubes et ces petits dés semblent être des visions symboliques de ma structure interne.... et en l'occurence, tout volait en éclat. 

Pourtant, dans la vision de cette usine désaffectée  rien ne changeait vraiment, c'était assez désert. De temps en temps, il y avait comme au loin l'impression d'une personne ici ou là de passage, mais je ne la voyais pas clairement et ça ne m'intéressait pas trop. 

Par contre, dans le corps, il y avait une multitude de micro-sensations. 

4) Fabriquer un autre corps

Et puis, tout à coup, je ne sais plus comment c'est venu... en tout cas après une sorte de moment vide, dans lequel plus rien ne semblait se passer, une prière à jailli : fabriquer un autre corps.

Alors, instantanément, l'usine désaffectée s'est rempli d'une multitude grouillante et affairée.... on aurait dit un film passé en accéléré.

Et les êtres agissant me semblait une multitude et avoir la taille de nains... 

Je me souviens qu'en arrière plan de cette longue observation intérieure, il y avait l'idée à peu près constante d'abdiquer la personne. Mais avant ce moment-là précis, il me semble avoir invoqué la Grâce, m'être tourné vers la Grâce. Et c'est à ce moment qu'a jailli ce : fabriquer un autre corps. 

Cela a jailli comme un cri de joie, et aussitôt cette multitude d'êtres de petites tailles a jaillit et s'est mis à travailler, travailler, travailler dans une joie enthousiaste, exubérante....

Mais ce n'était pas une joie émotionnelle. Je veux dire que j'étais dans la conscience observatrice, je la voyais, je la ressentais, mais je ne la vivais pas. Il y avait une distance avec elle. Je regardais cela un peu ahuri. Cela a duré de nombreuses minutes... 

Je ne sais plus si le mot d'ordre était : "fabriquer un autre corps" ou "fabriquer un autre être"

J'ai lu Sri Aurobindo, Mère, Satrem et jamais je ne m'étais donner de type d'ordre intérieur, je n'en ai même jamais eu l'idée. Je ne savais même pas qu'il était possible de faire ça. Il ne se passait rien dans cette usine désaffectée  l'ordre a été donné et immédiatement une activité s'est enclenchée dans le secret des structures du corps... 

Avant, je me souviens avoir espéré trouver - toucher la paix, être consolé, avoir des sensations agréables, des perceptions de l'infini, ce genre de choses. Que dalle ! Jamais je ne touche ces trucs là et comme je comprends bien Satprem qui disait que l'action était presque mécanique. Pas de place pour les sentiments. Je me demande bien où est la psychologie dans tout ça. J'aimerais bien, parfois, décoller, aller planer un peu là-haut, je reste inexorablement collé au corps, et dans le corps, mazette, je ne sais pas s'il y a toutes les résistances du monde, mais il y en a bien assez comme ça. 

Et puis l'activité joyeuse et tourbillonnante des petits lutins de la transformation s'est arrêté immédiatement.... me laissant dans un état.... je ne sais plus. Tout vibrant. Ensuite, incapable de me rendormir, je suis allé faire une promenade nocturne assez longue sur les quais des canaux. 

5) Travail sur la douleur

À mon retour, je me suis remis en concentration pour un travail sur cette douleur à gauche qui m'enquiquine depuis trois jours. J'ai essayé d'offrir la douleur au Divin, d'éveiller la Présence divine à cet endroit etc...

Sans trop de résultat.

Je me suis souvenu un peu dépité que Mère a souvent parlé de douleurs qui pouvaient disparaitre instantanément. Sauf que moi, je n'y arrive pas. Le savoir a peu d'intérêt, c'est le savoir faire qui compte. 

À un moment donné, quelque chose s'est passé dans la conscience : une prise de conscience, justement, que toutes mes tentatives, toute ma façon d'être étaient liées à une attente, une attente de résultat.  Il y a un un déclic, presque sonore, avec une sensation dans la tête, comme un craquement, pour lâcher prise sur les attentes de résultat.

J'ignore combien de temps cela durera.

Alors j'ai essayé autre chose, de projeter la vibration du AUM sur la douleur. Aussitôt un petit espace s'est ouvert dans la tête, c'était très curieux, c'était comme ouvrir un petit hublot, rond, à peine un centimètre de diamètre, et une voix a commencé à me répéter, répéter...: "tu n'est qu'une merde, tu es un incapable, tu n'y arriveras pas".

Placé dans la conscience observatrice, j'ai vu le coeur se resserrer et se fermer de tristesse, se durcir, hésiter un instant... et puis, choisir de continuer quand même, de ne pas écouter cette petite voix aigrelette et de continuer à projeter le son AUM sur la douleur. Au bout d'une douzaine de fois, le petit hublot s'est refermé et la petite voix a cessé de répéter ses méchancetés. 

Au final, la douleur n'a pas complètement disparue mais disons que l'intensité et la fréquence des élancements a diminué. 

À suivre... 

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