Compte-tenu des circonstances actuelles, je ressens le besoin de publier à nouveau un large extrait de L'Agenda de Mère du 19 octobre 1963.

J'en viens à la conclusion qu'il doit y avoir un grand pouvoir (un pouvoir probablement transformateur) dans l'extrême tension des circonstances.

Je m'explique :

L'Aide est toujours là, en ce sens que l'on sent d'une façon indiscutable que la Force agit (la «Force», c'est-à-dire la Conscience suprême et la Connaissance suprême), qu'elle agit avec une sorte de pression sur tous les gens et toutes les circonstances, dans un sens favorable pour que ce soit vraiment le mieux qui arrive – et le mieux hiérarchiquement, c'est-à-dire que ce qui est le plus haut et le plus pur (tu sais ma définition de «pur») est comme le centre pour lequel les choses s'organisent ; elles s'organisent hiérarchiquement, chacune avec son «droit au progrès», mais comme en faveur de ce qui est le plus proche et le plus expressif du Divin – ça, c'est constant, je le vois à des centaines d'exemples tout le temps. Et pourtant, au point de vue des circonstances extérieures, il y a une telle tension qu'on a l'impression que l'on est proche de la catastrophe.

Sri Aurobindo m'a dit qu'il y avait trois difficultés, et ce sont les trois choses à vaincre pour que la terre soit prête (du point de vue purement extérieur, il n'est pas question de facteurs psychologiques) : le gouvernement, l'argent, la santé.

Des trois, c'est la santé qui est le plus directement en rapport avec la transformation intérieure, mais pas complètement parce qu'elle dépend constamment de ce qui vient du dehors : les influences, les vibrations – les contagions du dehors. On est obligé de manger : tout ce que l'on reçoit avec la nourriture, c'est fantastique ! Il y en a tellement que manger représente un travail considérable – la digestion physique n'est rien, mais le travail d'assimilation et d'adaptation de tout le reste est considérable. Par conséquent, des trois, c'est la santé qui est le plus directement sous l'influence du progrès intérieur, mais pas complètement comme je l'ai dit. Donc, ça aussi est à conquérir.

Pour l'argent, quand Sri Aurobindo était ici, il n'y avait pas de problème : tout ce dont on avait besoin venait. Pourtant les deux dernières années commençaient à être plus difficiles et je disais toujours, comme je crois te l'avoir déjà dit, que cela dépendait de la mauvaise attitude des gens autour ; ça représente un problème considérable, cette mauvaise attitude – ça a été de mal en pis, c'est devenu tout à fait aigu.

Pour le gouvernement, ça a suivi une courbe opposée : au début, c'était d'une hostilité effroyable, c'est-à-dire que pour simplement garder la possibilité de rester ici, c'était un problème de chaque minute. Et Sri Aurobindo m'a dit que, probablement les deux, santé et argent céderaient ensemble ; peut-être la santé d'abord et l'argent après mais pas avec une grande différence.

Et il m'a dit : «Pour le gouvernement, il n'y a qu'une solution, une seule, c'est d'ÊTRE le gouvernement.» Si l'on n'est pas le gouvernement, on ne pourra jamais le vaincre, sauf quand la terre sera transformée ; mais alors il n'y aura plus de travail ! Voilà la situation. Tout est comme cela depuis... quarante ans, cinquante ans – plus de quarante ans.

Mais de plus en plus, à cause de mon travail intérieur, je deviens consciente des choses ; de plus en plus, je suis consciente de ce Soin, cette Sollicitude et cette Organisation hiérarchique des circonstances pour que ce soit la chose la plus précieuse et la plus utile pour le travail divin qui soit favorisée – naturellement pas d'une façon évidente, mais d'une façon intérieure. Et pourtant, dans les trois domaines – gouvernement, argent et santé –, cela arrive toujours à un point, un tel point de tension et de complication que si l'on n'avait pas cette certitude intérieure, ça indiquerait tout simplement la catastrophe, la culbute. Et c'est toujours quand c'est là que... (geste de renversement subit) tout se retourne – pas avant, pas une minute avant.

Et ce n'est pas pour me donner la foi – je l'ai ; ce n'est pas pour me donner la conscience – je l'ai ; c'est pour une raison extérieure. Je n'arrive pas encore à comprendre pourquoi. Parce que, intérieurement, même si l'on m'annonçait que tout serait démoli de la façon la plus tragique, je dis : «Bien.» – et en toute sincérité, n'est-ce pas, il n'y a rien nulle part qui se mette à protester ou à vibrer, rien du tout. Je dis bon. Mais je vois – je vois que dans cette tension, il y a une certaine puissance qui est libérée, comme une puissance assez intense pour guérir un tamas, pour changer un tamas (1).

1. Tamas : inertie, obscurité.

Quelques commentaires :

1) Mère revient à plusieurs reprises sur cette apparente nécessité de se trouver au bord de la catastrophe, dans une tension un peu extrême, pour guérir le tamas, ce qui en nous, en la société reste inerte, refuse d'avancer, de suivre le mouvement d'évolution, de transformation.

Ainsi, ce sont nos résistances au changement qui appellent et provoquent la catastrophe. Donc, si nous voulons aider, travaillons en nous à éliminer les fixations, cultivons la souplesse, ce que Sri Aurobindo-Mère appelaient la plasticité.

L'oeillet est la fleur de la plasticité 

Il me semble que nous sommes dans un moment d'extrême tension qui pourrait nous faire basculer dans une révolution, incontrôlable et extrêmement dangereuse. Il est donc nécessaire de garder son calme et de considérer que le danger n'est peut-être qu'apparent. En effet, Mère nous dit que c'est au dernier moment que le renversement a lieu. Ailleurs dans L'Agenda, Elle a dit que c'était quand tout semble perdu que tout était sauvé. 

Ainsi, cet Agenda nous permet une autre lecture des événements actuels, et de prendre un peu de recul par rapport à cette tension généralisée, de garder la foi. 

2) Ensuite, Elle nous rappelle que l'Aide est toujours là. C'est bon de s'en souvenir et nous incite à nous tourner vers l'Aide divine, n'hésitons pas à la solliciter. 

3) En 1963, bien peu aurait été en mesure de parler des dangers du pouvoir médical et il n'était pas encore question de Grand Reset. C'était il y a 57 ans. Et encore, Mère évoque une conversation avec Sri Aurobindo et cela remonte donc à probablement des dizaines d'années avant. Aujourd'hui, nous assistons sous nos yeux, à l'accomplissement de cette prophétie : l'écroulement du pouvoir médical et du pouvoir financier.

4) Plus loin dans cet Agenda, Mère explique qu'être le gouvernement signifie placer aux gouvernement des êtres sous l'influence de la conscience divine, la conscience de vérité. Ceci viendra plus tard, c'est la raison pour laquelle je ne publie rien de plus pour le moment. Sachant que vous avez le lien pour lire le texte intégral de cet Agenda. Ou si vous préférez écouter la voix de Mère, voici le lien vers l'enregistrement. 

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