Je me suis souvent dit que je publiais trop vite !

Quelques heures plus tard, n'arrivant à trouver le sommeil, je me replongeais dans la lecture de La Vie Divine de Sri Aurobindo, et heureuse surprise, il développait assez longuement les aspects "actifs-passifs" que j'évoquais quelques heures plus tôt dans mon article précédent. 

Ainsi, une fois de plus, c'est arrivé des centaines de fois, je cogite sur un sujet, une expérience intérieure arrive, et peu de temps après, de quelques heures à quelques jours, je lis quelque chose là dessus dans Sri Aurobindo-Mère- Satprem. C'est pour moi signe que je suis aligné sur leur vibration en particulier. 

Évidemment, Sri Aurobindo va infiniment plus loin que mes balbutiements, il consacre plusieurs pages à ce sujet et ne donnerai qu'un paragraphe en extrait, libres à vous d'utiliser le lien pour lire le chapitre entier. Toutefois, une idée de base de mon partage précédent était là : dans la passivité, il y a un grand-grand pouvoir de réalisation. Et ça, pour notre société dans laquelle nous sommes constamment invités à agir, être efficace etc, c'est un sacré pied de nez 😊!

Maintenant, il nous faut, en premier lieu, noter que cette passivité intérieure nous conduit d’une connaissance particulière et fragmentée à une connaissance plus grande, une et unificatrice, et, en second lieu, que si, dans l’état de passivité, nous nous ouvrons entièrement à ce qui est au-delà, nous pouvons prendre conscience d’un Pouvoir qui agit sur nous et sentir qu’il n’est pas nôtre dans un sens égoïste et limité, mais qu’il est universel ou transcendantal, et que ce Pouvoir œuvre par notre intermédiaire en vue d’un plus grand jeu de la Connaissance, un plus grand jeu de l’énergie, de l’action et des résultats dont nous sentons aussi qu’ils appartiennent, non point à nous mais au Divin, à Satchidânanda, et que nous n’en sommes que le champ ou le canal.

Dans les deux cas, le résultat se produit parce que notre conscience individuelle se repose de son action ignorante et limitée et s’ouvre au suprême état statique ou à l’action suprême.

Dans le second cas, celui de l’ouverture la plus dynamique, il y a un pouvoir et un jeu de la connaissance et de l’action, et cela, c’est Tapas (1) ; mais dans le premier aussi, dans la conscience statique, il y a évidemment un pouvoir de connaissance et une concentration de connaissance, ou tout au moins une concentration de conscience dans l’immobilité et une réalisation de soi, et cela aussi est Tapas.

Dès lors, il semblerait que le Tapas, la concentration du pouvoir de la conscience, soit le caractère propre à la conscience passive aussi bien qu’à la conscience active du Brahman, et que notre propre passivité aussi ait le caractère d’un Tapas invisible, qui lui sert de soutien et d’instrument. C’est une concentration d’énergie de la conscience qui, tant qu’elle dure, soutient toute création, toute action et toute kinesis ; mais c’est aussi une concentration du pouvoir de la conscience qui soutient intérieurement ou imprègne tout état, même la plus immobile passivité, même une immobilité infinie ou un silence éternel. (Page 612)

(1) : Tapas signifie littéralement chaleur ; il a ensuite le sens d’énergie, d’ascèse, d’austérité de la force consciente agissant sur elle-même ou sur son objet. Le monde a été créé par Tapas sous la forme d’un œuf, pour reprendre l’ancienne image ; de cet œuf brisé par Tapas, le feu d’incubation de la force consciente, le Purusha émerge, tel un oiseau.

Notons que le mot « penance » (« pénitence »), qui, dans les ouvrages de langue anglaise, traduit en général le mottapasyâ, est trompeur : l’idée de pénitence entre rarement dans les austérités pratiquées par les ascètes indiens, et la mortification du corps ne constituait pas non plus l’essence de ces pratiques, même sous leurs formes les plus extrêmes. Le but était plutôt d’échapper à l’emprise de la nature corporelle sur la conscience, ou d’insuffler à celle-ci et à la volonté une énergie supranormale, afin d’atteindre un objectif spirituel ou autre. (Page 610)

Par ailleurs, deux autres éléments me sont revenus en mémoire.

D'une part, le fameux non-agir des philosophies orientales et d'autre part, une confidence de Mère sur le monde supramental, le monde de vérité. Dans ce monde explique t-Elle, la matière obéit à la Volonté consciente et plus nous sommes en contact avec la vérité des choses, plus nous avons de pouvoir sur cette matière. 

Je trouve intéressant d'aborder la question de la santé, de la guérison, sous cet angle nouveau. Et puis, le 2 octobre 1961, Mère expliquait que les maladies étaient les mensonges du corps. 

Jamais je n'ai entendu un médecin aborder les choses de cette façon, ni même un naturopathe pour qui la santé repose sur une bonne alimentation, ou ce genre d'éléments. L'état naturel, l'état normal, l'état divin, c'est la santé, c'est l'harmonie, c'est l'équilibre.... Si quelque chose devient tordu, si une fausseté s'installe dans le fonctionnement, alors les désordres commencent et les maladies s'installent. 

Ainsi, sous cet angle, demander à ce que la vérité s'installe dans nos corps, poser cette intention-là, se poser la question si nos pensées, nos croyances, nos émotions, nos sentiments, nos actes... sont alignés avec ce que nous considérons comme vrai fait partie du processus de guérison. 

La vérité pleine et entière sera manifestée, c'est l'une des grandes-grandes promesses de Sri Aurobindo-Mère. Le Mensonge sous toutes ses formes sera révélé et balayé ; autant nous en séparer aussi vite que possible car je crains que si nous restons accrochés à des fonctionnements erronés  nous aussi, soyons balayés. 

Franc, honnête, sincère et vrai, ce sont des qualités parmi d'autres à cultiver pour faire advenir le nouveau monde. 

Ainsi, la maladie n'est plus la faute à pas de chance, à ce virus ceci, ce microbe cela.... ces éléments ne sont que des vecteurs, des moyens pour nous montrer que, sur un plan plus profond, quelque chose a commencé à fonctionner de travers, et ne fonctionne plus de la façon vraie. Alors nous pouvons être frappé comme ceci, comme cela... 

Et plus nous sommes en contact de la vérité des choses, nous dit Mère, plus nous avons de pouvoir sur la matière. C'est peut-être qu'alors, nous avons une sorte de discernement pour utiliser le pouvoir de façon correcte et juste. 

Voilà, je trouvais important de partager ce point de vue car il est nouveau et correspond à une nouvelle façon  de voir, une nouvelle conscience des choses. 

Pour entrer dans une nouvelle conscience, cela aide d'avoir un aperçu de comment fonctionne cette nouvelle conscience. Nous ne pouvons verser le vin nouveau dans de vieilles outres, il faut abandonner nos vieux shémas... 

12 juillet - 17 h 50 quelques jours après cet article, je réalise que je n'ai pas parlé de ces douleurs intercostales... certainement parce qu'elles étaient sur le point de disparaitre. Pendant cette méditation profonde, je n'avais pas compris grand chose à ce qu'il se passait, si ce n'est que je me rendais bien compte que les énergies travaillaient. Le lendemain, la douleur s'était apaisée et recentrée et les jours suivants, elle n'a cessé de décroître...

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