"Écoute ton coeur" entend t'on souvent dire. Oui bien sûr ! Pourtant, quand je pose mon attention dans la poitrine, mon expérience m'a souvent montré qu'il y avait là une capharnaüm de sensations, émotions, sentiments et qu'il était bien difficile d'entendre quelque chose dans ce brouhaha psycho émotionnel ; ou de traverser ce mur d'agitations. 

C'est vrai aussi, parfois, quand les humeurs sont calmes, nous pouvons alors toucher quelque chose de plus profond, de doux et fort, une sensation de lumière... et à d'autres moments aussi, une petite voix peut jaillir et nous donner une indication sur ceci-cela.

Sri Aurobindo n'a conseillé que deux points de concentration, dans la poitrine ou au-dessus de la tête. D'ailleurs, Mère raconte quelque part dans L'Agenda que sa conscience c'était rassemblée au-dessus de sa tête. Je ne pensais pas cela possible, ou plutôt, je ne comprenais ni pourquoi faire ça, ni comment le faire. Mais "la compréhension n'est pas nécessaire à la collaboration" entends t-on dans la bouche d'un des sages conseillers dans le troisième volet dans la trilogie Matrix.

Tout ça pour dire, qu'un jour, je ne sais pas pourquoi c'est arrivé, effectivement, je me suis retrouvé assis en tailleur au-dessus de ma tête. Je ne sais plus comment c'est arrivé. Je ne pense même pas que j'étais en méditation, simplement tranquille chez moi à faire le japa où je ne sais quoi du quotidien. Les sensations sont idiotes 😊; tout à fait l'impression d'être assis en tailleur au-dessus de ma tête et de me voir, tout à fait clairement, agir d'en haut, dans une grande clarté. Cela faisait un peu bizarre et au bout d'une demi-heure, j'en ai eu assez et suis redescendu. À vrai dire, j'ignore comment c'est arrivé et je ne me suis jamais plus retrouver dans cette situation. À l'époque, je traitais ces choses un peu par-dessus la jambe.

Quoi qu'il en soit, lorsque je pose l'attention au-dessus de la tête, il n'y a pas du tout cette sensation de confusion, d'agitation confuse que je sens dans la zone du coeur. Le peu que j'en perçois et en comprends est quelques chose de très stable et très calme, une sorte de "présence-conscience" d'une "force-douceur" imperturbable. 

Depuis quelques temps, c'est arrivé au moins trois reprises, j'ai eu le sentiment assez fort d'une réponse venant d'en haut, une dizaines de centimètres au-dessus de la tête. Jamais je n'avais pensé pouvoir me tourner vers ça afin de demander une réponse tout à fait pratique sur ce que je devais faire. Est-ce que je dois faire ceci, participer à cela... ? À ma grande surprise, il y a la sensation d'une réponse : oui ou non. Parfois, selon la question, c'est une sensation de flou. D'ailleurs ce sont des réponses, dans le silence, par une sensation, mais tout à fait claire. C'est intéressant d'observer cette relation entre la question et la réponse. Ça à l'air de répondre sur des choses tout à fait pratique et non sur les questionnements métaphysiques de l'origine du monde et patati et patata... 

En tout, en ce qui me concerne, les réponses sont plus claires si je me concentre au-dessus de la tête que dans mon coeur. Honnêtement, je suis un peu surpris de cette sensation de réponses "plus ou moins" claires venant d'en haut. Si cela se confirme, c'est un progrès car alors, c'est comme de commencer à trouver un guide sûr.  

Par contre, il y a des résistances et j'ai vu émerger une attitude un peu craintive, assez idiote qui m'a un peu amusé. Imaginons que nous avions une connexion avec la Présence Divine et que nous pouvions lui parler aussi clairement qu'en décrochant son téléphone. Je ne l'appellerais pas à tout bout de champ parce qu'une partie de la nature humaine aime qu'on lui fiche la paix et qui a l'impression que le premier effet d'un contact avec le Divin, c'est que cela fout le bordel... dans nos habitudes, nos comportements etc. etc. etc. Voilà une magnifique façon de... penser de travers. 

Heureusement, les sensations silencieuses sont plus droites et plus directes que les circonvolutions du mental. Depuis, dans plusieurs méditations, j'ai ressenti une connexion entre tel ou tel point dans mon corps et cette zone au-dessus de la tête, avec une sorte de processus d'alignement. La première fois c'était si clair de sensation que le témoin intérieur s'est écrié : "Oh ! En haut et en bas, c'est la même chose." C'était sans doute exagéré ! Par contre, toutes sortes de sensations allaient dans le même sens et m'ont donné le sentiment que, dans le corps, le point, la zone s'ouvrait à l'influence d'au-dessus de la tête, qu'une connexion s'établissait, qu'un travail d'harmonisation énergétique se faisait, d'alignement vibratoire comme se mettre au diapason... C'est arrivé plusieurs fois, pendant des longues - longues minutes - avec la perception claire, qu'en bas, une travail énergétique se faisait.

À suivre car d'autres expériences sont venues à la suite... 

Réponses "d'en haut ?"

 

Deux citations de Sri Aurobindo sur le jîvâtman issues des Lettres sur le Yoga

Dans notre yoga, l'expression "être central" sert généralement à désigner la partie du Divin dans l'homme qui soutient tout le reste et qui survit à travers la mort et la naissance. Cet être central a deux formes : en haut, il est le jîvâtman, notre être véritable, dont nous prenons conscience quand vient la connaissance de soi supérieure ; en bas, il est l'être psychique qui se tient derrière le mental, le corps et la vie.

Le jîvâtman est au-dessus de la manifestation dans la vie et y préside ; l'être psychique est présent derrière cette manifestation et la soutient.

L'attitude naturelle de l'être psychique est de se sentir l'Enfant, le Fils de Dieu, le Bhakta ; c'est une parcelle du Divin, une avec lui en essence, quoique dans la dynamique de la manifestation il existe toujours une différence, même dans l'identité.

Le jîvâtman, au contraire, vit dans l'essence et peut se fondre en une identité avec le Divin ; mais lui aussi, dès l'instant où il préside à la dynamique de la manifestation, se reconnaît comme un centre du Divin multiple et non comme le Paraméshwara.

Il est important de se rappeler cette distinction ; car autrement, si l'on a le moindre égoïsme vital, on peut commencer à se croire un Avatar, ou bien perdre l'équilibre, comme Hridaya avec Râmakrishna.

Lumières sur le Yoga, chapitre 2. Traduction de la Mère.

Jîvâtman : (n.m.) : âtman se manifestant comme jîva : l'âme individuelle ou conscience individuelle vraie. Le jîvâtman est l'un des Divins Multiples et est subordonné à l'Unique, l'âtman est l'Unique soutenant les Multiples. [cf. jiva]

Bhaktá : (n.m.) : celui qui suit le chemin de la dévotion (bhakti).

Parameishwara : (n.m.) : le Suprême en tant que Seigneur et Maître de l'univers.

Avatấr : littéralement "descente"; incarnation divine; la descente du Divin dans une forme humaine.

Hridaya était le neveu de Râmakrishna et l'un de ses disciples.

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Le jîvâtman n'est pas l'être psychique — nous avons adopté chaïtya poúrousha comme équivalent sanskrit de l'être psychique. Le jîvâtman est le Moi individuel — l'être central.

L'être central est ce qui n'est pas né, n'évolue pas, mais préside à toute la manifestation individuelle. Le psychique est sa projection ici-bas — car l'être psychique est dans l'évolution et soutient du dedans toute notre évolution ; il reçoit l'essence de toute expérience et par ce moyen fait progresser la personnalité vers Dieu.

Le Moi est à la fois un en tous et multiple — un dans son essence, il se manifeste aussi comme le moi individuel qu'on peut décrire comme une éternelle parcelle du Divin dans la Nature et, dans l'esprit, comme un centre de la manifestation, individuel mais étendant son universalité et s'élevant à la transcendance.

Chaïtya poúrousha : (n.m.) : l'être psychique, l'âme.

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