Une amie me raconte une histoire de cheval, et dans la vibration, je fais spontanément le lien avec  le cheval védique et le phénomène de perméation tant de fois évoqué par Mère dans L'Agenda entre le physique subtil et le physique matériel que nous connaissons.

Et sous un autre angle, cela m'a apporté une sorte de confirmation pour ceux qui peuvent sentir, un signe réconfortant, par rapport à la situation actuelle, qu'il va se passer quelque chose d'important, que quelque chose est en train de se préparer, sur le plan "spirituel" j'entends, le plan du changement de conscience que nous sommes en train de vivre...

Voici quelques notes à propos du cheval et des chevaux dans Le Secret du Véda de Sri Aurobindo dont voici le lien pour le PDF du texte intégral.

La vache et le cheval, go et asva, sont constamment associés. Usha, l’aurore, est appelée gomati asvavati ; à celui qui sacrifie l’aurore apporte des chevaux et des vaches. appliqué à l’aurore matérielle, gomati veut dire accompagnée par ou procurant les rayons de la lumière, et cela symbolise l’illumination naissante dans le mental humain. Par conséquent, asvavati ne peut pas faire simplement allusion à l’animal physique ; il doit avoir en même temps une signification psychologique.

Une étude du cheval védique le confirma et j’en conclus que go et asva représentent les deux idées-sœurs de Lumière et énergie, Conscience et Force qui, pour la mentalité védique et védantique, figuraient la forme double ou jumelée que prenaient toutes les activités de l’existence.

il allait de soi, par conséquent, que les deux principaux fruits du sacrifice védique, les gains en vaches et en chevaux, symbolisaient respectivement la richesse de l’illumination mentale et l’abondance de l’énergie vitale.

Page 61, chapitre 4 – Les fondements de la théorie psychologique

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Par ailleurs, le Véda développe ce procédé de façon singulière en se servant délibérément de la « polysémie » des racines sanskrites, cherchant à regrouper dans un seul mot autant de sens que possible, ce qui à première vue grossit immensément l’ampleur du problème. Le mot asva, par exemple, qui désigne d’ordinaire un cheval, est utilisé pour figurer le prana, l’énergie nerveuse, le souffle vital, le dynamisme mi-mental mi-matériel qui relie mental et matière. Sa racine, entre autres sens, comporte les idées d’impulsion, force, possession, jouissance, et nous trouvons toutes ces significations rassemblées dans l’image du Coursier de la Vie, pour souligner les tendances essentielles de l’énergie pranique.

Page 66, chapitre 5 – La méthode philologique du Véda

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On dit en outre que le char de l’aurore est tiré tantôt par des vaches rousses, tantôt par des chevaux roux : « elle attelle l’armée de ses vaches rousses » (I-124-11), où le deuxième sens, « l’armée de ses rayons roux », apparaît nettement derrière l’image concrète.

Page 150, chapitre 12 – Les troupeaux de l'Aurore

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Et cette corrélation étroite dans le mental des Rishis védiques entre l’idée de lumière, des rayons ou des vaches, et la notion de vérité est encore plus flagrante dans un autre Rik (I-92-14) : « aurore, avec tes brillants troupeaux, avec tes coursiers, lumineuse dans l’étendue, pleine d’heureuses Vérités. »

Une formule similaire mais plus explicite encore, dans I-48-2, précise la signification de ce cumul d’épithètes : « Les aurores avec leurs radiances (troupeaux), leurs fougues (chevaux), connaissant tout parfaitement. »

Page 159, chapitre 13 – L'Aurore et la Vérité

Et quelques notes à propos du phénomène de perméation évoquées dans L'Agenda.

Agenda du 3 février 1958

C’est comme un pont qui est en train d’être jeté entre les deux mondes.

* * *

Agenda du 28 novembre 1958

Extrait de la dernière «classe du vendredi»

Tel qu’il est, le corps physique n’est vraiment qu’une ombre très défigurée de la vie éternelle du Moi, mais ce corps physique est capable d’un développement progressif ; à travers chaque formation individuelle, la substance physique progresse, et un jour elle sera capable d’établir un pont entre la vie physique telle que nous la connaissons et la vie supramentale qui se manifestera.

* * *

Agenda du 2 Octobre 1960

Ce monde merveilleux de

félicité qui, à nos portes,

attend notre appel pour

descendre sur la terre.

Signé : Mère

* * *

This wonderful world of

delight waiting at our

gates for our call,

to come down upon

earth.

* * *

Ce monde de Félicité, au-dessus de nous, attend – pas que nous soyons prêts mais que nous voulions bien, que nous condescendions à le recevoir !

C’est cela que je regarde sur cette photo. (*)

Au fond, c’est cela que je tire.

(*) Il s’agit de la photo de Mère qui accompagnera son Message pour l’année 1961.

Voilà pour la mise en bouche, allons plus loin maintenant avec les Agendas du 28 août 1962 et du 18 avril 1970.

Agenda du 28 août 1962

(Nous regrettons infiniment de n'avoir pas gardé le début de cette conversation dans nos notes, car son contexte éclaire singulièrement ce qui suit. Autant que nous nous souvenions, il s'agissait du sommeil du disciple et Mère semblait dire que nos «promenades au bord de la mer» se faisaient, pour nous, dans le sommeil et par un passage à un autre état, alors que pour Elle – et c'est ici que nos notes commencent –, il n'y avait plus de «sommeil» et plus de «passage» à un autre état, du physique ordinaire au physique subtil, comme si tout était devenu ou devenait une même Matière, continue. Sans doute la vraie Matière.)

C'est l'une des choses qui est en train de se produire. C'est comme si la fusion des deux (du physique ordinaire et du physique subtil) se faisait de plus en plus.

Je t'ai expliqué ça déjà plusieurs fois : au lieu de passer de l'un à l'autre, c'est comme si l'un était « perméé » par l'autre, comme ça (Mère passe les doigts de sa main droite entre les doigts de sa main gauche) et on peut presque sentir les deux à la fois. C'est un des résultats de ce qui se produit en ce moment. Il suffit, par exemple, d'une toute petite concentration pour sentir les deux à la fois, ce qui mène à une presque conviction que c'est une espèce de pénétration qui amène le vrai changement dans le physique.

Le physique le plus matériel n'a plus cette sorte de densité qui ne reçoit rien, une densité qui s'oppose à la pénétration: ça devient poreux, et devenant poreux, ça peut être pénétré – en fait, plusieurs fois, j'ai eu l'expérience d'une vibration qui tout naturellement changeait la qualité de l'autre ; de la vibration du physique subtil qui amenait une sorte de... presque de transformation ; en tout cas de changement notable dans la vibration purement physique.

Ça paraît être le procédé, ou en tout cas l'un des procédés les plus importants.

Et ça croît de plus en plus. Presque toutes les nuits sont passées dans ce domaine-là. Mais même dans la journée, dès que je ne bouge pas, dès que le corps est immobilisé, il y a cette perception des deux vibrations, et la vibration physique qui devient comme poreuse.

Ça paraît être le procédé, ou certainement un procédé important pour la transformation du corps physique.

Cheval védique et perméation

Agenda du 18 avril 1970 

Je ne sais pas si c'est une «question», mais... Je ne comprends pas très bien le fonctionnement du physique subtil, ou le rapport entre le physique subtil et le physique matériel. Par exemple, tu dis que Sri Aurobindo est dans le physique subtil et qu'il travaille à préparer le nouveau monde...

.../...

« Je ne sais pas quelle est la différence. C'est une différence... c'est mince, on n'a pas l'impression de quelque chose d'épais ni de lourd : c'est mince. Cette union-là entre les deux, entre le physique subtil et le physique matériel, se fait tout le temps – jour-nuit-jour-nuit. Le travail est... On pourrait presque dire : on essaye de remplacer l'un par l'autre.

Et tu sais, les figures, les expressions, les gestes, les mouvements, les paroles : aussi précis, aussi précis qu'ils le sont ici.

Et ça semble être une réponse... parce que j'ai demandé (c'est hier, je crois, dans la journée d'hier ; justement quand je suis comme cela assise, comme j'étais l'autre jour avec toi, les deux mondes sont fondus – Mère tient les doigts de sa main droite entre les doigts de sa main gauche –, on ne peut pas sentir la différence), j'ai demandé à Sri Aurobindo si les choses étaient aussi précises et exactes ; alors il m'a dit oui, il m'a répondu oui, mais que je devais en avoir l'expérience.»

Ma conclusion est qu'il faut rester bien tranquille, aussi tranquille que possible. Ces choses ne peuvent être senties dans l'agitation. C'est paradoxal mais il me semble que plus le processus est fort, plus il est délicat...

❤️❤️❤️

Quelques heures plus tard...

Quelque chose m'est revenu en mémoire. Je me souvenais avoir lu Mère dire que tant que l'on se croyait, un homme, une femme, un cheval... on ne se connaissait pas vraiment. Cela m'avait beaucoup frappé. Ah bon, derrière l'apparence d'être un homme, une femme, il y a une autre identité ? ? ? C'est cette expérience-là qu'il faudrait enfin faire, plutôt que d'en entendre parler, l'expérience de notre être véritable. Alors j'imagine que la plupart de nos soucis seraient résolus, et de la vraie manière cette fois... 

J'ai longtemps recherché cette citation, sans la retrouver, jusqu'à tout récemment, environ deux semaines, dans Le matérialisme Divin de Satprem. Et c'est en évoquant cela, que mon amie m'a raconté son expérience avec un cheval. Voici le passage en question.

"Et finalement, où est la misère quand tout est vaste? Il n’est de misère que d’être petit et enfermé dans un corps.

On est sorti du petit sac de peau mental – oh! nous pourrions dire du «cirque mental», et c’est très joli, le cirque, avec ses clowns enfarinés, ses danseuses, ses acrobates qui font d’admirables voltiges sur leur trapèze, c’est un spectacle dont on ne se lasserait pas, c’est admirable d’habileté, ça saute à travers des cercles enflammés, ça jongle à s’ébahir… et puis on sort de la tente – cette tente si formidable, si brillante, illuminée… à l’acétylène – et ce n’était rien qu’une petite tente dans une immensité. On peut jouer là-dedans pendant cinquante ans de sa vie, on peut y jouer pendant des siècles. On se croit, oui, un acrobate de haute voltige, un baladin, un écuyer, on se croit, n’est-ce pas, n’importe qui, un garçon, une fille, un homme, une femme, un chien, un cheval, n’importe quoi, une pierre, la mer, le soleil, on se pense tout cela, au lieu de se penser l’UN. (20) Et puis voilà, tout le mystère commence.

Le «champ unifié» sans équations.

En 1905, Einstein énonçait ses premières lois d’équivalence de la Matière et de l’Énergie." 

(20) : Entretiens du 13 juillet 1955

Le Matérialisme Divin – Chapitre 6 – Page 120

Citation complète originale :

"C’est justement ce que dit sri Aurobindo : c’est qu’on a oublié, c’est que, par ce fait de séparation de sat, Chit, Ânanda, vient l’oubli, l’oubli de ce que l’on est ; on se croit, n’est-ce pas, n’importe qui, un garçon, une fille, un homme, une femme, un chien, un cheval, n’importe quoi, une pierre, la mer, le soleil, on se pense tout ça, au lieu de se penser l’Un Divin — parce qu’en fait, si on avait continué à se penser l’Un Divin, il n’y aurait pas d’univers du tout."

Entretiens du 13 juillet 1955 – Page 263

Au-delà de cette citation, cet Entretien (Page 258 à 266) est particulièrement intéressant pour notre "relation" avec le Divin, notre compréhension du Divin...

Et ci-dessous, l'Entretien audio pour ceux qui préfèrent écouter et se laisser porter par la voix de Mère.

❤️ ❤️ ❤️

Et puis voici le magnifique témoignage ce que m'a envoyé mon amie. Peut-être est-ce utile de préciser que si elle connait Sri Aurobindo-Mère, je lui en parle souvent, elle n'est pas spécialement fan, enfin, pas plus que ça. Pourtant, parmi toutes les personnes autour de moi, c'est l'une des rares, quand je parle des expériences de Mère, qui me donne le sentiment qu'elle comprend très bien de quoi il s'agit. Elle est d'une grande sensibilité. Voici son message. 

* * *

Ce monde merveilleux de
félicité qui, à nos portes,
attend notre appel pour
descendre sur la terre.
Signé : Mère
Je suis émue à la lecture de ces mots !
Ce qui s'est présenté à ma vue il y a quelques jours "portait" "ça"... je l'ai ressenti comme ça. Très touchant, riche et doux.
Mais... c'était assez timide, cette arrivée perçait à peine, comme si une pellicule de film déjà imprimée, recevait un nouvel enregistrement dessus. (Je ne sais pas si on peut superposer un 2ème enregistrement sur une pellicule de film, comme on peut le faire avec celles des photos...)
Vers 2007 le cheval que j'ai vu était franchement là, bien vivant et bien net et immense. 
Il y a quelques jours, j'en ai vu un à nouveau, tout aussi immense, mais son image "perçait" timidement, comme le début d'une superposition sur ce que je voyais devant moi (la rue, des voitures, quelques personnes, des bâtiments, commerces, des arbres, le ciel). Du coup, j'ai réalisé cette perméabilité entre "le monde" que je connais (cette "réalité" commune), et une autre, toute autant réelle, mais pas habituellement visible. 
Ceci est arrivé alors que je marchais, détendue, sans pensées particulières, ni heureuse, ni triste, ou plutôt juste neutre/heureuse ou sans émotion particulière. Sans "commentaires" ni analyse ou jugement sur ce qui m'entourait. Assez centrée et ouverte à ce qui se trouvait autour de moi. 
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