De l'offrande...

Dans l'article précédent par rapport à ma longue intériorisation, j'ai oublié de mentionner quelque chose qui m'est revenu ce matin pendant ma pratique de qi gong. 

Quand je me suis vu le genoux posé sur le front de Sri Aurobindo, pendant un bon moment, s'est posé à moi le problème de l'offrande de soi.

Offrande

Concentré sur l'offrande, cela a donné une très belle atmosphère à ma méditation, une consécration très douce et très recueillie. 

 

Yoga veut dire union avec le Divin, et l'union s'effectue grâce à l'offrande ; elle est fondée sur l'offrande de votre être au Divin. Mère

* * *

Comment offrir les différentes parties de son être ? Tout ce que nous contenons d'histoires, de souvenirs, de mémoires, d'émotions, de sensations,  offrir tout, une chose après l'autre, une chose après l'autre...

Pendant un bon moment, je faisais ça, observais ça...

Nous oublions-ignorons souvent l'importance de échange continuel entre soi et le Divin, entre le monde humain et le monde divin. C'est pourtant une loi de la vie, une loi de l'univers. Du temps du Véda, ils appelaient ça, le sacrifice, évidemment, pas dans le sens où nous l'entendons de nos jours. Sri Aurobindo insiste beaucoup sur cette notion-là...

Les chrétiens ont repris cela avec un Dieu fait homme pour que l'homme puisse devenir divin. À y regarder de plus près, même si le but n'est évidemment pas de faire des calculs, il se pourrait bien pourtant qu'à cet échange, nous soyons gagnants sur toute la ligne : nous offrons nos pensées humaines, nos émotions humaines et nous recevons des pensées plus divines, des émotions plus divines... 

Même la pensée chinoise et le Tao ont repris ça à leur façon en insistant si fort sur la relation Ciel - Homme - Terre. 

...à l'unité

La même idée se retrouve dans le Zhi Neng Qi Gong dans l'échange entre notre énergie-conscience individuelle et l'énergie-conscience Originelle, Hun Yuan Qi. 

Et justement, cela faisait quelques temps que je ne pratiquais plus, et ce matin, en faisant les mouvements de la tête, des épaules, des poignets, de de la colonne vertébrale, du bassin, des hanches, des genoux, des chevilles.... c'était tout le temps la même idée : que cette partie du corps se détende, s'offre, s'ouvre afin de recevoir la conscience divine, que dans cette partie du corps, que cela fasse un avec la conscience divine...

Or, le premier effet de ce contact fut de mettre en lumière tout ce qui méritait d'être évacué, nettoyé, transformé...

Une fois de plus, j'ai constaté que la pratique en conscience faisaient ressortir des vieilles mémoires, des vieux souvenirs, complètement oubliés, des vieilles histoires vieilles de 20 ans qui ressortent, toutes fraîches, comme si c'était hier. 

Si nous savions tout ce qui nous habite, tout ce que nous portons...

Offrir tout cela, tout ce qui remonte, histoire d'alléger un peu notre nature humaine, décidément bien encombrée...

Au fur et à mesure que nous nous débarrassons de tout cela, j'imagine que la possibilité de sentir la Présence divine devient plus claire...

C'était une observation très intéressante à la lisière entre le corporel, l'énergétique, le psychologique, l'émotionnel, la conscience... pour voir comment tous ces plans travaillaient ensembles.

Pour le dire d'une autre façon, c'était un travail très minutieux pour unir, dans chaque partie du corps, le corps et la conscience. Petit bout par petit bout si j'ose dire.

Et quand la Conscience touchait une partie du corps, il se passait quelque chose, avec souvent je le disais, des mémoires qui ressortaient.

Ce travail me donne souvent l'impression que la conscience ne veut aucun intermédiaire dans le corps. Tout ces choses font obstacle à la libre circulation de la conscience, à la libre manifestation de la conscience, ils sont des voiles entre la conscience et la "matière corporelle". 

Une difficulté supplémentaire est apparue. Quand une chose ressort, elle a son existence propre, sa façon d'être, mais en plus, le mental ou l'émotionnel pose son propre jugement, sa propre réaction sur ce qui ressort.

Une partie non négligeable du travail consiste à ne pas réagir à ce qui émerge dans la conscience, de ne pas en remettre une couche comme on dit. Si nous parvenons à être neutre, cela se passe plutôt bien, c'est assez facile, la chose est vite nettoyée. Mais si l'on pose une réaction, un jugement, alors cela complique tout...

Ce matin, peut-être parce que j'ai assez peu dormi, c'était beaucoup de réactions d'exaspération...

Mais sacre-bleu, à quoi est-ce que cela sert ? 😊

Un professeur de ce qi gong a dit un jour que cette énergie-là, Hun Yuan Qi, l'énergie originelle, était très intelligente. Parfois, elle nous envoie des messages, une parole se forme en nous. Ce matin, il y en a eu deux.

La première, un peu humoristique me disait, ce qui est anormal, ce n'est pas d'entendre des voix, c'est de ne pas en entendre. Et j'ai très bien compris. Franchement, avec toutes les parties de notre être et la multitude de mémoires que nous contenons, si nous n'entendons rien, ce serait même plutôt une grâce. 

La seconde, était que si nous ne nous aimons pas, ça nous aime. 

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