Ces derniers jours, plusieurs pratiques de qi gong, en particulier pour la colonne vertébrale, plusieurs méditations, une vie en générale plus recueillie, plus concentrée avec quelques éléments à noter et un rêve assez curieux, plutôt désagréable.

1) Le rêve

Je ne me souviens plus des circonstances mais je m'étais coupé au niveau de la pulpe de l'index gauche je crois. Il y avait une entaille assez profonde, mais cela ne saignait pas, en tout cas je ne m'en souviens plus, mais je pouvais ouvrir l'entaille et voir les tissus intérieurs, comme des fils, et choses curieuses, il y avait 2 ou 3 vers de terre ! ! !

J'ai ressenti un certain dégoût mais en penchant mon doigt vers le sol et en appuyant, comme quand nous pressons sur un abcès pour faire sortir le pus, ils sont sortis d'eux-mêmes et ils n'avaient pas l'air en grande forme.

Je me suis réveillé aussitôt.

Plus tard, cela m'a rappelé l'histoire de mon ami en vacances chez moi, parti dimanche dernier. La veille ou l'avant veille de son départ, alors qu'il lisait tranquillement dans sa chambre, un petit papillon est rentré... dans son oreille.

C'était le soir, j'étais déjà couché quand il m'a appelé un peu affolé en me disant qu'une bestiole lui était rentré dans l'oreille, qu'il l'a sentait bourdonner. Je l'ai fait se coucher sur le côté, mais même avec une pince à épiler, je n'ai pas réussi à le retirer. J'étais au téléphone en train d'appeler le samu quand mon ami me dit qu'il avait réussi, et effectivement, il y avait un petit papillon blanc tout gesticulant au bout de la pince. 

Même si le symbole du papillon, blanc en plus, est très positive, j'ai trouvé cela un peu traumatisant.

Et quelques jours après, je faisais ce rêve avec des bestioles dans mon doigt. N'empêche que, le lendemain de mon rêve, au réveil, je voyais sur le carrelage de ma cuisine, un petit asticot tout blanc, puis un deuxième, un troisième et un quatrième. 

Je suis dans cet appartement depuis mai, dans des appartements depuis toujours, et je n'ai jamais vu ça. D'où sortaient-ils ? Le lendemain du départ de mon ami j'avais passé l'aspirateur et la serpillière tout partout...

Et je n'en ai pas revu depuis. Bizarre, bizarre. En tout cas, cela correspondait à une période un peu troublée.

* * *

2) États intérieurs

Et puis, dans une pratique de qi gong assez profonde, tout comme dans la méditation qui a suivi, c'était comme si j'étais visité par des états intérieurs, des états psycho-émotionnels. Un premier, un deuxième, encore un autre et ainsi de suite. Et à chaque fois, il y avait un petit travail de la conscience pour évacuer, nettoyer...

Dans cet état de relaxation assez profonde, les mouvements de. qi gong ouvraient le corps de l'(intérieur, alors, cela provoquait de grands soupirs de soulagements, une sensation d'espae dans le corps et la que la Conscience pouvait entrer dedans est faire ressortir ces états intérieurs, entre psychologie et sentiments porteurs aussi d'une sensation, comme s'ils avaient une existence et une forme concrète, physiquement palpable. 

Le plus insistant fut celui des reproches. Comme si j'avais minutieusement tenu une liste de tous les reproches que je pouvais me faire à moi-même. Tout cela inconsciemment bien entendu. Mais dans le calme de la méditation, tout cela était vu clairement. 

Tous les "j'aurais dû, je n'aurais pas dû, si j'avais su.... et toutes sortes de choses me revenaient en mémoire, c'était très vivant...

C'était assez poignant...

En qi. gong, en méditation, cela nous met en contact avec une conscience plus vaste et plus élevée que la nôtre, et parfois, des réponses tout à fait personnelles tombent. En l'occurence, cette fois-ci, c'était "se pardonner à soi-même"....

Ce fut assez efficace, un nettoyage se fit...

Nous voudrions être clairs, positifs, et patati et patata, mais ce n'est pas ainsi, nous sommes traversés par des mouvements de chagrin, de colère, de peur et toutes sortes de choses qui sont comme des obstacles à l'établissement de la paix, de la lumière, de la joie...

L'idée était de se saisir de ces obstacles, ce qui nous a fait souffrir, ce qui nous a blessé,  pour le mettre dans la lumière, de le regarder-ressentir en face, pour permettre à la conscience de les regarder travailler dessus. L'idée générale était d'abdiquer, de lâcher prise, de laisser partir. Et ce n'était pas que psychologique, il y avait des sensations énergétiques et physiques tout à fait nettes. 

Richesse des sentiments

3) Impersonnalisation pendant le japa

Cela me rappelle un autre moment. Je n'arrivais pas à m'endormir, j'étais agité, dans cette période un peu angoissée et je ne savais pas quoi faire. Alors je me suis levé pour faire le japa, les prières de la conscience des cellules.

Et la toute première chose qui est venue, tout de suite, c'était l'idée de l'impersonalisation. 

Dans L'Agenda, Mère est revenue souvent sur ce point, la nécessité d'être aussi impersonnel que possible. Plusieurs fois, Elle en a même fait une indispensable condition, un nécessaire préalable. 

Moi-même j'en ai parlé et j'ai déjà publié ce passage incroyable d'une certaine façon, dans lequel Mère explique qu'il n'y a pas de mouvements personnels, que cela n'existe pas, que ce sont des attitudes terrestres.

C'est une idée très forte, non ? Et bien, elle n'est pas encore intégrée. Combien de temps faudra t-il ? 

Et ce soir-là, dès l'instant où je me suis dit que tout ce qui m'agitait intérieurement, me mettait dans une grande angoisse, n'était pas personnel, mais que c'était en lien avec la période bouleversante que nous vivons en France et sur terre, aussitôt cela m'a donné une certaine sérénité et la force de travailler dessus.

C'était comme travailler, regarder à partir du Vaste, à partir de l'Universel, d'une Conscience infinie ou à partir de ma petite individualité. La différence était aussi claire que la différence entre l'eau et le vin. 

Quand la conscience est étroite et personnelle ou enfermée dans le corps, il lui est difficile de recevoir quoi que ce soit du Divin ; plus elle s'élargit, plus elle peut recevoir. Vient un moment où elle se sent vaste comme le monde et capable de recevoir en elle le Divin tout entier.

Sri Aurobindo – Lettres sur le Yoga

Alors, c'était comme si les mots des prières des cellules faisaient pression que les choses qui m'agitaient... 

Et en assez peu de temps, une trentaine de minutes de japa en marchant dans mon appartement en récitant intérieurement ces prière j'avais une impression que tout était nettoyé, clarifié, revigoré... 

J'en viens à me dire que si nous pensons tout à fait consciemment "au merdier" actuel et qu'en même temps nous faisons le mantra et/ou le japa, et/ou une n'importe quelle prière de notre choix, avec l'intention que cela agisse, que cela ait une action sur "ce grand n'importe quoi", que cela serait une expérience intéressante, une étude intéressante...

Avec la nuance très importante que, selon moi, il ne s'agirait pas de notre action, mais plutôt que notre rôle serait une sorte d'intermédiaire, pour établir la relation, le contact...

C'est une piste...

L'émotion est un bon élément dans le yoga, mais le désir émotif devient aisément une cause de perturbation et un obstacle.

Dirigez vos émotions vers le Divin, aspirez à leur purification ; elles seront alors une aide sur le chemin et non plus une cause de souffrance.

Il ne faut pas anéantir l'émotion, mais la tourner vers le Divin ; c'est la bonne voie dans le yoga.

Mais l'émotion doit se purifier, se fonder sur la paix et la joie spirituelles, être capable de se transmuer en Ânanda. L'égalité et le calme dans les parties mentales et vitales peuvent parfaitement aller de pair avec, dans le cœur une émotion psychique intense.

Allumez dans le cœur, par votre aspiration, le feu psychique qui brûle d'une flamme régulière et s'élève vers le Divin ; c'est l'unique moyen d'amener la nature émotive à la libération et à la plénitude.

Sri Aurobindo – Lettres sur le Yoga

L'émotion est une excellente chose, elle est indispensable à la nature humaine en dépit de toutes ses imperfections et de tous ses dangers . . .

[Mais] notre but est de dépasser l'émotion pour parvenir à l'élévation, à la profondeur et à l'intensité de l'Amour divin et d'y ressentir, par le cœur psychique intérieur, une inépuisable unité avec le Divin que nous sommes incapables d'atteindre ou de ressentir dans les soubresauts des émotions vitales.

Sri Aurobindo – Lettres sur le Yoga

4) Respiration en zigzag

Normalement, quand nous respirons, l'air entre par le nez, va aux poumons et ainsi de suite. De même nous pouvons imaginer que le mouvement de la respiration est tout à fait fluide, comme une légère ondulation.

En méditation, cette fois-là, la sensation fut tout à fait différente. C'était une perception très fine que l'air arrivait du dessus de la tête et descendait en zigzag par le sommet de la tête, l'intérieur de la tête, jusqu'à l'intérieur de la bouche...

Et ce n'était pas brutal, cela n'avait rien d'agressif, douloureux ou quoi que ce soit de ce genre et pourtant, il y avait bien cette impression que l'air descendait en zig zag.

Ce n'était même pas l'impression d'une spirale. Et cela traversait le centre de la tête jusqu'au centre de la gorge avec une petite sensation au niveau de la mâchoire et puis la sensation disparaissait et cela recommençait.

Cette étrange perception de la respiration a duré quelques minutes.

C'est la première fois que je ressens quelque chose comme ça. C'était très-très fin. Cela signifie peut-être quelque chose, ou pas... 😊.

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