Petit résumé du chapitres 5 d'Essai sur la Gîtâ de Sri Aurobindo.

Chapitre 5 : Kouroukshétra

Voilà un article bien difficile à écrire, d'abord parce qu'il m'a personnellement un peu bousculé (avec les deux suivants) et ensuite parce qu'il aborde des questions qui habituellement nous dérangent, entre autre la guerre, la destruction, la mort.

Quand les choses paraissent compliquées, il est nécessaire de revenir au simple. Ainsi, je vais juste proposer de larges extraits car cela me paraît très utile dans la situation actuelle. 

J'ajouterai quelques partages et questions personnels.

Le problème de l'action

Dans notre société de loisirs, l'action est souvent une difficulté, surtout quand l'action qui nous est demandée est difficile. La situation que nous traversons est calamiteuse, or elle s'est lentement dégradée depuis des décennies et malgré les nombreux discours à agir, à se ressaisir, à se réveiller, nombre d'entre nous restent très passifs.

Il est vrai que la violence médiatique, policière et judiciaire dont ont été victime les Gilets Jaunes n'incitent pas nécessairement à l'action. Mais là n'est pas vraiment le problème car il pourrait exister d'autres formes d'actions et à vrai dire, nous ignorons ce qu'il faudrait faire... vraiment. Car d'évidence, il ne s'agit pas de faire une manifestation de plus... 

Ainsi, non seulement nous avons une tendance naturelle à fuir les actions pénibles mais en plus nous ne savons pas vraiment que faire, comment faire.

Le problème guerrier

Une autre difficulté tient au fait que nous avons une répugnance assez naturelle pour la guerre.

Nous ne sommes plus aux temps des preux chevaliers, de l'âge d'or des guerriers indiens où des samouraï. En quelques siècles, voir en quelques décennies, les vertus guerrières d'honneur, de droiture, de courage, sont passées de mode quand elles ne sont pas, purement et simplement, galvaudées.

Aujourd'hui, le simple fait d'écouter la Marseillaise hérisse le poil des pacifistes (1) et toute remarque patriotique est d'emblée suspecte. Pourtant, comme le disait Charles De Gaulle, "Le patriotisme, c'est aimer son pays. Le nationalisme, c'est détester celui des autres."

(1) : Deux courtes vidéos qui expliquent le vrai sens de la Marseillaise :

Vidéo 1

Vidéo 2

Notre problème est que nous sommes en guerre comme l'a reconnu le président ventriloque, pour reprendre la judicieuse expression d'Arnaud Upinsky.  

Avec lui, les mots sont toujours faux, cela devient simple, il suffit presque de prendre le contraire de ce qu'il prétend. Soit disant, il s'agissait d'une guerre contre un virus, nous savons désormais qu'il s'agit , au minimum, d'une guerre contre le peuple, contre la France. 

Notre problème est que nous sommes en guerre, une guerre d'un tout nouveau genre, et que nous n'avons pas été éduqués pour la guerre, en théorie, c'est allez droit au casse-pipe. 

Nous connaissons ce proverbe : la plus grande ruse du Diable est de faire croire qu'il n'existe pas. Et bien, cela se prête très bien aussi à la situation actuelle : le meilleur moyen pour anesthésier les volontés rebelles, est de leur faire croire que nous vivons encore dans une République démocratique et patati et patata. 

Pour faire la guerre, il faut être armé, des armes d'un nouveau genre puisqu'il. s'agit d'une guerre d'un nouveau genre. Des informations. 

Et puis, il faut être solide, physiquement, mentalement, nerveusement, avoir certaines qualités de vraie virilité, les qualités du guerrier, qui ont elles aussi été à peu près constamment  ridiculisées depuis quelques décennies.

Courage

Valérie Bugault, dans l'interview ci-dessous nous rappelle de façon percutante que ces gens ne renonceront jamais à leur domination, que quelque soit le prochain président, ce sera celui de l'oligarchie. 

Et à vrai dire, c'est très compréhensible. Ils détiennent déjà à peu près tous les leviers d'action et de contrôle, pourquoi et par quel miracle renoncerait-il à leur projet ? Ce serait comme déclarer forfait avec tous les atouts en main. 

Pour aussi pénible que soit ce discours d'une experte en géopolitique, a le mérite nécessaire de nous faire comprendre, notamment depuis la loi de mars 2020 sur l'urgence sanitaire, que nous sommes dans une illusion démocratique, que l'État français tel que nous le connaissions n'existe plus. 

Et en l'écoutant, deux célèbres citations de Churchill me sont revenues en tête. Si les élites ne renonceront jamais à leurs plan macabre, et bien, il ne tient qu'à nous aussi, en notre âme et. conscience, de prendre la décision de n'abandonner jamais.

Remarquez, il ne s'agit pas nécessairement de "nous" en tant que petite personne,  mais de la certitude qu'il y aura toujours quelqu'un pour lutter. Un tel et un tel et un tel peuvent tomber... la flamme de la résistance ne s'éteindra pas comme disait De Gaulle. 

 

"Je sais avec une certitude absolue que le Supramental est une vérité et que son avènement est inévitable de par la nature même des choses. La question est de savoir quand et comment. Cela aussi est décidé et prédestiné quelque part là-haut, mais c’est en train de se jouer ici dans la bataille, au milieu du choc plutôt sinistre des forces en conflit… Ma foi et ma volonté sont pour le MAINTENANT."

Sri Aurobindo – On Himself

1 - De la guerre...
1 - De la guerre...

Et ce n'était pas sans me rappeler quelques paragraphes de Sri Aurobindo :

Page 46 et suivantes :

Mais quelle est donc la nature de la difficulté pour l’homme qui doit prendre le monde tel qu’il est et y vivre et qui pourtant voudrait mener, en lui-même, la vie spirituelle ?

Quel est cet aspect de l’existence qui épouvante son esprit éveillé, qui provoque ce que le premier chapitre de la Gîtâ d’un titre très expressif appelle le Yoga de l’abattement d’Arjuna, cette affliction, ce découragement de l’homme forcé de faire face au spectacle du monde tel qu’il est réellement, une fois que le voile de l’illusion éthique, l’illusion de la rectitude personnelle, est déchire et avant qu’une plus haute réconciliation avec lui-même soit obtenue ?

C’est cet aspect qui est figuré extérieurement par le carnage et le massacre de Kurukshetra et spirituellement par la vision du seigneur de toutes choses, se dressant sous la forme du temps pour dévorer et détruire ses propres créatures.

Cette vision est celle du seigneur de toute existence comme Créateur universel, mais aussi comme Destructeur universel — le seigneur dont l’ancienne Écriture pouvait dire par une image cruelle : « les sages et les héros sont sa nourriture et la mort est le condiment de son festin. »

Il s’agit d’une seule et même vérité, entrevue d’abord indirectement et obscurément dans les faits de la vie, et perçue ensuite directement et clairement par l’âme en une vision de ce qui se manifeste dans la vie.

L’aspect extérieur est celui de l’existence du monde et de celle de l’homme procédant par la lutte et le massacre ; l’aspect intérieur est celui de l’Être universel s’accomplissant par une immense création et une immense destruction.

La vie comme champ de bataille et champ de mort, tel est Kurukshetra. Dieu le terrible, telle est la vision qui apparaît à Arjuna sur ce champ de carnage.

* * *

 

« La guerre, dit Héraclite, est le père de toutes choses, la guerre est le souverain tout-puissant. » Cette maxime présente une profonde vérité, comme le font la plupart des apophtegmes du penseur grec.

Il semble, en effet, que d’une collision de forces, matérielles ou autres, soient nées toutes choses en ce monde, sinon le monde lui-même ; celui-ci parait se développer par une lutte de forces, de tendances, de principes, d’êtres, créant toujours des choses nouvelles, détruisant toujours les anciennes, et s’avancer ainsi vers on ne sait pas très bien quoi ; vers une finale destruction, disent certains ; dans une série sans fin de cycles vains, disent d’autres ; dans des cycles progressifs qui mènent — et c’est la conclusion la plus optimiste —, à travers toute l’agitation et l’apparente confusion et par une approximation toujours plus haute, à quelque divine apocalypse.

Quoi qu’il en soit, une chose est certaine, c’est que non seulement il n’y a pas ici-bas de construction sans destruction, pas d’harmonie si ce n’est par un équilibre de forces opposées, gagné sur beaucoup d’antagonismes actuels ou virtuels, mais encore que toute vie, pour subsister, exige constamment de se nourrir, donc de dévorer d’autres vies.

Notre vie corporelle elle-même est une continuelle mort et une continuelle renaissance, le corps une ville assiégée, attaquée par des forces offensives, protégée par des forces défensives, dont la fonction est de s’entredévorer ; et c’est là le type de toute notre existence.

Dès le commencement de la vie ce commandement semble avoir été donné : « tu ne conquerras rien que par le combat contre tes semblables et ton entourage; tu ne vivras même que par la bataille et la lutte et en absorbant d’autres vies en toi. la première loi de ce monde que j’ai fait est : création et préservation par la destruction. »

Il était nécessaire de poser un peu le contexte avant d'aborder ce paragraphe avec lequel nous commençons à voir l'intérêt par rapport à notre épreuve actuelle :

Page 49

Nietzsche a fortement insisté sur l’aspect de la vie qu’est la guerre et sur le type parfait d’homme qu’est le guerrier....

Quoique nous puissions différer d’opinion sur plusieurs conclusions morales et pratiques que Nietzsche crut devoir en tirer, ces théories, actuellement tant décriées, sont incontestablement justifiées et nous remémorent une vérité que nous aimerions à nous dissimuler.

Il est bon que cette vérité nous soit remise en mémoire ;

premièrement parce que toute âme forte y trouve un effet tonique, qui la sauve de la mollesse et du relâchement trop encouragés par ce sentimentalisme doucereux, philosophique, religieux et moral, qui aime à regarder la nature sous son aspect d’amour, de vie, de beauté et de bien, mais se détourne de son cruel masque de mort, qui adore Dieu sous la forme de Shiva, mais refuse de l’adorer sous celle de Roudra ;

secondement parce que nous n’arriverons jamais à résoudre les discordances et les oppositions de l’existence, tant que nous n’aurons pas le courage et l’honnêteté de la regarder droit en face.

Il nous faut d’abord voir ce que la vie et le monde sont ; ensuite nous pourrons d’autant mieux rechercher le meilleur moyen de les transformer en ce qu’ils doivent être.

Si cet aspect répulsif de l’existence recèle en lui-même quelque secret de l’harmonie finale, en l’ignorant ou en dissimulant son importance nous manquerons ce secret et tous nos efforts pour trouver une solution échoueront, par la faute de notre complaisante ignorance des vrais éléments du problème.

Si, d’autre part, cet aspect de l’existence cache un ennemi qu’il faut abattre et fouler aux pieds, ou extirper et éliminer, même alors nous ne gagnerons rien en sous-estimant son pouvoir et sa mainmise sur la vie, ou en refusant de constater la force de ses racines dans le passé effectif et dans les principes réellement opérants de l’existence.

* * *

La guerre et la destruction ne sont pas seulement un principe universel de notre vie ici-bas dans son aspect purement physique ; elles régissent aussi notre existence mentale et morale.

Il est évident que dans la vie réelle de l’homme, tant intellectuelle que sociale, politique ou morale, nous ne pouvons vraiment avancer d’un pas sans rencontrer lutte et bataille entre ce qui existe et vit et ce qui cherche à vivre et à exister, et entre tout ce qui se tient derrière ces deux partis.

Il est impossible, au moins dans l’état présent des hommes et des choses, de croître, d’avancer, et d’accomplir son destin, et en même temps d’observer réellement et complètement ce commandement de ne pas nuire, qui nous est donné cependant comme la règle de conduite la meilleure et la plus haute...

Ensuite, dans les deux paragraphes suivants, Sri Aurobindo explique que lutter avec la force de l'âme entraine des destruction souvent encore plus terribles que celles engendrés par la lutte avec des moyens physiques. Il y a là, manifestement, une connaissance qui échappe à notre entendement et dépasse les connaissances spirituelles habituelles. Si vous voulez approfondir ce point, je vous invite à lire par vous-mêmes les paragraphes en question. Et puis, Il apporte la nuance nécessaire :

 

La lutte et la destruction ne sont pas tout ; le principe sauveur d’association et d’aide mutuelle existe aussi bien que le principe de dissociation et de lutte, la puissance d’amour aussi bien que celle de revendication égoïste, l’impulsion à se sacrifier aux autres aussi bien que l’impulsion de sacrifier les autres à soi-même.

Mais quand nous voyons comment, en fait, ces principes-ci ont opéré, nous ne sommes pas tentés de dissimuler ou d’ignorer la puissance de leurs opposés.

L’association n’a pas été fondée seulement dans un but d’entraide, mais aussi pour la défense et l’agression, pour nous fortifier contre tout ce qui nous attaque ou nous résiste dans la lutte pour la vie.

L’association s’est montrée une auxiliaire de l’égoïsme, de la revendication, de la guerre de la vie contre la vie.

L’amour lui-même a été constamment une puissance de mort. Tout spécialement l’amour du bien et l’amour de Dieu, tels qu’ils ont été embrassés par l’ego humain, sont responsables de beaucoup de luttes, de massacres et de destruction.

Le sacrifice de soi est une chose grande et noble, mais à son point le plus haut il est une reconnaissance de la loi de la vie par la mort et devient l’offre de soi-même sur l’autel de quelque puissance qui exige une victime pour que l’œuvre désirée puisse être accomplie.

La mère oiseau qui affronte l’animal de proie pour défendre ses petits, le patriote qui meurt pour la liberté de son pays, le martyr d’une religion ou le martyr d’une idée, sont, à des degrés divers de l’échelle de la vie animale, les plus hauts exemples du sacrifice de soi ; il est bien évident à quoi ils portent témoignage.

Continuons avec l'avant derniers paragraphe et un questionnement...

 

Tout cela semble indiquer qu’il y a ici un élément de l’existence — peut-être l’élément initial — dont nous ne savons pas comment nous rendre maîtres, soit parce qu’il ne peut pas être maîtrisé, soit parce que nous n’avons pas arrêté sur lui un regard assez pénétrant et impartial pour le reconnaître calmement et loyalement et découvrir sa nature.

Il nous faut regarder l’existence en face, si notre but est d’en trouver la juste explication, quelle qu’elle puisse être.

Et regarder l’existence en face, c’est regarder Dieu en face, car les deux ne peuvent être séparés, pas plus que la responsabilité des lois de l’existence cosmique ne peut être retirée de Celui qui les a créées, ou de Cela qui a constitué le monde.

Mais ici encore, nous aimons à pallier et à équivoquer. Nous avons érigé un Dieu d’amour et de miséricorde, un Dieu juste, équitable et vertueux suivant nos propres conceptions morales de la justice, de la vertu et de l’équité, et tout le reste n’est pas lui, ou n’est pas son œuvre, disons-nous, mais est l’œuvre de quelque pouvoir diabolique, auquel il permit pour une raison quelconque d’élaborer sa mauvaise volonté.... ou même résulte de la faute d’un homme égoïste et pécheur qui a corrompu ce qui était sorti parfait des mains de Dieu.

Comme si l’homme avait créé la loi qui impose la mort au monde animal et la nécessité de s’entre-dévorer, ou ce processus épouvantable par lequel la nature crée, certes, et préserve, niais en même temps et par une action jumelle inextricable détruit et tue !

Il n’y a que peu de religions qui aient eu le courage de dire sans réserve, comme le firent celles de l’inde, que cette énigmatique puissance cosmique est une divinité unique, une trinité, et de présenter l’image de la force qui agit dans le monde sous les traits non seulement de la bénéfique Durgâ, mais aussi de la terrible Kâlî dans sa danse sanguinaire de destruction, en disant : « Ceci aussi est la Mère ; sache que ceci aussi est Dieu ; ceci aussi, adore-le si tu en as le courage. »

Il est significatif que la religion qui a eu cette inflexible honnêteté et cet extraordinaire courage, a réussi à créer une spiritualité profonde et étendue qu’aucune autre ne peut égaler. Car la vérité est le fondement de la vraie spiritualité et le courage en est l’âme même...

Questionnement personnel :

Tout d'abord, une fois encore ces explications apportées par Sri Aurobindo me semblent utiles par rapport au combat actuel des peuples contre ces élites mondialisées.  

Ensuite, quelque chose que je ne comprends pas du tout. Peut-être des lecteurs écriront un commentaire susceptible de nous éclairer.

Accepter le fait que tout fait partie du Divin, même ce que nous appelons le mal, et comprendre que la destruction est aussi nécessaire que la construction est une chose, ne faire aucune nuance entre destruction et destruction en est une autre.

Que je sache, si j'ai bien compris, quand Kali détruit, il s'agit des ennemis du Divin. Ce n'est pas Kâli, qui a créé la Shoah ou sacrifie des enfants en gloire à Satan ou qui a mis à mort les ennemis de Staline, de Polpot... et de tous les dictateurs de la terre. 

Kâli détruit, et l'Assoura détruit... S'agit-il de la même chose ? Assurément non. Nous pouvons très bien accepter l'un et refuser l'autre. Je n'ai pas trop compris ce passage. 

Voyons le dernier paragraphe qui résume la situation et me semble utile pour la grande épreuve de notre temps. 

Tout cela ne veut pas dire que la guerre et la destruction sont l’alpha et l’oméga de l’existence, que l’harmonie n’est pas supérieure à la guerre, que l’amour ne manifeste pas davantage le Divin que la mort, ou que nous ne devons pas nous efforcer de remplacer la force physique par la force de l’âme, la guerre par la paix, la rivalité par l’union, la haine par l’amour, l’égoïsme par l’universalité, la mort par la vie immortelle.

Dieu n’est pas seulement le Destructeur, il est aussi l’ami des créatures ; il est non seulement la trinité cosmique, mais le transcendant ; la terrible Kâlî est également la Mère aimante et bénéfique, le seigneur de Kurukshetra est le divin camarade et conducteur du char, le séducteur des êtres, Krishna incarné.

Où qu’il nous conduise, à travers la lutte, le conflit et la confusion, vers quelque but, quelque état divin qu’il nous attire, c’est certainement à une transcendance qui dépasse toutes ces apparences sur lesquelles nous nous sommes arrêtés si longuement.

Mais où et comment, à quelle transcendance et sous quelles conditions — cela nous avons à le découvrir ; et pour le découvrir, il faut d’abord voir le monde tel qu’il est, observer et apprécier correctement son action, telle qu’elle se montre au départ et maintenant, pour qu’ensuite son parcours et son but se révèlent plus clairement.

Il nous faut reconnaître Kurukshetra pour ce qu’il est ; il faut nous soumettre à la loi de vie par la mort, avant que nous puissions trouver notre chemin vers la vie immortelle ; il faut ouvrir nos yeux, d’un regard moins épouvanté que celui d’Arjuna, à la vision du seigneur du temps et de la Mort et cesser de nier, de haïr le Destructeur universel ou de reculer devant lui.

En conclusion :

Nous n'en sommes plus à un paradoxe près, ni à une difficulté de compréhension près 😊...

Ainsi, aussi étrange que cela puisse nous paraître avec tout ce que nous voyons, Sri Aurobindo, nous révèle dans Savitri que, contre toute-attente, les forces adverses elles-mêmes, aspirent à être vaincues :

* * *

Narad, le chantre céleste, le Voyant, occupe une place toute spéciale dans la tradition indienne : c’est un homme divinisé, l’annonciateur ou le précurseur de l’Homme Divin à venir. Il n’est pas “né dieu”, mais homme devenu dieu. Il a pris rang parmi les immortels et il peut à volonté se déplacer parmi les trois mondes, sur les sommets supraconscients et à travers notre monde physique et mortel, et les mondes subconscients ou “inconscients” qui recèlent les clefs de notre avenir. Il connaît donc les trois temps, passé, présent et à venir, et c’est lui qui annonce le Destin de Savitri et de Satyavane. 

"Alors, tandis qu’il chantait les démons se mirent à pleurer de joie

Voyant venir la fin de leur longue et terrible tâche

Et la défaite qu’ils avaient en vain espérée,

Et l’heureuse délivrance du destin funeste

Qu’ils avaient eux-mêmes choisi

Et le retour en l’Un d’où ils étaient venus."

Savitri – Livre 6 – Le Livre du Destin

Chant Un – Le Mot du Destin

À suivre avec les chapitres 6 et 7

Chapitre 6 : L'homme et la bataille de la vie

Chapitre 7 : La foi du guerrier aryen

👍❤️

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