L'histoire ne se répète jamais mais elle bégaye tout le temps nous dit le proverbe. J'aimerais attirer l'attention sur une curieuse coïncidence.

Aujourd'hui, nous sommes à une période charnière de notre histoire et de plus en plus d'informations qui confirment que tout a commencé avec ce virus sorti du laboratoire de Wuhan.

Et hier,  il y a 115 ans à Tlemcen, Mère faisait une expérience occulte très curieuse à propos de certains événements en Chine, à Wuhan, annonçant "le premier mouvement terrestre de la transformation". 

On dirait... que le début et la fin de ce vaste mouvement terrestre de transformation se passe en Chine, à Wuhan. 

"Or, en 1906, à Tlemcen, il s’était produit un incident bizarre. Au cours de ses explorations dans les plans de conscience qui enveloppent la terre (ce qu’on appelle son «avenir» et qui n’est à venir que par les épaisseurs à traverser), Mirra avait vu quelque chose, ou plutôt il lui avait été dit quelque chose, qu’elle avait noté soigneusement avec la date (et Dieu sait qu’elle était à mille lieues de se préoccuper de la Chine quand elle ne savait même pas très bien ce qu’était l’Inde) : Exactement dans cinq ans, la révolution se produira (en Chine). Ce sera le premier mouvement terrestre annonçant la transformation.

Et en 1911 exactement, octobre, le Kuo-min-tang provoquait les troubles que nous savons et la dynastie mandchoue s’écroulait peu après. Mais ces événements, qui maintenant nous apparaissent dans leur ampleur véritable, n’étaient alors que de vagues rumeurs qui devaient traverser des mers et des mois pour se faire connaître moins bien que le dernier discours de l’illustre député républicain du Lot-et-Garonne (Monsieur Fallières, pour ne pas le nommer).

Et Mirra ne savait rien de tout cela, lorsque, par quelque «hasard» aussi mystérieux que tout le reste, elle a rencontré à Paris (comment, nous ne le savons pas, ni quand exactement) certain affilié d’une société secrète chinoise (comme dans les romans) qui l’a mise au courant des événements de Wuhan en des circonstances encore plus étranges que tout le reste : devant cet homme, sans savoir pourquoi, Mirra s’est mise à faire certain geste (un poing sur l’autre) qui était le signe de ralliement de ladite société (décidément nous sommes en plein roman, mais la vie de Mère est le plus étonnant roman qui soit) et se croyant parmi d’autres affiliés, l’homme avait donné tous les détails de ce qui était en train de se produire en Chine. Du coup, Mirra s’est souvenue de sa note cinq ans plus tôt.

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Mais ce qui nous laisse songeur, nous, c’est : pourquoi la Chine ? L’Histoire à venir, très prochaine sans doute, nous dira pourquoi c’est dans ce pays que devait se situer «le premier mouvement terrestre annonçant la transformation».

Nous n’en savons rien. Nous pouvons seulement noter le fait. Est-ce là qu’est le nœud ? Mais le fait est qu’au tournant de ce siècle, trois révolutions étaient en cours qui allaient changer la face du monde. Quelque chose avait commencé dont tout le reste, aujourd’hui, est seulement la conséquence et le développement.

Et qu’est-ce qui avait commencé ? 

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C’est la fin du Mental. La pensée s’annule elle-même. C’est le commencement d’autre chose. Nous sommes au temps du grand «changement de gouvernement» disait-elle : c’est le remplacement du gouvernement mental de l’intelligence par le gouvernement spirituel de la conscience.

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Tout le monde est en train de virer dans un nouveau stade évolutif sous l’intolérable Pression interne et externe de la Conscience.

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Ce n’est nulle révolution chinoise ou russe : c’est la révolution de la Conscience. Et toutes les révolutions sont faites pour précipiter cette seule révolution-là. Toutes les misères sont faites pour hâter cette seule délivrance-là. Tous les mensonges sont faits pour forcer cette seule Vérité-là. Tout le monde y va et tout le monde y travaille, qu’il le veuille ou non, en blanc ou noir, en faux ou vrai, c’est tout pareil : Il y a une chose bien simple, disait Mère, c’est que l’humanité tout entière suit une évolution, une courbe d’évolution, et il y a des âges – certains âges – où certaine expérience devient presque universelle, c’est-à-dire terrestre, entièrement terrestre, et justement, sous des noms, sous des étiquettes, sous des mots différents, c’est à peu près la même expérience qui se poursuit.

Satprem - Le Matérialisme Divin

Page 284 et suivantes dans le livre

Chapitre 13 : Et la terre

Paragraphe : Le changement de gouvernement

Wuhan, l'histoire bégaye

Mais continuons l'exploration de ce chapitre 13 avec quelques extraits très éclairants pour l'histoire que nous sommes en train de vivre sur terre. J'ai simplement ajouté la source des citations qu'il donne. 

 

Toutes les organisations humaines sont basées sur : le fait visible (qui est un mensonge), l’opinion publique (qui est un autre mensonge) et le sens moral qui est un troisième mensonge ! Alors… Et avec sa simplicité désarmante qui va droit au cœur de la question, elle demandait : Il faut une organisation mondiale, oui, et par qui ? Il faut que ce soient au moins des gens qui aient une conscience mondiale ! (Agenda du 25 mars 1970)

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Et voilà. Partout et de tous les côtés, elle revenait à ce problème de "conscience" : « Les gouvernements succèdent aux gouvernements, les régimes aux régimes, les siècles aux siècles, et la misère humaine reste la même lamentablement… Seule une transformation, une illumination de la conscience humaine peut amener une amélioration véritable à la condition humaine. » (Sri Aurobindo – La Synthèse des Yoga)

LES CONDITIONS DANS LESQUELLES LES HOMMES VIVENT SUR TERRE SONT LE RÉSULTAT DE LEUR ÉTAT DE CONSCIENCE, disait-elle. VOULOIR CHANGER LES CONDITIONS SANS CHANGER LA CONSCIENCE EST UNE VAINE CHIMÈRE.

 

En une simple phrase, tout le problème du monde est là et toute l’énormité de l’illusion qui nous meut depuis la première locomotive. 

Comment pouvez-vous changer quelque chose sans justement avoir changé vous-même ?

Ce sont les enfants qui disent : J’ouvre un dortoir, je vais construire une crèche, offrir de la soupe aux pauvres, prêcher une connaissance, répandre une religion…

C’est seulement parce que vous considérez que vous êtes meilleurs que les autres, que vous savez mieux qu’eux ce qu’ils doivent être ou faire.

Voilà ce que c’est, «servir l’humanité». Vous voulez continuer tout cela ? Cela n’a pas changé grand-chose.

Vous pouvez ouvrir des millions d’hôpitaux, cela n’empêchera pas les gens d’être malades. Au contraire, ils auront toute facilité et tout encouragement pour tomber malades…

En fait, la première humanité qui vous concerne, c’est vous-même.

Vous voulez atténuer la souffrance, mais à moins que vous ne puissiez changer la capacité de souffrir en une certitude d’être heureux, le monde ne changera pas.

Ce sera toujours pareil, on tourne en rond – une civilisation suit l’autre, une catastrophe suit l’autre, mais la chose ne change pas, parce qu’il y a quelque chose qui manque, quelque chose qui n’est pas là, c’est la conscience. C’est tout.

(Entretiens du 8 avril 1953)

Mirra avait fait tout le tour des mécanismes, nous pourrions dire le tour des vieux tombeaux, il n’y avait plus de portes, nulle part, sauf une dans le silence du cœur : 

Ce n’est dans aucun moyen extérieur, amélioration matérielle ou transformation sociale, que réside la véritable évolution progressive, celle qui peut mener l’homme vers le bonheur auquel il a droit.

Ce sont les perfectionnements individuels, intérieurs et profonds, qui constituent le progrès réel et peuvent transformer totalement l'état actuel des choses, écrivait-elle en 1912. (Paroles d'Autrefois du 25 juin 1912 - Page 100)

Toutes nos «améliorations» n’ont pas plus d’utilité du point de vue du prochain stade de l’évolution, que les galipettes améliorées du singe dans les forêts du Pléistocène – sauf si elles sont un prétexte pour développer notre propre conscience. Mais c’est seulement un prétexte.

Là-bas, Sri Aurobindo s’était retiré de l’action révolutionnaire pour les mêmes raisons, alors que tout le monde s’attendait à le voir prendre la tête des destinées politiques de l’Inde – et on lui en voudra beaucoup de ce retrait, personne n’a jamais compris. 

Les avocats de l’action s’imaginent qu’avec une ruée toujours nouvelle de l’intellect et de l’énergie humaine, tout peut s’arranger, écrira-t-il; l’état actuel du monde après un développement de l’intellect sans parallèle dans l’Histoire et une dépense d’énergie fantastique est une preuve éclatante du vide de l’illusion qui les fait œuvrer.

Le yoga pose le principe que c’est seulement par un changement de conscience que la vraie base de la vie peut se découvrir : du dedans au dehors, telle est la loi, en vérité.

Mais «dedans» ne veut pas dire un quart de centimètre derrière la surface…

Nous avons le choix entre rester dans le vieux méli-mélo à tâtonner çà et là dans l’espoir de tomber par chance sur quelque découverte, ou faire un pas en retrait et chercher la Lumière dedans jusqu’à ce que nous découvrions la Divinité et puissions la bâtir au-dehors comme au-dedans. (Lettres sur le Yoga)

Wuhan, l'histoire bégaye

Et je termine par un dernier, remarquablement prophétique de Satprem - page 243 dans le livre. 

Sans nos détestables péchés mortels ou médicaux, nous serions déjà tous partis dans quelque ciel pur ou enfermés dans quelque paradis sanitaire et démocratique d’où l’évolution aurait beaucoup de mal à nous repêcher.

Mais elle veille, elle nous suffoque bien et nous parasite à droite, parasite à gauche, pour que nous soyons contraints de toucher la Matière et de trouver là, au fond de ce trou, au cœur de cette Contradiction, l’ultime secret et l’ultime être et l’ultime pouvoir : Le remède est au centre du mal. La sortie est en bas. 

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