Introduction :

Dans les précédents partages concernant l'Essai sur la Guîtâ de Sri Aurobindo, nous étions entre autre invités à ne fuir aucune des réalités de la vie, fussent-elles violentes.

Le chapitre 7, La foi du guerrier aryen aborde une autre des habituelles difficultés de la vie, celle liée à la mort. Question d'autant plus d'actualité que plusieurs savants du monde entier, et non des moindre, n'ont pas hésité a envisager pour les mois à venir, l'hypothèse d'un véritable génocide suite aux injections. 

Si nous sommes face à 100 000 morts, 200 000 morts ou même davantage, comme ils l'envisagent, comment allons-nous réagir à ce cataclysme ?

Certains expliquent déjà qu'il faut multiplier les données de pharmacovigilance  entre 30 et 50 fois pour arriver à des chiffres plus proches de la réalité et ils évoquent plusieurs millions de morts ! ! ! C'est déjà largement suffisant pour en perdre le sommeil et nous n'en sommes qu'au début car nous savons que certains effets secondaires mettent plusieurs années à se révéler. 

J'ai déjà partagé plusieurs articles à ce sujet, et je viens de découvrir deux nouvelles vidéos, très bien construites et très argumentées qui confirment que les données de pharmacovigilance sont largement sous évaluée. 

Donc, depuis quelques jours, cette question tournait dans ma tête, et je cherchais une réponse quand j'ai commencé à me souvenir une première fois, puis une deuxième d'une parole de Mère qui disait que chaque seconde portait sa loi d'absolue vérité.

Je me suis demandé pourquoi cette parole me revenait en mémoire de façon un peu insistante et j'ai alors fais une recherche pour retrouver la citation exacte :

"Si nous acceptions le Suprême au-dedans de notre corps, si l’on avait l’expérience que j’ai eue il y a quelques jours [3]: c’est la suprême Connaissance en action, avec la suppression totale de toutes les conséquences, passées et futures. Chaque seconde a son éternité et sa loi propre qui est une loi d’absolue vérité."

Agenda du 10 mai 1958

[3]: Expérience du 1er mai 1958

Nous avons là une indication précieuse, abreuvé d'informations, dans un temps qui semble s'accélérer davantage, nous pouvons nous appuyer, focaliser notre aspiration, notre volonté, sur cette vérité de l'instant, et ainsi avancer de seconde en seconde. 

C'est intéressant, Mère est souvent revenue sur ce "de secondes en secondes", j'y reviendrai dans un article ultérieur. C'est comme une impossibilité de faire des plans sur la comète... et en attendant, je n'avais toujours pas ma réponse alors j'ai continué mes recherches et trouvé autre chose, de beaucoup plus intéressant par rapport au sujet qui nous occupe :

"Le disciple lit un texte de Sri Aurobindo :

«La peur de la mort et l'aversion de la cessation corporelle sont les stigmates laissés sur l'être humain par son origine animale. Cette marque doit être absolument effacée.»

(La Synthèse des Yoga)

Je ne connaissais pas cela. C'est très intéressant !

C'est très intéressant dans le sens qu'avant de pouvoir atteindre à la condition où la mort n'est pas nécessaire, il faut absolument la trouver... tout à fait naturelle, un événement sans importance. C'est surtout cela, quelque chose qui a une très petite importance."

Immortalité

Immortalité

Cet extrait de l'Agenda du 26 juin 1968 nous invite à prendre la mort comme un événement.... sans importance. C'était la réponse que je cherchais. Voyons maintenant quelques extraits de ce chapitre 7 de la Guîtâ.

Dans les premiers paragraphes, Sri Aurobindo commence par rappeler comment s'articule la compassion divine avec les devoirs et les qualités du guerrier. Ensuite il réponds aux répugnances d'Ardjouna vis-à-vis du massacre de la guerre. 

"La réponse de l’instructeur suit deux lignes différentes ; d’abord une brève riposte fondée sur les idées les plus hautes de la culture générale aryenne, selon laquelle Ardjouna a été élevé ; et puis une autre explication, plus vaste, fondée sur une connaissance plus intime et donnant accès à des vérités plus profondes de l’être humain ; celle-ci constitue le vrai point de départ de l’enseignement de la Gîtâ.

La première réponse s’appuie sur les conceptions philosophiques et morales du Védânta et sur les idées sociales de devoir et d’honneur qui forment les fondements éthiques de la société aryenne.

Ardjouna s’est efforcé de justifier son refus par des raisons d’ordre éthique et rationnel, mais il a tout au plus revêtu de mots d’une apparente rationalité la révolte de ses émotions ignorantes et indisciplinées.

Il a parlé de la vie physique et de la mort du corps, comme si elles ‘étaient les réalités premières ; mais elles n’ont pas cette valeur essentielle aux yeux du sage et du penseur.

Le chagrin pour la mort corporelle de ses amis et parents est une affliction que la sagesse et la vraie connaissance de la vie ne ratifient pas ; l’homme éclairé ne s’afflige ni pour les vivants ni pour les morts, car il sait que la souffrance et la mort ne sont que de simples incidents au cours de l’histoire de l’âme.

C’est l’âme et non le corps qui est la réalité.

Tous ces rois des hommes dont il pleure la mort prochaine, ont déjà vécu auparavant et vivront de nouveau dans un corps humain ; car, de même que l’âme passe physiquement par l’enfance, la jeunesse et l’âge mûr, de même elle passe d’un corps à un autre.

L’esprit calme et sage, le penseur, qui regarde la vie fermement sans se laisser distraire ou aveugler par ses sensations et ses émotions, n’est pas trompé par les apparences matérielles ; il ne permet pas aux clameurs de son sang, de ses nerfs et de son cœur d’obnubiler son jugement ou de contredire sa connaissance.

Il regarde au-delà des faits apparents de la vie du corps et des sens vers le fait réel de son être ; il s’élève au- dessus des désirs émotionnels et physiques de la nature ignorante vers le seul et vrai but de l’existence humaine.

*

Quel est ce fait réel, ce but le plus haut ? Ceci, que la vie et la mort de l’homme, répétées à travers les âges des grands cycles du monde, ne sont que le long parcours par lequel l’être humain se rend apte et prêt pour l’immortalité.

Et comment faut-il s’y préparer ? Quel est l’homme qui y est apte ?

C’est celui qui cesse de se regarder comme une vie et un corps, celui qui n’accepte pas les expériences matérielles et sensorielles du monde à leur propre valeur ou à celle que leur attribue l’homme physique, celui qui se connaît lui-même et les autres comme des âmes, celui qui apprend à vivre dans son âme et non dans son corps, et qui dans ses rapports avec les autres les traite en âmes et non en simples êtres physiques.

Car par immortalité il faut entendre non la survivance à la mort, car celle-ci appartient déjà à toute créature douée d’un mental, mais la transcendance de la vie et de la mort. Cela signifie cette ascension par laquelle l’homme cesse de vivre comme un corps animé par le mental, pour vivre enfin comme un esprit et dans l’Esprit.

Quiconque est sujet au chagrin et à l’affliction, quiconque est l’esclave de ses sensations et de ses émotions, et s’absorbe dans les contacts des choses transitoires ne peut être apte à l’immortalité.

Tout cela doit être enduré jusqu’à ce qu’on l’ait conquis, jusqu’à ce que l’homme libéré ne puisse en éprouver aucune douleur, jusqu’à ce qu’il soit capable d’accueillir tous les événements matériels du monde, joyeux ou tristes, d’une même âme égale, calme et sage, ainsi que les accueille l’Esprit éternel, tranquille, au plus secret de nous.

Être troublé par l’affliction et l’horreur, comme le fut Ardjouna, être détourné par elles du chemin qu’il faut parcourir, être vaincu par la pitié envers soi-même, l’incapacité de supporter la douleur et l’effroi devant des circonstances aussi inévitables et insignifiantes que la mort du corps, c’est faire preuve d’une ignorance non aryenne.

Ce n’est pas ainsi que l’aryen doit monter avec une calme énergie vers la vie immortelle.

*

La mort n’existe pas, puisque c’est le corps qui meurt et que le corps n’est point l’homme. Ce qui est réellement ne peut pas sortir de l’existence, quoiqu’il puisse changer de forme et d’apparence à nos yeux, de même que ce qui est inexistant ne peut pas venir à l’être.L’âme est et ne peut cesser d’être.

Cette opposition entre ce qui est et ce qui n’est pas, cet équilibre entre l’être et le devenir, qui constituent le point de vue mental de l’existence, se résolvent enfin dans la réalisation par l’âme de l’unique et impérissable Moi par qui tout cet univers a été développé.

Les corps finis ont une fin, mais Ce qui les possède et s’en sert est infini, illimité, éternel et indestructible. Cela abandonne l’ancien corps et en prend un nouveau, de même qu’un homme change pour un nouveau vêtement celui qui est usé ; qu’y a-t-il là qui doive affliger, angoisser ou effrayer ?

Cela n’est pas né et cela ne meurt pas, et pas davantage n’est-ce une chose qui vient une fois à l’existence et disparaît ensuite pour n’y jamais revenir.

Il est non né, antique, éternel ; il n’est pas tué quand on tue le corps. Car qui peut tuer l’esprit immortel ?

Lles armes ne peuvent le blesser, ni le feu le brûler, ni l’eau le mouiller, ni le vent le dessécher. Éternellement stable, immobile, pénétrant toute chose, il est pour toujours. Il n’est pas manifeste comme l’est le corps, mais plus grand que toute manifestation ; il ne peut être analysé par la pensée, mais il est plus grand que toute intelligence ; il n’est pas sujet au changement et à la modification comme le sont la vie, ses organes et leurs objets, mais au-delà des changements du mental, de la vie et du corps.

Et pourtant il est la réalité que tout le reste s’efforce de représenter.

*

Même si la vérité de notre être était moins sublime et moins immense, moins intangible à la vie et la mort, même si le moi était constamment sujet à la naissance et au trépas, même alors la mort des êtres ne devrait causer nul chagrin, car elle est une condition inévitable de la manifestation propre de l’âme. la naissance est une apparition hors d’un état où l’âme n’est pas inexistante, mais seulement non manifestée à nos sens mortels, et la mort est le retour à ce monde ou à cet état non manifesté, d’où elle réapparaîtra à nouveau dans le monde physique.

Tout le bruit fait par les sens et le mental physiques autour de la mort et de l’horreur qu’elle inspire, que ce soit sur le champ de bataille ou sur un lit de souffrance, est la plus ignorante des réactions nerveuses.

Pleurer les morts, c’est s’affliger d’une manière ignorante pour ceux qu’il n’y a point de cause de pleurer, puisqu’ils ne sont jamais sortis de l’existence et qu’ils n’ont souffert aucun changement d’état douloureux et terrible, et que, après la mort, ils ne sont ni moins vivants ni dans des circonstances plus pénibles que pendant la vie.

*

Mais en réalité, la vérité la plus haute est la seule vraie. tout est ce Moi, cet un, ce Divin que nous regardons, dont nous parlons et entendons parler comme étant la merveille qui dé- passe notre compréhension, car après toutes nos recherches et toutes nos déclarations de connaissance et malgré ce que nous avons appris de ceux qui possèdent la connaissance, aucun esprit humain n’a jamais connu cet absolu.

C’est Cela qui est ici voilé par le monde, le maître du corps ; toute vie n’est que son ombre ; la venue de l’âme dans la manifestation physique et notre sortie hors d’elle par la mort ne sont que l’un de ses mouvements mineurs.

Une fois que nous nous connaissons comme Cela, il devient absurde de parler de nous comme de tueurs ou de tués.

Une seule chose est la vérité dans laquelle nous avons à vivre : l’Éternel se manifestant comme l’âme de l’homme dans le grand cycle de son pèlerinage, avec la naissance et la mort comme bornes milliaires, les mondes de l’au-delà comme lieux de repos, avec toutes les circonstances de la vie, heureuses ou malheureuses, comme moyens de progrès, comme champ de bataille et de victoire, avec enfin l’immortalité comme le terme vers lequel l’âme voyage.

*

Puisque de nombreux savants nous annoncent un potentiel génocide, j'ai trouvé que ces quelques paragraphes pouvaient s'avérer très utiles pour que, si cela arrive, nous prenions moins la chose au tragique.

Dans les derniers paragraphe de chapitre, Sri Aurobindo termine en rappelant à Ardjouna la nécessité de combattre. 

Je vous invite à lire ci-dessous les 12 pages remarquables de ce chapitre - Page 68 à 80. 

Retour à l'accueil