Je l'ai expérimenté des centaines de fois et l'ai souvent dit : quand j'expérimente quelque chose d'assez fort, alors vient presque l'expérience inverse. Certainement pour sans arrêt nous rappeler que dans ce yoga-là, nous ne pouvons nous appuyer sur rien... que le Divin.

Après avoir expérimenté pendant plusieurs jours des pratiques corporelles assez fortes, profondes, vivantes, intéressantes, et patati et patata, je me suis trouvé incapable de faire quoi que ce soit de ce genre et ce matin, la pratique corporelle était beaucoup plus forte, assis en intériorisation, sans rien faire...

N'en déplaise aux partisans de l'efficacité, de la rentabilité, de la productivité, et autres balivernes du monde moderne, apprendre à ne rien faire est l'une des choses.... les plus utiles. 

Pendant une heure trente environ, très calme et très concentré à observer dedans, en gros, la relation entre la conscience divine, la conscience spirituelle et le corps.

Je n'ai jamais compris comment les sages pouvaient s'échapper là-haut dans la paix blanche comme l'a souvent écrit Satprem. Quand je m'assoie et ferme les yeux pour observer dedans, il me semble que pas un instant je ne quitte le corps. J'aimerais bien, de temps en temps, pouvoir me barrer là-haut dans les félicités infinies, paraît-il. Ce que je vois, touche, ressens, observe... ce sont toujours les mystères du corps, en bas, et les difficultés diverses de l'être extérieur. 

Assis, immobile, a priori, rien ne devrait être douloureux alors que, sans rien faire si ce n'est aspirer, appeler la Conscience à descendre dans ce corps, toutes sortes d'inconforts psychologiques, émotionnels et et de douleurs physiques ressortent. 

Ce matin, pendant la première partie de ma méditation, l'indication qui revenait avec le plus d'insistance au début, c'était "faire la paix avec soi-même". Encore et encore, toutes sortes de vieux souvenirs défilaient dans la conscience, des moments infimes, symboliques de certaines époques de ma vie...

Rien d'extraordinaire en soi, j'imagine que ce serait pareil pour tout le monde, chacun avec ses petites histoires, ses petits malheurs... 

Chaque fois que quelque chose se présentait à la conscience, il y avait ce "faire la paix avec soi-même", comme passer l'éponge, abdiquer, abdiquer...... et alors l'image-sensation disparaissait, et dans le corps,  petit à petit, cela devenait transparent, clair, lumineux...

Ce point cristallisé disparaissait et peut-être redevenait de l'énergie, de la lumière, une lumière transparente...

Ensuite, l'indication la plus fréquente fut cette idée de mourir à soi-même, il est même monté une forte d'exaspération avec tous les moi, moi, moi : ma femme, mon mari, mes enfants, mes parents, ma maison, mon métier, mes idées, mes émotions... 

Tout est toujours bien trop personnel... 

Être ou ne pas être...

Alors, à défaut de prétendre dissoudre l'ego, le premier travail était au moins de cesser l'identification avec tout ces moi, moi, moi.... 

Rien de tout ça n'est moi, rien de tout ça n'appartient à l'être véritable, ce sont des choses qui traversent la conscience, c'est tout. Au moins cesser l'identification continuelle avec toutes les choses qui nous traversent... 

Alors cet aspect des "prières et méditations" m'est revenu en mémoire, faire un avec le Divin...

Ô seigneur, je t’implore ! permets que je sois parfaitement consciente et maîtresse de l’agrégat qui constitue cette personnalité, afin que je sois délivrée de moi-même et que toi seul vives et agisses à travers ces multiples éléments.

*  

Ô seigneur, mon doux maître éternel, brise cette résistance qui me remplit d’angoisse... délivre-moi de moi-même !

*  

Ô seigneur, la pensée recueillie, le cœur ensoleillé, je me donne à toi sans réserve et le moi disparaît en toi !

J'ai même repensé à cette parole de Klaus Schwab qui fait beaucoup jaser : "vous ne posséderez rien et vous serez heureux". Il y a pourtant une vérité là-dessous.

En effet, nous en avons assez de la société de consommation et de tout temps, il a existé dans la conscience spirituelle cette tendance à se méfier des richesses et à se détacher des biens matériels.

Sauf que la perversion est que Klaus Schwab détourne cette aspiration légitime ; non au profit par exemple d'une communauté d'individus, mais pour accroître encore les richesse de l'oligarchie d'ultra riches.

C'est l'un des aspects d'Auroville, par exemple, qui a été fait, entre autre, pour ceux qui veulent connaître la joie de ne rien posséder. 

Dans le cadre d'un nouveau monde à construire, nous pouvons très imaginer une ville dans laquelle toutes les terres, tous les logements, le foncier pour ainsi dire, n'appartiendrait.... ni au privé, ni à l'État, les deux pouvant être aussi totalitaires l'un que l'autre, mais aux habitants eux-mêmes, qui géreraient cette ressource commune avec un collectif de citoyens. 

L'intention de Klaus Schwab est très différente ; il veut prendre aux gens ce qu'ils possèdent, mais non dans une logique de partage pour le bien commun, mais pour le donner à ceux qui sont déjà multimilliardaires.  Il n'y a rien de spirituel là-dedans, c'est un simple racket.  Bah ! Un jour, les biens qu'ils ont volés seront restitués et comme le disait Mère, toutes les richesses se donneront spontanément à l'Oeuvre divine. 

En tout cas, au final, ce n'est pas le fait de posséder qui pose problème, c'est l'attachement à ce que l'on  possède de façon si... temporaire. 

Premier mouvement des richesses vers le Divin

Mais tout cela n'a pris que quelques respirations et très vite la concentration s'est posé à nouveau sur l'aphorisme 398 dont j'ai déjà reparlé : 

"Dieu en nous est Volonté infinie qui s'accomplit spontanément. Insensible à la peur de la mort, ne peux-tu point Lui laisser le soin de tes maux, non pas à titre d'essai mais avec une foi calme et entière ? Tu t'apercevras finalement qu'Il surpasse l'habileté d'un million de docteurs."

Pour le dire autrement, le grand sujet à l'étude tourne souvent autour de ça : la question de l'offrande, à commencer par nos difficultés, de tout qui navigue en nous, mais à vrai dire, jusqu'au don total de soi-même au Divin. C'est en quelque sorte, "le soucis" numéro 1. 

Que cet aphorisme devienne vrai, en avoir l'expérience. Et je regardais ça comme un problème tout à fait concret...

Que rien ne reste caché, que tout soit offert, et mon expérience était que, dans la mesure où la chose était offerte, elle était transformée et pouvait disparaître et cette partie-là de la conscience devenait transparente...

Et sans aucun mouvement du corps, contrairement aux jours précédents, le travail dans le corps était assez intense, avec le sentiment de traverser des couches de plus en plus profondes... 

Il n'y a rien à faire tout est à défaire. Mère est revenue souvent sur ce mouvement de défaire, défaire. Toutes sortes de choses ayant constitué des moments de vie se sont présentés, chacun ayant laissé une trace, une empreinte, et il s'agissait de laisser la force agir dessus afin que cela puisse disparaitre et que la substance, les énergies puisse devenir un peu plus transparent...

*

Tout cela prend du temps, beaucoup de temps. Pouvoir s'y consacrer est une grâce...

*

À suivre quelques paragraphes du Matérialisme divin de Satprem qui m'ont laissé une impression... extraordinaire, que j'ai trouvé absolument formidables. 

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