Suite de l'exploration du Matérialisme divin avec un résumé très succinct des chapitres 16 à 19 et quelques extraits. 

Le plus touchant de ces chapitres, à mon avis,  c'est d'approcher un peu l'abnégation dont à fait preuve Sri Aurobindo envers les disciples. Par ailleurs, en quelques pages, nous comprenons mieux la nature des obstacles rencontrés par Sri Aurobindo-Mère pour ce yoga si particulier.

Je vous laisse découvrir par vous-mêmes avec le lien ci-dessous.

Voyons quelques extraits :

Et dans ses «Causeries aux femmes du Japon», elle annonçait en termes prophétiques la venue de Sri Aurobindo et les signes auxquels on peut reconnaître l’avènement de l’Âge Nouveau.

Écoutons plutôt, c’était en 1916 : Aucun signe n’éclairera ceux dont les yeux restent clos. Mais pour ceux dont le regard est clair, l’obscurité elle-même devient un signe. Car ne savent-ils pas que la nuit se fait plus profonde à mesure que l’aurore approche ?

Mais nous donnerons à tous un moyen de discernement : quand tout bouge et trépide, quand un frisson passe parmi les peuples éveillant ceux qui étaient plongés dans le sommeil pendant des siècles et menaçant les trônes, quand ce qui était immuable commence à vaciller, quand les constructions les plus fières et les plus solides branlent sur leur base et menacent de ruine parce que le fondement même des choses est déplacé, alors on peut reconnaître l’avènement de celui dont les pas surhumains font trembler la terre. 17

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Le Mental, c’est le grand mystificateur. Nous nous souvenons de cette charmante histoire de Sri Aurobindo ayant reçu la visite du fils de Gandhi qui s’exclamait, choqué de voir Sri Aurobindo un cigare aux lèvres : «Comment ! vous êtes attaché au tabac ? vous, un yogi», etc. – et Sri Aurobindo de répondre instantanément : Comment ! vous êtes attaché au non-tabac ?… 

Et tout est là, très simplement. Il y a quelque chose de radical à changer. Quand nos dernières vérités se seront écroulées, les mains nues de leur tabac ou leur non-tabac, leur violence ou leur non-violence, leur divin ou leur non-divin, nous commencerons silencieusement à respirer un air léger et qui n’a l’air de rien, et qui sera peut-être la vérité de tout.

À ces mêmes femmes du Japon, Mère disait : La civilisation qui est en train de finir maintenant d’une façon si dramatique était basée sur le pouvoir du mental, sur un maniement mental de la vie et de la matière…

La route de la surhumanité s’ouvrira à l’homme quand il déclarera courageusement que tout ce qu’il a bâti jusqu’à présent, y compris l’intellect dont il est si fier à juste titre, et si vainement, ne lui suffit plus et que sa grande préoccupation désormais est de dégager, découvrir, libérer un pouvoir plus grand au-dedans. 18 

Au Japon, et avec Richard, Mère avait peut-être appris la totale inutilité de convertir le Mental, c’est-à-dire ce qu’ont fait tous les «sauveurs du monde» les uns après les autres : il faut aller jusqu’à la racine et tout le reste changera automatiquement. Sri Aurobindo, lui, dès le début avait compris : Je ne suis pas ici pour convertir qui que ce soit. 19

17. Inédit

18. Talk to the Women of Japan

19. On Himself, 26.483

Pour illustrer, un passage du Chant 11 de Savitri et la fleur Surhumanité 

Quand naîtra le surhomme en souverain de la Nature,

Sa présence transfigurera le monde de la Matière ;

Il allumera le feu de la Vérité dans la nuit de la Nature,

Il établira sur la terre la grande loi de la Vérité ;

L'homme aussi répondra à l'appel de l'Esprit.

Éveillé à ses possibilités secrètes,

Éveillé à tout ce qui dormait en son cœur

Et à tout ce que voulait la Nature lorsque la terre s'est formée

Et que l'Esprit a fait de ce monde ignorant sa demeure,

Il aspirera à la Vérité, à Dieu et à la Joie.

Sri Aurobindo

Continuons avec un autre paragraphe du Matérialisme divin, qui explique tellement bien : 

 

Je ne suis pas venu ici pour accomplir des miracles, mais pour montrer, tracer le chemin, aider sur la route d’un vaste changement intérieur dans notre nature humaine. 15 

Et en fait, il ne voulait pas de miracles, c’était le contraire du miracle qu’il cherchait : le naturel même du monde – quitte à décevoir le passant, ou même ses disciples : Ils n’auraient été contents que si on leur avait donné un bon bagage de miracles douteux, disait-il un jour à Mère.

Et si d’aventure quelques-uns demandaient à méditer avec lui, il les recevait le matin dans la grande véranda du haut qu’il occupait alors à l’entrée de l’Ashram et il leur permettait de méditer… «pendant qu’il lisait le journal», note avec une pointe d’étonnement celui qui sera son fidèle serviteur jusqu’à la fin, Champaklal. 16 

Non, il n’avait pas du tout besoin de fermer les yeux ni de se concentrer – «se concentrer» veut dire quoi ! Se concentrer dans la tête ? Mais c’est son corps qui était concentré, son corps qui faisait le yoga et rayonnait le yoga. «Le plongeon dans le physique», cela veut dire que l’on vit dans le physique: nous ne vivons jamais dans le physique, nous vivons la Matière à travers le Mental, sauf peut-être quelques jardiniers ou artisans bienheureux (mais même ceux-là, la plupart du temps, continuent à trotter dans leur tête tout en faisant leurs boutures ou leur vaisselle).

Descendre dans le physique, cela veut dire, en fait, et tout d’abord, descendre dans l’inertie et l’obscurité, parce que la substance a été tellement habituée à obéir aux ordres du mental et à être manipulée par le mental qu’elle ne sait plus vivre par elle-même: tout est recouvert d’une croûte mentale, rien ne filtre. On est comme des pionniers qui taillent le chemin à travers la jungle de la Prakriti [Nature] inférieure. 17 

Lentement, il faut réapprendre au corps à vivre sa vie propre, et cela ne se fait pas depuis les hauteurs mentales : cela se fait en soulevant des baquets d’eau (c’était l’entraînement favori de Sri Aurobindo dans la prison d’Alipore) ou en montant des escaliers, en faisant n’importe quoi – qui n’est plus «n’importe quoi» enfin, mais quelque chose qui commence à vivre de sa vie propre, à respirer de son air propre, à sentir de sa sensibilité propre.

C’est une autre constitution de la conscience physique 18 que Sri Aurobindo cherchait, et qu’il avait tant de mal à faire admettre de ses disciples qui en restaient toujours aux conceptions traditionnelles du yoga : la conscience cosmique et bla-bla-bla. 

On peut très bien se sentir fondu dans le Moi cosmique et plein d’un amour extatique et d’Ananda, mais généralement on continue dans les parties extérieures de la nature à penser avec l’intellect, ou au mieux avec le mental intuitif, à vouloir avec la volonté mentale, à sentir la joie et la douleur à la surface vitale, à subir les afflictions physiques et la souffrance de la lutte de la vie dans le corps contre les maladies et contre la mort. 19 

Il dira et répétera à ses disciples.  : Notre yoga ne peut réussir que si l’homme EXTÉRIEUR lui aussi change. Mais c’est ce qu’il y a de plus difficile. C’est seulement par un changement de la nature physique que l’on peut réussir, par une descente de la lumière supérieure dans les parties les plus basses de la Nature. C’est là que la lutte se livre… Mais l’homme extérieur se cramponne encore à ses vieilles façons, ses vieilles manières, ses vieilles habitudes. La plupart même ne semblent même pas s’être éveillés à la nécessité d’un changement.  20 

(C’était en 1934, quatorze ans plus tard, mais quarante ans après, la situation ne sera pas meilleure.)

Il y a une certaine façon de monter les escaliers qui peut faire une formidable différence dans la vie.

Seulement, ce n’est pas «voyant». Le yoga de Sri Aurobindo est le plus invisible qui soit, nous l’avons dit. Mais quand cela deviendra voyant, alors ce ne seront plus quelques jolies pensées qui gambaderont jusqu’au cimetière : ce sera la terre qui sera changée – visiblement changée.

Pas une «jolie terre», non, vue par un super-Bernardin de Saint-Pierre, non : une autre terre, une autre Matière. L’autre Matière, elle se fabrique, ou plutôt se révèle à travers un million de petites habitudes déshabituées… de voir faux, de vivre faux, d’être faux.

La conscience cosmique, c’est dans la Matière que nous l’aurons, à chaque minute et à travers le plus petit caillou. Il est temps de sortir de la vieille imposture cosmique du Mental. «La grande union des masses populaires» de Mao Tsé-toung est peut-être un pas plus vrai dans la direction évolutive que tous nos tomes spirituels – seulement, au lieu d’une unité mécanique et extérieure et compressante, il faudrait une unité consciente et intérieure et… souriante.

Il s’agit de savoir qui fera l’unité cosmique : notre matière consentante ou la matière écrasée ? Cela se réduit là.

Le matérialisme divin, ou l’autre.

15. Early Letters, 27.481

16. Champaklal Speaks, p.14

17. Early Letters, 27.481

18. On Himself, 26.112

19. On Himself, 26.111

20. On Himself, 26.140

La Matière se prépare à recevoir le Supramental

Dernier extrait avec le paragraphe La conscience physique :

 

La Matière, nous ne savons pas ce que c’est.

C’est ce qu’il y a de plus évident et de plus mystérieux.

Une fois que nous avons décrassé le corps de son revêtement mental, décrassé encore bien plus cette Matière des mille vibrations vitales qui trépident avec leurs réactions de désir, d’attraction, de répulsion, de plus, de moins et oui et non (et ce n’est même pas du vrai «vital» comme celui de l’animal : c’est encore du Mental qui s’est insinué et tapi dans la Matière), une fois la clarté faite, la première jungle allégée, alors se dégage la conscience physique, la conscience du corps.

Une conscience parfaitement autonome lorsqu’elle a été délivrée de ces deux usurpateurs, mental et vital. Et une conscience qui a des qualités bien étranges : Quand cette conscience est présente, dit Sri Aurobindo, on sent le calme comme une chose solide, substantielle, établie comme un bloc immuable que même les chocs les plus matériels ne peuvent pas ébranler, et encore moins les chocs du mental ou du vital. 21 

Cette solidité de calme, on pourrait presque dire cette immobilité solide qui était la marque distinctive de Sri Aurobindo, est la base d’un formidable pouvoir encore tout à fait inconnu de la terre – nous ne connaissons rien des secrets du corps ni de ses petits miracles, comme disait Mère. La puissante immobilité d’un esprit immortel 22, écrivait Sri Aurobindo dans l’un de ses livres, et c’est exactement lui.

Une immobilité cellulaire qui «gèle» tout, neutralise tout, dissout tout et nous fait presque immédiatement entrevoir ou percevoir ou même toucher que les cellules, à leur état naturel non corrompu par le Mental, sont invulnérables aux maladies ; elles ne veulent pas de la maladie, elles ne veulent pas du désordre, c’est une chose étrangère qu’elles rejettent, ou même qu’elles n’ont pas besoin de rejeter : la maladie ne peut pas traverser cette barrière d’immobilité. Et elles ont le sens de leur immortalité.

Il y a seulement un problème d’usure qui détruit cette imperméabilité, si l’on peut dire. Et le pouvoir de ce calme corporel, cellulaire, est si étonnant qu’il peut même agir sur les circonstances matérielles environnantes : la Matière du dedans agit sur la Matière du dehors, en parfaite continuité.

L’exemple le plus frappant est celui du «grand cyclone» de Pondichéry (en quelle année, nous ne nous souvenons plus, mais avant 1930), raconté par Mère : La nuit du grand cyclone, lorsqu’il y avait ce bruit épouvantable et ces cataractes de pluie partout sur la ville, j’ai pensé que je devais aller dans la chambre de Sri Aurobindo pour l’aider à fermer ses fenêtres. J’ai entrouvert sa porte et l’ai trouvé tranquillement assis à son bureau en train d’écrire. Il y avait dans cette chambre une paix si solide que personne n’aurait imaginé qu’un cyclone faisait rage dehors. Les fenêtres étaient grandes ouvertes, pas une goutte de pluie n’entrait. 23 

Ça ne pouvait pas entrer. Non, il n’y a pas besoin d’accomplir des miracles, la Matière fait très bien elle-même ses petits miracles, si on la laisse faire. Mais plus remarquable encore, c’est que cette puissance spontanée de la Matière (Sri Aurobindo ne faisait rien, il ne s’occupait même pas du cyclone) peut rayonner et agir jusque sur des masses humaines, ce qui semblerait plus difficile qu’un cyclone (!) car là, le Mental des hommes intervient.

Comme on parlait d’accidents et d’attaques, Sri Aurobindo remarquait de son ton toujours parfaitement neutre qui était comme l’évidence d’une source sans besoin d’emphase. : Pour les violences – une émeute, par exemple – il faudrait que je concentre pendant quatre ou cinq jours pour me protéger. 24 

Sri Aurobindo disait bien «je concentre» et non «je me concentre», oui, concentrer la Matière (mais il y fallait plus de temps que pour un cyclone, et un acte volontaire parce que les forces humaines ne sont pas naturelles du tout). Qui imagine que la Matière, par son propre rayonnement, sans pouvoirs extrahumains et occultes comme ceux de Théon et de tous les yogis, peut d’elle-même dresser un invisible barrage tel qu’une foule humaine se trouve arrêtée sans savoir pourquoi ?… Mais il est vrai que les hommes font toujours les choses sans savoir pourquoi. Plus ils mettent de raisons dessus, plus ça leur échappe.

Ça n’échappe pas à une petite cellule.

Nous ne connaissons encore rien à la Matière.

 

21. Purani, Evening Talks, 11.309

22. The Synthesis of Yoga, 20.95-96

23. Entretiens 1930-31, p.93

24. Nirodbaran, Talks, 1.43

Solide constance dans la conscience matérielle

Commentaire :

Depuis des millénaires, nous cherchons là-haut ou ailleurs ou je ne sais où les solutions à nos misères alors que notre corps lui-même contient tout ce dont nous avons besoin. Cette découverte de Sri Aurobindo mérite d'être rappelée constamment car elle est révolutionnaire et porte en germe la destruction de l'Empire médical et la fin de toute les Églises.

Bien sûr, cette connaissance ne sert à rien, comme toutes les autres, si elle n'est pas mise en pratique. Mais au moins nous avons un espoir, et même une certitude que nous pouvons sortir de la misère humaine actuelle. Au moins nous savons où chercher, au  moins nous avons quelques premières indications sur la direction du chemin à suivre : clarifier les différentes couches mentales, émotionnelles, vitales, sensorielles, apprendre à développer une certaine stabilité, une certaine immobilité intérieure... et rien qu'avec cela, cela a de quoi nous occuper un bon moment. Déjà nous pouvons nous préparer, aspirer, nous tourner vers ce pouvoir de vérité caché dans le corps...

Cela me rappelle un texte fameux de L'Agenda de Mère sur la liberté du corps. 

17 octobre 1957

(A propos de liberté)

Il y a toutes sortes de libertés : une liberté mentale, une liberté vitale, une liberté spirituelle, qui sont le fruit de maîtrises successives. Mais il y a une liberté toute nouvelle qui est devenue possible avec la Manifestation Supramentale : c’est la liberté du corps.

L’un des tout premiers résultats de la manifestation supramentale a été de donner au corps une liberté et une autonomie qu’il n’avait jamais connues. Et quand je parle de liberté, il ne s’agit pas d’une perception psychologique ni d’un état de conscience intérieur : c’est autre chose, et c’est beaucoup mieux – c’est un phénomène nouveau dans le corps, dans les cellules du corps. Les cellules elles-mêmes ont senti pour la première fois qu’elles étaient libres, qu’elles avaient un pouvoir de décision. Quand les vibrations nouvelles sont venues se mélanger aux anciennes, c’est cela que j’ai senti tout de suite et qui m’a montré vraiment qu’un monde nouveau naissait.

Tel qu’il est normalement, le corps vit toujours avec cette impression qu’il n’est pas le maître chez lui : les maladies entrent en lui sans qu’il puisse vraiment s’y opposer, et mille facteurs sont là qui s’imposent à lui, font pression sur lui. Le seul pouvoir qu’il ait, c’est le pouvoir de se défendre et de réagir. Quand la maladie est entrée, il peut lutter et vaincre la maladie (la médecine moderne a du reste reconnu que le corps guérissait quand il avait décidé de guérir; ce ne sont pas les médicaments qui guérissent, car si le mal est momentanément vaincu par un remède sans la volonté du corps, il repousse ailleurs sous une autre forme, jusqu’à ce que le corps lui-même ait pris la décision de guérir). Mais c’est là un pouvoir de défense, un pouvoir de réaction contre un ennemi qui est déjà entré, ce n’est pas une vraie liberté.

Eh bien, avec la manifestation supramentale, quelque chose de nouveau s’est produit dans le corps, il a senti qu’il était maître chez lui, autonome, les deux pieds vraiment sur la terre, si je puis dire. L’impression que cela donne, physiquement, c’est l’impression que tout l’être se redresse, qu’il lève la tête – on est le maître.

Depuis toujours, nous vivons comme avec un fardeau sur les épaules, quelque chose qui nous courbe la tête, et on se sent tiré, conduit par toutes sortes de forces extérieures, par on ne sait qui ou quoi, vers on ne sait où – et c’est ce que les hommes appellent la Fatalité, la Destinée.

Quand on fait le yoga, l’une des premières expériences – l’expérience de la koundalinî comme on l’appelle ici en Inde – , c’est justement que la conscience s’élève, qu’elle brise cette carapace dure, là, au sommet du crâne, et on émerge enfin dans la Lumière. Alors on voit, on sait, on prend une décision et on réalise – il y a encore des difficultés mais réellement on est au-dessus. Eh bien, avec la manifestation supramentale, c’est cette expérience-là qui est venue dans le corps. Le corps a redressé la tête et il a senti sa liberté, son indépendance.

Pendant l’épidémie de grippe, par exemple, j’ai vécu quotidiennement au milieu de gens porteurs de germes. Mais j’ai senti clairement, un jour, que le corps prenait la décision qu’il n’attraperait pas cette grippe. Il affirmait son autonomie. N’est-ce pas, ce n’était pas une question de Volonté supérieure qui prenait la décision, ce n’était pas dans la conscience la plus haute que cela se passait, non : c’était le corps lui-même qui décidait.

Quand on est tout là-haut, dans sa conscience, on voit les choses, on sait, mais en fait, quand on redescend dans la matière, c’est comme de l’eau qui entre dans le sable. Eh bien, les choses sont changées, c’est le corps directement qui a pouvoir, sans intervention extérieure. Je considère que c’est là un résultat très important, même s’il est peu voyant.

Et cette vibration nouvelle dans le corps m’a permis de comprendre le mécanisme de la transformation. Ce n’est pas quelque chose qui vient avec une Volonté supérieure, pas une conscience supérieure qui s’impose au corps : c’est le corps lui-même qui s’éveille dans ses cellules, c’est une liberté des cellules elles-mêmes, une vibration toute nouvelle, et les désordres se réparent – des désordres même antérieurs à la manifestation supramentale.

Naturellement, tout cela est progressif, mais j’ai bon espoir que, peu à peu, cette conscience nouvelle va grandir, gagner du terrain et s’opposer victorieusement aux vieilles forces de destruction et d’anéantissement, à cette Fatalité que l’on croyait inexorable.

Commentaire :

Alors bien sûr, ce texte date de 1957 et il s'en est passé des choses jusqu'au départ de Mère en 1973 ou jusqu'en 2007, au départ de Satprem. Cette expérience-là n'en était qu'une parmi des milliers d'autres et un grand-grand chemin restait à faire. 

N'empêche que la graine de la Conscience supramentale a été solidement plantée dans la conscience de la terre, dans la conscience de la matière, dans la conscience corporelle de l'humanité. Et n'importe quelle graine ne peut donner que ce qu'elle est. 

Déjà, si nous prenons conscience que ce nouveau pouvoir existe, que cette possibilité existe, alors déjà, nous tenons la clef de notre émancipation future.

À l'extérieur, les libertés sont de plus en plus menacées, soit : prenons le comme un défi et cherchons-touchons le levier de cette vraie liberté. 

Et à y regarder de plus près, en repensant à ces derniers chapitres du Matérialisme divin, Satprem montrait clairement le lien entre le travail dans le corps de Sri Aurobindo et les événements sur terre, car la conscience, la substance est une.

Il se pourrait bien, justement parce que cette possibilité de vraie liberté est de plus en plus active et présente à la conscience, que tous les pouvoirs qui s'y opposent soient absolument FURIEUX ! ! !

Ainsi, le déchaînement totalitaire que nous voyons se dérouler sous nos yeux est peut-être bien le signe exact que le temps d'une humanité nouvelle est venu et qu'il est irrévocable. 

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