J'écrivais dans un article précédent que je rêvais plutôt d'un régime aristocratique que démocratique, en précisant que je parlais non de l'aristocratie du nom, de la finance ou de je ne sais quoi, mais d'une aristocratie de la conscience et un ami m'envoie cette magnifique citation de Sri Aurobindo, on ne peut plus d'actualité, trouvée dans une revue sur Auroville et tirée de l'Idéal de l'Unité Humaine. 

La démocratie n'est d'aucune manière une sûre garantie de la liberté : au contraire nous voyons aujourd'hui le système de gouvernement démocratique s'acheminer régulièrement vers une annihilation de la liberté individuelle à un point que l'on n'aurait pas pu imaginer dans les anciens systèmes aristocratiques et monarchiques.

Certes, il se peut que la démocratie ait mis fin aux formes d'oppression despotiques les plus violentes et les plus brutales qui s'associaient à ces systèmes, et délivré les nations assez fortunées pour parvenir à des formes libérales de gouvernement – et c'est sans doute un gain considérable.

L'oppression ne se réveille plus maintenant qu'en temps de révolution et d'excitation, souvent sous la forme d'une tyrannie de la populace ou d'une sauvage répression révolutionnaire ou réactionnaire.

Mais nous sommes en présence d'une dépossession de la liberté, plus respectable en apparence, plus subtile et plus systématique, plus modérée en sa méthode parce qu'épaulée par une force plus grande, et qui, pour cette raison même est plus effective et plus totale."

Son esprit visionnaire est tout de même incroyable car Il a écrit cela probablement avant la première guerre mondiale et déjà, il voyait dans les lignes de force du temps, que les régimes démocratiques portaient en germe les atteintes à la liberté que nous découvrons aujourd'hui. 

Et dans la foulée, j'ai effectué un recherche dans l'index de L'Agenda avec le mot "démocratie" et j'ai retrouvé quelques passages, dont certains sont franchement.... délicieux 😊!

Agenda du 2 janvier 1963

Et il y a cette habitude terrible des gens, cet esprit démocratique, tu sais : si je fais quelque chose pour l'un, pourquoi je ne le fais pas pour l'autre ? – Ils accepteraient très bien que je sois malade et que je ne voie personne (!), on dirait : «Pauvre Mère, il faut être bien gentil pour elle et ne pas l'ennuyer», mais que je sois une force et que je ne donne pas à celui-ci ce que j'ai donné à celui-là et à celui-là, ils ne peuvent pas l'admettre ! C'est l'égalitarisme qui est à la mode ; ce n'est plus la mode de la hiérarchie, ou même simplement d'une diversité de traitement suivant les cas.

*

Agenda du 15 juin 1963

Et, n'est-ce pas, Nehru (c'est ce que Pavitra m'a dit hier : il est allé entendre le discours de Nehru à la mairie), Nehru est un démocrate socialiste convaincu qui croit que l'organisation idéale pour l'humanité, c'est qu'au lieu d'une «élite» seulement qui puisse progresser, la masse tout entière doit progresser (comme si elle le voulait ! 😂... mais enfin). C'est une idée – chacun ses idées. 

*

L'agenda ci-dessous est si savoureux que je l'ai laissé dans son intégralité. En vert, les remarques de Satprem :

Agenda du 27 octobre 1965

J'ai quelque chose d'intéressant à te raconter... Sri Aurobindo est sorti de méditation et a commencé à «jouer».

Je suis arrivée où je vais toujours le trouver, dans le physique subtil, cette nuit vers deux heures trente, et il y avait une foule ! des milliers de gens. Quand je suis arrivée, avant d'entrer j'ai rencontré quelqu'un qui devait être l'un des anciens politiciens du temps de la révolution quand Sri Aurobindo faisait de la politique, qui est mort naturellement mais qui était là et qui m'a dit (il était tout jubilant), il m'a dit (en anglais) : «Sri Aurobindo est sorti de méditation, il a commencé à jouer!» Et en effet, on avait l'impression que tout le monde jouait-jouait...

J'ai traversé la cour (j'ai même traversé une chambre où il y avait encore des gens en méditation et ils avaient l'air étonné que j'entre comme cela; je leur ai dit : «Ne vous tourmentez pas, je ne veux pas vous déranger !»), puis j'ai trouvé Sri Aurobindo, qui était en train de jouer – tout jeune et fort et amusé et joyeux, et il jouait. Il jouait avec quelque chose que l'on ne peut pas décrire – il jouait, il jouait...

Et alors, ce même monsieur que j'avais vu à l'entrée est venu me dire à l'oreille : «Il a beaucoup joué avec ça... it is worn out», c'est un peu abîmé, un peu usé. Alors je me suis approchée, et Sri Aurobindo, qui avait entendu, m'a dit: «Yes it is worn out, take it and bring me another» [Oui, c'est usé, prends-le et apporte m'en un autre], et il me l'a donné dans la main (je ne peux pas le décrire, ça ne ressemble à rien, c'était... «quelque chose» – il y avait du noir qui bougeait dans quelque chose –, et en effet, ça avait l'air un peu démoli).

Alors je suis partie, je suis redescendue ; et le symbole du corps physique, c'étaient des chaussures – j'ai remis mes chaussures et je suis partie.

Il y avait des tas de détails ; cela a commencé après deux heures et demie, et cela a duré jusqu'à quatre heures et demie à peu près.

Et alors, après, le matin, j'étais tout à fait dans l'atmosphère et j'ai compris que c'était la forme du gouvernement – c'était... (riant) la vieille démocratie qui ne vaut plus rien.

Et il se met à jouer, c'est-à-dire que quelque chose va se passer ?

(Riant) Sûrement, sûrement !

Ce ne serait pas trop tôt

Et toute une foule jubilante, n'est-ce pas: «Enfin, ça bouge !»

*

Agenda du 13 août 1966

Tu sais qu'il y a un tas de gens qui sont venus pour Auroville... Au lieu de travailler, ils passent leur temps à discuter et à bavarder! et ils m'envoient des lettres. Tout leur ego mental à tous est en pleine effervescence. Tu les as vus ?

Non. Je crains que l'on ne me «convoque» !

Ils commencent déjà à discuter sur ce que sera la situation politique de la ville – avant que la première pierre soit posée! Et il y en a un, celui qui est communiste de foi (c'est celui qui a le plus d'énergie et de puissance de réalisation), il est scandalisé: il m'a écrit hier en me disant qu'il ne pouvait pas participer à cette chose qui n'était pas «purement démocratique»!... Alors je lui ai répondu ceci (Mère tend sa note au disciple) :

«Auroville doit être au service de la Vérité, par-delà toutes les convictions sociales, politiques et religieuses.»

Je lui ai dit beaucoup plus de choses (Mère fait un geste de communication mentale), mais surtout, j'ai beaucoup insisté sur le fait qu'il valait mieux que la ville soit construite d'abord! et puis on verrait après. Parce qu'il m'a dit qu'il tenait à ce que l'on reste dans le système démocratique «jusqu'à ce que l'on trouve quelque chose de meilleur.» J'avais envie de lui répondre : «Qui vous dit que l'on n'a pas trouvé quelque chose de mieux ?» Mais je n'ai rien dit...

*

Agenda du 30 décembre 1967

Et il y a une chose que je voulais dire. La participation au bien-être et à l'existence de la ville tout entière n'est pas une chose calculée individuellement : tel individu doit donner tant. Ce n'est pas comme cela. C'est calculé d'après les moyens, l'activité, les possibilités de production ; ce n'est pas l'idée démocratique qui découpe tout en petits morceaux égaux, qui est une machine absurde – c'est calculé d'après les moyens : celui qui a beaucoup donne beaucoup, celui qui a peu donne peu; celui qui est fort travaille beaucoup, celui qui n'est pas fort fait autre chose.

N'est-ce pas, c'est quelque chose de plus vrai, de plus profond. Et c'est pour cela que je n'essaye pas d'expliquer tout de suite parce que les gens vont se mettre à faire toutes sortes de protestations.

…/...

C'est une sorte d'adaptation du système communiste, mais pas dans un esprit de nivellement : suivant la capacité, la position (pas psychologique ni intellectuelle), la position INTÉRIEURE de chacun.

Avec les démocraties et les communistes, c'est le nivellement par le bas : tout le monde est ramené en bas. 

*

Agenda du 10 avril 1968

Je me souviens toujours de ce que Théon disait (Théon était tout à fait contre la philanthropie), il disait : «La philanthropie perpétue la misère humaine, parce que sans misère humaine, elle n'aurait plus de raison d'être !»

Et tu sais, ce grand philanthrope... comment s'appelait-il ?... du temps de Mazarin, celui qui a fondé les «Petites Sœurs de Charité»?

Vincent de Paul.

C'est cela. Mazarin lui a dit une fois : «Il n'y a jamais eu tant de pauvres que depuis que vous vous en occupez !» (Mère rit) (1)

(1). Quelqu'un avait écrit à Mère en lui disant : «Je veux que mon argent soit utilisé exclusivement pour vaincre les causes de nos souffrances et de nos misères.» Mère a répondu : «C'est à cela que nous travaillons ici, mais pas de la manière artificielle des philanthropes qui ne s'occupent que des effets extérieurs. Nous voulons supprimer pour toujours la cause de la souffrance en divinisant la matière par la transformation intégrale.»

*

* *

(Un peu plus tard)

Je repense à mon affaire monétaire : c'est comme cela que devrait être organisée la vie à Auroville – mais je doute que les gens soient prêts.

C'est-à-dire que c'est possible aussi longtemps qu'ils acceptent la direction d'un sage.

Oui.

La première chose qui doit être acceptée et reconnue de tous, c'est que le pouvoir invisible et supérieur (c'est-à-dire qui appartient à un plan de conscience – qui pour la plupart est voilé, mais que l'on est capable d'avoir –, une conscience que l'on peut appeler n'importe comment, de n'importe quel nom, cela ne fait rien, mais qui est intégrale et pure dans le sens qu'elle n'est pas mensongère: dans la Vérité), que ce pouvoir-là est capable de régir les choses matérielles d'une façon BEAUCOUP PLUS VRAIE, heureuse et salutaire pour tous que n'importe quel pouvoir matériel. Ça, c'est le premier point. Une fois que l'on est d'accord là-dessus...

Et ce n'est pas une chose que l'on puisse prétendre avoir ; un être ne peut pas prétendre l'avoir : ou il l'a, ou il ne l'a pas, parce que (riant) à n'importe quelle occasion de la vie, si c'est une prétention, cela devient évident !

Et par-dessus le marché, ça ne vous donne aucun pouvoir matériel – là aussi, Théon avait dit quelque chose à ce point de vue, il avait dit : «Ceux qui sont (il parlait de la hiérarchie VRAIE, la hiérarchie selon justement le pouvoir de conscience de chacun), celui qui est tout en haut (celui ou ceux), ont nécessairement un minimum de besoins ; leurs besoins matériels diminuent à mesure que leur capacité de vision matérielle augmente.»

Et ça, c'est tout à fait vrai. C'est automatique et spontané ; ce n'est pas le résultat d'un effort : plus la conscience est vaste et plus elle embrasse de choses et de réalités, moins les besoins matériels sont grands – automatiquement –, parce qu'ils perdent toute leur importance et toute leur valeur. Ça se réduit à un besoin minimum de nécessités matérielles, qui lui aussi changera avec le développement progressif de la Matière.

Et cela, c'est facilement reconnaissable, n'est-ce pas, il est difficile de jouer la comédie.

Et la seconde chose, c'est le pouvoir de conviction. C'est-à-dire que spontanément, la conscience la plus haute mise en contact avec la Matière, a... (comment dire ?... ce n'est pas une «influence» parce qu'il n'y a pas la volonté d'influencer... peut-être pourrait-on dire comme cela:) a un pouvoir de conviction plus grand que toutes les régions intermédiaires.

Par le simple contact, son pouvoir de conviction, c'est-à-dire son pouvoir de transformation est plus grand que celui de toutes les régions intermédiaires. Ça, c'est un fait.

Ces deux faits font que toute prétention ne peut pas être durable. (Je me place au point de vue d'une organisation collective.)

Dès que l'on descend de cette Hauteur suprême, il y a tout le jeu des influences diverses (geste de mélange et de conflit), et c'est justement cela qui est un signe certain : même un tout petit peu de descente (même dans un domaine de mentalité supérieure, d'intelligence supérieure) et tout-tout le conflit des influences commence.

Il n'y a que ce qui est vraiment tout en haut, avec une pureté parfaite, qui a ce pouvoir de conviction spontanée.

Par conséquent, tout ce que l'on peut faire pour remplacer ça, est une approximation, et ce n'est pas beaucoup meilleur que la démocratie – la démocratie, c'est-à-dire le système qui veut gouverner par le nombre le plus grand et le plus bas (je veux parler de la «démocratie sociale», la dernière tendance).

S'il n'y a pas de représentant de la Conscience suprême (cela peut arriver, n'est-ce pas), s'il n'y en a pas, on pourrait peut-être remplacer ça (ce serait un essai à faire) par le gouvernement d'un petit nombre – qu'il faudrait décider entre quatre et huit, quelque chose comme cela : quatre, sept ou huit –, d'une intelligence INTUITIVE. «Intuitive» est plus important qu'«intelligence» : d'une intuition manifestée intellectuellement. (Cela aurait des inconvénients au point de vue pratique, mais ce serait peut-être plus proche de la vérité que le tout en bas : socialisme ou communisme.)

Tous les intermédiaires se sont prouvés incompétents : le gouvernement théocratique, le gouvernement aristocratique, le gouvernement démocratique et le gouvernement ploutocratique, tout cela : une complete failure [un échec complet].

L'autre est en train de prouver sa failure aussi, le gouvernement... comment peut-on appeler cela ?... démocratique (1)? (mais la démocratie implique toujours l'idée de gens éduqués, riches), ça a prouvé son incompétence complète.

(1). Mère veut dire socialiste ou communiste.

C'est le règne de la bêtise la mieux partagée.

Oui, c'est cela !...

Mais je parle du système tout en bas, socialiste ou communiste qui représente les besoins matériels... Au fond, ça correspond à une sorte d'absence de gouvernement, parce qu'ils n'ont pas le pouvoir de gouverner les autres : ils sont obligés de transférer leur pouvoir à quelqu'un qui exerce le pouvoir, comme un Lénine, par exemple, parce que c'était un cerveau.

Mais tout cela... tout cela a été essayé et a prouvé son incompétence.

La seule chose qui pourrait être compétente, c'est la Conscience-de-Vérité qui choisirait des instruments et s'exprimerait par un certain nombre d'instruments s'il n'y en a pas un («un» n'est pas suffisant aussi, «un» aurait forcément besoin de choisir tout un ensemble (2).

(2). Le passage suivant à été rajouté par Mère plus tard.

Et ceux qui possèdent cette conscience peuvent appartenir à n'importe quelle classe de la société : ce n'est pas un privilège qui vient de la naissance mais le résultat d'un effort et d'un développement personnels. Justement, c'est cela qui est un signe extérieur, un signe évident du changement au point de vue politique, c'est qu'il ne s'agit plus de classes et de catégories ni de naissance (tout cela est périmé) : ce sont les individualités qui sont arrivées à une conscience supérieure qui ont le droit de gouverner – mais pas les autres –, à n'importe quelle classe qu'ils appartiennent.

Ce serait la vraie vision.

Mais il faudrait que tous ceux qui participent à l'expérience soient absolument convaincus que la conscience la plus haute est le meilleur juge des choses les plus matérielles.

N'est-ce pas, ce qui a ruiné l'Inde, c'est cette idée que la conscience supérieure a affaire aux choses «supérieures» et que les choses d'en bas ne l'intéressent pas du tout et qu'elle n'y entend rien ! C'est cela qui a été la ruine de l'Inde. Eh bien, cette erreur-là doit être abolie complètement. C'est la conscience la plus haute qui voit de la façon la plus claire – la plus claire et la plus vraie – ce que doivent être les besoins de la chose la plus matérielle.

*

Agenda du 27juillet 1968

«La civilisation scientifique, rationaliste, industrielle, pseudo-démocratique d'Occident est maintenant en voie de dissolution, et ce serait une folle absurdité pour nous, en ce moment, de construire aveuglément sur ces fondations croulantes.

Quand les esprits les plus avancés d'Occident commencent, en ce crépuscule rouge de l'Ouest, à se tourner vers le génie de l'Asie dans l'espoir d'une civilisation nouvelle plus spirituelle, il serait étrange que nous ne trouvions rien de mieux que de rejeter notre propre individualité et ses potentialités pour mettre notre confiance en le passé moribond et déliquescent de l'Europe.»

(Sri Aurobindo - Arya, VII.274)

*

Agenda du 16 août 1969

Je me suis souvent demandé si je me trompais dans ma manière de procéder. Ma manière de procéder spontanée, c'est de tout balayer, faire le vide complet, puis de me tourner vers quelque chose là-haut, et d'être absolument silencieux et immobile.

Oui, ça c'est le meilleur des moyens, il n'y en a pas de meilleur que cela.

Ça, c'est ce que je fais tout le temps.

Et si l'on ne faisait pas cela !...

De tous les côtés ça vient comme cela (geste comme des vagues d'assaut). Et ils veulent me tirer de force dans la politique... Et c'est un bourbier infâme ! Je ne l'ai jamais vu comme je le vois, parce que, maintenant, je vois : les gens, les choses, les réactions, ce qui se passe... C'est tellement dégoûtant !... Sri Aurobindo m'avait toujours dit : «Il ne faut pas se mêler de politique» et je ne m'en mêlais pas.

De tous les côtés, ils (1) me demandent des bénédictions... et je donne des bénédictions à tout le monde ! (Mère rit) Mais je les préviens, je leur dis : bénédictions pour faire le Travail. Chacun demande que ce soit lui qui ait la victoire, mais «ça» ne bouge pas.

Tout ce que j'ai fait (parce qu'on m'a tirée là-dedans), c'est de demander que ce qui arrive soit le meilleur pour l'avenir du pays – il a eu déjà assez de difficultés ! N'est-ce pas, il y a eu deux centenaires de servitude avec les Anglais : ça les a com-plè-te-ment pourris. Et ça suffit. Il faudrait qu'ils se tirent d'affaire.

Oh !... inimaginable, c'est inimaginable ; le chef de la police ici qui dit : «Je ne peux plus intervenir parce que, maintenant, on me dit que le "droit démocratique" vous permet de tout faire... Si les gens entrent chez vous (il a dit cela personnellement), si les serviteurs révoltés entrent chez vous et que j'intervienne, on me grondera, en me disant : «Vous êtes intervenu dans le droit démocratique.» – Ils ont le droit démocratique d'envahir une maison ! Voilà ce qu'ils ont fait des idées!... C'est-à-dire que l'on est en pleine folie.

C'est à C que l'on a dit cela, et C a répondu : «Oui, mais alors si vous n'avez plus le droit de protéger, les gens ont le droit de se défendre; ils n'ont pas le droit de se défendre tant que vous avez le pouvoir de protéger et que vous avez le droit de protéger, mais si vous n'avez plus le droit de protéger, les gens ont le droit de se défendre.» Alors (riant), le chef de la police a dit: «Dans ce cas-ci, il vaudrait mieux que ce ne soient pas les garçons de l'Ashram qui défendent parce que...» (2) Et il a dit : «Oui-oui, j'arrangerai» ! (Mère rit)

En plein démence !

…/...

Je crois que la démocratie... Déjà, à dix ans, je trouvais la démocratie une imbécillité (là-bas, en France), mais enfin... Et elle est une imbécillité là-bas, en France (mais cela ne fait rien) ; en tout cas, je ne crois pas que la démocratie soit du tout, du tout une organisation en accord avec l'esprit de l'Inde – pas du tout. Et la preuve, c'est que ce n'est pas du tout l'ensemble des gens qui fait les choses: ce sont quelques fripons qui se mettent en avant en disant: je représente ça, je représente (3)...

1. Les candidats aux élections présidentielles qui ont lieu aujourd'hui. Ce qui est étrange et amusant, c'est que Mère avait donné ses bénédictions aux deux candidats: v.v. Giri et s. Reddi, or, le deuxième candidat, s. Reddi, par quelque bizarrerie des communications, ne recevra les bénédictions de Mère que... huit ans plus tard, le 13 juillet 1977, juste le jour des élections présidentielles où l'on nommait le successeur du successeur de V.V. Giri. Voir Hindu du 14 juillet 1977.

2. Parce que les garçons de l'Ashram ont la réputation d'être «solides» depuis l'attaque de 1965 sur l'Ashram.

3. Dans une note sans date, en anglais, Mère avait écrit : «La Démocratie était nécessaire et utile il y a une centaine d'années, mais maintenant elle doit être dépassée si l'on veut faire un pas en avant vers une création nouvelle.»

Conclusion :

D'abord, nous avons une magnifique indication de Satprem, tout balayer, nos conceptions, nos croyances, tout ce qu'on croit être... faire le vide et se tourner vers "là-haut". Sachant que "la-haut", c'est façon de parler, c'est aussi "tout partout" et "dedans". 

Ensuite, nous avons cette idée très utile que la démocratie doit désormais être dépassée. J'avais toujours pris la fameuse parole "on ne peut mettre le vin nouveau dans de vieilles outres" pour un fait personnel, individuel, mais cela marche aussi bien pour nos vieilles institutions qui ont abondamment prouvé leur incapacité à défendre le bien commun.

Par le haut, nous avons le poisson pourrit par la tête qui nous rappelle que nous avons actuellement au pouvoir un élite corrompue et criminelle.

Mais par le bas, cela ne vaut guère mieux. Je ne donnerai qu'un seul exemple  déjà évoqué dans un article précédent car je le trouve très parlant. En 2017, le peuple français ne s'est pas posé trop de question. Pourtant, un candidat venant de Rothschild et soutenu par les médias, ce n'était pas très compliqué... 

Et pour 2022, apparemment, la même mécanique de propagande médiatique recommence...

Est-ce que, cette fois-ci, les gens vont le voir ou bien, encore une fois, comme l'a puissamment souligné Alexis de Toqueville au XIX ème siècle : "Le suffrage universel ne me fait pas peur, les gens voteront comme on leur dira". 

Et puis, si comparaison n'est pas raison :

- Hitler à été élu démocratiquement,

- Le traité de Lisbonne pose le principe démocratique, mais l'analyse des différents référendums dans l'Union Européenne montre une toute autre réalité. 

Le référendum de 2005 en France est loin d'être une exception, c'est un phénomène habituel de l'Union Européenne qui ne respecte le choix des urnes, uniquement quand le résultat lui est favorable.  Dans le cas contraire, soit les peuples sont sommés de voter à nouveau, soit le résultat des urnes et tout simplement jeté au panier. Le Brexit étant un peu l'exception qui confirme la règle avec le refus répété des suédois d'adopter l'euro.

- Et si la propagande ne suffit pas pour faire élire "le bon candidat", il y a toutes les fraudes électorales avec le vote par correspondance et les machines électroniques. 

- La constitution Brejnev elle aussi affirmait que l'Union Soviétique était une démocratie. Bien sûr, la belle blague... 

- Et toutes les atteintes aux libertés publiques et individuelles qui se sont succédées en France depuis plusieurs années ont toutes été faites légalement, dans le respect de l'état de droit démocratique, Même si au final, dans les faits, aucun contre pouvoir n'a fonctionné, et c'est tout à fait démocratiquement que l'oppression pseudo sanitaire se met en place.

Nous pouvons remercier l'oligarchie mondialiste de nous montrer les choses telles qu'elles sont et de nous révéler l'impuissance démocratique. Quand un système ne fonctionne plus, il convient d'en changer.  S'accrocher à un système défaillant, c'est comme s'accrocher à sa maladie, comme rester accrocher à son boulet alors que nous avons la clef qui pourrait nous libérer... 

Nous ne le savons pas encore assez que nous avons la clef, la vraie clef, c'est la Conscience...

Alors, si nous assistons à l'écroulement de notre chère démocratie - très chère en vérité - pseudo démocratie ; au final, c'est probablement une excellente nouvelle car jusqu'à preuve du contraire, il faut bien mourir pour renaître.

Oser lâcher tout ce qui est périmé, tout ce qui appartient au vieux monde, à commencer par notre attachement à la démocratie et à ses institutions vétustes... 

De toute façon, que cela nous plaise ou non, le vieux monde passera... 

Et au final, pour toute chose y compris celle-là, laissons grandir la Conscience car, pour ça aussi, elle saura bien inventer des institutions nouvelles plus adaptées au monde de l'Avenir... 

https://www.upr.fr/conferences/la-construction-europeenne-est-elle-encore-democratique/
https://www.upr.fr/conferences/la-construction-europeenne-est-elle-encore-democratique/

https://www.upr.fr/conferences/la-construction-europeenne-est-elle-encore-democratique/

Quelques citations parmi d'autres :

Le suffrage universel est la voix de l'inconscience publique. C'est aussi l'un des plus ingénieux abus de confiance que l'homme ait inventé pour se moquer du monde. —  Henri Jeanson réalisateur français 1900 - 1970 Extrait d'un article intitulé De Georges Marchal à Louis Jouvet.
 

*

Le suffrage universel est stupide. Il n'a ni yeux, ni oreilles, ni odorat, ni même toucher. Il n'a qu'un ventre, que des appétits, que des besoins immédiats et sommaires.“ —  Léon Daudet écrivain, journaliste et homme politique français 1867 – 1942

*

Un des inconvénients les moins observés du suffrage universel, c'est de contraindre des citoyens en putréfaction à sortir de leurs sépulcres pour élire ou pour être élus. Le Président de la République est probablement une charogne.“ —  Léon Bloy romancier et essayiste français 1846 – 1917

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Surtout, souviens-toi que l’homme qui sollicite tes suffrages est, de ce fait, un malhonnête homme, parce qu’en échange de la situation et de la fortune où tu le pousses, il te promet un tas de choses merveilleuses qu’il ne te donnera pas et qu’il n’est d’ailleurs pas en son pouvoir de te donner.“ —  Octave Mirbeau romancier, essayiste et dramaturge, journaliste et critique d'art français 1848 - 1917 « La Grève des électeurs », Le Figaro, 28 novembre 1888 Combats politiques, 1990

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