Dans La Vie Divine, à chaque début de chapitre, Sri Aurobindo cite un certain nombre de paroles du Rig-véda, de la Guîtâ ou des Upanishads. Ces paroles étant une source inépuisable de sagesse et d'inspiration que je les ai regroupé dans ce document. 

Pour ceux qui voudrait avoir des réponses, voici le lien pour le PDF. Après quelques lectures, je n'ai aucun doute qu'il ne devrait plus nous rester beaucoup de questions. 

Sri Aurobindo – La Vie Divine

Premier Livre

La réalité omniprésente et L’univers

1 – L’aspiration humaine

Usha poursuit son chemin vers le but de celles qui vont au-delà. Elle est la première dans l’éternelle succession des aurores à venir. Elle s’élargit, faisant surgir l’être vivant, éveillant quelqu’un qui était mort.... Quelle est son ampleur quand elle s’harmonise avec les aurores qui brillèrent jadis et avec celles qui doivent briller maintenant ? Elle désire les anciens matins et accomplit leur lumière; projetant au loin son illumination, elle entre en communion avec les aurores futures.

Kutsa Angirasa – Rig-Véda. I. 113. 8, 10.

*

Triples sont ces suprêmes naissances de la force divine qui est dans le monde, elles sont vraies, elles sont désirables; c’est là qu’il se meut, vaste, manifesté dans l’Infini, c’est là qu’il brille, pur, lumineux, et en lui tout s’accomplit.... Ce qui est immortel dans le mortel, ce qui possède la vérité, est un dieu établi au-dedans comme une énergie à l’œuvre dans nos pouvoirs divins.... Exalte-toi, ô Force, perce tous les voiles, manifeste en nous tout ce qui est Divin.

Vâmadeva – Rig-Véda. IV. 1. 7 ; IV. 2. 1 ; IV. 4. 5.

2 – Les deux négations : La négation matérialiste

Il dynamisa la force-consciente (dans l’austérité de la pensée) et parvint à la connaissance que la Matière est le Brahman. Car de la Matière toutes les existences naissent, par la Matière elles croissent, et à la Matière elles retournent. Alors il approcha Varuna son père et dit : « Seigneur, enseigne-moi le Brahman. » Mais il lui répondit : « Concentre (encore) l’énergie consciente en toi ; car l’Énergie est le Brahman. »

Taittirîya Upanishad. III. 1, 2.

3 – Les deux négations : Le refus de l’ascète

Tout ceci est le Brahman ; ce Moi est le Brahman et le Moi est quadruple.

Par-delà toute relation, sans traits, inconcevable, en quoi tout est immobile.

Mândûkya Upanishad. Versets 2, 7.

4 – La Réalité omniprésente

Pour qui connaît le Brahman comme le Non-Être, il devient simplement le non-existant. Pour qui sait que le Brahman Est, il est connu comme le réel dans l’existence.

Taittirîya Upanishad. II. 6.

5 - La destinée de l’individu

Par l’Ignorance ils passent au-delà de la Mort, et par la Connaissance ils jouissent de l’Immortalité.... Par la Non-Naissance ils passent au-delà de la Mort, et par la Naissance ils jouissent de l’Immortalité.

Îshâ Upanishad. Versets 11, 14.

6 – L’homme dans l’univers

L’Âme de l’homme, cette voyageuse, erre dans ce cycle du Brahman, immense, une totalité de vies, une totalité d’états, se pensant différente de l’Inspirateur du voyage. Acceptée par Lui, elle atteint son but, l’Immortalité.

Shvetâshvatara Upanishad. I. 6.

7 – L’ego et les dualités

L’âme qui se tient sur le même arbre de la Nature est absorbée et leurrée, et elle s’afflige de n’être pas le Seigneur ; mais quand elle voit cet autre moi et sa grandeur qui est le Seigneur et qu’elle s’unit à Lui, alors toute affliction la quitte.

Shvetâshvatara Upanishad. 1. IV. 7.

8 – Les méthodes de la connaissance védântique

Ce Moi secret en tous les êtres n’est pas apparent, mais ceux qui ont la vision subtile le voient au moyen de la suprême raison, qui est subtile.

Katha Upanishad. I. 3. 12.

9 – Le pur Existant

L’Un indivisible qui est pure existence.

Chândogya Upanishad. VI, 2. 1.

10 – La Force consciente

Ils contemplèrent la force en soi de l’Être divin cachée profondément par ses propres modes conscients d’action.

Shvetâshvatara Upanishad. I. 3.

*

C’est lui qui veille en ceux qui dorment.

Katha Upanishad. II. 2. 8.

11 – La Joie d’être : le problème

Qui pourrait vivre, en effet, ou respirer, s’il n’y avait cette joie d’être comme éther où nous demeurons ?

De la Joie tous ces êtres sont nés, par la Joie ils existent et croissent, à la Joie ils retournent.

Taittirîya Upanishad. II. 7 ; III. 6.

12 – La Joie d’être : la solution

Le nom de Cela est Félicité; en tant que Félicité nous devons L’adorer et Le rechercher.

Kéna Upanishad. IV, 6.

13 – La Mâyâ divine

Par les Noms du Seigneur et par ses noms à elle, ils ont façonné et mesuré la force de la Mère de Lumière ; revêtant l’un après l’autre les pouvoirs de cette Force ainsi qu’une robe, les seigneurs de la Mâyâ ont modelé la Forme en cet Être.

Les Maîtres de la Mâyâ ont tout formé par Sa Mâyâ ; les Pères qui ont la vision divine L’ont placé au-dedans, tel un enfant qui doit naître.

Rig-Véda. III. 38. 7 ; IX. 83. 3.

14 – Le Supramental créateur

Toutes choses sont les déploiements de la Connaissance divine.

Vishnu Purâna. II, 12. 39.

15 – La suprême Conscience-de-Vérité

Établi dans le sommeil de la Supraconscience, Intelligence condensée, Il est la toute-félicité et celui qui goûte la Félicité... C’est lui l’omnipotent, lui l’omniscient, lui le guide intérieur, lui la source de tout.

Mândûkya Upanishad. Versets 5, 6.

16 – Le triple statut du Supramental

Mon moi est ce qui soutient tous les êtres et constitue leur existence... Je suis le moi qui demeure en tous les êtres.

Gîtâ. IX. 5; X. 20.

*

Trois pouvoirs de la Lumière soutiennent trois mondes divins lumineux.

Rig-Véda. V. 29. 1.

17 – L’Âme divine

Celui dont le moi est devenu toutes les existences, car il a la connaissance, comment pourrait-il être trompé, d’où lui viendrait la peine, lui qui partout voit l’unité ?

Îshâ Upanishad. Verset 7.

18 – Le Mental et le Supramental

Il découvrit que le Mental était le Brahman.

Taittirîya Upanishad. III. 4.

*

Indivisible, mais comme divisé en êtres.

Gîtâ. XIII. 17.

19 – La Vie

L’énergie prânique est la vie des créatures; car c’est elle que l’on appelle le principe universel de la vie.

Taittirîya Upanishad. II. 3.

20 – Mort, désir et incapacité

Au commencement, tout était recouvert par la Faim qui est la Mort ; cela créa pour soi-même le Mental pour atteindre à la possession du moi.

Brihadâranyaka Upanishad. I. 2. 1.

*

Le voici, le Pouvoir découvert par le mortel et qui possède la multitude de ses désirs afin de pouvoir soutenir toutes choses ; il recueille la saveur de toute nourriture et bâtit pour l’être une demeure.

Rig-Véda. V. 7. 6.

21 – L’ascension de la Vie

Que le chemin du Verbe conduise aux divinités, vers les Eaux par l’action du Mental... Ô Flamme, tu vas vers l’océan du Ciel, vers les dieux; grâce à toi se rencontrent les divinités des plans, les eaux qui sont dans le royaume de la lumière au-dessus du soleil et les eaux qui demeurent au-dessous.

Le Seigneur de la Félicité conquiert le troisième statut; il maintient et gouverne suivant l’Âme d’universalité; tel un faucon, tel un milan, il se fixe sur le vaisseau et l’élève, découvreur de la Lumière, il manifeste le quatrième statut et s’accroche à l’océan qu’est la houle de ces eaux.

Vishnu fit trois pas et garda son pied au-dessus de la poussière primitive; il fit trois enjambées, Lui, le Gardien, l’Invincible, qui d’au-delà soutient leurs lois. Explore les œuvres de Vishnu et vois d’où il a manifesté leurs lois. C’est son pas le plus haut que voient toujours les rishis, tel un œil grand ouvert dans le ciel ; cela, les illuminés, les éveillés l’allument et en font un brasier, ce pas suprême de Vishnu...

Rig-Véda. X. 30. 1; III. 22. 3; IX. 96. 18, 19; I. 22. 17-21.

22 – Le problème de la Vie

C’est cela que l’on appelle la Vie universelle.

Taittirîya Upanishad. II. 3.

*

Le Seigneur siège au cœur de tous les êtres, et par sa Mâyâ les fait tourner comme s’ils étaient montés sur une machine.

Gîtâ. XVIII. 61.

*

Celui qui connaît la Vérité, la Connaissance, l’Infinité qu’est le Brahman, goûtera, en Lui qui est toute-sagesse, tous les objets du désir.

Taittirîya Upanishad. II. 1.

23 L’âme double en l’homme

Le Purusha, le Moi intérieur, pas plus grand que le pouce d’un homme.

Katha Upanishad. II. 1. 12, 13 ; II. 3. 17. Shvetâshvatara Upanishad. III. 13.

*

Celui qui connaît ce Moi qui savoure le miel de l’existence et qui est le seigneur de tout ce qui est et qui sera, n’éprouve plus aucune répulsion.

Katha Upanishad. II. 1. 5.

*

D’où lui viendrait le chagrin, qui pourrait l’abuser, celui qui voit partout l’Unité ?

Îshâ Upanishad. Verset 7.

*

Celui qui a trouvé la félicité de l’Éternel est délivré de toute peur.

Taittirîya Upanishad. II. 9.

24 – La Matière

Il parvint à la connaissance que la Matière est le Brahman.

Taittirîya Upanishad. III. 2.

25 – Le nœud de la Matière

Je ne puis voyager vers la Vérité du lumineux Seigneur par la force ou la dualité... Qui sont ceux qui protègent les fondations du mensonge ? Qui sont les gardiens du mot irréel ?

Alors l’existence n’était point, ni la non-existence, le monde intermédiaire n’était point, ni l’Éther, ni ce qui est au-delà. Qu’est-ce qui recouvrait tout ? Où était-ce ? En quel refuge ? Qu’était cet océan dense et profond ? La Mort n’était point, ni l’immortalité, ni la connaissance du jour et de la nuit. Cet Un vivait sans souffle, par la loi de son être, il n’y avait rien d’autre, ni rien au-delà. Au commencement, les Ténèbres étaient cachées par les ténèbres, tout ceci était un océan d’inconscience. Quand l’être universel fut dissimulé par la fragmentation, alors par la grandeur de son énergie naquit cet Un. Cela frémit d’abord comme désir au-dedans, ce fut la prime semence du mental. Les voyants de la Vérité découvrirent la construction de l’être dans le non-être par la volonté dans le cœur et par la pensée ; leur rayon était étendu horizontalement; mais qu’y avait-il au-dessous, qu’y avait-il au-dessus ? Il y avait Ceux qui sèment la graine, il y avait les Grandeurs; il y avait la loi du moi au-dessous, il y avait la Volonté au-dessus.

Rig-Véda. V. 12. 2, 4 ; X. 129. 1-5.

26 – La série ascendante de la substance

Il existe un moi dont l’essence est Matière ; il existe un autre moi intérieur de Vie, qui emplit le premier ; il existe un autre moi intérieur de Mental ; un autre moi intérieur de Connaissance-de-Vérité ; un autre moi intérieur de Béatitude.

Taittirîya Upanishad. II. 1-5.

*

Ils escaladent Indra comme une échelle. À mesure que l’on s’élève de pic en pic, apparaît clairement tout ce qui reste à accomplir. Indra apporte la conscience que Cela est le but.

Tel un faucon, tel un milan, Il se fixe sur le Vaisseau et le soutient; dans le flot de Son mouvement Il découvre les Rayons, car Il va portant ses armes; Il s’attache à la houle océanique des eaux; grand roi, Il proclame le quatrième état. Tel un mortel purifiant son corps, tel un destrier galopant à la conquête des richesses, lançant son appel Il se déverse à travers toute l’enveloppe et pénètre en ces vaisseaux.

Rig-Véda. I. 10. 1, 2 ; IX. 96. 19, 20.

27 – La septuple trame de l’être

Dans l’ignorance de mon mental, je demande : que sont ces marches des dieux qui sont établies au-dedans ? Les Dieux omniscients ont pris l’Enfant d’un an, et ils ont tissé autour de lui sept fils pour façonner cette trame.

Rig-Véda. I. 164. 5.

28 – Le Supramental, le Mental et la Mâyâ du Surmental

Il y a un Permanent, une Vérité cachée par une Vérité là où le Soleil dételle ses chevaux. Les dix centaines (de ses rayons) se sont rassemblées — c’est l’Un. J’ai vu la plus glorieuse parmi les Formes des Dieux.

Rig-Véda. V. 62. 1.

*

La face de la Vérité est cachée par un couvercle d’or ; ôte-le, ô Soleil nourricier, pour la Loi de la Vérité, pour la vision. Ô Soleil, ô unique Voyant, ordonne tes rayons, rassemble-les — que je voie ta forme la plus heureuse entre toutes; cet Être Conscient et omniprésent, je suis Lui.

Îshâ Upanishad. Versets 15, 16.

*

Le Vrai, le Juste, le Vaste.

Atharva Véda. XII. 1. 1.

*

Il devint à la fois la vérité et le mensonge. Il devint la Vérité, et même tout ce qui est.

Taittirîya Upanishad. II. 6.

Citations de Sri Aurobindo

Deuxième Livre

La connaissance et L’ignorance L’évolution spirituelle

Première Partie

La conscience infinie et L’ignorance

 

1 – Indéterminés, déterminations cosmiques et l’Indéterminable

L’Invisible avec lequel il ne peut exister de relations pragmatiques, insaisissable, sans traits, inconcevable, qu’aucun nom ne peut désigner, dont la substance est la certitude du Moi Unique et en qui l’existence universelle est au repos, lui qui est toute paix et toute béatitude — il est le Moi, et c’est lui qu’il faut connaître.

Mândûkya Upanishad. Verset 7.

*

On le voit comme un mystère, on en parle ou on en entend parler comme d’un mystère, mais nul ne le connaît.

Gîtâ. II, 29.

*

Quand les hommes recherchent l’Immuable, l’Indéterminable, le Non-Manifesté, l’Omnipénétrant, l’Inconcevable, le Moi suprême, l’Immobile, le Permanent – égal envers tous, attentif au bien de tous les êtres, c’est à Moi qu’ils viennent.

Gîtâ. XII. 3, 4.

*

Loin au-delà de l’Intelligence se trouve le Vaste Moi, par-delà le Vaste Moi se trouve le Non-Manifesté, par-delà le Non- Manifesté se trouve l’Être Conscient. Il n’y a rien au-delà de l’Être — c’est l’extrême ultime, c’est le but suprême.

Katha Upanishad. I. 3. 10, 11.

*

Rare est la grande âme pour laquelle tout est l’Être Divin.

Gîtâ. VII. 19.

2 – Brahman, Purusha, Îshwara Mâyâ, Prakriti, Shakti

Cela est présent dans les êtres, indivisible et comme divisé.

Gîtâ. XIII. 17.

*

Brahman, la Vérité, la Connaissance, l’Infini.

*

Sache que le Purusha et la Prakriti sont tous deux éternels, sans commencement.

Gîtâ. XIII. 30.

*

On doit connaître que Mâyâ est Prakriti et que le Seigneur de la Mâyâ est le Seigneur suprême de tout.

Shvetâshvatara Upanishad. IV. 10.

*

C’est le pouvoir de la Divinité dans le monde qui fait tourner la roue du Brahman. C’est Lui qu’il faut connaître, le suprême Seigneur de tous les seigneurs, la suprême Divinité au-dessus de toutes les divinités. Suprême aussi est Sa Shakti et multiple l’opération naturelle de la connaissance et de la force de celle- ci. Divinité unique, occulte en tous les êtres, Moi intérieur de tous les êtres, c’est Lui qui imprègne tout, absolu sans qualité, veillant sur toute action, Lui le témoin, le connaissant.

Shvetâshvatara Upanishad. VI. 1, 7, 8, 11.

3 – L’Éternel et l’Individu

Je suis Lui.

Îshâ Upanishad. Verset 16.

*

C’est une portion éternelle de Moi qui est devenue l’être vivant dans un monde d’êtres vivants. (...) L’œil de la connaissance voit le Seigneur qui prend demeure dans le corps, y trouve sa joie et le quitte.

Gîtâ. XV. 7, 10.

*

Deux oiseaux aux ailes ravissantes, amis et compagnons, sont perchés sur un même arbre, et l’un mange le fruit exquis, l’autre le regarde et ne mange point. (...) Là où les âmes ailées clament les découvertes de la connaissance sur leur part d’immortalité, là, le Seigneur de toutes choses, le Gardien du Monde, a pris possession de moi, lui le Sage, moi l’ignorant.

Rig-Véda. I. 164. 20, 21.

4 – Le Divin et le Non-Divin

Le Voyant, le Penseur, l’Existant-en-soi qui est partout en devenir, a ordonné parfaitement toutes choses de toute éternité.

Îshâ Upanishad. Verset 8.

*

Nombreux sont ceux qui, purifiés par la connaissance, sont parvenus à Mon état d’être. (...) En la loi de leur être, ils sont devenus semblables à Moi.

Gîtâ. IV. 10; XIV. 2.

*

Connais Cela comme le Brahman, et non ceci que les hommes chérissent ici-bas.

Kéna Upanishad. I. 4.

*

Un Moi intérieur de tous les êtres qui les gouverne (...) De même que le Soleil, œil du monde, n’est point touché par les défauts extérieurs de la vision, de même ce Moi intérieur dans les êtres n’est point touché par la douleur du monde.

Katha Upanishad. II. 2. 12, 11.

*

Le Seigneur demeure dans le cœur de tous les êtres.

Gîtâ. XVIII. 61.

5 – L’Illusion cosmique; mental, rêve et hallucination

Toi qui es venu en ce monde transitoire et malheureux, tourne-toi vers Moi.

Gîtâ. IX. 33.

*

Ce Moi est un moi de Connaissance, une lumière intérieure dans le cœur; il est l’être conscient commun à tous les états d’être et il se meut dans les deux mondes. Il devient un moi de rêve et passe au-delà de ce monde et de ses formes de mort. (...) Il existe deux plans de cet être conscient, ce monde-ci et les autres ; un troisième état est leur lieu de jonction, l’état de rêve, et, quand il se tient en ce lieu de leur jonction, il voit les deux plans de son existence, ce monde et l’autre monde. Quand il dort, il prend la substance de ce monde où existe toute chose, et où lui-même défait et édifie par sa propre illumination, par sa propre lumière ; quand cet être conscient dort, il devient lumineux de sa propre lumière. (...) Il n’y a ni routes ni chars, ni joies ni plaisirs, ni bassins ni étangs ni rivières, mais il les crée par sa propre lumière, car il est le bâtisseur. Par le sommeil, il rejette son corps et, sans sommeil, voit ceux qui dorment; par son souffle de vie, il préserve ce nid inférieur et s’élance, immortel, hors de son nid ; immortel, il va où il veut, le Purusha d’or, le Cygne solitaire. On dit : « Seul le pays de l’éveil est sien, car les choses qu’il voit quand il est éveillé, sont les seules qu’il voit quand il dort » ; mais là, il est sa propre lumière.

Brihadâranyaka Upanishad. IV. 3. 7, 9-12, 14.

*

Ce qui se voit et ce qui ne se voit pas, ce dont on fait l’expérience et ce dont on ne fait pas l’expérience, ce qui est et ce qui n’est pas — il voit tout, il est tout et il voit.

Prashna Upanishad. IV. 5.

6 – La Réalité et l’Illusion cosmique

L’Éternel est vrai; le monde est un mensonge.

Vivékachudamani. Verset 20.

*

Le Maître de la Mâyâ crée ce monde par Sa Mâyâ et un autre est enfermé au-dedans ; on doit connaître sa Mâyâ comme la Nature et le Maître de la Mâyâ comme le grand Seigneur de tout ce qui est.

Shvetâshvatara Upanishad. IV. 9, 10.

*

Le Purusha est tout ce qui est, tout ce qui fut, tout ce qui sera ; il est le maître de l’Immortalité et il est tout ce qui croît par la nourriture.

Rig-Véda. X. 90. 2. Shvetâshvatara Upanishad. III. 15.

*

Tout est l’Être Divin.

Gîtâ. VII. 19.

Citations de Sri Aurobindo

7 – La Connaissance et l’Ignorance

Que le Connaissant distingue la Connaissance de l’Ignorance.

Rig-Véda. IV. 2. 11.

*

Elles sont deux, cachées dans le secret de l’Infini : la Connaissance et l’Ignorance ; mais périssable est l’Ignorance, immortelle la Connaissance ; différent de l’une et de l’autre est Celui qui gouverne et la Connaissance et l’Ignorance.

Shvetâshvatara Upanishad. V. 1.

*

Deux Non-nés, le Connaissant et celui qui ne connaît point, le Seigneur et celui qui n’a point la maîtrise : une Non-née en qui se trouvent l’objet de la jouissance et celui qui en jouit.

Shvetâshvatara Upanishad. I. 9.

*

Deux sont unis, pouvoirs de la Vérité, pouvoirs de la Mâyâ — ils ont façonné l’Enfant et lui ont donné naissance et ils nourrissent sa croissance.

Rig-Véda. X. 5. 3.

8 – La mémoire, la conscience de soi et l’Ignorance

Certains parlent de la nature essentielle des choses, d’autres disent que c’est le Temps.

Shvetâshvatara Upanishad. VI. 1.

*

Deux sont les formes du Brahman, le Temps et l’Intemporel.

Maitrâyanî Upanishad. VI. 15.

*

La Nuit est née, et de la Nuit le mouvant océan de l’être et, sur l’océan, est né le Temps à qui est soumise toute créature douée de vision.

Rig-Véda. X. 190. 1, 2.

*

Plus grande est la Mémoire : sans mémoire, les hommes ne pourraient rien penser ni rien connaître. (...) Aussi loin que va le mouvement de la Mémoire, là il s’étend à volonté.

Chândogya Upanishad. VII. 13. 1, 2.

*

C’est lui qui est ce qui voit, touche, entend, sent, goûte, pense, comprend, agit en nous, un être conscient, un moi de connaissance.

Prashna Upanishad. IV. 9.

9 – La mémoire, l’ego et l’expérience du moi

Ici ce Dieu, le Mental, en son rêve refait sans cesse l’expérience de ce dont il eut une fois l’expérience ; de ce qu’il a vu et de ce qu’il n’a pas vu, de ce qu’il a entendu et de ce qu’il n’a pas entendu, ce dont il a eu l’expérience et ce dont il n’a pas eu l’expérience, ce qui est et ce qui n’est pas, il voit tout, il est tout, et il voit.

Prashna Upanishad. IV. 5.

*

Demeurer en notre être vrai, c’est la libération; le sens de l’ego est une chute hors de la vérité de notre être.

Mahôpanishad. V. 2.

*

L’Un en maintes naissances, unique océan qui tient tous les courants de mouvement, voit nos cœurs.

Rig-Véda. X. V. 1.

10 – La connaissance par identité et la connaissance séparatrice

Ils voient le Moi dans le Moi par le Moi.

Gîtâ. VI. 20.

*

Là où il y a dualité, là, l’autre voit l’autre, l’autre entend et touche l’autre, pense à l’autre, connaît l’autre. Mais quand on voit comme le Moi, par quoi connaîtra-t-on le tout ? c’est par le Moi que l’on connaît tout ce qui est. (...) Tout trahit celui qui voit tout ailleurs que dans le Moi; car tout ce qui est, est le Brahman, tous les êtres et tout ce qui est, tout est ce Moi.

Brihadâranyaka Upanishad. IV. 5. 15, 7.

*

L’Existant-en-soi a percé les portes des sens vers l’extérieur, c’est pourquoi nous voyons les choses de l’extérieur et non en notre être intérieur. Rarement un sage aspirant à l’immortalité, le regard tourné au-dedans, voit le Moi face à face.

Katha Upanishad. II. 1. 1.

*

Il n’y a pas annihilation de la vision de celui qui voit, de la parole de celui qui parle (...), de l’audition de celui qui entend (...), de la connaissance de celui qui connaît, car elles sont indestructibles; mais ce n’est pas une seconde ou une autre personne, séparée de lui, qu’il voit, à qui il parle, qu’il entend, qu’il connaît.

Brihadâranyaka Upanishad. IV. 3. 23-30.

11 – Les frontières de l’Ignorance

Celui qui pense que ce monde seul existe et nul autre...

Katha Upanishad. I. 2. 6.

*

Étendu au sein de l’Infini (...) sans tête ni pieds, dissimulant ses deux extrémités (1).

Rig-Véda. IV. I. 7, 11.

(1) La tête et les pieds, le supraconscient et l’inconscient.

*

« Je suis le Brahman. » Celui qui a cette connaissance devient tout ce qui est ; mais quiconque adore une autre divinité que le Moi unique et pense : « Il est autre et je suis autre », celui-là n’a pas la connaissance.

Brihadâranyaka Upanishad. I. 4. 10.

*

Ce Moi est quadruple — le Moi de Veille qui possède l’intelligence extérieure et jouit des choses extérieures, en est la première part ; le Moi de Rêve qui possède l’intelligence intérieure et jouit des choses subtiles, en est la seconde ; le Moi de Sommeil, unifié, intelligence concentrée, béatitude jouissant de la béatitude, en est la troisième (...) le seigneur de tout, l’omniscient, le Maître intérieur. Ce qui est invisible, indéfinis- sable, évident en soi en son unique ipséité, en est la quatrième part : c’est le Moi, c’est cela qu’il faut connaître.

Mândûkya Upanishad. Versets 2-7.

*

Un être conscient, pas plus grand que le pouce d’un homme, se tient au centre de notre moi; il est maître du passé et du présent (...) il est aujourd’hui et il sera demain.

Katha Upanishad. II. 1. 12-13.

12 – L’origine de l’Ignorance

Par l’énergie de la conscience, le Brahman se condense ; de cela naît la Matière, et de la Matière, la Vie, le Mental et les mondes.

Mundaka Upanishad. I. 1. 8.

*

Il désira : « Que Je sois Multiple », il se concentra en Tapas, par le Tapas il créa le monde ; le créant, il entra en lui ; entrant en lui, il devint l’existant et ce qui est au-delà de l’existence, il devint l’exprimé et le non-exprimé, il devint la connaissance et l’ignorance, il devint la vérité et la fausseté : il devint la vérité et même absolument tout ce qui est. « Cette Vérité », ainsi l’appellent-ils.

Taittirîya Upanishad. II. 6.

*

L’énergie de la conscience est Brahman.

Taittirîya Upanishad. III. 2-5.

13 – La concentration exclusive de la Conscience-Force et l’Ignorance

Du feu allumé de l’Énergie de la Conscience, naquirent la Vérité et la Loi de la Vérité ; de cela naquit la Nuit, de la Nuit le mouvant océan de l’être.

Rig-Véda. X. 190. 1.

14 – Origine et remède du mensonge, de l’erreur, de l’injustice et du mal

Le Seigneur n’accepte le péché et la vertu de personne; la connaissance étant voilée par l’Ignorance, les hommes mortels sont les jouets de l’illusion.

Gîtâ. V. 15.

*

Ils vivent selon une idée du moi qui diffère de la réalité, trompés, attachés, exprimant une fausseté — comme si, par enchantement, ils prenaient le faux pour le vrai.

Maitrâyanî Upanishad. VII. 10.

*

Ils vivent et se meuvent dans l’Ignorance et ils tournent en rond, battus et trébuchants, tels des aveugles conduits par un aveugle.

Mundaka Upanishad. I. 2. 8.

*

Celui dont l’intelligence a atteint l’Unité, rejette loin de lui et le péché et la vertu.

Gîtâ. II. 50.

*

Celui qui a trouvé la félicité de l’Éternel n’est plus affligé par la pensée : « Pourquoi n’ai-je pas fait le bien ? Pourquoi ai-je fait le mal ? » Celui qui connaît le moi rejette loin de lui et le mal et le bien.

Taittirîya Upanishad. II. 9.

*

Ceux-là sont conscients de l’étendue du mensonge dans le monde ; ils grandissent dans la maison de la Vérité, ils sont les fils puissants et invincibles de l’Infini.

Rig-Véda. VII. 60. 5.

*

La vérité est la première et l’ultime; au milieu, est le mensonge, mais il est pris entre la vérité de part et d’autre, et il tire son être de la vérité.

Brihadâranyaka Upanishad. V. 5. 1.

Citations de Sri Aurobindo

Deuxième Partie

La connaissance et L’évolution spirituelle

15 – La Réalité et la Connaissance intégrale

Ce Moi doit être conquis par la Vérité et par une connaissance intégrale.

Mundaka Upanishad. III. 1. 5.

*

Écoute, et apprends comment tu me connaîtras en Ma totalité (...), car, même parmi les chercheurs qui ont atteint leur but, à peine en est-il un qui Me connaisse dans toute la vérité de Mon être.

Gîtâ. VII. 1, 3.

16 – La Connaissance intégrale et le but de la vie ; quatre théories de l’existence

Lorsque tous les désirs qui s’accrochent au cœur s’en détachent, alors le mortel devient immortel et, ici même, possède l’Éternel.

Brihadâranyaka Upanishad. IV. 4. 7.

*

Il devient l’Éternel et s’en va dans l’Éternel.

Brihadâranyaka Upanishad. IV. 4. 6.

*

Cette Vie, cette Lumière sans corps et immortelle est le Brahman.

Brihadâranyaka Upanishad. IV. 4. 7.

*

Long, étroit, est l’ancien Chemin — je l’ai touché, je l’ai trouvé —, le Chemin par lequel les sages qui connaissent l’Éternel, libérés, quittent ce monde pour le monde suprême, le Paradis.

Brihadâranyaka Upanishad. IV. 4. 8.

*

Je suis fils de la Terre, le sol est ma mère. (...) Puisse-t-elle me prodiguer ses multiples trésors, ses secrètes richesses. (...) Puissions-nous dire ta beauté, ô Terre, qui est dans tes villages et tes forêts, dans les assemblées, la guerre et les batailles.

Atharva-Véda. XII. 1. 12, 44, 56.

*

Puisse la Terre, souveraine du passé et de l’avenir, nous bâtir un vaste monde. (...) La Terre qui était l’eau sur l’Océan et dont les penseurs suivent le cours grâce à la magie de leur connaissance, elle dont le cœur d’immortalité est recouvert

par la Vérité dans le suprême éther, puisse-t-elle établir pour nous la lumière et le pouvoir en ce très haut royaume.

Atharva-Véda. XII. 1. 1, 8.

*

Ô Flamme, tu fondes le mortel en une suprême immortalité pour que s’accroisse de jour en jour la Connaissance inspirée ; pour le voyant qui a soif de la naissance duelle, tu crées la divine béatitude et la joie humaine.

Rig-Véda. I. 31. 7.

*

Ô Divin, veille pour nous sur l’Infini et prodigue le fini.

Rig-Véda. IV. 2. 11.

17 – Le progrès vers la Connaissance Dieu, l’homme et la Nature

Tu es Cela, ô Shvétakétu.

Chândogya Upanishad. VI. 8. 7.

*

L’être vivant n’est autre que le Brahman, le monde entier est le Brahman.

Vivékachudamani. Verset 479.

*

Ma Nature suprême est devenue l’être vivant et, par elle, ce monde est soutenu (...) telle est la source où tous les êtres prennent naissance.

Gîtâ. VII. 5, 6.

*

Tu es l’homme et la femme, le garçon et la fille; vieux et décrépit tu vas, courbé sur un bâton ; tu es l’oiseau bleu, et le vert, et celui aux yeux écarlates.

Shvetâshvatara Upanishad. IV. 3, 4.

*

Tout ce monde est empli d’êtres qui sont Ses membres.

Shvetâshvatara Upanishad. IV. 10.

18 – Le processus évolutif : ascension et intégration

À mesure qu’il s’élève de cime en cime (...), Indra le rend conscient du but de son mouvement.

Rig-Véda. I. 10. 2.

*

Fils des deux Mères, il atteint à la royauté dans ses découvertes de la connaissance, il se meut sur le sommet, il demeure en son haut fondement.

Rig-Véda. III. 55. 7.

*

De la terre, je me suis élevé au monde intermédiaire, du monde intermédiaire je me suis élevé au ciel, du plan du firmament céleste je suis allé jusqu’au monde du Soleil, de la Lumière 1.

Yajur-Véda. 17. 67.

19 – De la septuple Ignorance à la septuple Connaissance

Le sol de l’Ignorance est fait de sept marches, de sept marches le sol de la Connaissance.

Mahôpanishad. V. 1.

*

Il découvrit la vaste Pensée à sept têtes qui est née de la Vérité; il créa un quatrième monde et devint universel. (...) Les Fils du Ciel, les Héros de l’Omnipotent, pensant la pensée droite, donnant voix à la Vérité, fondèrent le plan de l’illumination et conçurent la première demeure du Sacrifice. (...) Le Maître de Sagesse abattit les enclos de pierre et appela les Troupeaux de Lumière (...), les troupeaux qui se tiennent en un lieu secret sur le pont jeté par-dessus le Mensonge entre deux mondes au-dessous et un au-dessus ; désirant la Lumière dans l’obscurité, il fit monter les Troupeaux de Rayons et retira le voile recouvrant les trois mondes; il démolit la cité tapie dans l’ombre, détacha les trois de l’Océan, et découvrit l’Aurore et le Soleil et la Lumière et le Mot de Lumière.

Rig-Véda. X. 67. 1-5.

*

Le Maître de Sagesse, lorsqu’il naît pour la première fois dans l’éther suprême de la grande Lumière — nombreuses sont ses naissances, sept sont les bouches du Verbe, sept ses Rayons — disperse les ténèbres de son cri.

Rig-Véda. IV. 50. 4.

20 – La philosophie de la renaissance

Ils ont une fin, ces corps d’une âme incarnée qui est éternelle ; (...) elle ne naît ni ne meurt et il n’est pas vrai qu’ayant été elle ne sera plus. Elle est non née, ancienne, sempiternelle; elle n’est pas tuée lorsqu’est tué le corps. De même qu’un homme rejette ses vêtements usés et en prend de neufs, de même l’être incarné se dépouille de ses corps, et s’unit à des corps nouveaux. Certaine est la mort de ce qui naît, et certaine la naissance de ce qui meurt.

Gîtâ. II. 18, 20, 22, 27.

*

Il y a une naissance et une croissance du moi. Suivant ses actes, l’être incarné revêt des formes successives en de multiples lieux; par la force des qualités propres à sa nature, il revêt des formes multiples, grossières et subtiles.

Shvetâshvatara Upanishad. V. 11, 12.

21 – L’ordre des mondes

Sept sont les mondes en lesquels se meuvent les forces de vie cachées dans le cœur secret qui est leur demeure sept par sept.

Mundaka Upanishad. II. 1. 8.

*

Puissent les Peuples aux Cinq Naissances accepter mon sacrifice, eux qui sont nés de la Lumière et sont dignes d’être adorés; puisse la Terre nous protéger du mal terrestre, et la Région-du-Milieu de la calamité des dieux. Suivez le fil brillant dévidé à travers le monde du milieu, protégez les sentiers lumineux construits par la pensée, créez la race divine (...). Vous êtes les voyants de la vérité, aiguisez les lances brillantes avec lesquelles vous frayez le chemin vers ce qui est Immortel; connaissants des plans secrets, formez-les, les marches par lesquelles les dieux ont atteint à l’immortalité.

Rig-Véda. X. 53. 5, 6, 10.

*

C’est l’Arbre éternel dont les racines sont en haut et les branches tournées vers le bas ; c’est le Brahman, c’est l’Immortel ; en lui demeurent tous les mondes, et nul ne va au- delà. Ceci et Cela sont un.

Katha Upanishad. II. 3. 1.

22 – La renaissance et les autres mondes ; le karma, l’âme et l’immortalité

En quittant ce monde, il accède au Moi physique ; il accède au Moi de la vie ; il accède au Moi du mental ; il accède au Moi de connaissance ; il accède au Moi de béatitude ; il se déplace à volonté à travers ces mondes.

Taittirîya Upanishad. III. 10. 5.

*

Ils disent en vérité que l’être conscient est fait de désir. Mais de quelque désir qu’il soit issu, il est issu de cette volonté, et de quelque volonté qu’il vienne, il accomplit cette action, et quelle que soit son action, il atteint (le résultat de) cette action. (...) Son Karma (1) s’attachant à lui, il va, en son corps subtil, là où son mental se fixe ; puis, parvenant au terme de son Karma, et même de toutes les actions qu’il accomplit ici, il revient ensuite de cet autre monde vers celui-ci pour le Karma.

Brihadâranyaka Upanishad. IV. 4, 5, 6.

(1). L’action, karma. Selon le point de vue exprimé dans ce verset de l’Upanishad, le Karma, l’action de cette vie, est épuisé au cours de la vie dans le monde au-delà, où ses fruits se réalisent, et l’âme retourne alors sur la terre pour un nouveau Karma. La cause de la naissance dans ce monde, du Karma, du passage de l’âme à une existence dans un autre monde et son retour sur terre, se trouve tout au long dans la conscience, la volonté et le désir propres de l’âme.

*

Pourvu de qualités, accomplissant les œuvres et créant leurs conséquences, il récolte le fruit de ses actes ; il est maître de la vie et son voyage suit le cours de ses actes ; lui qui a la pensée et l’ego, on le connaîtra d’après les qualités de son intelligence et la qualité de son moi. Plus petite que la centième partie de la pointe d’un cheveu, l’âme de l’être vivant est capable d’infini. Ni masculine, ni féminine, ni neutre, elle se joint à tout corps qu’elle assume et dont elle fait son propre corps.

Shvetâshvatara Upanishad. V. 7-10.

*

Mortels, ils ont atteint l’immortalité.

Rig-Véda. I. 110. 4.

Nous abordons maintenant les 6 derniers chapitres publiés aussi à part sous le titre L'Évolution spirituelle.

23 – L’homme et l’évolution

La Divinité unique, secrète dans tous les êtres, pénétrant tout, le Moi intérieur de tous, présidant à toute action, le témoin, ce qui connaît consciemment et absolument... l’Un qui dirige la multiplicité de ceux qui sont soumis passivement à la Nature, façonne les formes multiples d’une unique semence.

Shvetâshvatara Upanishad. VI. 11, 12.

*

Le Divin se meut en ce Champ et modifie la trame des choses, séparément et de diverses manières... Unique, il est maître de toutes les matrices, de toutes les natures; il est lui-même la matrice de toutes choses, il est cela qui porte à maturité la nature de l’être et donne à tous ceux qui doivent être mûris le fruit de leur développement, et il fixe toutes les qualités de leurs opérations.

Shvetâshvatara Upanishad. V. 3-5.

*

Il façonne diversement une forme unique des choses.

Katha Upanishad. II. 2, 12.

*

Qui a perçu cette vérité occulte, que l’Enfant donne l’existence aux Mères par le jeu de sa nature? Descendant né du sein des Eaux multiples, il en sort Voyant, maître de la loi intégrale de sa nature. Manifesté, il grandit au sein de ce qui est tortueux et devient grand, beau et glorieux.

Rig-Véda. V. 3-5.

*

Du non-être à l’être vrai, de l’obscurité à la Lumière, de la mort à l’Immortalité.

Brihadâranyaka Upanishad. I. 3. 28.

24 – L’évolution de l’homme spirituel

Comme ils viennent à Moi, ainsi je les accepte... Quel que soit leur chemin, c’est ma voie que les hommes suivent... Quelle que soit la forme que l’homme adore, j’affermis sa foi en elle ; animé de cette foi, il adore cette forme avec ferveur, et Je satisfais alors son désir. Mais limité est ce fruit. Ceux qui offrent leur sacrifice aux dieux, aux esprits élémentaires, ils atteignent les dieux, ils atteignent les esprits. Mais ceux qui M’offrent leur sacrifice, c’est à Moi qu’ils viennent.

Gîtâ. IV. 11; VII. 21-23; IX. 25.

*

En eux, il n’y a ni la Merveille, ni la Puissance; les vérités occultes n’existent pas pour le mental de l’ignorant.

Rig-Véda. VII. 61. 5.

*

Tel un voyant qui réalise les vérités occultes et la connaissance ainsi découverte, il donna naissance aux sept Artisans du ciel, et à la lumière du jour ils parlèrent et façonnèrent les éléments de leur sagesse.

Rig-Véda. IV. 16. 3.

*

Sagesses de voyant, paroles secrètes qui révèlent leur sens à celui qui voit.

Rig-Véda. IV. 3. 16.

*

Nul ne connaît la naissance de ceux-ci; chacun connaît la façon dont l’autre met au monde : mais les Sages perçoivent ces mystères cachés, même celui que la grande Déesse, la Mère aux multiples couleurs, porte comme son sein de connaissance.

Rig-Véda. VII. 56. 2, 4.

*

Devenus certains du sens de la plus haute connaissance spirituelle, purifiés dans leur être.

Mundaka Upanishad. III. 2. 6.

*

Il lutte par ces moyens et il possède la connaissance : en lui cet esprit entre dans son suprême statut... Satisfaits dans la connaissance, ayant construit leur être spirituel, les Sages en union avec le moi spirituel, atteignent l’Omniprésent partout et entrent dans le Tout.

Mundaka Upanishad. III. 2. 4, 5.

25 – La triple transformation

Un être conscient est le centre du moi, qui gouverne le passé et l’avenir; il est comme un feu sans fumée... Cela, il faut le dégager de son propre corps, avec patience.

Katha Upanishad. II. 1. 12, 13 ; II. 3. 17.

*

Une intuition dans le cœur voit cette vérité.

Rig-Véda. I. 24. 12.

*

Je demeure dans l’être spirituel et, de là, je détruis l’obscurité née de l’ignorance, avec la lampe illuminatrice de la connaissance.

Gîtâ. X. 11.

*

Ces rayons sont dirigés vers le bas, leurs fondations sont en haut: puissent-ils s’enfoncer profondément en nous... Ô Varuna, éveille-toi ici-bas, étends largement ton empire; puissions-nous demeurer dans la loi de tes œuvres et rester irréprochables devant la Mère infinie.

Rig-Véda. I. 24. 7, 11, 15.

*

Le Cygne qui demeure dans la pureté... né de la Vérité, lui- même la Vérité, le Vaste.

Katha Upanishad. II. 2. 2.

26 – L’ascension vers le Supramental

Maîtres de la Lumière de Vérité qui font grandir la Vérité par la Vérité.

Rig-Véda. I. 23. 5.

*

Trois pouvoirs de la Parole qui portent la Lumière au devant (...) une triple maison de paix, un triple chemin de la Lumière.

Rig-Véda. VII. 101. 1, 2.

*

Il crée et prend la forme de quatre autres mondes de beauté, quand il a grandi par les Vérités.

Rig-Véda. IX. 70. 1.

*

Il est né voyant avec le mental de discernement; fils de la Vérité, naissance secrète établie au-dedans, qui surgit à demi dans la manifestation.

Rig-Véda. IX. 68. 5.

*

Possesseurs d’une vaste sagesse inspirée, créateurs de la Lumière, conscients, ils connaissent tout ce qui est, et grandissent dans la Vérité.

Rig-Véda. X. 66. 1.

*

Apercevant la plus haute Lumière par-delà l’obscurité, nous sommes venus au Soleil divin dans la Divinité, à la plus haute Lumière entre toutes.

Rig-Véda. I. 50. 10.

27 – L’être gnostique

Un parfait chemin de Vérité a été créé pour notre voyage vers l’autre rive, par-delà l’obscurité.

Rig-Véda. I. 46. 11.

*

Ô Conscient-de-la-Vérité, sois conscient de la Vérité, fais jaillir maints torrents de Vérité.

Rig-Véda. V. 12. 2.

*

Ô Flamme, ô Soma, ta force est devenue consciente; tu as découvert l’Unique Lumière pour le multiple.

Rig-Véda. I. 93. 4.

*

Blanche, immaculée, duelle dans ses immensités, elle suit réellement le chemin de la Vérité, comme quelqu’un qui sait, et sans se limiter, s’élance dans toutes les directions.

Rig-Véda. V. 80. 4.

*

Par la Vérité ils tiennent la Vérité qui tient tout, grâce au pouvoir du Sacrifice, dans le suprême éther.

Rig-Véda. V. 15. 2.

*

Ô Immortel, Tu es né chez les mortels dans la loi de la Vérité, de l’Immortalité, de la Beauté. (...) Né de la Vérité, il grandit par la Vérité — le Roi, le Dieu, le Vrai, le Vaste.

Rig-Véda. IX. 110. 4. 108. 8.

28 – La vie divine

Ô flamme qui vois, tu conduis l’homme hors des chemins tortueux jusqu’en la vérité perdurable, jusqu’en la connaissance.

Rig-Véda. I. 31. 6.

*

Je purifie la terre et le ciel par la Vérité.

Rig-Véda. I. 133. 1.

*

En celui qui la possède, son extase met en mouvement les deux naissances, celle qui exprime le moi humain et celle qui exprime le moi divin, et elle se meut entre elles.

Rig-Véda. IX. 86. 42.

*

Puissent les invincibles rayons de son intuition venir ici cher- cher l’immortalité et se répandre sur les deux naissances ; car c’est par eux qu’il fait couler, en un seul mouvement, et les forces humaines et les choses divines.

Rig-Véda. IX. 70. 3.

*

Que tous acceptent ta volonté quand tu nais, dieu vivant, de l’arbre sec, afin qu’ils puissent atteindre à la divinité, et par la rapidité de tes mouvements, à la possession de la Vérité et de l’Immortalité.

Rig-Véda. I. 68. 2.

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