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Publié par pascalemmanuel

Un moyen efficace et souvent employé pour faciliter cette plongée dans le Moi intérieur, est de séparer le Purusha, l’être conscient, de la Prakriti, la nature manifestée.

Sri Aurobindo – La vie Divine – Chapitre 25, La Triple Transformation 

Dans le Yoga de la Connaissance intégrale Sri Aurobindo revient plus en détail sur le processus de libération qui nous permet de sortir de l'identification avec notre égo physique, vital et mental. Ces trois chapitres sont relativement courts et assez simples à lire. 

Page 409 – Chapitre 7 – La délivrance de la sujétion au corps

Extrait :

 

Nous disons donc au mental : « Ce corps est une opération de Prakriti, il n’est ni toi, ni moi ; détache-toi de lui. »

Si nous essayons, nous nous apercevons que le mental a un pouvoir de détachement, qu’il peut se retirer du corps, non seulement en pensée mais en acte, physiquement pour ainsi dire, ou plutôt vitalement.

Ce détachement mental doit être renforcé par une certaine attitude d’indifférence à l’égard de notre corps et ce qui l’affecte. Qu’il dorme ou veille, soit actif ou au repos, qu’il éprouve douleur ou plaisir, soit en bonne ou en mauvaise santé, vigoureux ou fatigué, confortable ou inconfortable, qu’il mange et boive ceci ou cela ne doit pas avoir pour nous une importance primordiale.

Cela ne veut pas dire que nous ne garderons pas notre corps autant que possible en bon état ; nous ne devons pas verser dans un ascétisme outrancier et négliger complètement la forme physique. Mais nous ne devons pas non plus être affectés mentalement par la faim et la soif, le manque de confort ou la mauvaise santé, ni attacher à tout ce qui concerne le corps l’importance que l’homme physique et vital lui attache d’ordinaire, ou, en tout cas, ne lui accorder qu’une importance tout à fait secondaire et purement instrumentale.

Il ne faut pas faire de l’accessoire une absolue nécessité ; par exemple, nous imaginer que la pureté mentale dépende de ce que nous mangeons ou buvons, bien qu’à un moment ou un autre certaines restrictions de nourriture et de boisson puissent être utiles à notre progrès intérieur ; mais il ne faut pas non plus s’accrocher à l’idée que la sujétion mentale ou même vitale à la nourriture solide ou liquide soit autre chose qu’une habitude ou une relation coutumière que la Nature a établie entre ces principes.

En fait, par une habitude contraire ou en établissant une relation nouvelle, la nourriture que nous prenons peut être réduite au minimum sans que la vigueur mentale ou vitale en soit le moins du monde affectée ; au contraire, on peut même, par un développement judicieux, apprendre au mental et au vital à puiser une plus grande énergie aux sources secrètes du mental et du vital avec lesquelles ils sont en rapport, au lieu de s’appuyer sur l’aide mineure que donnent les aliments physiques.

Quoi qu’il en soit, cet aspect de la discipline relève plutôt du yoga de la perfection de soi; pour notre propos actuel, le point important est que le mental renonce à tout attachement et toute dépendance vis-à-vis du corps.

*

Page 417 – Chapitre 8 – La délivrance de la sujétion au coeur et au mental

Extraits :

Dans son ascension, l’âme doit non seulement se séparer de la vie dans le corps, mais aussi de l’action de l’énergie de vie dans le mental; elle doit obtenir que le mental en tant que représentant du Purusha reconnaisse : « Je ne suis pas la vie ; la vie n’est pas le moi du Purusha, mais seulement l’un des modes d’action de Prakriti. »

.../...

Le Purusha mental doit donc refuser absolument de s’identifier ou de s’associer au mental de désir.

Il doit dire : « Je ne suis pas cette chose qui lutte et qui souffre, qui s’afflige et se réjouit, qui aime et hait, espère et est déconcertée, est en colère et effrayée, joyeuse et déprimée, ce jouet des bonnes ou mauvaises humeurs vitales et des émotions passionnées — ce sont simplement des opérations et des habitudes de la Prakriti dans le mental sensoriel et émotif. »

Dès lors, le mental se retire de ses émotions et, devant elles comme devant les mouvements et les expériences du corps, devient l’observateur ou le témoin.

Là aussi, il se produit un clivage intérieur.

D’un côté, le mental émotif où ces humeurs et ces passions continuent de se dérouler suivant l’habitude des modes de la Nature et, de l’autre, le mental observateur qui les regarde, les étudie et les comprend, mais reste détaché.

Il les observe comme l’action d’une pièce sur une scène mentale, avec des personnages autres que lui-même; d’abord, il regarde avec intérêt et une sorte d’habitude qui le fait retomber dans l’identification, puis avec un calme et un détachement complets, et finalement, ayant atteint non seulement le calme mais la pure félicité de sa propre existence silencieuse, il voit avec un sourire leur irréalité comme on regarde les joies et les chagrins imaginaires d’un enfant qui joue et se perd en son jeu.

Ensuite, il s’aperçoit qu’il est le maître et le donneur de sanction, et qu’en retirant son consentement, il peut faire cesser le jeu.

Quand la sanction est retirée, un autre phénomène important se produit; le mental émotif devient normalement calme, pur, libre de ces réactions, et même quand elles surviennent, elles ne se lèvent plus du dedans, mais semblent tomber sur lui comme des impressions du dehors auxquelles certaine fibre en lui est encore susceptible de répondre; mais cette habitude même de répondre s’efface peu à peu et, avec le temps, le mental émotif est entièrement libéré des passions auxquelles il avait renoncé.

L’espoir et la peur, la joie et le chagrin, la sympathie et l’antipathie, l’attirance et la répulsion, le contentement et le mécontentement, le bonheur et la dépression, l’horreur, la colère, la peur, le dégoût et la honte, et les passions de l’amour et de la haine, quittent pour toujours l’être psychique libéré.

.../...

 

Le mental de désir, également, doit être rejeté de la pensée; la meilleure façon d’y parvenir est de détacher le Purusha de la pensée et des opinions.

Déjà, nous avons eu l’occasion d’en parler à propos de la purification intégrale de l’être. En fait, tout le processus de la connaissance que nous décrivons ici se ramène à une méthode de purification et de libération qui conduit à une connaissance de soi entière et ultime, la connaissance de soi progressive étant elle-même l’instrument de la purification et de la libération.

La méthode à suivre vis-à-vis du mental pensant sera donc la même que pour les autres parties de l’être.

Le Purusha, après s’être servi du mental pensant pour se libérer de l’identification avec la vie et le corps et avec le mental de désir, de sensations et d’émotions, fermera le cercle et s’en prendra au mental pensant lui-même — il dira : «Ceci non plus, je ne le suis pas; je ne suis ni la pensée ni le penseur; toutes ces idées, ces opinions, spéculations, efforts de l’intellect, ces prédilections, préférences, dogmes, doutes, corrections de soi, ne sont pas moi; tout cela n’est qu’une opération de Prakriti qui a lieu dans le mental pensant. »

Une division se crée ainsi entre le mental qui pense et veut, et le mental qui observe ; le Purusha devient un simple témoin ; il voit, il comprend le processus et les lois de sa pensée, mais en reste détaché.

Enfin, puisqu’il est le maître de la sanction, il retire son consentement passé à ce courant de fond enchevêtré qui met en mouvement le mental et l’intellect raisonnant et il les oblige l’un et l’autre à mettre fin à leurs revendications. Il devient libre de la sujétion au mental pensant et capable d’un silence total.

Ainsi dans ce chapitre, Sri Aurobindo nous propose de poursuivre le processus de libération en nous libérant du désir, du mental émotif puis du mental pensant.  Quand on pense à toutes les souffrances  et toutes les erreurs que ces trois éléments contiennent à eux seuls, cela vaut peut-être le coup de s'y attarder un peu et de regarder la chose de près. 

*

Page 424 – Chapitre 9 – La délivrance de l'ego 

Extraits :

Il n’est point de bonheur dans la petitesse de l’être, dit l’Écriture; l’être large apporte le bonheur.

Essentiellement l’ego est une petitesse d’être; il produit une contraction de la conscience et, par cette contraction, une limitation de la connaissance, une ignorance paralysante; il cause un emprisonnement, une diminution de pouvoir et, par là même, l’incapacité et la faiblesse ; une scission dans l’unité, et par conséquent la disharmonie et le manque de sympathie, d’amour et de compréhension ; une inhibition ou une fragmentation de la joie d’être, et par suite la douleur et le chagrin.

Pour recouvrer ce que nous avons perdu, nous devons briser les murs de l’ego.

L’ego doit disparaître en l’impersonnalité (*) ou se fondre en un « Je » plus large — il doit se fondre dans l’immensité du « Je » cosmique qui contient tous ces « moi » plus petits, ou dans le Transcendant dont le Moi cosmique lui-même n’est qu’une image amoindrie.

(*)  Sri Aurobindo-Mère insistent souvent sur cette nécessité d'entrer dans une conscience impersonnelle. 

Un peu plus loin, un autre passage a retenu mon attention :

Le plus grand service que nous puissions rendre à l’humanité, le fondement le plus sûr de son vrai progrès, de son bonheur et de sa perfection, est donc de préparer ou de trouver le chemin par lequel l’homme individuel ou collectif pourra transcender l’ego et vivre en son vrai moi, délivré de l’ignorance, de l’incapacité, de la disharmonie et de la douleur.

C’est en cherchant l’éternel, non en restant prisonnier de la lente évolution collective de la Nature que nous parviendrons même le mieux au but collectif et altruiste que la pensée et l’idéalisme modernes proposent à notre évolution.

Mais c’est là un but secondaire.

Trouver, connaître et posséder l’existence divine, la conscience et la nature divines, et vivre là pour le Divin, tel est notre vrai but et la seule perfection à laquelle nous devons aspirer.

.../...

 

Le moi personnel doit ne faire qu’un avec le Moi de tout l’univers ; le moi individuel fini doit se répandre dans le fini sans borne, et cet esprit cosmique lui aussi doit être dépassé en l’Infini transcendant.

Il est impossible d’y parvenir si l’on n’abolit pas le sens de l’ego à sa base et à sa source même, sans compromis.

Sur la voie de la connaissance, cette abolition est recherchée négativement en niant la réalité de l’ego, ou positivement en fixant constamment sa pensée sur l’idée de l’Un et Infini en lui-même, ou de l’Un et Infini en toutes choses.

Si l’on persiste, le point de vue mental de soi-même et du monde entier finit par changer et l’on parvient à une sorte de réalisation mentale ; mais, ensuite, par degrés — ou rapidement parfois et impérieusement, presque dès le début — la réalisation mentale s’approfondit et se change en une expérience spirituelle, c’est-à-dire en une réalisation dans la substance même de notre être.

Des états de plus en plus fréquents se manifestent dans notre être, exprimant quelque chose d’indéfinissable et d’illimité, une paix, un silence, une joie, une béatitude inexprimables, le sentiment d’un Pouvoir impersonnel absolu, d’une Existence pure, d’une Conscience pure, d’une Présence qui emplit tout.

L’ego lui-même persiste, ou ses mouvements habituels, mais la place de l’Un se dénoue, les autres mouvements sont brisés, écrasés, rejetés de plus en plus, leur intensité s’affaiblit, leur action devient léthargique et mécanique.

Finalement, un abandon constant de toute la conscience en l’être du Suprême s’accomplit.

À l’origine, quand la confusion agitée et l’impureté obscurcissante de notre nature extérieure sont actives, quand le sens de l’ego mental, vital et physique est encore puissant, il se peut que l’on trouve extrêmement difficile cette nouvelle perspective mentale et ces expériences; mais une fois que le triple égoïsme est découragé ou moribond et que les instruments de l’Esprit sont rectifiés et purifiés, la pureté, l’infinitude et l’immobilité de l’Un se réfléchissent dans la conscience entièrement pure, silencieuse, clarifiée, élargie, comme le ciel dans un lac limpide.

La rencontre ou l’absorption de la Conscience réfléchie par ce qui la réfléchit devient de plus en plus pressante et possible; jeter un pont ou abolir ce gouffre atmosphérique entre la vastitude impersonnelle, immuable, éthérée, et ce qui fut un tourbillon changeant, un maigre courant d’existence personnelle, n’est plus une tâche incertaine et ardue et peut même devenir une expérience fréquente, sinon un état tout à fait permanent.

Car, même avant que la purification soit complète, si les liens du cœur et du mental égoïstes sont déjà suffisamment usés et desserrés, le jîva peut, par une rupture soudaine des cordes principales, s’échapper, prendre son essor dans l’espace comme un oiseau délivré, ou s’élargir comme un torrent libéré en l’Un et Infini.

Tout d’abord, nous avons soudain la perception d’une conscience cosmique, le sentiment de nous être fondu dans l’universel; et de cette universalité, il est alors plus facile d’aspirer au Transcendant.

Les murs qui emprisonnaient notre être conscient sont repoussés, percés, renversés; on perd tout sens de l’individualité et de la personnalité, toute impression d’être situé dans l’espace et dans le temps ou dans l’action et les lois de la Nature ; il n’y a plus d’ego, plus de personne définie et définissable, seulement la conscience, seulement l’existence, seulement la paix ou la béatitude — on devient l’immortalité, devient l’éternité, devient l’infinitude.

De l’âme personnelle, il ne reste plus qu’un hymne de paix et de liberté, une béatitude qui vibre quelque part dans l’Éternel.

Ce qui est vraiment extraordinaire avec Sri Aurobindo paraissent déjà exceptionnelles, et elles le sont par rapport à notre mentalité égoïste actuelle, mais nous n'en sommes qu'à la délivrance de l'ego et à nos premières envolées dans le monde spirituel. 

Quand nous entendons de la venue d'un âge d'or, à vrai dire, nous ne savons pas trop de quoi il s'agit, nous sommes mêmes à peu près incapables d'imaginer les merveilles qui vont arriver.

Avec Sri Aurobindo, on commence à comprendre un peu. Et ici et là, on comprends même un peu mieux et on se sent capable de mettre certaines choses en pratique dans nos vies, dans nos méditations. 

Alors, à notre mesure, tout à fait modestement, une petite touche ici, une petite touche là, nous participons à ce Grand Oeuvre, la grande Transformation de la fin des Temps. 

J'avais alors trouvé la pratique lsha Krya proposée par Sadhguru dont j'ai déjà parlé. J'en reparle car j'ai trouvé une autre vidéo avec des explications plus complètes que ce que j'ai déjà publié. Alors certains points de la pratique deviennent bien plus clairs.

Notamment la partie concernant le son AAA.... Ce qu'il dit aussi à propos du centre énergétique lié au nombril rejoint certaines pratiques de qi gong, notamment la posture de la fusion des trois centres dans le Zhi Neng Qi Gong ou la posture de l'arbre dans la version plus classique. 

Il est sans doute nécessaire d'écouter plusieurs fois pour vraiment bien comprendre de l'intérieur, profondément. En effet, des petites détails peuvent passer inaperçus. 

Ensuite, une fois qu'on a bien intégré les informations théoriques, pour la pratique proprement dite, la vidéo habituelle convient très bien. 

Pensez à enregistrer les vidéos avec une plateforme en ligne, alors nous ne sommes plus tributaire d'une ligne internet. 

En associant la profonde compréhension apportée par Sri Aurobindo et cette pratique somme toute très simple, j'ai bon espoir que de nombreuses personnes fassent des progrès décisifs. 

Si nous pouvions nous libérer du corps, du vital et du mental, tout resterait à faire, mais au moins nous commencerions à sortir de ce que Sri Aurobindo appelle l'hémisphère de la nature inférieure pour entrer dans le vaste domaine de l'âme, de l'esprit. 

Notre vie serait déjà profondément changée, mais ce ne serait que le début d'un mouvement de transformation plus vaste encore. 

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