Ici et là dans L'Agenda, Mère a expliqué deux ou trois choses sur le japa des prières de laconscience des cellules. Elle a dit que le japa était fait pour établir le contact entre la conscience divine qui est tout en haut avec la conscience des cellules qui est tout en bas, que cela aidait à contrôler, transformer le mental physique, qu'il fallait le faire à partir du coeur, que cela l'avait aidé à faire rapidement des progrès.... 

Pendant quelques années, ce fut une pratique très régulière, plusieurs heures par jour... avec à l'époque  des centaines de micro expériences, d'observations... Et puis je me suis lassé, découragé et lâché l'affaire. De temps en temps cela revenait, mais jamais avec l'intensité d'avant. Et puis hier soir, il s'est passé des choses, très jolies, instructives, alors je voudrais partager ça. 

Pour commencer, histoire de savoir de quoi je parle, voici le lien vers ce japa. 

Disons que depuis quelques semaines, je m'étais remis de temps en temps à cette pratique mais sans qu'il ne se passe quelque chose de très significatif et c'était tout de même un peu laborieux, ce qui n'est pas très normal car, Mère explique aussi que l'on doit en ressortir rafraîchi, revigoré...

Hier, la pratique a duré 1 h 45, en marchant dans mon appartement et dans la foulée, j'ai encore fait une longue méditation de plus d'une heure, très stable, très concentré qui aurait certainement pu durer encore et encore.

C'est-à-dire que l'état d'esprit, la conscience avec laquelle je faisais le japa était très différente. En fait, j'avais lu quelque chose qui rappelait que le travail se faisait dans le corps et qu'une étape du processus de transformation était de transformer le mental physique, cette couche si particulière du mental en contact avec notre matière corporelle.

Pendant tout le temps, j'étais concentré pour amener les vibrations des mots des prières dans cette couche-là de la conscience.

Rappelons-nous cet axiome : l'énergie va où la pensée va. 

Les mots des prières sont très jolis, ils évoquent de magnifique état de conscience... alors j'étais constamment concentré pour que quelque chose des états de conscience évoqués dans ses prières se déverse dans cette partie là de la conscience, dans ce mental physique.

Et à force de se concentrer sur un sujet, quelqu'il soit à un moment donné, bon sang mais c'est bien sûr, il se passe quelque chose, nous traversons. Et bien, il y a eu quelques prises de conscience, quelques découvertes...

D'un seul coup, j'ai ressenti  une partie de la psychologie de cette couche de conscience,  ce mental physique. J'étais face à une totale incrédulité. J'avais lu des descriptions que faisait Sri Aurobindo, Mère ou  Satprem mais je n'en avais pas clairement l'expérience. Connaître les choses de l'extérieur, ou par la tête, et les connaître de l'intérieur et par l'expérience, c'est sensiblement différent. 

C'est curieux, il y avait une sensation-perception très claire de la couche corporelle où l'action se déroulait. Comme si l'un des effets des prières était de mettre en lumière, d'être une sorte de phare grossissant. 

Mentalement, émotionnellement, nous pouvons penser, croire, espérer, dire ce qu'on veut, même savoir.... le corps livré à lui-même en quelque sorte,  quand on lui retire toute l'intelligence mentale, a sa propre conscience, ses propres croyances.

Et avec ces prières, le corps était dans un état de totale incrédulité. Il ne comprenait pas que ces états de conscience puissent être possibles. Il se disait vaguement que cela pouvait peut-être possible, là-haut, mais pas pour lui. C'était triste. Mère avait un jour employé une image très parlante pour parler de cette couche de conscience là, Elle avait évoqué un chien qui avait été tellement battu qu'il ne pouvait même plus imaginé qu'il puisse en être autrement, qu'il puisse exister quelque chose comme la joie...

Il y a une sorte de psychologie mentale, de psychologie émotionnelle, là  j'étais avec une psychologie corporelle et c'était résigné, cela n'y croyait pas, n'arrivait pas à croire que, la dedans, la Lumière pouvait venir, la Conscience pouvait venir, la Joie pouvait venir.

Pendant presque deux heures j'étais avec ce mental physique, pour y apporter de la lumière.  J'avais lu qu'une étape importante du processus de transformation, c'était quand cette ébauche du mental du corps commençait à s'organiser. J'observais et me demandais comment cela pouvait se faire.

Une autre question aussi trainait dans la conscience avec insistance : comment ce corps, apparemment personnel, pouvait entrer dans une conscience impersonnelle. Car c'est un autre élément important. Des éléments de réponse approchaient de temps en temps avec des sensations un peu curieuses qui me donnait une sorte d'impression que tout devenait un seul bloc, le corps, les paroles des prières, l'air autour de moi dans mon appartement, les objets... À un moment, donné, mon tissu au mur avec la gayatri mantra est devenu vibrant. Ce n'est qu'un bout de tissu, je le vois tous les jours. Là, je me suis arrêté devant un peu et il y avait une sensation, une perception vibrante...

Objets inanimés avez-vous donc une âme qui s'attache à notre âme et la force d'aimer ? 

Alphonse de Lamartine

Mais cet état de conscience ne restait pas, d'autant qu'autre chose de plus fort est venu, surtout sur le plan émotif, cela m'a secoué un peu...

D'un seul coup, il y avait le sentiment qu'il y avait quelqu'un au bout du fil.... Cela m'est venu avec ces mots-là, très simples, sans chichi, un sentiment de certitude.

Parce que, lorsque nous disons une prière, elle s'adresse bien à quelqu'un, lorsque je dis les mots "Om Seigneur suprême, Dieu de bonté et de miséricorde..." cela s'adresse à quelqu'un. C'était comme si, toutes ces années, j'avais fait ces prières un peu comme ça, sans avoir vraiment conscience du poids des mots.... pourtant déjà à l'époque il se passait des choses....

Là, il y avait le sentiment certain que le Divin était là... C'était simple, naturel, comme en observateur...

Ainsi, tout mon travail était de mettre en présence le corps, la conscience corporelle avec les vibrations des prières, avec cette Présence divine... et je voyais bien que cela changeait quelque chose. Parce que si l'incrédulité,  le côté résigné semblait continuer, en même temps, le corps semblait absorber,  absorber, absorber.... l'énergie divine, les vibrations divines. 

Tout en marchant, tout en récitant les prières à voix basse, je voyais-percevais clairement comme deux sensations superposées, C'est un peu bête à dire, cela faisait comme si le mental du corps n'y croyait toujours pas mais que déjà, le corps du corps, les cellules, elles, commençaient à comprendre et elles aspiraient, aspiraient, aspiraient... et effectivement, le corps, les énergies du corps semblaient complètement régénérées, rafraîchies, restaurées... 

Et puis il y a eu une autre chose qui m'a un peu secoué...

La fin des prières se termine par :

Om Tat Sat

Om Sat Chittapas Ananda

Om namo bhagavaté

Om mon doux Seigneur 

OM, mon Bien-Aimé

Et d'un seul coup je me suis rappelé Sri Aurobindo qui explique le principe des mantra et qu'avec la vibration du son, la chose est là...

Et je m'en suis trouvé tout bouleversé : mais comment ai-je pu passer à côté de ça ? ? ? Je n'en revenais pas. 

Quand j'avais eu le sentiment de certitude qu'il y avait quelqu'un au bout du fil... c'est bizarre mais je n'en ai pas été bouleversé, là je l'étais...

La trinité Sat Chit Ananda, Existence, Conscience, Joie, c'est l'un des sommets de l'expérience spirituelle...

Dans le Tao on dit, le un engendra le deux, le deux engendra le trois et le trois engendra les 10 000 êtres, sous entendu la manifestation commence. 

Et tapas, c'est le pouvoir de la conscience qui devient actif... 

J'ai dû prononcer ces mots ces centaines de fois, sans vraiment la conscience que prononcer ces mots pouvaient rendre actif, présent la vibration qu'ils contiennent, la présence de Sat-Chit-Ananda et la présence du Bien-aimé.

Nous pouvons faire le japa de façon superficielle et puis, nous pouvons rentrer dedans et c'est peut-être l'une des premières fois où cela m'arrive de façon si claire.

Il aura fallu des années pour clarifier un peu la conscience, pour commencer à la désobstruer, alors cela devient un peu plus facile de sentir un peu, parfois, de temps en temps....

Mais ce n'est qu'une étape, des premiers balbutiements. Sri Aurobindo a bien expliqué qu'au début, nous sentions des choses dans des états de méditation, de grande tranquillité mais qu'il fallait que ces états viennent naturellement dans notre quotidien, c'est donc loin d'être terminé.

Mais là au moins, j'ai trouvé un outil efficace pour aider, préparer. Parce que nous sommes très forts pour parler de l'obscurité du monde, de l'inconscience du monde, quand il s'agit de la nôtre et de se retrouver seul avec soi-même,  de se coltiner ses propres turpitudes, c'est un peu plus compliqué.

Il y a le sentiment assez intense que l'immense majorité des gens rigolent de tout ça et se contrefiche du Divin, mais ça ne fait rien, s'il y a une personne que cela intéresse, ça va. Et au moins j'aurai essayé... 😊

Quelques jours plus tard, dimanche 28 - 15 h

Chacune de ses prières de la conscience des cellules apporte quelque chose de particulier, presque, je dirais contient son délice propre... 

Retour à l'accueil