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Publié par pascalemmanuel

Nouvelle longue pratique de l'auto-massage du ventre.

Continuellement il remonte des impuretés de toutes sortes... comme par pallier, à moins plus probablement que cela soit moi qui descende de plus en plus profondément, avec comme la dernière fois, l'entrée dans ce qui semble être un autre état, un autre lieu. La dernière fois, c'était dans une lumière jaune, solaire et j'étais surpris car c'était assez intense, un peu flamboyant avec une forte émotion. Là, c'était une lumière jaune beaucoup plus pâle et sans émotion, ou au contraire, avec tout ce que j'avais rencontré sur le chemin de la descente, j'étais un peu fatigué, un peu abattu....

Mais ce ne fut pas la seule pratique, loin de là. Il y eut aussi une longue concentration dans le coeur sans pour autant parvenir à avoir une expérience claire de l'être psychique. Pourtant ce ne fut pas inutile car deux expériences sont venues.

D'abord le surrender de la difficulté.

Confronté de nouveau depuis quelques jours à une certaine agitation du vital inférieur, j'ai été un peu harcelé par une nouvelle vague d'impuretés, alors que cela s'était calmé comme jamais cela ne l'avait été, et je me battais avec ça depuis quelques jours. Là, il m'est venu de lâcher prise sur mes efforts de purification et d'offrir ma difficulté au Divin. J'ai été un peu surpris de sentir aussitôt un soulagement, que la difficulté m'était retirée. Ainsi, j'apprends aussi petit à petit à faire confiance au Divin...

Viens comme tu es

Dans la foulée me semble t-il, il y a eu un « viens comme tu es », qui m'a mis la larme à l'oeil. Dans mes pratiques, il y a effort personnel assez régulier et assez constant pour me purifier et autre, car je me dit qu'il faut être « bien propre » avant de pouvoir faire l'expérience du Divin. Sans doute il y a quelque chose de vrai là-dedans.

Ce « viens comme tu es », jailli de l'intérieur, a balayé aussitôt l'idée qu'il y avait des conditions à l'amour du Divin, à l'expérience du Divin. Alors, au lieu de m'approcher de Lui dans ma concentration avec l'idée d'être comme ceci ou cela, et à vrai dire, je n'ai jamais vraiment trouvé comment je devais être, je cherchais à m'approcher « comme je suis », sans rien cacher des choses qui sont encore à transformer.

C'était comme poser mes valises, d'un seul coup c'était plus léger. Et une drôle de perception aussi, des milliers de minuscules petits points dedans qui devenaient lumineux et s'ouvraient, sensation d'une multitude de minuscules petites ouvertures, de petits points qui devenaient pétillants... 

Ce "viens comme tu es" avait aussi à voir avec la sincérité, la transparence, une volonté de s'approcher du Divin sans rien cacher de soi et d'offrir chaque point. D'ailleurs il me revient à l'instant, en écrivant, qu'à un moment donné de ma méditation, j'ai eu la vision d'une sorte de voile noir ondulant qui s'en allant au-dessus de l'épaule droite; de la tête. Je me suis demandé ce que c'était.

Comme quoi, un tout petit changement d'attitude qui n'a l'air de rien peut changer la qualité de la relation à soi-même et au Divin.

Ce témoignage sera peut-être une source d'inspiration apaisante pour quelqu'un...  

Faire confiance au Divin

C'est peut-être à ce moment-là de ma concentration, mais je n'en suis plus très sûr, que je me suis imaginé-aperçu-vu-senti, un peu tout ça mélangé, dans les bras du Divin, dans l'expérience de l'une des trois images du don de soi au Divin (1).

Ce n'est pas un enseignement

D'un seul coup aussi, j'ai compris de l'intérieur pourquoi Sri Aurobindo-Mère, ce n'était pas un enseignement (2).  

D'un seul coup je me disais, ce que je vis, l'expérience que j'approche est impossible à enseigner. D'ailleurs cela n'a aucun intérêt que par le témoignage, c'est à chacun de vivre l'expérience à sa façon.

C'est curieux comment les choses jaillissent de l'intérieur. D'un seul coup cela devient comme une explosion de lumière blanche, bleue-argentée, sur un point et puis un autre et encore un autre. Tout cela parait insignifiant, ce sont des points si petits, si anodins, mais il y en a un, et encore un et encore un et au bout du compte, on s'aperçoit que l'on commence enfin à changer...

Être en paix avec soi-même...

En tout cas, depuis quelques heures déjà j'avais remarqué le sentiment de commencer à être en paix avec moi-même, indépendamment de ce qu'il peut se dire dans les médias ou sur internet. Être quelqu'un de plutôt calme, ça je l'avais remarqué. Mais au-dessous, il y avait tout de même beaucoup d'inquiétude, parfois des angoisses. Je crois que c'est la première fois que je vois émerger ce sentiment d'être en paix avec moi-même, c'est une grâce... 

J'ai tout de suite eut le sentiment que cela venait des concentrations que je fais pour m'unir à la Présence divine à l'intérieur. De toute façon, vu qu'à l'extérieur, je ne fais à peu près rien, cela ne peut venir que de l'intérieur  😀😀😀

Par contre, que cet état doit encore s'approfondir et s'élargir à toutes les parties de l'être, c'est évident.

 

Don de soi intégral

Ipomoea alba L. (Convolvulaceae)

(1) : Agenda du 19 octobre 1955 

Les trois images du don total de soi au Divin :

1) Se prosterner à Ses pieds dans l’abandon de tout orgueil, avec une humilité parfaite.

2) Déployer son être devant Lui, ouvrir son corps tout entier, de la tête aux pieds comme on ouvre un livre, étalant ses centres afin de rendre visibles tous leurs mouvements dans une sincérité totale qui ne permet à rien de rester caché.

3) Se blottir dans Ses bras, se fondre en Lui dans une confiance tendre et absolue.

Ces mouvements peuvent être accompagnés par trois formules, ou l’une d’entre elles, suivant le cas:

1) Que Ta Volonté soit faite et non la mienne.

2) Ce que Tu voudras, ce que Tu voudras...

3) Je suis à Toi pour l’éternité.

En général, quand ces mouvements sont faits de la vraie manière, ils sont suivis d’une identification parfaite, d’une dissolution de l’ego produisant une sublime félicité.

*

(2) :

Ne prenez pas mes paroles pour un enseignement. Mes paroles sont toujours une force en action; elles sont prononcées dans un but défini, et perdent leur pouvoir véritable quand elles sont séparées de la circonstance qui les avait motivées. 

Mère

Trois extraits de L'Agenda

Agenda du 18 février 1961

Tiens, j’ai eu l’occasion hier ou avant-hier d’écrire une phrase sur Sri Aurobindo. C’était en anglais, quelque chose comme cela :

«Dans l’histoire du monde, Sri Aurobindo ne représente pas un enseignement ni même une révélation, mais une ACTION décisive venue tout droit du Suprême.»

(silence)

Je te dis cela parce que, juste maintenant, comme nous parlions de ce livre et que tu disais que ça viendrait tout d’un coup et d’un seul bout, j’ai vu comme un globe, comme un soleil – un soleil de lumière très incandescente qui se répandait en poudroiement (le soleil avançait et son poudroiement venait au-devant de lui), comme ça (geste). 

Et ça venait vers toi, et puis ça a fait un cercle autour de toi, comme pour dire : «Voilà la formation.» C’était magnifique ! Et il y avait là-dedans une chaleur créatrice! semblable à la chaleur du soleil, c’est-à-dire une puissance de Vérité.

Et là-dedans, j’ai eu à nouveau cette même impression : ce que Sri Aurobindo est venu apporter, ce n’est pas un enseignement, ce n’est même pas une révélation, c’est une action formidable venue tout droit du Suprême.

C’est comme quelque chose qui se déverse sur le monde.

Et ce qu’il faudrait, dans ton livre, c’est donner cette impression – sans le dire. Donner l’impression, c’est-à-dire transmettre: transmettre cette lumière solaire.

*

28 février 1961

Je t’ai apporté le texte exact de cette phrase sur Sri Aurobindo que je t’ai dite l’autre jour. C’était en réponse à une lettre...

Tu sais, c’est cette habitude mentale (que les gens prennent pour de la supériorité mentale!) de mettre tout sur le même plan : tous les enseignements, tous les révélateurs, toutes les sectes, toutes les religions, toutes... Tu sais, cette habitude : «Nous n’avons pas de parti pris, nous n’avons pas de préférences; tout ça, c’est la même chose.» – Un gâchis épouvantable !

C’est l’une des plus grosses difficultés mentales de l’époque.

Enfin, en réponse à ces niaiseries, j’ai dit : «Votre tort, justement, c’est que vous allez à la Société Théosophique, par exemple, avec la même ouverture que vous allez à la religion chrétienne ou que vous allez à l’enseignement bouddhique, ou que vous lisez un livre de Sri Aurobindo – résultat, vous êtes dans la confusion et le gâchis, et vous ne comprenez rien à rien.»

Et alors la réponse m’est venue, fort, comme cela ; quelque chose qui m’a saisie et j’ai été pour ainsi dire obligée d’écrire : What Sri Aurobindo represents in the world’s history is not a teaching, not even a revelation; it is a decisive action direct from the Supreme.

Alors, en français, j’ai mis comme cela : «Dans l’histoire du monde, ce que Sri Aurobindo représente, ce n’est pas un enseignement, ni même une révélation, c’est une action décisive venue tout droit du Suprême.»

Ce n’est pas de moi. C’est venu comme ça (geste d’en haut). Mais ça m’a plu.

*

29 avril 1961

(Certains fragments de cette conversation ont été publiés dans les «Commentaires de Mère sur les Aphorismes» de Sri Aurobindo. Mère n’avait pas voulu que le texte intégral figurât même dans son Agenda, le jugeant trop personnel. Nous avons cru bon de le garder malgré tout. La conversation avait eu pourpoint de départ l’Aphorisme suivant :)

Aphorisme 59 – L’un des plus grands réconforts de la religion est que, parfois, vous pouvez empoigner Dieu et lui donner une satisfaisante raclée. Les gens se moquent de la sottise des sauvages qui battent leur dieu lorsque leurs prières ne sont pas exaucées, mais ce sont les moqueurs qui sont sots et sauvages.

Alors... pauvre T ! elle me demande : «Que veut dire (riant) donner à Dieu une satisfaisante raclée ? Comment est-ce que c’est possible ?...» Je n’ai pas répondu encore. Et puis elle ajoute une autre question : «Beaucoup de gens disent que les enseignements de Sri Aurobindo sont une religion nouvelle. Est-ce que, Toi, tu appelleras cela une religion?...» Tu comprends, j’ai commencé à fumer !

J’ai écrit (Mère lit sa réponse :) 

«Ceux qui disent cela sont des sots qui ne savent même pas de quoi ils parlent ! Il suffit de lire tout ce que Sri Aurobindo a écrit pour savoir qu’il est impossible (souligné) de fonder une religion là-dessus, puisque, pour chaque problème, chaque question, il présente tous les aspects en montrant la vérité contenue dans chaque approche et il explique que pour atteindre à la Vérité, il faut effectuer une synthèse qui dépasse toutes les notions mentales et émerger dans une transcendance au-delà de la pensée.

«Ta seconde question n’a donc pas de sens (!) D’ailleurs si tu avais lu ce qui a paru dans le dernier Bulletintu n’aurais pas pu la poser.

«Je répète que lorsque nous parlons de Sri Aurobindo, il ne peut être question d’enseignement ni même de révélation, mais d’une Action du Suprême; sur cela, aucune religion ne peut être fondée.»

Ça, c’est le premier coup de feu.

Le second :

«Les hommes sont si fous (riant: ça ne va pas mieux! ) qu’ils peuvent changer n’importe quoi en une religion tant ils ont besoin d’un cadre fixe pour leur pensée étroite et leur action limitée. Ils ne se sentent en sécurité que lorsqu’ils peuvent affirmer : «Ceci est vrai et cela ne l’est pas», mais cette affirmation devient impossible à quiconque a lu et compris ce que Sri Aurobindo a écrit. La religion et le yoga ne sont pas situés sur le même plan de l’être, et la vie spirituelle ne peut exister dans sa pureté que si elle est libre de tout dogme mental.»

Pour lire la suite de cet Agenda, voir le lien ci-dessous :

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