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Publié par pascalemmanuel

Parmi toutes les paroles de Mère, il y en a énormément dont je n'ai aucune expérience. Par exemple, lorsqu'Elle parle d'une surface plane et blanche ou d'un miroir à double face au-dessus de sa tête qui reflète, laisse passer la Lumière divine, les informations d'en haut d'une façon tout à fait neutre, impartiale.

Par contre, lorsqu'Elle dit que chaque fois qu'Elle fait un pas en avant, elle est amenée à faire un pas en arrière, chaque pas dans la lumière implique un pas dans l'obscurité.... ça, j'en ai fait des dizaines de fois l'expérience, et je l'oublie tout le temps. C'est après coup que cela me revient. 

Tout récemment je publiais un témoignage de traverser une période difficile et maintenant, je vois que le processus est toujours identique. J'ai repéré 5 phases.

Dans la première phase, je suis dans mon état de conscience habituel, avec les fluctuations normales, de la vie ordinaires.

Ensuite, quelque fois par une pratique, quelque fois par une lecture, je touche quelque chose d'une conscience supérieure, d'une autre conscience... et cela provoque une sorte de choc, la sensation d'avoir touché quelque chose de nouveau, de pas ordinaire du tout par rapport à ma conscience normale. 

Et puis, il y a comme une chute dans un trou avec toutes sortes d'états douloureux, souffrants, négatifs... 

Et alors commence une sorte d'état d'intégration pendant laquelle je suis souvent très fatigué, avec un besoin de dormir, de me coucher et alors je rentre dans une sorte de transe consciente, des états méditatifs oscillants entre l'éveil et le sommeil.

Et enfin je reviens à un état de conscience plus habituel, mais pas tout à fait identique à celui du début car cette bataille a fait faire un petit progrès et je ne suis plus tout à fait le même. 

Ce processus en 5 phases est pour moi assez fréquent. Cela ne veut pas dire que cela doit être ainsi pour tout le monde. À noter aussi que chaque phase dure de quelques heures à quelques jours. Par exemple, souvent quand je ressens une ouverture de la conscience, je reste quelques jours à "savourer" une sensation de plus de lumière que d'habitude, plus de joie...et de même, quand je retombe dans la nuit, cela dure quelques jours à patauger dans les difficultés.

C'est un phénomène normal dans le processus de transformation. S'il s'agissait seulement d'établir un contact conscient avec la Lumière, cela pourrait sans doute durer très longtemps. Il paraît qu'on peut même s'échapper de son corps et y rester des éternités. 

Mais dans le processus de transformation, chaque fois que nous nous ouvrons à une conscience supérieure il y a une plongée dans les éléments de notre nature qui doivent être purifiés, transformés...

Après tout ce temps, c'est vraiment curieux de l'oublier. Faut dire que dans les moments où on est dans le trou, il n'y a plus de lumière, on se bat avec son chagrin, avec son bourbier... on a chacun le nôtre. Quand on est dedans, c'est vraiment douloureux, on est submergé et envahi...

 

L'espèce nouvelle

Extrait du chapitre 20 - Le changement de fonctionnement

Paragraphe - Un état paradoxal.

Parmi des dizaines d’expériences qui iront en se multipliant et s’aggravant, si l’on peut dire, nous pouvons citer celle-ci qui date (déjà) du début de 1968. Mère notait l’éternel Fait d’une Conscience totale, sans séparation, et de notre petite conscience individuelle qui a tout fragmenté, divisé, séparé, rejeté hors de sa cage – et au fond, tout notre passage de la chenille au papillon est seulement le passage de cette conscience séparée à la conscience totale, qui naturellement doit avoir ses conséquences physiologiques et, peut-être, à l’extrême, produire une mutation de la forme. 

L’univers semble avoir été créé pour réaliser ce paradoxe de la conscience du Tout, vivante (pas seulement perçue, mais vécue) dans chacune des parties, chaque élément constitutif du Tout… 

Et c’est ce paradoxe-là que le corps de Mère reproduisait physiologiquement. 

Alors, continuait-elle, pour la formation de ces éléments, cela a commencé par la Séparation, et c’est la Séparation qui a donné naissance à cette division entre ce qu’on appelle le «bien» et le «mal», le noir et le blanc, la nuit, le jour… mais au point de vue sensation dans la partie la plus matérielle, on peut dire que c’est la souffrance et l’Ananda [la béatitude], la tendance à faire deux pôles : la chose agréable, la chose bonne ; la chose désagréable, la chose mauvaise.

Et dès que l’on veut retourner à l’Origine, les deux ont tendance à se refondre. Et c’est dans l’équilibre parfait, c’est-à-dire où il n’y a plus de division possible et où l’un n’a pas d’influence sur l’autre – où les deux ne font plus qu’un –, qu’est cette fameuse Perfection que l’on essaye de reconquérir…

Et c’est justement l’erreur mentale de vouloir choisir une chose et d’en rejeter une autre : toutes les choses doivent être ensemble – ce qu’on appelle bien, ce qu’on appelle mal, ce qu’on appelle bon, ce qu’on appelle mauvais, ce qui vous semble plaisant et ce qui vous semble déplaisant, tout cela doit être ensemble. Le rejet de l’un et l’acceptation de l’autre, c’est un enfantillage. C’est une ignorance.

Et toutes les traductions mentales comme celle d’un Mal éternellement mal qui donne naissance à l’idée de l’enfer ; d’un Bien éternellement bien… tout cela, c’est tout, tout des enfantillages.

Et voici où la métaphysique se branche sur la physiologie, et le paradoxe de l’univers sur le paradoxe du corps de Mère: 

Pour mon goût, tout cela est beaucoup trop philosophique, ce n’est pas assez concret, mais l’expérience de ce matin était concrète, et elle était concrète parce que issue de sensations extrêmement concrètes dans le corps c’était l’expérience de la présence de cette constante dualité (en apparence) ou opposition (non seulement opposition mais négation) entre ce que nous pouvons prendre comme symbole : la souffrance et l’Ananda [la béatitude].

Et l’état véritable (qui paraît impossible à formuler en mots pour le moment, mais qui était vécu et senti) : c’est une totalité qui contient tout, mais au lieu de contenir tout en éléments qui s’affrontent, c’est une Harmonie du tout, un équilibre du tout. Et quand cet équilibre sera réalisé dans la création, cette création pourra continuer à progresser sans rupture.

C’est-à-dire, allions-nous dire, sans la mort… mais c’est là où nous retombons dans le piège de la division mentale en pôles contraires, car voici ce qu’ajoutait Mère : 

Il y a eu ces jours-ci, d’une façon répétée (mais tout cela méthodique et organisé par une Organisation d’ensemble infiniment supérieure à tout ce que nous pouvons imaginer), un état qui est l’état déterminant la rupture d’équilibre, c’est-à-dire la dissolution de la forme, ce qu’on appelle d’habitude la «mort» (et cet état jusqu’à l’extrême limite, comme une démonstration), avec en même temps l’état (pas la perception : l’état) qui empêche cette rupture d’équilibre et qui permet la continuité du progrès sans rupture.

Et cela donne, dans la conscience corporelle, la perception simultanée (pour ainsi dire simultanée) de ce que l’on pourrait appeler l’extrême angoisse de la dissolution et puis l’extrême Ananda de l’union – les deux simultanés. Alors, traduit dans les mots ordinaires : l’extrême fragilité (plus que fragilité) de la forme, et l’éternité de la forme… 

Un état de mort et un état de vie simultanément.

Et Mère ajoutait ceci qui, décidément, est extraordinairement surprenant à l’échelle physiologique : 

Et ce n’est pas seulement l’union, mais la fusion, l’identification des deux qui est la Vérité. C’est l’union des deux états qui fait la conscience véritable (l’union des deux, «union» implique encore division), l’identification des deux qui fait la conscience véritable.

La fusion de la «vie» et de la «mort» ?… Un troisième état de… quelque chose. À la limite de la «vie» et de la «mort», à cette extrême frontière d’angoisse de la dissolution, il y avait autre chose qui naissait et qui était comme fait de la fusion des deux.

Et alors, ajoute-t-elle, on a la sensation que c’est cette conscience-là qui est le Pouvoir suprême. N’est-ce pas, le Pouvoir est limité par les oppositions et les négations (le pouvoir le plus puissant, c’est celui qui domine le plus, mais c’est une imperfection complète). Mais il y a un Pouvoir tout-puissant qui est fait de la fusion des deux. Ça, c’est le Pouvoir absolu. Et si Ça, c’était réalisé physiquement… probablement ce serait la fin du problème.

Non plus une victoire de la vie sur la mort, mais une transmutation de la vie et de la mort en un troisième état, là, juste à la lisière agonisante des deux mondes, à cette charnière cellulaire qui semble faire le pont entre la «vie» et la «mort». Le cœur du Paradoxe. Le lieu du troisième état. Et nous comprenons de mieux en mieux ce que Mère voulait dire : «Je ne sais pas si je vis ou si je suis morte… Je ne sais pas si c’est une béatitude ou une torture.»

L’oxygène libre est une torture pour le poisson.

Un état paradoxal. Ou plutôt l’état paradoxal.

Un état amphibie. Le passage à l’espèce volante, qui ne consiste pas vraiment à pousser de nouvelles ailes, mais à changer la mort en un nouveau mode de vie – la vie sans barrière d’un côté ou de l’autre. Parce que la mort et la vie, c’est en même temps… et c’est autre chose. Il n’y a plus de côtés. Le tout coule sans séparation.

Peut-être est-ce le lieu de la vraie Matière.

Ce passage m'a fait une forte impression. D'abord parce qu'il rappelle encore notre bêtise de rejeter les sensations désagréables et parce qu'il m'interroge sur la situation actuelle avec, apparemment, un déferlement du mal. Peut-être que la lecture que nous en faisons n'est pas complète... 

Ensuite, parce qu'une fois de plus je découvre un texte en rapport avec quelque chose que je suis en train de vivre. En effet, depuis trois jours, j'ai une douleur vive, très aiguë, au niveau de l'épaule gauche. J'ignore comment je me suis fait cela. Il y a un point très sensible à l'endroit où la clavicule rencontre le sternum (dans le cercle rouge).

Et cela irradie dans tout le trapèze, cela brûle, cela lance, cela devient difficile de lever le bras, il me faut 5 minutes pour enlever un pull et aucune position ne soulage vraiment. Et cela fait trois jours que cela dure alors ce texte m'a invité a regarder autrement cette douleur à l'épaule, si désagréable. Et alors que je n'arrivais plus à méditer, prier ni rien... sitôt allongé je suis entré dans un état méditatif très profond. 

Beaucoup de choses ont été dites sur les capacités naturelles du corps à retrouver son équilibre, sur le fait qu'une difficulté offerte au Divin pouvait être annulée, que la vibration d'Ordre et d'Harmonie avait le pouvoir de rétablir la situation etc... Même si derrière ces mots il y a des expériences vérifiées, cela reste des mots tant que nous n'avons pas fait l'expérience du pouvoir qu'elles contiennent.

Tu as une douleur à l'épaule, tu sais faire le nécessaire ou ou tu ne sais pas le faire. On ne peut pas tricher. 

D'ailleurs, sur le plan symbolique, il paraît que les douleurs aux épaules ont quelque chose à voir avec les notions de pouvoir. Et pour relier le microcosme et le macrocosme, tous les pouvoirs traditionnels s'écroulent et un nouveau pouvoir se manifeste. Encore faut-il comprendre comment il fonctionne et pour ça, les indications laissées par Mère sont d'une utilité considérable. 

Laisser circuler...

 

À un moment donné, une image très claire est venue. Notre corps est composé de nombreux canaux dans lesquels il coule le sang, la lymphe, divers liquides organiques, des énergies. Il faut que cela circule.

Alors dans une observation très recueillie de ce qui se passait au niveau de cette épaule cela devenait clair, cela ne circulait plus et cela faisait comme une inondation. À cet endroit, il y avait un blocage et "les eaux" débordaient, sortaient du circuit normal...

Alors j'ai posé avec la conscience l'intention que cela se mette de nouveau à circuler... et cela a été très efficace car la douleur a tout de suite baissé d'intensité.

Le lendemain, l'intensité de la douleur a baissé de 50 % et elle est devenue intermittente.

*

J'ai aussi essayé plusieurs méthodes pour amener la conscience dans cette épaule, pour infiltrer la vibration AUM dans la zone sensible, d'une façon très délicate, très intime... Et au final, la douleur a disparu et je suis entré dans un état très confortable pour me réveiller, couché sur le côté en chien de fusil avec une image-sensation très forte... que j'avais déjà plus ou moins vécu. 

Toute ma substance corporelle me semblait UNE, faite d'une seule masse, blanche et un peu sableuse. Si nous tournons notre attention vers l'intérieur du corps, nous allons sentir des différences selon que nous observons la tête, la poitrine, des membres etc... Là, de la tête aux pieds, il n'y avait aucune sensation de différence, toute la masse corporelle me semblait faite d'une substance blanche, crème, un peu sableuse. Tout le corps était devenu une masse très homogène.... un peu sableuse. 

Et cela me donnait aussi l'impression d'être e forme d'oeuf, sans doute en raison de la position foetale. Et quel silence, quelle masse. 

Et quel silence ! 

Alors j'ai bougé et me suis mis sur le dos et aussitôt une autre image est venue. C'est comme si ma peau était composée de terre et que l'intérieur de ma poitrine, de mon abdomen était creux et devenait une caverne souterraine illuminée d'un soleil orange. Je me suis dit en souriant, après la coquille d'oeuf blanche, voici le jaune d'oeuf...

J'ignore le sens de cette vision spontanée signifie... en tout cas, c'était fort.

*

Mais c'est surtout cette idée de ne pas rejeter ce que nous considérons comme mal, mauvais... qui m'a fait une très très forte impression et cela a occupé une bonne partie de ma méditation. Tout est un, s'il y a du mal à l'extérieur, il doit y en avoir aussi en moi, c'est cela que je voulais voir. 

Plutôt que de me concentrer à rejeter, transformer, purifier... ce que nous appelons nos zones d'ombres, les basses énergies, je les ai appelé, laissés venir, sans même avoir l'intention de les transformer, de les guérir ou quoi que ce soit... Peut-être qu'il y a des gens qui pensent être des petits saints ou au-dessus des turpitudes. 

Alors des choses ont commencé à remonter à la conscience... et parfois je ressentais une réaction vitale ou mentale mais, et c'est la première fois que je le remarque d'une façon aussi nette, parfois aussi, il n'y avait aucune réaction à ce qui apparaissait. Une indifférence neutre. 

Alors il est apparu l'image d'une voile verticale comme celle d'un petit bateau. Une voile fine comme une feuille de papier à cigarette. Et s'il y avait une réaction vitale, émotionnelle, mentale, la voile se mettait à vibrer et une ondulation d'agitation se répandait dans la voile et dans le corps, et si la voile restait parfaitement immobile, c'est qu'il n'y avait aucune réaction de l'ego. C'était très pratique et très clair de perception.

J'avais posé l'intention de fusionner le positif et le négatif, comme le suggère Mère dans le texte cité par Satprem... pour voir si j'allais toucher la troisième chose. Et curieusement, si je voyais bien des éléments négatifs émerger, j'arrivais à les identifier, le positif, lui, restait caché, je ne sais pas trop ce que c'est, comme si je connaissais mieux mes faiblesses que mes forces. 

Je raconte tout cela avec des mots, alors forcément cela parait mental mais c'était vivant, l'intention consciente enclenchait des mouvements d'énergies, des mouvements de conscience qui étaient pleins de sens sur le moment, très vivants...

C'était une opération intérieure magnifique, laisser émerger dans la conscience, ce qu'il y a de pire en nous et le marier-fusionner avec ce qu'il y a de meilleur... 

Parfois, les méditations ne marchent pas du tout, mais là c'était facile : j'ai juste posé l'intention, comme un ordre donné par la volonté et les énergies obéissent, font le travail et d'une certaine façon, ça se fait tout seul. Il n'y a qu'à regarder, observer, ressentir... 

Il n'y a rien d'autre à faire que continuer le processus car cette expérience n'était qu'un début, une étape... 

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