Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Publié par pascalemmanuel

Confidences, confidences...

Votre famille est réunie dans la maison et même les yeux fermés vous reconnaissez immédiatement les voix des enfants, de votre compagnon, de votre compagne, de vos parents... et vous savez aussi si l'on vous appelle de la chambre du premier étage, de la pièce d'à côté ou du sous-sol.

Et bien pour les voix intérieures, c'est la même chose. C'est assez facile de faire la différence entre le bavardage plus ou moins continuel du mental, à une voix plus profonde qui descend d'en haut, qui jaillit de la poitrine, émerge de l'abdomen ou de telle partie du corps.

Je préfère parler du milieu de la poitrine que du coeur ou du chakra du coeur parce que d'abord, un chakra, je ne sais pas trop ce que c'est. C'est un centre énergétique mais ce sont des mots, je n'en ai pas une perception claire. Au passage, Sri Aurobindo explique quelque part qu'il y a une divinité au coeur de chaque chakra... mais que c'est inutile d'en savoir davantage. Je trouve que c'est une information utile au cas où, un jour, il se passe quelque chose. Alors on sera moins surpris. 

Et puis, le coeur est tellement associé aux émotions et aux sentiments que... cela ne correspond pas à ce que je ressens de la petite voix qui jaillit de temps en temps au centre de la poitrine, derrière le sternum.

Alors, on pourrait dire que c'est la voix de l'être psychique, la présence divine cachée dans la caverne secrète du coeur nous dit encore Sri Aurobindo.

Voir ces 4 extraits de La Vie Divine. 

Page 427 : Il est vrai qu’en excluant de notre conscience intérieure la manifestation discordante sous prétexte qu’elle est extérieure et superficielle, et en insistant seulement sur la Présence pure et parfaite, nous pouvons, individuellement, parvenir à un sens profond et béatifique de cette silencieuse Divinité, pénétrer dans le sanctuaire, vivre dans la lumière et dans le ravissement.

Page 944 : Si, dès le début, l’entité psychique avait été dévoilée à ses ministres et connue d’eux, au lieu d’être un souverain dissimulé dans une chambre secrète, l’évolution humaine aurait été un épanouissement rapide de l’âme, et non ce développement difficile, mouvementé et défiguré que nous voyons à présent ; mais le voile est épais et nous ne connaissons pas la Lumière cachée en nous, la lumière dans la crypte secrète du sanctuaire le plus profond du cœur.

Page 987 : La présence de l’esprit est là, en chaque être vivant, à tous les niveaux, en toute chose, et parce qu’elle est là, l’expérience de Satchidânanda, de l’existence et de la conscience spirituelles pures, de la félicité d’une présence divine, d’une intimité, d’un contact divins, peut être vécue par le mental ou le cœur ou les sensations vitales, ou même par la conscience physique ; si les portes intérieures sont suffisamment ouvertes, la lumière qui brille dans le sanctuaire peut inonder les chambres les plus proches et les plus lointaines de l’être extérieur.

Page 1032 : Dans toute existence spirituelle, la vie intérieure est la chose de première importance. L’homme spirituel vit toujours au-dedans, et, dans un monde d’Ignorance qui refuse de changer, il doit, en un sens, s’en dissocier et protéger sa vie intérieure contre l’influence et l’intrusion des forces obscures de l’Ignorance. Il est hors du monde tout en vivant dans le monde ; s’il agit sur lui, c’est depuis la forteresse de son être spirituel intérieur où il est un avec l’Existence Suprême, et où, dans le sanctuaire le plus profond, l’âme et Dieu sont seuls, unis l’un à l’autre.

Lien vers le PDF de La Vie Divine

Mais je ne sais pas si cette petite voix est l'être psychique, il ne s'est pas présenté 😊et ce n'est pas son style de se mettre en avant.

Il paraît que l'être psychique est notre être véritable, sauf que pour nous, vivant encore dans l'ego, il nous paraît encore comme une entité différente de nous. Si nous étions à sa place peut-être regarderions-nous aussi l'ego de surface comme un être étrange. Voir le monde à partir de son point de vue serait sans doute une expérience assez renversante...

Ravenia spectabilis – cœur content

Parfois, une parole toute simple nous cloue le bec et nous n'avons rien à dire parce que, on sait que cela a touché quelque chose de juste. Et nous oublions tout des bavardages des conversations mais ces paroles-là, on ne peut les oublier, elles travaillent en nous. C'est comme certaines paroles des sages, des prophètes... cela traverse les âges et reste tout aussi percutant. Certaines paroles de Jésus sont comme ça, elles ont touché des générations d'hommes. Et bien, il y a plusieurs semaines déjà, j'ai entendu la petite voix du coeur me demander : "pourquoi est-ce que tu es malheureux ?"

Je me suis bien gardé de répondre et j'ai laissé la question travailler. Et puis, les semaines passant, je me suis dit qu'il fallait quand même répondre quelque chose...

Je partage ces confidences parce que tout le monde peut se poser cette question et franchement, à regarder la tête des gens dans la rue, pour beaucoup, cela semble un peu difficile.

D'emblée, j'ai tout de suite écarté les causes extérieures. Je ne dis pas qu'il n'y en a pas, je dis que cet aspect ne m'a pas intéressé car la joie que je cherche, c'est une joie indépendante des circonstances extérieures. 

Ensuite, je me suis reconnu dans une parole de Mère à Satprem quand Elle lui a dit qu'il ne serait satisfait que quand il serait entièrement transformé. C'est d'ailleurs un peu une vérité universelle car au bout du bout, c'est seulement quand le monde de vérité sera là, que nous serons entré dans l'âge d'or, que la joie, le bonheur, la félicité et toutes les bonnes choses pourront être stables, durables... 

Et puis, nous n'apprenons pas à savourer l'instant présent, car la joie est tout le temps là, inhérente au principe même de l'existence. Seulement, comme il ne s'agit pas des joies vitales habituelles, un peu spectaculaires, nous n'y faisons pas attention et la vraie joie reste inaperçue. 

Ceci dit, même si cela a son intérêt et sa part vérité, je sentais bien que j'étais un peu à côté de la vraie réponse.

Alors, je me suis rappelé quelque chose que j'ai souvent remarqué. Dans les périodes plus heureuses, je faisais la fête avec des potes, buvait des coups, allait au resto etc.... alors que dans les moments difficiles, l'aspiration vers le Divin était sans commune mesure beaucoup plus intense. C'est vraiment quand on est malheureux qu'on peut aspirer à Autre chose, parce que la perception du monte tel qu'il est devient.... insupportable. Il faut suffoquer disait Satprem. Là, il me semblait que je touchais déjà un peu une réponse plus vraie. 

Encore que, si cela a été longtemps comme ça, je me demande si ce n'est pas en train de changer, au moins en partie. En gros, à un moment donné, on ne cherche plus le Divin parce qu'on souffre mais parce qu'on commence à l'aimer...

Et enfin, j'ai écouté l'interview de Wim Hof dans lequel il raconte en toute simplicité que le suicide de sa femme lui avait... brisé le coeur. C'est un témoignage fort, très émouvant qui m'a un peu bousculé... et il aura fallu plusieurs jours pour que je reconnaisse que c'était sans doute ça, la réponse la plus intime. 

Je ne pensais plus trop à cette interview et c'est revenu à l'improviste dans un état de relaxation, avec un défilé de souvenirs où j'ai eu ce sentiment d'avoir le coeur brisé. Parfois cela venait d'amis, parfois cela venait des événements de la vie, parfois cela venait des habitudes idiotes... Certains ont l'habitude d'être tristes comme d'autres ont tendance à être coléreux... et nous avons beaucoup de difficulté à changer notre caractère. Je voyais bien les attitudes psychologiques qui alimentent le problème ; parfois, nous sommes assez grands pour nous briser le coeur nous-même... 

Et puis, moi aussi dans certaines occasions j'avais dû briser le coeur à des gens... sans le faire exprès, comme tout le monde, on ne fait pas du mal par plaisir...

Au moment de ma méditation, ce sentiment de coeur brisé était très vivant, très fort, intense, et  beaucoup de choses de mon comportement actuel, de mes choix de vie prenaient sens. Il y avait aussi le sentiment que cela faisait très longtemps que je vis avec ça, peut-être 40 ans... Je ne me suis jamais beaucoup intéressé à cet aspect des choses, cela faisait sans doute un peu trop mal. Pourtant, dans l'interview, Wim Hof explique qu'il faut entrer en soi, traverser sa douleur...

Dans les souvenirs qui remontaient, il n'y avait rien d'extraordinaire, simplement des petites choses banales du quotidien, comme quand on prend les choses beaucoup trop à coeur et qu'un rien peut nous troubler pendant des jours et des jours. Comment des choses si petites peuvent nous briser le coeur ? ? ? Il suffit d'un regard, d'une réflexion... 

J'accueillais tout ce qui avait blessé le coeur et par le simple fait de le reconnaître, sans même chercher la guérir quoi que ce soit, c'était... comme se réconcilier un peu avec soi-même. À chaque fois qu'une chose était acceptée, le soulagement s'approfondissait.  Un jour, nous devons passer l'éponge, laisser partir... 

En tout cas, arrêter de se raconter des histoires et entrer dans l'offrande de son coeur blessé au Divin, à la Mère divine, entrer dans le processus de guérison du coeur...

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article