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Publié par pascalemmanuel

Petit bilan du chemin de ces jours-ci en quelques points, aussi brefs que possible.

Pour commencer, une parole puissante du Bouddha :

Trois choses ne peuvent être cachées très longtemps : les soleil, la lune et la vérité."

*

Ensuite, une invitation depuis quelques temps m'est venue, assez insistante, de passer du vital à la vie. Cela a l'air d'une parole comme ça, mais derrière il y a pour moi quelques chose de plus profond. Voici une parole de Sri Aurobindo sur le vital parmi tant d'autres :

L'être vital contient quatre parties : 

d'abord le vital mental qui, par la pensée, le langage ou tout autre moyen, donne une expression mentale aux émotions, désirs, passions, sensations et autres mouvements de l'être vital ;

le vital émotif qui est le siège de sentiments divers, tels que l'amour, la joie, la tristesse, la haine, et le reste ;

le vital central qui est le siège des désirs les plus ardents et des réactions les plus fortes du vital : ambition, orgueil, peur, amour de la gloire, attractions et répulsions, désirs et passions d'ordres divers, et qui est le champ d'un grand nombre d'énergies vitales ;

enfin le vital inférieur préoccupé des petits désirs et des petits sentiments dont est faite pour la plus grande partie notre vie quotidienne : désir de nourriture, désir sexuel, petits penchants, aversions, vanité, disputes, amour des louanges, colère devant les reproches, petites envies de toutes sortes et une foule innombrable d'autres choses.

Leurs sièges se situent respectivement : 1) entre la gorge et le cœur, 2) dans le cœur (c'est un centre double qui, en avant, appartient à l'émotivité et au vital et, en arrière, au psychique), 3) entre le cœur et l'ombilic, 4) en dessous de l'ombilic.

Sri Aurobindo – Lettres sur le Yoga

Episcia cupreata – La volonté manifestée dans la vie – Concentrée et précise

Où est-ce que je veux en venir ? Chaque fois que je me suis attelé à cette partie vitale de l'être, c'était un peu décourageant car il y a surtout des monceaux d'impuretés et de mouvements faux à purifier, corriger. Cela parait un travail sans fin toujours à recommencer. Alors est venu que plutôt de prendre la chose par le côté négatif, le vital, c'était de le prendre par le côté positif, la vie, la vie elle-même, le principe vivant, et même, cette fameuse vie nouvelle dont parle Mère. Ce tout petit changement d'habitude, d'orientation n'a l'air de rien, mais pour moi, cela signifie quelque chose.

*

Finalement, pour moi où j'en suis, j'ai l'impression que ce yoga consiste encore, pour le moment, à corriger une erreur après l'autre... 

*

Hier soir pendant ma méditation, une autre difficulté est apparue : exclusion ou inclusion. Et comme d'habitude chaque fois que je suis confronté à une apparente contradiction, ce n'est pas très agréable. De quoi s'agit-il ? Il y a quelques jours, je publiais. cet extrait :

Il faut savoir comment se concentrer en allant profondément au-dedans pour trouver le siège intérieur d'où il faut aspirer de plus en plus, et rejeter simultanément tout ce qui dérange – les impulsions, les sensations et les pensées. Tout ce qui ne nous appartient pas, il faut le rejeter. Afin que nous soyons purs pour nous identifier à la Conscience divine. Trois étapes qui s'aident l'une l'autre : se concentrer, rejeter et aspirer pour s'identifier avec le Divin.

En clair, le mouvement intérieur consiste à exclure, à rejeter les mouvements faux, tout ce qui est contraire au Divin. Et voilà que je me suis souvenu aussi de cette autre parole de Mère du 13 novembre 1957

Elargis-toi jusqu’à l’extrême limite de l’univers... et par-delà. Prends sur toi, toujours, toutes les nécessités de progrès, et résous-les dans l’extase de l'unité. Alors tu seras divin.

Autrement dit, dans un cas, il est question d'un mouvement d'exclusion et dans l'autre d'un mouvement d'inclusion. D'ailleurs, ce mouvement inclusif revient souvent dans le travail intérieur, cette attitude est souvent préconisée. Et d'un certain point de vue, il est dit que tout est Divin, même ce que nous considérons tout à fait obscur et que ce processus inclusif est nécessaire pour développer une conscience d'unité. Alors je me sentais comme devant une pâte d'oie ne sachant plus quelle attitude adopter. 

Me voilà bien avancé 😃

J'avais beau me dire que cela n'avait aucune importance, une partie de ma conscience était troublée, situation agaçante qui aurait presque pu me faire sortir de ma méditation pour aller regarder une série télé. Alors je me suis placé en retrait dans la conscience témoin qui observe et j'ai perçu plusieurs choses. 

D'abord, si je faisais mine de m'engager dans une attitude plutôt qu'une autre, il se levait alors des doutes : est-ce que j'ai bien choisi, est-ce l'autre chemin n'aurait pas été mieux...

Ensuite, il m'a semblé, c'était un peu curieux comme sensation, que les deux mouvements, le rejet et l'inclusion pouvait se dérouler ensembles et simultanément. Mais ce n'était pas très clair, une sensation assez profonde, un peu diffuse.

Par ailleurs, Mère a aussi expliqué que certaines choses en nous devaient être rejetées alors que d'autres pouvaient être purifiées, transformées. Mentalement, on comprends très bien mais dans la pratique, c'est très difficile de savoir, d'autant que souvent pendant la méditation, on sent que cela travaille ici et là, mais on ne sait même pas ce que c'est.  

Et enfin, j'ai observé s'il venait une autre attitude... et effectivement, en observant mieux, il y avait une sorte de préférence. À chaque instant, toutes sortes d'attitudes sont théoriquement possibles, mais si on fait bien attention, il y a une petite indication très fine sur ce qui nous parle mieux. C'est très fin. Il m'a semblé que cela penchait un peu plus du côté de tout accueillir et de tout offrir à la Volonté divine. 

*

Ensuite, dans 12 années avec Sri Aurobindo que je suis en train de lire, le chapitre consacré à l'écriture de Savitri m'a un peu remué. Je savais qu'Il y avait travaillé toute sa vie mais j'ignorais à quel point, par exemple que certains passages ont été réécris 10 fois. Et voici le passage en question.

Avant de mieux connaître Sri Aurobindo, je lui demandai sottement pourquoi, étant lui-même le maître de l'inspiration et ayant tous les plans supérieurs à sa disposition, envoyant lui-même l'inspiration aux autres, il avait à travailler si durement ? Dans le complet silence de sa conscience, il n'avait qu'à se brancher sur la bonne source, et les mots, les images, les idées se déverseraient en un Brahmapoutre d'inspiration ! À cela il répondit de son ton habituel, plein d'indulgence, peut-être un peu piqué par mon observation facile :

"Les plans supérieurs ne sont pas aussi accommodants qu'il y paraît. S'il en était ainsi pourquoi serait-il aussi difficile de les faire descendre et d'organiser le supramental dans la conscience physique ? 

Quels ignares insouciants et fantaisistes vous êtes tous ! Vous parlez de silence, de conscience, de surmental, de supramental, etc., comme s'il ne s'agissait que de boutons sur lesquels il suffit d'appuyer et nous y voilà. Un jour, il en sera peut-être ainsi, mais en attendant je dois tout découvrir sur le fonctionnement de toutes les formes possibles d'électricité, toutes les lois, les possibilités, les dangers, etc., établir des connexions et des moyens de communication, construire tout le réseau électrique à longue distance, essayer de lui trouver des garde-fous, et tout cela dans le temps d'une vie.

Et je dois le faire pendant que mes disciples bénis me fusillent de leurs raisonnements à priori, joyeux ou sinistres, nagent dans un état d'entière irresponsabilité et s'attendent à ce que je leur divulgue tout et des indications ne suffisent pas, il leur faut de longues dissertations. Seigneur Dieu in omnibus !

Commentaire :

D'abord, avec la dernière locution latine, cela ne veut pas dire que Dieu prend le bus... ne comprenant pas, j'ai recherché et trouvé ceci, mais je ne m'éclaire pas davantage ce qu'Il veut dire. 

In omnibus omnia deus – Dieu est en toutes choses

Ensuite, je reconnais que j'aurais pu poser cette question apparemment idiote. Puisqu'il avait écrit tant de livre sous la dictée et a évoqué les champs infinis de la connaissance spontanée, je ne m'attendais pas à ce que cela soit si difficile, même pour Lui. Parce qu'il ne s'agit pas ici de la lutte contre les Ténèbres mais simplement d'écrire un livre. 

Et puis, le fait que cela soit si difficile de faire descendre les plans supérieurs m'interpelle beaucoup. Je devais pourtant m'y attendre, je m'en suis aperçu, mais c'est comme si je ne me l'étais jamais vraiment dit, ou posé la question : pourquoi est-ce si difficile ? Je me demande souvent si c'est une question d'attitude psychologique. Je ne sais pas,  mais si nous n'avons aucune gratitude pour ce que nous recevons, que nous ne pensons mêmes pas à remercier, si nous nous adressons au Divin comme à un chiffonnier ou avons je ne sais quelle attitude indécente, hypocrite... peut-être que les énergies divines descendent moins facilement. Je ne sais pas, je me demande souvent quelle attitude avoir. Déjà je trouve que les relations humaines sont compliquées alors les relations avec le Divin, le Seigneur, les dieux et les déesses, n'en parlons pas. 

Et parfois, je me dis que ce n'est pas tant une question d'attitude psychologique mais de qualité dans la conscience corporelle, de position. Ou bien la conscience est ouverte et réceptive ou bien elle est fermée, ce genre de choses. 

La question est plus intéressante que les réponses parce que la question concerne tout le monde alors que les réponses sont personnelles. Le Divin s'adapte mieux que nous aux circonstances que nous et Il agira sûrement différemment en chacun. En tout cas, c'est une question de relation. 

Et puis je me suis demandé s'il en était toujours ainsi aujourd'hui car Nirodbaran dit que cette conversation a eut lieu en 1936. Or, en 1956, il y a eu la première descente de la Force supramentale et en 1969 l'arrivée de la Nouvelle conscience que Mère a appelé la Conscience du surhomme, celle qui va servir de transition entre la conscience actuelle et la conscience supramentale. De même, Mère a dit aussi que désormais, à chaque instant, au niveau infinitésimal, il y avait une constante infiltration de la conscience supramental. Donc, je me demande en quelle mesure cette parole de Sri Aurobindo est encore vraie, dans quelle mesure elle a été modifiée, nuancée.

Parfois, c'est sans doute une ânerie, je me dit que toute l'échelle verticale, ascendante, a été rassemblée sur le plan horizontal. Je ne sais pas comment dire. Comme si tous les plans étaient là, présents, l'un dans l'autre, à l'horizontal. Mais alors, il n'est plus tant question de faire descendre que de traverser. Mais ce ne sont que des impressions, sans en avoir vraiment clairement l'expérience. 

En tout cas, en moi, cette parole a réveillé une aspiration à m'accorder, m'aligner avec les plans supérieurs. Et c'est peut-être cela l'important avec les paroles spirituelles, pas vraiment ce qu'elles disent, mais ce qu'elles provoquent en nous, le travail qu'elles enclenchent. 

Et puis Nirodbaran continue de rapporter les propos de Sri Aurobindo : 

"C'est très simple. J'ai utilisé Savitri comme un moyen d'ascension. Je l'ai commencé à un certain niveau mental, et chaque fois que j'ai pu atteindre un niveau supérieur, je l'ai réécrit de ce niveau. De plus, j'étais exigent – si quelque chose semblait venir d'un niveau inférieur, je ne me satisfaisait pas  de le laisser sous prétexte que c'était de la bonne poésie. Tout devait être autant que possible de la même veine. 

En fait, je n'ai pas considéré Savitri comme un poème a écrire et à terminer, mais comme un champ d'expérience pour voir à quel point la poésie pouvait être écrite à partir de la conscience yoguique et comment cela pouvait devenir créateur. Je n'ai pas réécrit les sonnets de Rose of God, à l'exception de deux ou trois retouches faites immédiatement." 

Commentaire :

Je publierai ce poème demain. 

Ce passage, je ne m'y attendais pas du tout, m'a donné un éclairage singulier sur ma relation avec le qi gong que pendant plusieurs années, j'ai beaucoup étudié et pratiqué. Et puis, mes pratiques sont devenues plus... conflictuelles, sans jamais vraiment comprendre pourquoi. 

Pendant la première étape, j'ai appris les exercices, les concentrations, la pratique simple et concrète... et cela allait très bien et c'était passionnant et je ne me posais pas trop de questions.

Et puis ma conscience a évolué, j'en ai vu les limites et, à la lecture de ce qu'explique Sri Aurobindo ici, j'aurais dû reprendre toute ma pratique à partir d'un nouveau état de conscience et c'est cela que je n'ai pas vraiment réussi à faire. En tout cas pas totalement, c'est encore très bancal, pas satisfaisant... 

En tout cas, ce chapitre sur Savitri est impressionnant. 

Conclusion :

Voilà un peu l'état des lieux actuel du chemin.  À pieds, à cheval, en voiture ou à vélo, continuer, c'est la seule solution... 

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