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Publié par pascalemmanuel

Suite à l'article d'hier sur la consécration de soi au Divin, je me suis aperçu que des éléments du vital se rebellaient et affirmaient de façon plutôt véhémentes leur désir de n'en faire qu'à leur tête, avec un mental bien en peine face à l'impétuosité de ces protestations.

Confronté à la difficulté, je me suis aperçu de la nécessité de parler de la conversion, d'abord des des éléments récalcitrants et ensuite de tout l'être car un autre élément de compréhension est venue. 

Dans toute l'expérience de L'Agenda, chaque fois que Mère est confronté à une difficulté, on dirait que sa seule méthode est de la présenter au Divin en disant : ce que Tu voudras, ce que Tu voudras... dans une soumission confiante à la Volonté divine, une offrande spontanée au Pouvoir supérieur de chaque difficulté...

S'offrir soi-même...

Inspiré par cette façon de faire obstinée, j'en avais un peu oublié la petite nuance entre offrir "des choses" et "s'offrir soi-même". Cela parait tellement bête et je n'y avais jamais vraiment pensé, en tout cas, pas très consciemment. Pourtant, cette petite différence fait une grande différence, en tout cas dans le ressenti.

Nous sommes sans arrêt traversé par toutes sortes de choses que nous pouvons offrir au Divin pour qu'il les transforme, des pensées, des émotions, des sensations, des difficultés de toute nature... et c'est très important de le faire. Je me demande même, si ce n'est pas grâce à cela que le Divin peut intervenir sur le monde. Nos difficultés "personnelles" sont la représentation symboliques de difficultés universelles et... c'est très important que le Divin puisse y mettre son grain de sel. 

S'offrir soi-même, c'est quelque chose de plus intime, plus profond...

Les 11 fleurs de la conversion

 

Les Lettres sur le Yoga de Sri Aurobindo sont une mine de renseignements lorsqu'on veut faire une recherche sur un sujet ou un autre :

Lettres sur le Yoga - Tome 1

Lettres sur le Yoga - Tome 2

Lettres sur le Yoga - Tome 3

Voici une lettre qui m'a semblé tomber fort à propos...😊 et qui donne quelques indications précieuses et encourageantes. 

Il va sans dire que les qualités dont vous pariez facilitent l'accès au sentier spirituel, tandis que chacun des défauts que vous énumérez est une sérieuse pierre d'achoppement sur le chemin.

La sincérité est particulièrement indispensable à l'effort spirituel et la fausseté un obstacle constant. La nature sattwique (*) a toujours été considérée comme la plus apte et la mieux préparée à la vie spirituelle, alors que la nature radjasique (*) est encombrée par ses désirs et ses passions.

La spiritualité, toutefois, est au-dessus des dualités, et ce qui est le plus nécessaire pour l'atteindre, c'est une aspiration véritable vers le haut. Cette aspiration peut venir à l'homme radjasique autant qu'à l'homme sattwique. Si elle vient, le premier peut s'élever grâce à elle au-dessus de ses imperfections, de ses désirs et de ses passions, tout comme le second peut s'élever au-dessus de ses vertus jusqu'à la Pureté divine, la Lumière divine, l'Amour divin.

Forcément cela ne peut se produire que si l'un comme l'autre triomphe de sa nature inférieure et la rejette loin de lui ; car s'il y retombe, il est probable qu'il quittera le sentier ou qu'au moins, tant que durera la rechute, son progrès intérieur s'arrêtera. Mais en dépit de tout cela les conversions de grands pécheurs en grands saints, d'hommes de peu de vertu ou d'hommes sans vertu en chercheurs spirituels et en amants de Dieu ont été fréquentes dans l'histoire religieuse et spirituelle, comme en Europe celle de saint Augustin, en Inde celle de Jagaï et Madhaï, disciples de Chaïtanya, celle de Bilwamangal et de bien d'autres.

La demeure du Divin n'est jamais fermée pour ceux qui frappent sincèrement à ses portes, quelles que soient leurs erreurs et leurs chutes passées. Les vertus et les erreurs humaines sont les vêtements lumineux ou sombres dont se drape un élément divin intérieur qui, lorsqu'il a percé le voile, peut élever sa flamme, en consumant les unes comme les autres, jusqu'aux sommets de l'Esprit.

L'humilité devant le Divin est aussi une condition sine qua non de la vie spirituelle ; l'orgueil spirituel, l'arrogance ou la vanité et la présomption poussent toujours vers le bas. Mais la confiance en le Divin et la foi en sa propre destinée spirituelle (c'est-à-dire : puisque mon cœur et mon âme cherchent le Divin, je ne puis manquer de L'atteindre un jour) sont très nécessaires en raison des difficultés du Chemin. Le mépris à l'égard des autres est hors de propos, d'autant plus que le Divin est en tous.

De toute évidence, les activités et les aspirations des hommes ne sont pas insignifiantes et sans valeur, puisque la vie tout entière est une croissance de l'âme qui sort de l'obscurité pour aller vers la Lumière. Mais selon notre manière de voir, l'humanité ne saurait sortir de ses limitations par les moyens qu'adopte d'ordinaire le mental humain : politique, réformes sociales, philanthropie, etc.; ceux-ci ne peuvent être que des palliatifs temporaires ou locaux. La seule véritable issue est une transformation de la conscience en une manière d'être plus grande, plus vaste et plus pure, et une vie, une action fondées sur cette transformation.

C'est donc vers elle que les énergies doivent se tourner lorsque l'orientation spirituelle est devenue complète. Cette attitude n'a rien de méprisant : c'est un choix des seuls moyens efficaces, de préférence à ceux dont l'inefficacité a été démontrée.

(*) Note personnelle pour rappel :

- sattwa : principe d'équilibre et de lumière lié au monde mental,

- rajas : principe du mouvement, de l'effort et de la passion lié au monde vital,

- tamas : principe de stabilité et d'inertie lié au monde physique.   

Hippeastrum – Amaryllis – Conversion

Deux autres lettres mentionnent le processus de conversion :

Ceux qui viennent ici ont une aspiration et une possibilité : quelque chose dans leur être psychique les pousse et s'ils obéissent à cette impulsion, ils arriveront ; mais ce n'est pas la conversion. La conversion est le mouvement de l'être qui abandonne les choses inférieures pour se tourner vers le Divin.

L'aspiration peut amener plus tard la conversion, elle n'est pas la conversion.

La Mère a parlé de trois choses différentes : la conversion, le mouvement décisif de l'âme qui se tourne vers le Divin (la réalisation intérieure du Divin) et la transformation de la nature. Les deux premières peuvent être rapides, soudaines et définitives, la troisième prend toujours du temps et ne peut se faire d'un seul coup, en un instant. On peut s'apercevoir d'un changement rapide dans tel ou tel détail de la transformation ; même dans ce cas, cependant, il s'agit de l'effet rapide d'un long travail.

*

 

La consécration est un processus par lequel on éduque la conscience à se donner au Divin. La conversion, en revanche, est un mouvement spontané de la conscience par lequel elle se détourne des choses extérieures pour s'orienter vers le Divin. Elle vient d'un contact du dedans et d'au-dessus dont elle est le résultat. La consécration peut aider l'être à s'ouvrir au contact ou le contact venir de lui-même. Mais la conversion peut aussi venir couronner un long processus d'aspiration el de tapasyâ. Il n'y a pas de règle fixe en ces matières.

Si l'être psychique vient au premier plan, la conversion devient facile ou peut venir aussitôt ; ou c'est la conversion qui fait venir l'être psychique au premier plan. Là encore il n'y a pas de règle.

Les choses peuvent se passer dans un sens ou dans l'autre : il y a un contact et en même temps la réalisation, et en conséquence le psychique prend la place qui lui revient, ou bien le psychique vient au premier plan et prépare la nature à la réalisation.

La transformation est progressive, mais la réalisation doit certes avoir lieu avant que la transformation puisse atteindre son but.

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