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Publié par pascalemmanuel

Dans une profonde intériorisation ; cela n'a pas duré plus de quelques minutes ; j'étais comme inspiré par trois mots, savoir, pouvoir, mourir. 

Savoir et pouvoir...

Souvent, j'ai l'impression de ne pas savoir et de ne pas comprendre. Parfois il s'agit des événements du monde et plus souvent c'est de la compréhension des mouvements d'énergie à l'intérieur du corps. Et plus fréquemment encore, il s'agit plutôt de savoir faire.

Par exemple, je publiais récemment un article avec un passage où Mère donnait des conseils avant de s'endormir en expliquant qu'il fallait faire le chiffon. Ou dans d'autres, d'établir le silence à l'intérieur de soi. Etc.

Et je me disais, encore faut-il savoir le faire, pouvoir le faire, réussir à le faire...

Un ami, s'est beaucoup entraîné pour avoir un sommeil conscient et il y est parvenu. De même, une amie m'a souvent raconté qu'il lui était assez facile d'entrer dans un certain état de conscience très silencieux, où les pensées s'arrêtent.

Cela me fait penser à l'école, où des élèves doivent beaucoup travailler, s'appliquer, pour avoir des notes passables alors que d'autres, apparemment sans rien faire, les doigts dans le nez réussissent merveilleusement.

Évidemment, dans le yoga, il ne s'agit pas d'avoir des bonnes notes au sens scolaires du terme. N'empêche que Mère a parlé une fois des examens que nous avions a passer. 

Le yoga intégral est constitué d’une série ininterrompue d’examens que l’on doit passer sans en être au préalable prévenu, ce qui vous met dans l’obligation d’être toujours vigilant et attentif....

Voir la suite de cet Agenda du 12 novembre 1957

En tout cas, quand nous avons ces qualités-là et quelques dispositions, il ne faudrait pas... gâcher la marchandise... 😊.

Pour le corps, disait Mère, savoir c'est pouvoir.

Je m'étonnais aussi que certains textes de Mère très anciens semblaient avoir moins de pouvoir sur moi alors que d'autres, plus récent, avaient un impact sur moi beaucoup plus fort. Cela n'a de sens que si l'on prend en compte les explications de Mère qui parle d'un nouveau pouvoir, que la nature même du pouvoir divin a changé... 

Et puis un ami me rappelait cette parole du 17 mai 1972, pour l'anecdote, le jour de ma fête, j'avais 3 ans... 

Ce besoin de comprendre, ce besoin de s’expliquer, ce sont tous les vieux mouvements qui reviennent. Il faut accepter d’être imbécile – le temps qu’il sera nécessaire. Moi, dès que j’accepte d’être imbécile... c’est la béatitude. Et la vieille habitude revient.

Pour l’homme, la réalisation suprême, c’est la compréhension : c’est comprendre les choses ; pour le Supramental, la réalisation, c’est le Pouvoir (Mère étend les bras d’un geste souverain), c’est la volonté créatrice.

Mais naturellement, il serait tout à fait fâcheux que les capacités intellectuelles, les capacités mentales humaines s’emparent de ce pouvoir – ce serait effroyable! Nous aurions des catastrophes terribles. Par conséquent il faut en toute humilité accepter d’être un imbécile avant de pouvoir l’avoir.

Me voilà bien embarrassé avec trois nouvelles questions, ce besoin de comprendre.

D'abord, il y a imbécilité et imbécilité.

Mère elle-même, souvent ne comprenait pas, n'avait pas de réponse, Elle l'a dit souvent. Mais c'est parce qu'Elle était face à un phénomène entièrement nouveau sur terre, d'une subtilité semble t-il effroyable.

Cela n'a rien à voir avec nos incompréhensions habituelles qui sont dues entre à l'agitation de notre conscience. Que les eaux de notre conscience devienne claires alors nombre de sujets deviendront limpides. 

Ensuite, la volonté créatrice...

C'est encore un autre sujet qu'il faudrait étudier plus avant et qui est d'une grande importance.

Éveille-toi et veux est l'une des grandes paroles de L'Agenda à la nuance près qu'il ne s'agit pas de la volonté de notre personnalité extérieure, de notre égo mental, vital mais de la volonté de notre être véritable, la volonté divine en nous, la volonté vraie...

Dans la grande expérience du bateau supramental, Mère a bien expliqué que dans le monde de vérité, la matière obéit à la volonté consciente...

Et même sans aller jusqu'à ces extrémités où il s'agit d'abdiquer sa volonté en la volonté divine, il y a des stades intermédiaires où il s'agit d'apprendre à utiliser sa volonté. Même dans la vie ordinaire,  pour réaliser quoi que ce soit, rien ne peut être fait sans la volonté.

Je ne sais pas ce qu'il en est pour les autres, mais en ce qui me concerne, il me semble que jamais l'école ne m'a appris un truc aussi simple et aussi décisif capable de changer une vie, si on le comprends bien. 

Extrait de L'Entretien du 29 septembre 1954 :  

Douce Mère, comment trouver le Divin qui s’est caché en nous ?

Ça, on l’a expliqué beaucoup, beaucoup de fois ; mais la première chose, c’est de le vouloir et, justement, que cela passe en premier, avant toute autre chose, que ce soit la chose importante. Ça, c’est la première condition : que tout le reste passe après, c’est la condition essentielle. si, n’est-ce pas, une fois de temps en temps, quand on n’a rien à faire, et que tout va bien, et qu’on est inoccupé, tout d’un coup on se dit : « tiens, je voudrais bien trouver le Divin », ça, on peut mettre cent mille ans pour ça, comme ça.

Mais si c’est la chose importante, la seule chose qui importe, et que tout le reste passe après, et qu’on ne veuille que ça, alors ça, c’est la première condition. Il faut d’abord établir ça, après on parle de ce qui suit. D’abord ça, que tout le reste ne compte pas, que seulement ça, ça compte, qu’on est prêt à renoncer à tout pour avoir ça, que c’est la seule chose qui soit importante dans la vie. Alors on se met dans la condition de pouvoir faire un pas en avant.

Dans mon expérience personnelle encore tâtonnante, il me semble que la volonté ressemble à un programme. Par exemple, si je me concentre pendant quelques minutes sur un mot, une attitude intérieure, alors il me semble que les énergies, la conscience s'organise et agit en fonction de... c'est comme un ordre qui est donné.

Par contre, cela ne marche que lorsque l'ordre de la volonté vient d'en haut ou de la poitrine ou en tout s'il est conforme à quelque chose de plus haut. 

Oui, c'est comme enclencher un programme. Après il faut rester bien tranquille et laisser le processus se dérouler. 

Et ce qui est un peu troublant, c'est que "ne rien vouloir" enclenche tout aussi bien, si ce n'est mieux, tout un travail intérieur. Parfois, le fait de vouloir semble entrer en conflit avec les énergies en cours, compliquer les choses, des tensions, des crispations apparaissent. Alors, parfois, c'est mieux de vouloir, de poser une intention et parfois, c'est mieux de ne rien vouloir. 

Et enfin, la possible catastrophe...

Quand à savoir comment des êtres humains limités que nous sommes pourraient avoir accès à la force supramentale qui est un pouvoir d'une capacité inouïe et comment ce pouvoir fabuleux pourrait créer des catastrophes, cela dépasse mon entendement. 

La seule indication, c'est peut-être lorsque Mère explique que la même vibration, peut créer des miracles ou des catastrophes, selon la façon dont elle est perçue et reçue. La même vibration insiste t-Elle.

 

Les questions sont plus importantes que les réponses...

Cette remarque est très importante selon moi. Quand nous croyons avoir compris, souvent notre compréhension est incomplète, au mieux, et nous passons à autre chose alors que tant que nous sommes avec le sentiment de ne pas comprendre, le feu de la question brûle en nous... alors, des réponses plus profondes peuvent venir, sous la forme d'expériences vécues. 

Mourir à soi-même...

Et tout à coup, pendant mon intériorisation, une autre prise de conscience est arrivé : la nécessité de mourir, de mourir à soi-même.

Dans la conscience, c'était très clair, évident. Comment expliquer cela ?

Lorsqu'avec notre conscience extérieure, superficielle, celle de de notre identité sociale, nous descendons en nous-même, derrière les pensées, les émotions, les sensations, nous pouvons toucher une Présence si tangible que cela nous donne tout à fait l'impression d'un être dans notre être, d'une conscience dans notre conscience.

Cela nous a été dit et redit en long en large et en travers que nous n'étions pas l'égo mental, vital, physique et que notre être véritable était cette Présence intérieure.

Alors s'est posé à moi une série de questions tout à fait pratique : comment l'être extérieur peut-il se fondre dans cet être intérieur ? Comment cet être intérieur peut-il sortir de ses profondeurs cachées et prendre la direction des opérations de surface de la vie telle que nous la connaissons ? 

Alors je me suis dit : il faut mourir. Il faut que l'ego meure. Comment ? Comment est-ce possible ? Comment l'ego pourrait-il accepter une chose pareille ?

Alors des prières se sont élevées pour mieux comprendre, être aidé... 

Alors, je me suis rappelé cette parole claire et nette de Sri Aurobindo qui affirme que la venue du Supramental ne changera rien si l'homme s'accroche à son ego. 

Et cette note de Mère du 8 février 1972 : 

Au début de la création de l’humanité, c’est l’ego qui a été l’élément unificateur. C’est autour de l’ego que les différents états d’être se sont groupés, mais maintenant que se prépare la naissance de la surhumanité, l’ego doit disparaître et laisser la place à l’être psychique qui s’est lentement formé par l’intervention divine pour manifester le Divin dans l’être humain.

C’est sous l’influence psychique que le Divin se manifeste dans l’homme, et ainsi se prépare la venue de la surhumanité.

Le psychique est immortel, et c’est par lui que l’immortalité peut être manifestée sur, terre.

Ainsi, la chose importante maintenant est de trouver son psychique, de s’unir à lui, de le laisser prendre la place de l’ego, qui sera obligé de se convertir ou de disparaître.

Ça a le mérite d'être clair sur le but, l'objectif, ça l'est un peu moins sur la méthode. 

Alors j'ai relu certaines passages du petit livre sur l'être psychique, en particulier celles qui parlent de l'amener au premier plan (page 130)

Et puis cette lettre de Sri Aurobindo a apporté un autre élément de réponse...

J'ai lu le compte rendu de votre sâdhanâ. Il n'y a rien à dire, je crois — car tout va bien — sinon que le plus important, pour vous, est d'attiser le feu psychique dans le cœur et d'aspirer de plus en plus à ce que l'être psychique vienne au premier plan pour diriger la sâdhanâ. Quand il le fera, il vous montrera les "nœuds d'ego non détectés" dont vous parlez et les dénouera ou les brûlera dans le feu psychique. Ce développement psychique et la transformation psychique de la conscience mentale, vitale et physique sont de la plus haute importance, car grâce à eux la descente de la conscience supérieure et la transformation spirituelle, sans lesquelles le supramental ne peut que demeurer à jamais très lointain, deviennent faciles et sans danger. Les pouvoirs, etc., ont leur place, mais elle est très petite tant que cela n'est pas fait.

Bref, nous pouvons prendre le problème de n'importe quel côté, nous en revenons toujours à la première nécessité d'établir le contact avec l'être psychique, d'unifier notre être autour de lui...

En tout cas, cette claire compréhension, acceptée, qu'il n'y avait pas d'autres solutions que la disparition de l'ego m'est apparue comme un progrès.

En chemin vers la nullité...

Et puis, une autre piste de solution, peut-être plus facile, parce que ces textes me touchent beaucoup. J'en ai déjà parlé, Mère parle de l'impuissance du bébé, d'une nullité. 

Vraiment, je crois que c’est la sensation de l’impuissance d’un bébé, tu comprends ? Mais ce n’est pas une chose «pensée», «voulue» : c’est tout à fait spontané. Et alors, de ça, on passe dans un état... (Mère ouvre les mains dans un sourire béatifique).

Tant qu’il y a cette sensation de quelqu’un qui veut, quelqu’un qui fait, tout cela, c’est inutile... (même geste, mains ouvertes dans un sourire).(26 février 1972)

*

Satprem : Oui, j’ai aussi très souvent l’impression d’une nullité complète.

C’est ça. Nullité, nullité complète. Et alors, en même temps (presque en même temps, quelquefois même en même temps), la perception d’un Pouvoir qui agit à travers cette nullité d’une façon formidable ! collective, n’est-ce pas : à remporter des victoires, détruire des choses – extraordinaire ! Extraordinaire. (13 mai 1972)

Je ne donne que deux extraits mais il ne s'agit pas de quelque chose d'anodin, que Mère dirait comme ça, une fois, en passant. À plusieurs reprises elle reviendra sur ce genre de perception. Parfois Elle formulait autrement en parlant de se laisser aplatir jusqu'à disparition, que le plus dur était d'apprendre à disparaître ou en disant le 3 mars 1960 : 

Il y a une ligne de Sri Aurobindo dans Savitri, qui dit cela très bien : s’annuler pour qu’il n’y ait plus que le Seigneur suprême.

Avec tout ça...

Lors de cette intériorisation-là, j'ai l'impression que des parties de moi, de l'ego, commençaient à comprendre, et acceptaient... 

Cela ressemblait à un OUI renouvelé, approfondi. Comme le OUI de Satprem en 1982 ? Quelque chose dedans qui dit OUI, qui accepte de se prêter à l'expérience, qui veut s'offrir pour le processus...

Alors, impression que des parties de l'être étaient soulevées-portées vers un soleil encore un peu lointain...

À suivre...

Pour tout le monde

 🔆 🙏 ❤️

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