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Publié par pascalemmanuel

Se détourner du bas et s'orienter vers le haut...

C'est arrivé des centaines de fois dans ma vie et une fois de plus, j'ai bien vu que le vital commençait à s'enflammer au point de submerger et d'envahir le mental ; et puis hier, après bien des turbulences, il m'est venu une ébauche de solution, sans doute une conséquence de l'article sur la conversion : se détourner et se réorienter...

C'est curieux, dans le ventre, c'était tout à fait concret de sensation, comme orienter une parabole dans une autre direction. Soit la parabole, l'attention, la conscience, était tournée, focalisée, orientée sur le ventre ou le coeur, tous deux en ébullition, soit cela se tournait tout à fait vers le haut, au-dessus de la tête et là, c'était calme, non touché, non troublé par l'agitation d'en bas. 

Le seul effort était de garder la parabole orienté vers le haut, tout le temps, ça voulait revenir en bas. 

Psychologiquement, c'était se détourner, regarder ailleurs, comme quelque chose de sans intérêt, se détacher... et puis regarder ailleurs, chercher la lumière d'en haut, la paix d'en haut...

Ce qui m'a surpris c'est qu'une attitude intérieure se traduise par une sensation très concrète dans le ventre comme si quelque chose se retournait et s'ouvrait vers le haut...

Le physique, le vital, le mental avec tous leurs niveaux intermédiaires, sur chaque plan, il y a un certain type de vibrations, d'idées, de réactions... tout un monde. Et finalement, ce qui navigue dans le vital inférieur, nous le connaissons plutôt bien, nous en avons une certaine habitude. Par contre, ce qu'il y a dans les plans de conscience un peu au-dessus de la tête, c'est beaucoup plus mystérieux pour nous.

L'idée était de se détourner des choses d'en bas pour appeler, aspirer aux choses d'en haut, c'est une autre façon de le dire.

Avec en arrière plan, je cite de mémoire, cette parole de Sri Aurobindo : tout ce qui est bas doit apprendre à suivre la loi d'en haut.

Duranta erecta – Lavande – Aspiration à la pureté vitale

La transformation du vital

Mon truc a été efficace pendant pour apaiser le feu du vital, même un certain temps après la concentration. Et puis, petit à petit le vital et ses passions ont recommencé, sans doute restait-il une braise, alors le feu a repris de plus belle. C'est comme arrêter de fumer, j'ai dû m'y reprendre à plusieurs fois. 

Et ce matin, j'ai trouvé ce texte de Sri Aurobindo issu des Lettres sur le Yoga et je l'ai trouvé de circonstance, et magnifique car en quelques lignes, nous avons un vaste résumé de tout le processus du transformation du vital. Rien qu'avec ça, nous pouvons travailler pendant des semaines, des mois...

Une dernière chose, d'expérience, même si l'on ne comprends pas tout ni même très parfaitement, ce n'est pas très grave parce qu'il y a une possibilité de s'appuyer sur les mots de Sri Aurobindo, de se laisser porter par eux, de se laisser imprégner, de s'y accrocher comme au mat du bateau dans la tempête... et alors, une sorte d'alignement se produit entre notre conscience et la conscience contenue dans les mots.

Il y a quelques jours, je me suis dit qu'il faudrait lire trois fois. Une fois avec le centre de la tête, une fois avec le centre de la poitrine, une fois avec le centre de l'abdomen (derrière le nombril, au milieu du corps - ou un peu plus haut au niveau du plexus solaire, je ne suis pas encore très sûr), comme si c'était les centres eux-mêmes qui lisaient. 

Alors, les parties de notre être, de notre conscience qui sont réceptives et capables commencent à vivre un balbutiement de ce qui est écrit. C'est très modeste, il ne faut pas avoir la folie des grandeurs et vouloir tout de suite entrer dans de grandes expériences, car ce sont ces tout petits changements dans la conscience qui sont les premiers pas de notre transformation ultérieure. On ne demande pas à un bébé de courir le 100 mètres. 

Et sur la question de la transformation, nous sommes des bébés car tous les courants spirituels du passé, c'était pour avoir un contact avec le Divin, un éveil spirituel, une ouverture de la conscience, une libération dans le nirvana, le salut dans un autre monde, etc... mais il n'a jamais été question (ou à de très rares exceptions) de transformer la nature humaine et d'établir une vie divine sur la terre.

Sri Aurobindo-Mère-Satprem et les humains qui osent cette aventure sont des pionniers ils tentent quelque chose qui n'a jamais été osé. De l'audace, toujours de l'audace,  encore de l'audace, la devise de Danton s'applique plutôt bien à ce processus. Et quand bien même nous devrions finir comme lui, il n'en reste pas moins que la vérité pleine et entière finira par être manifestée sur terre. 

La manifestation du Supramental sur la terre n’est plus seulement une promesse, mais un fait vivant, une réalité. Il est à l’œuvre maintenant, ici-bas, et un jour viendra où le plus aveugle, le plus inconscient, même le plus volontairement ignorant, sera obligé de le reconnaître. (Agenda du 24 avril 1956)

Assez bavardé 😊 voyons cette fameuse lettre de Sri Aurobindo :

Les deux mouvements dont l'apparente contradiction vous jette dans la confusion sont les deux extrémités d'une même conscience qui doivent unir leurs démarches, à présent séparées, afin que le pouvoir de vie agisse et s'accomplisse avec une perfection croissante ou subisse la transformation à laquelle nous aspirons.

L'être vital et la force de vie qu'il renferme constituent l'une de ces extrémités ; l'autre est un pouvoir dynamique latent dans la conscience supérieure, au moyen duquel la Vérité divine peut agir, s'emparer du vital et de sa force de vie et les utiliser ici-bas à une fin plus noble.

La Force de Vie contenue dans le vital est l'instrument indispensable à toute action du Pouvoir divin dans le monde matériel et la nature physique. C'est donc seulement lorsque le vital transformé deviendra un instrument pur et puissant de la Shakti divine qu'une vie divine pourra apparaître. Alors seulement la transformation de la nature physique pourra s'effectuer, et une action divine libre et parfaite se manifester dans le monde extérieur ; car avec nos moyens actuels, une telle action est impossible.

C'est pourquoi vous sentez que le mouvement vital donne à chacun l'énergie nécessaire, que tout est possible grâce à cette énergie et que par elle vous pouvez avoir toutes les expériences que vous voulez, bonnes ou mauvaises, de la vie ordinaire ou de la vie spirituelle ; et c'est aussi pourquoi, lorsque cette énergie se manifeste, vous sentez le pouvoir s'infiltrer dans la conscience du corps et sa substance matérielle.

Quant au contact avec la Mère dans le vital et à votre sentiment que c'était une belle, une magnifique expérience, il est lui aussi naturel et légitime : car le vital, autant que le psychique ou toute autre partie de l'être, doit ressentir la présence de la Mère et se donner entièrement à Elle.

Mais vous devez sans cesse vous souvenir de ceci : l'être vital et la force de vie dans l'homme sont séparés de la Lumière divine, et puisqu'ils en sont séparés, ils peuvent être utilisés par tout pouvoir capable de s'en saisir, qu'il soit illuminé ou obscur, divin ou non divin.

En général, l'énergie vitale est au service des mouvements ordinaires et obscurs ou semi-conscients du mental humain et de la vie humaine, de leurs idées, de leurs intérêts, de leurs passions, de leurs désirs ordinaires.

Il est cependant possible à l'énergie vitale de s'accroître au-delà des limites normales et, ainsi accrue, d'acquérir un élan, une intensité, une excitation ou une sublimation de ses forces grâce auxquelles elle est capable et presque contrainte de se mettre au service soit de pouvoirs divins — de pouvoirs des dieux — soit de forces asouriques. 

Si une maîtrise centrale ne s'est pas établie dans la nature, son action peut être un mélange confus de ces contraires ou, par une oscillation incohérente, servir tantôt les uns, tantôt les autres.

Il ne suffit pas alors qu'une grande énergie vitale agisse en vous : il faut la mettre en contact avec la conscience supérieure, la soumettre à la vraie direction, la placer sous la domination du Divin.

C'est pourquoi l'action de la force vitale fait parfois l'objet d'un mépris ou d'une condamnation : insuffisamment illuminée et maîtrisée, elle s'allie à un mouvement ignorant et non divin.

De là découle aussi la nécessité de s'ouvrir à une inspiration et à un pouvoir issus d'une source plus haute. L'énergie vitale elle-même ne mène à rien, tourne en rond en passant par toutes sortes de tribulations souvent douloureuses et désastreuses, précipite même à l'abîme, parce qu'elle n'est pas guidée comme il le faudrait ; elle doit être mise en contact avec le pouvoir dynamique de la conscience supérieure et avec la Force divine qui agit, par son intermédiaire, dans un but vaste et lumineux.

Deux mouvements sont nécessaires pour que cette liaison soit établie.

L'un est dirigé vers le haut : le vital s'élève pour se joindre à la conscience supérieure et s'immerge dans la lumière et l'impulsion d'une force plus haute ; l'autre est dirigé vers le bas : le vital demeure silencieux, tranquillisé, pur, vide des mouvements ordinaires, en attente, jusqu'à ce que le pouvoir dynamique d'en haut descende en lui, le transforme en son vrai moi et infuse à ses mouvements la connaissance autant que le pouvoir.

C'est pourquoi le sâdhak sent parfois qu'il s'élève à une conscience plus heureuse et plus noble, qu'il entre dans un domaine plus lumineux et une expérience plus pure ; parfois, au contraire, il ressent la nécessité de retourner dans le vital, d'y faire la sâdhanâ et d'y porter la vraie conscience.

Ces deux mouvements ne sont pas vraiment contradictoires : ils sont complémentaires et nécessaires l'un à l'autre, car l'ascension permet la descente divine, la descente réalise ce à quoi l'ascension aspire et qu'elle rend inéluctable.

Lorsque vous vous élevez avec le vital depuis ses régions inférieures et que vous l'unissez au psychique, votre être vital s'emplit de l'aspiration et de la dévotion pures qui sont naturelles au psychique ; en même temps, il confère aux sentiments l'abondante énergie qui lui est propre, il leur infuse le dynamisme nécessaire pour transformer la nature tout entière jusqu'à ses éléments les plus physiques, et pour faire descendre la conscience divine dans la matière terrestre.

Lorsqu'il est non seulement en contact avec le psychique, mais uni au mental supérieur, l'être vital est capable d'entrer en relation avec une lumière et une connaissance plus grandes et de leur obéir.

D'ordinaire le vital est mû par le mental humain et gouverné par ses ordres plus ou moins ignorants, ou bien prend possession du mental par la violence et l'utilise pour la satisfaction de ses propres passions, de ses impulsions et de ses désirs.

Ou encore il mélange ces deux mouvements : car le mental humain ordinaire est trop ignorant pour agir mieux que lui ou le guider parfaitement.

Mais quand le vital est en contact avec le mental supérieur, il devient capable de se laisser guider par une lumière et une connaissance plus grandes, par une intuition et une inspiration plus hautes, par une discrimination plus vraie et par certaines révélations de la vérité et de la volonté divines.

Grâce à cette obéissance du vital au psychique et au mental supérieur, la conscience yoguique commence à s'extérioriser dans une action dynamique sur la vie.

Mais cela ne suffit pas non plus à diviniser la vie.

Il ne suffit pas d'entrer en contact avec la conscience du mental supérieur : ce n'est qu'une étape indispensable.

La Force divine doit descendre de ses sommets les plus élevés et les plus puissants.

Une transformation de la conscience supérieure en une lumière et un pouvoir supramentaux, une transformation du vital et de sa force de vie en un instrument pur, vaste, calme, intense et puissant de l'Énergie divine, une transformation du physique lui-même en une forme de la lumière divine, de l'action divine, de la force, de la beauté et de la joie sont impossibles si la Force ne descend pas de ses sommets pour l'instant invisibles.

C'est pourquoi dans notre yoga, l'ascension jusqu'au Divin, qu'il a en commun avec d'autres sentiers, n'est pas suffisante : le Divin doit aussi descendre pour transformer toutes les énergies du mental, de la vie et du corps.

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A
Bonjour<br /> <br /> Je voudrais juste rajouter que depuis que j'ai arrete de lire avec la tete (depuis environ 5 ans ) , je lis et relis chaque texte 4-5 fois et parfois 10 fois jusqu'a ce qu'il agit a l'interieur <br /> Je me suis aussi rendu compte que chaque mot avait son importance par sa precision (surtout chez S A)<br /> <br /> Avraham
Répondre
P
Merci Avraham pour ce partage ❤️, je ne vois rien d'autre à ajouter... <br /> 🌸 🔆 🙏<br /> AUM<br />