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Publié par pascalemmanuel

Drôle de période !

J'ai envisagé l'idée que je ne vivais qu'à travers Sri Aurobindo-Mère et j'ai voulu voir ce qu'il se passerait si en quelque sorte, je les oubliais un peu.

Un été bien curieux à vrai dire : plus aucune volonté, plus aucun courage, envie de rien, aucune motivation. Incapable même d'aller me baigner à la rivière à 300 mètres. Aucune lecture, aucune pratique, aucune méditation, aucune prière, aucune randonnée, presque incapable de sortir de chez moi, sauf pour aller acheter ma baguette ou quelque courses alimentaires.  Sans doute aussi un peu assommé par la chaleur ! 

Un été passé à regarder des séries policières en fumant des clopes, alors que j'avais arrêté, avec aussi quelques longues séries de sudoku. Voilà une vie intéressante, rondement menée 😊 !

Peut-être une sorte de pas de plus dans la désillusion. N'ayant jamais trop su quoi faire de ma vie, à plusieurs reprises j'ai crû trouver quelque chose qui me nourrisse vraiment, dans lequel je croyais me réaliser, trouver ma place et au final, c'était la même déception, le même sentiment de vouloir foutre le camp, une nostalgie de retrouver sa maison...

Puisque tout est voué à l'échec, plus envie d'essayer, puisque aucune solution ne se trouve dans le monde extérieur je cherche ce royaume des cieux à l'intérieur. Et là aussi, ce n'est pas faute de l'avoir cherché., sans résultat très probant. Peut-être faut t-il encore davantage se retirer... 

Il est vrai que les gens vivent pour toutes sortes de raisons, pour gagner de l'argent, pour leur famille, leur sport, leur boulot, leur association... alors après tout, pourquoi ne pas vivre au travers Sri Aurobindo-Mère. D'une certaine façon, je l'ai souvent pensé, pas grand chose en ce monde n'a de sens à mes yeux si ce n'est ce qu'ils sont venus faire. 

Beaucoup les prennent, au mieux, pour des sages parmi d'autres sages. Pour moi, ce sont des incarnations divines et il est rare que le Divin s'incarne. Il y a eut Krishna, Bouddha, Christ et Sri Aurobindo accompagné cette fois-ci de Mère, la polarité divine complète réunie, la pleine puissance. 

Chaque fois, l'incarnation divine aida l'humanité à faire un bond évolutif et cette fois-ci le saut évolutif est encore plus radical car il s'agit de la mutation de l'espèce humaine elle-même. S'il y a quelque chose de plus important, j'aimerais bien savoir quoi. Je trouve que cela vaut le coup de s'y consacrer parce qu'une nouvelle espèce, c'est nouveau et que tout le reste, c'est du réchauffé, amélioré, recomposé, recombiné... et on n'en sort pas. 

Donc tant pis si cela donne l'impression que je vis à travers eux... 

Et puis, le 14 août, un je ne sais quoi, sans doute l'approche du 150 ème anniversaire de la naissance de Sri Aurobindo, j'ai eu le courage d'aller me baigner et aussitôt dans l'eau, j'ai eu la sensation d'une masse difforme de la taille d'un gros melon me sortait de la tête, probablement la sensation d'un nettoyage énergétique. Cela m'a évidemment fait beaucoup de bien.

Et le 15 août, je suis allé faire du vélo sauf que je me suis perdu dans les chemins forestiers de Saint Denis et que la petite balade de fin d'après midi s'est transformée en une virée de plus de plus de plus de deux heures. 

Le lendemain, j'étais harassé de fatigue et frigorifié, j'avais sans doute pris froid. J'ai pratiquement dormi toute la journée, avec un sommeil agité, entrecoupé toutes les demi-heures, réveillé trempé de sueur.

Et cet état de grande fatigue a eut le mérite de me remettre en contact avec la douleur que m'inspire ma vie, ce désarroi, cette incompréhension, cette impression de patauger, de n'arriver jamais à rien...

Mais une fois de plus, quand la douleur est intense, l'aspiration est intense. Et je me souviens, pendant plusieurs heures, cela a été une prière à peu près constante : Seigneur, fait le pour moi... 

C'était inspiré évidemment par Mère qui a raconté souvent que lorsqu'elle était confronté à une difficulté, Elle l'offrait au Divin et qu'alors, tout s'arrangeait. Un ami m'avait d'ailleurs confirmé le fait quelques jours avant.

Sauf que ce qui marche merveilleusement pour Mère et qui a l'air simple pour quelques amis, pour moi, c'est bien plus laborieux. Je me suis dit à un moment donné : sans doute faut-il que je sois rendu à ce degré d'impuissance pour toucher un autre pouvoir ? 

Une recherche dans l'index de l'Agenda m'a permis de retrouver deux passages   où Mère évoque cette attitude d'offrande, en l'occurence des difficultés, ce "fait le pour moi...".

Alcea Rosea - Offrande

Le 28 mars 1964 Mère commence par évoquer les difficultés du processus de transformation,  ce qui fait réagir Satprem avec la remarque suivante :

Oui, mais ce n'est pas très encourageant pour l'humanité que nous sommes.

Mère : Mais pardon ! il y a un moyen.

Tout ce que je fais, tout ce que ce corps fait, il a le pouvoir de le passer aux autres – c'est justement ce que je suis en train de voir maintenant. Je suis en train de le voir. C'est cette espèce de pouvoir de mettre en rapport avec la Vibration de la Conscience (geste de rayonnement autour de la tête), qui est concentrée sur un certain nombre de gens et de choses (naturellement sur toute la terre), mais aussi sur des points. C'est le Pouvoir qui est venu cette nuit-là quand il y avait cette descente dans le cerveau: je pouvais à n'importe quel moment diriger un rayon, diriger un autre, toucher un point, toucher un autre... (geste comme un phare).

Et c'est ce que Sri Aurobindo n'a pas cessé de répéter : «N'essayez pas de le faire tout seul, mais la Mère le fera pour vous, si vous avez confiance en Elle.» Ça, je ne le dis à personne. Mais c'est un fait.

Je ne le dis pas. Je te le dis à toi, juste maintenant. Mais c'est un fait absolu. Ce n'est pas – ça, tu le sais –, ce n'est pas pour un corps que c'est fait : c'est pour la terre.

Mais l'avantage de l'individualité, c'est que l'on peut diriger un rayon sur des points précis (même geste comme un phare) et obtenir un résultat – pas d'une façon miraculeuse qui laisse les gens béats et imbéciles, pas cela ; mais quand l'aspiration est sincère, que la volonté est sincère... N'est-ce pas, ce que moi, je fais constamment (geste d'offrande) : «Seigneur, je ne peux pas, mais Tu le fais pour moi. Seigneur, je ne peux pas, mais Tu le fais pour moi...»

Eh bien, c'est ce que Sri Aurobindo disait : que les gens autour de moi, s'ils n'ont pas le Rapport direct avec le Seigneur (que j'ai apporté avec ma naissance, dont je suis devenue de plus en plus consciente, mais qui était à la source même de cette existence terrestre), si l'on n'a pas ce Rapport, on peut avoir un rapport conscient avec moi, c'est facile, parce que c'est quelque chose de visible, de tangible, n'est-ce pas, qui a une existence réelle ; et alors, si l'on peut être dans cet état d'offrande (pas des mots, pas des phrases, mais vraiment un sentiment sincère) : «Non, moi tout seul, je ne sais pas comment ça peut se faire, comment est-ce qu'on peut faire? C'est si formidable à faire, comment?... Comment même discerner exactement le mouvement vrai de celui qui ne l'est pas, ou celui qui mène à la Vérité et celui... Non, ça, je ne sais pas – je Te donne tout, fais-le pour moi.»

Et ça, c'est vingt-quatre heures sur vingt-quatre, et je peux dire autant de milliers de secondes qu'il y en a dans une journée, spontanément, sincèrement, absolument (geste d'offrande) : «Voilà, je Te le donne.» Oh! voilà une difficulté, oh! celui-là a une difficulté, oh ! ces circonstances sont mauvaises, oh .... «Tiens, tiens, tiens, moi je ne peux pas arranger ça avec la connaissance que j'ai – fais ce qu'il faut, fais ce qu'il faut ; fais ce qu'il faut, je Te le donne.» Et c'est un geste de chaque minute, de chaque seconde.

Alors au bout d'un certain temps, on voit une Réponse si évidente, n'est-ce pas, si claire, que tout ce qui a des doutes et des incompréhensions, tout cela est obligé, d'abord de se tenir tranquille, et puis d'abdiquer.

Et dans l'Agenda du 11 août 1964, Satprem se plaint de ne rien sentir et voici la réponse de Mère :

Il y a une partie de ton être (qui n'est pas loin : ce n'est pas quelque chose de très loin, c'est très proche), une partie de ton être qui est au contraire extrêmement consciente et LUMINEUSEMENT consciente, et non seulement consciente mais (c'est un mot barbare) «responsive» : elle reçoit et répond – elle vibre.

Je vois très bien que tu n'en es pas conscient – oh! d'abord, tu n'aurais pas cet air renfrogné, tu serais tout le temps à rire si tu en étais conscient ! Parce que c'est très lumineux et très doré, très joyeux. C'est à peu près l'opposé du grognard ! Mais ce n'est pas loin ! Il n'y a pas des kilomètres: c'est là. Mais il y a comme une petite pellicule. Ce sont des «pelures d'oignon» : toutes nos difficultés sont des pelures d'oignon. Tu sais, une pelure d'oignon, c'est terriblement mince, mais rien ne passe au travers.

Il faut être patient.

Tu ne peux pas t'imaginer, à mesure que l'on avance et que, justement, toute cette Conscience devient de plus en plus vivante, vraie et constante, d'abord on a l'impression que l'on est une pourriture d'insincérité, d'hypocrisie, de manque de foi, de doute, de stupidité.

Parce que, à mesure (comment dire?...) que l'équilibre change entre les parties et que ce qui est lumineux augmente, le reste devient de plus en plus inadéquat et intolérable ; alors on est vraiment tout à fait dégoûté (il y avait un temps où ça me faisait mal, il y a longtemps – pas très longtemps, mais enfin longtemps tout de même, quelques années), et de plus en plus, il y a le mouvement (un mouvement très spontané et très simple, très complet) : «Moi, je n'y peux rien. C'est impossible, je ne peux pas, c'est un travail si colossal que c'est impossible – Seigneur, fais-ça pour moi.»

Et quand on le fait avec la simplicité d'un enfant (geste d'offrande), comme ça, vraiment, n'est-ce pas, vraiment convaincu qu'on ne peut pas : «Ce n'est pas possible, je ne pourrai jamais faire ça – fais-le pour moi», c'est épatant !... Oh! Il le fait, mon petit, on est soi-même ahuri après : «Comment!...» Il y a des tas de choses qui... prrt! disparaissent et ne reviennent plus – c'est fini. Après quelque temps, on se demande: «Comment est-ce possible ?! c'était là...», comme cela, prrt ! en une seconde.

Mais tant qu'il y a l'effort personnel, c'est... ouf ! c'est l'homme qui pousse son tonneau vers le sommet et ça retombe à chaque minute.

Et il faut que ce soit spontané, pas un calcul, pas le faire avec l'idée : «Ça va réussir.» Il faut que ce soit vraiment avec le sentiment complet de son impuissance et de ce qui est tellement formidable dans ce travail que... «Oh ! je T'en prie, fais-le ; moi, je ne peux pas – pas possible.»

Évidemment, les gens très philosophiques ou très savants vous regardent avec pitié, mais moi, ça m'est égal! – ça m'est égal. Je ne suis pas un philosophe, je ne suis pas un érudit, et je ne suis pas un savant, et je le déclare à très haute voix : ni un philosophe, ni un érudit, ni un savant. Et aucune prétention. Ni un littérateur, ni un artiste – je ne suis rien du tout. Et vraiment, j'en suis absolument convaincue. Et ça n'a aucune importance – c'est de la perfection pour les êtres humains.

Et il n'y a pas de joie plus grande que de savoir qu'on ne peut rien faire et qu'on ne peut rien du tout, et que ce n'est pas soi qui fait, et que le petit peu qui est fait – le petit peu ou le grand peu, ça n'a aucune importance –, qui est fait, c'est le Seigneur qui le fait ; avec la pleine responsabilité pour Lui. Ça, ça vous rend content. Avec ça, on est content.

Voilà !

Commentaire :

Sans doute faudrait-il ne plus trop se faire d'illusions sur soi-même, on est bien peu de choses, sans en être déprimé. En tout cas, ce passage parle de ce sentiment d'impuissance et en grand solitaire, je l'habitude d'essayer de tout faire par moi-même. Même lorsque j'étais perdu dans ma forêt, j'ai eu au moins 5 occasions de demander mon chemin... 

Et je me suis aperçu pendant cette longue prière "Seigneur, Mère, fais le pour moi..." que des parties intérieures résistaient, se crispaient. C'était comme si je percevais les fils de l'être qui se révoltaient.

Pas si facile de lâcher prise, de faire confiance, de se laisser faire, de ne rien faire que se laisser aller... toujours quelques fils ici et là qui vibrent leur musique d'inquiétude.  J'observais cela minutieusement, à la fois l'intensité de l'aspiration et les résistances qui se levaient.  

Abdiquer l'effort personnel... c'est peut-être ça le plus difficile pour moi, trop l'habitude de tout faire tout seul. En quelque sorte, ça aide d'arriver au bout du rouleau, de s'apercevoir qu'on arrive à rien, alors ça lâche enfin.

En tout cas, ce n'est peut-être pas sur le point de s'arranger car il y a quelques années j'avais encore un goût pour un minimum de vie sociale et pour rencontrer des gens alors que maintenant, c'est comme si j'avais lâché l'affaire. 

Il y avait un gros travail au niveau du centre du coeur. À un moment donné, j'ai eu une vision symbolique presque qui m'a fait sourire en ce sens que cela l'a donné l'impression que mon coeur était tout chiffonné. Cette impression qui m'est venue de je ne sais où mais apparue assez savoureuse 😊. 

Parfois, ma concentration changeait et se fixait sur un autre passage publié dans un article précédent dans lequel Mère explique que l'amour divin est toujours présent, soutenant tout, et que c'est seulement une question de réceptivité. Alors je me tournais vers cet Amour en mode réceptif. Je ne sentais rien de particulier et pourtant c'était aidant, apaisant...

Plus tard, au niveau de la poitrine, une autre vision symbolique est venue plusieurs fois, bien que je n'en comprenne pas le sens. 

Cela ressemblait à une hélice métallique, avec deux pales rectangulaires, (plus fines que sur la photo), qui tournait assez lentement, autour d'un axe planté dans la poitrine. Enfin ! Si ça pouvait envoyer promener les énergies, émotions, sentiments périmés qui squattent le coeur. Mais cela ne donnait pas du tout la sensation que ces pâles étaient faites pour faire circuler mais plus pour égaliser, rendre plat... 

Parfois, une force semblait pousser-pousser-pousser contre quelque chose dans la poitrine au point que cela faisait presque mal. Je me suis demandé s'il s'agissait de la fameuse porte vers le monde psychique et pourquoi c'était si désagréable. En tout cas, la porte n'a pas cédé. 

En tout cas, une chose se confirme encore une fois, l'aspiration est d'autant plus intense que le douleur est vive. Et cela a très bien marché. Sauf que, maintenant que cela va mieux, je n'arrive plus à retrouver cette intensité d'appel. En tout cas, ce fut assez marquant, espérons que cela laissera une empreinte suffisamment longue... 

Et puis, même si rien n'est vraiment résolu, tout passe, heureusement, l'intensité de la douleur s'estompe.

Même le besoin de fumer ne reste plus jamais très longtemps. Généralement, après un ou deux paquets, je suis dégoûté. Là, cela aura duré trois semaines. Ce sont des périodes chaotiques qu'il faut traverser. 

Ci-dessous, une autre façon de voir le problème, même si son image de l'échelle me laisse quelques doutes, comme s'il s'agissait encore une fois, de monter là-haut. Je préférerais une absence de murs, une conscience de l'unité... 

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M
Je te remercie Pascal pour ton temoignage , tu as une qualite qui est tres rare : la sincerite <br /> Que j'avais enormement apprecier lors de notre entretien telephonique ...peu de gens l'on ...tout le monde ment meme un peu pour dissimuler la verite de leur etre<br /> j'ai aussi vecu une periode tres chaotique et difficile ...tres tres diferente de ce que je vivais jusqu'a present et j'essaye d'en apprendre le message positif ...j'ai passe ma vie a me casser et a me recasser mais cette derniere epreuve fut vraiement speciale<br /> J'ai passe 50 ans de ma vie a lire, essayer de vivre ce merveilleux message de S A et M A et comme tu l'as ecrit ,il n'y a pas d'ideal plus eleve sur cette terre mais mon etre est encore tres loin de realiser cette vie divine alors que faire comment vivre avec cette verite ? j'ai passe ces trois derniers mois a esayer de sentir au fond de moi quel sera mon devenir pour ces prochaines annees a vivre dans le brouillard le plus complet<br /> Et voila que ces 2-3 derniers jours se dessine un sentier etroit dans cette jungle broussailleuse , un sentier rien que pour moi ou toutes les idees completement folles de ces 50 dernieres annees sont invites a partiper et suivre ce sentier<br /> bien a toi compagnon de recherche
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P
Merci Marek pour ton partage chaleureux et qui est aussi un encouragement à la patience et à la persévérance. Ainsi, après toutes ces années à creuser les oeuvres de SA-Mère, tu dis avoir trouvé un sentier pour toi. J'en suis sincèrement touché et heureux pour toi et le fait qu'il soit étroit me semble bon signe... Alors je te souhaite le plus beau des voyages sur ce chemin qui est le tien. Pascal