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Publié par pascalemmanuel

Une micro expérience de quelques secondes m'a pourtant laissé une impression durable, une sorte d'arrière goût de déjà vu qui ne s'efface pas. Alors, bien que l'expérience fut très fugace, ce partage sera peut-être utile à quelque chose ou à quelqu'un.

Le contexte :

Le monde occidental est en train de s'écrouler et nous entendons souvent l'idée qu'il faut sortir de Babylone, sortir de la matrice etc.. D'ailleurs, dans Matrix, certaines scènes se déroulent dans l'illusion de la matrice et d'autres, prétendues réelles, se déroulent dans le vrai monde, dans le vaisseau spatial, dans la ville de Sion, etc. Ensuite, une parole de Mère sur le fait de sortir du mensonge et d'autres sur le fait que le monde de vérité et le monde de mensonge étaient comme superposés l'un à l'autre.

L'expérience :

Ces 3 éléments semblent s'être combinés pour faire naître cette micro expérience, pendant laquelle, pendant quelques secondes j'ai eu une sorte d'impression-sensation-vision que je pouvais être dans une position intérieure qui me mettait en contact avec la matrice, la souffrance, le mensonge... et que si je changeais un tout petit quelque chose à mon attitude, j'en sortais et je rentrais dans autre chose, où tout ça n'existerait plus.

Bien sûr, il est toujours possible de se leurrer soi-même, de bonne foi, mais il me semble que cette compréhension est venue d'une sensation car à vrai dire, je ne pensais à rien du tout de particulier quand c'est venu. C'est quand l'expérience est venue que ça m'a rappelé tout ça, la sortie de Babylone, Matrix, Mère... Comme si ce n'était pas une expérience psychologique mais corporelle. 

Et ce qui a surpris cette partie du mental qui observe tout, il était très intéressé, c'est que je m'étais toujours dit que, pour sortir du mensonge, il fallait en quelque sorte renoncer un a un à tous les petits mensonges, toutes les petites compromissions, distorsions, que nous faisons. Là, ma perception me disait que tout cela était tissé d'une même toile, appartenait au même monde, et qu'il suffisait d'en sortir, et qu'au final, c'était beaucoup plus simple que ce que je ne l'imaginais. Il suffit d'en sortir et on est aussitôt dans autre chose, de clair, lumineux, agréable... 

Et puis, au bout de quelques secondes de grande clarté, c'était très clair de sensation et de compréhension, l'expérience s'est retiré de la conscience superficielle, extérieure, même si je sens qu'elle agit toujours à l'arrière plan, qu'elle a laissé une trace qui continue sont travail. Parce que, lorsque c'est arrivé, je ne sais plus ce que je faisais, mais je n'étais pas plongé dans une profonde intériorisation ou une intense concentration. 

Deux passages où Mère évoque le fait de sortir du Mensonge : 

Agenda sans date de 1958

Pour moi, le physique subtil est beaucoup plus réel que le monde déformé, mais il faut y être conscient pour voir, tandis que si l’on veut avoir un effet qui donne l’impression du merveilleux et du miracle, il faut que ce physique subtil devienne visible dans le monde matériel en dépit du mensonge. C’est cela qui fait la grande différence pour la conscience physique ordinaire : c’est qu’elle veut être en contact avec ça en dépit du mensonge, alors que la loi universelle est : sortez du mensonge et cela deviendra vrai pour vous. 

 

Agenda du 31 décembre 1963

On se demande... C'est comme quelque chose de gluant qui vous entoure, qui vous touche partout ; on ne peut pas avancer, on ne peut rien faire sans rencontrer ces doigts noirs et gluants du Mensonge. C'était une impression très pénible.

Et cette nuit, c'était comme la Réponse. Je ne me suis pas souvenue clairement ce matin en me levant mais au milieu de la nuit je savais très bien (ce n'est pas passer du sommeil à l'éveil : c'est sortir d'un état pour entrer dans un autre, et quand je suis sortie de cet état pour rentrer dans l'état soi-disant normal, je me souvenais très bien), et c'était comme si l'on me faisait vivre le MOYEN de changer ce Mensonge en Vérité, et c'était si joyeux !... Si joyeux. C'est-à-dire que c'est une vibration analogue à la joie qui est capable de dissoudre et de surmonter la vibration du Mensonge. Ça, c'était très important : ce n'est pas l'effort, ce n'est pas la rectitude, ni le scrupule, ni la rigidité, rien de tout cela, ça n'a aucun effet sur cette tristesse (c'est une tristesse) du Mensonge – c'est quelque chose de si triste, de si impuissant, c'est si misérable... si misérable. Et ce n'est qu'une vibration de Joie qui peut changer ça.

(…/ …)

Alors on pourrait dire que le Mensonge est la douleur du Seigneur. Et que sa Joie est la guérison de tout Mensonge.

Il fallait que la Douleur soit exprimée pour pouvoir être effacée de la création.

Et la douleur, c'est le Mensonge – la douleur du Seigneur, la douleur dans son essence, c'est le Mensonge. Alors vivre dans le Mensonge, c'est faire mal au Seigneur. Ça ouvre des horizons... Et Sa Joie est la guérison de tout. C'est le problème vu de l'autre côté.

Donc, si on aime le Seigneur, on ne peut pas Lui donner de douleur, et nécessairement on sort du Mensonge, on entre dans la Joie.

C'est ce que j'ai vu cette nuit. C'était tout argenté. Tout argenté-argenté...

Il y avait même la vision du genre de vibration dans les cellules : c'étaient des vibrations tout argentées, pétillantes, frémissantes, mais très régulières, et précises... (comment dire ?...) C'était dans les cellules la contradiction du Mensonge ; c'étaient comme des petits éclats de lumière argentée.

Mais ça (le Mensonge), c'est le grand obstacle, c'est l'extrême difficulté. C'est comme quelque chose de gluant qui est entré dans la création et qui se colle partout, et qui est devenu une habitude aussi matérielle parce que ce n'est pas seulement le Mental qui a du Mensonge : il y a du Mensonge dans la Vie, dans la Vie elle-même. Dans ce qui est tout à fait inanimé, je ne sais pas...

Peut-être est-ce venu avec la Vie ? (d'après Savitri, c'est dans la Vie qu'est l'origine du Mensonge). Mais c'est comme si l'Inconscience pour aller vers la Conscience, pour retourner à la Conscience, au lieu de prendre le chemin de la Vérité, avait pris le chemin du Mensonge et de la Mort.

Et le Mensonge, c'est ça : c'est la douleur du Seigneur.

 

Quelques passages où Mère évoque ce phénomène de superposition :

 

Agenda du 6 octobre 1959

Il faudra peut-être quelques siècles pour l’Occident, avec tout son développement extérieur, avant que la jonction entre les deux mondes puisse se faire. Et pourtant ces deux mondes – le monde physique et le monde de la Vérité – ne sont pas loin l’un de l’autre. Ils sont comme superposés. Le monde de la Vérité est là, tout contre, comme en doublure de l’autre.

 

Agenda du 2 octobre 1961

Il faut dire que cette expérience est venue après trois jours où je m’étais concentrée (une concentration presque constante) pour expliquer cette chose : pourquoi c’est devenu comme cela (le pourquoi est impossible à trouver, mais le mécanisme ?) Le mécanisme, c’est déjà quelque chose ; le «pourquoi» est impossible parce que c’est la raison qui demande et c’est en dehors de la raison. Mais le mécanisme : l’expérience du mécanisme.

Et alors j’ai eu, dans l’expérience, cette superposition concrète de la vibration d’Amour et de la réception de haine. Et j’ai dit : «Mais c’est exactement cela ! Le Seigneur est Tout-Amour, Toute-Vérité, Toute-Béatitude, Toute-Félicité – Il est constamment comme cela – , et constamment le monde – spécialement le monde humain – le reçoit de l’autre façon.»

Et les deux choses sont superposées (Mère plaque sa main gauche sur sa main droite).

Agenda du 27 juin 1962

Mais c'est encore une période de préparation ; il vaudrait mieux regarder-regarder-regarder, étudier-étudier-étudier, avoir des expériences, beaucoup d'expériences, parce que tout ça, ce n'est rien il faut attraper la chose. Il faut attraper la queue du vrai fonctionnement, de façon à pouvoir le substituer volontairement à l'autre. Voilà exactement.

Et pour ça, c'est une étude de chaque minute.

Par exemple, on me lit une lettre et il faut que je réponde; et alors il y a, superposés, les deux fonctionnements : la réaction ordinaire qui venait d'en haut (il n'y a rien d'ici : ça venait d'en haut mais c'était la réaction ordinaire), et alors si je commence à écrire de cette manière, au bout d'un moment il y a cette espèce de sensation de quelque chose qui est inadéquat ; et puis d'un autre fonctionnement qui n'est pas encore (comment dire ? je devrais parler en anglais !) handy, c'est-à-dire à ma disposition.

Il faut que je me tienne tranquille, alors ça agit (le nouveau fonctionnement). Mais s'il y a une activité, les deux sont superposés, et il faut que je tranquillise l'un pour que l'autre puisse venir.

Et l'autre, ah ! il a des façons inattendues... Par exemple, je réponds à une lettre, ou je veux dire quelque chose à quelqu'un, ma vieille manière c'est la manière qui vient d'en haut et qui s'exprime (c'est suffisamment lumineux, mais c'est adapté), et puis alors cette espèce de sensation que c'est inadéquat – ça ne va pas. Bon. Je me recule et quelque chose d'autre vient; et ce qui vient, j'avoue que... il y a de quoi rendre les gens un peu fous ! C'est tellement autre chose !

Agenda du 8 septembre 1962

C'est une curieuse sensation, une perception bizarre des deux fonctionnements – qui ne sont même pas... on ne peut même pas dire superposés –, du fonctionnement véritable et du fonctionnement déformé par le sens individuel du corps individuel. C'est presque simultané, c'est ça qui fait que c'est très difficile à expliquer...

Il y a une quantité de mauvais fonctionnements du corps (je ne sais pas si on peut appeler ça des maladies – peut-être que les docteurs appellent ça des maladies, je ne sais pas – mais en tout cas c'est un mauvais fonctionnement), mauvais fonctionnement des organes du corps : le cœur, l'estomac, les intestins, etc., les poumons ; et en même temps (on ne peut plus appeler ça un «fonctionnement»), mais l'état véritable.

Ce qui fait qu'il y a certains désordres qui n'apparaissent que quand la conscience... c'est comme si la conscience était tirée ou poussée, ou placée dans une certaine position, et là, ces mauvais fonctionnements apparaissent instantanément – pas comme une conséquence : c'est-à-dire que la conscience s'aperçoit de leur existence.

Mais alors, si la conscience reste assez longtemps dans cette position, ça a ce qu'il est convenu d'appeler des conséquences : le mauvais fonctionnement a des conséquences (ce sont de toutes petites choses, des malaises physiques si tu veux).

Et si par (est-ce la discipline yoguique, est-ce l'intervention du Seigneur ? On peut appeler ça comme on veut), la conscience reprend sa véritable position, ça cesse instantanément.

Mais alors, quelquefois, c'est comme cela (Mère fait un geste de chevauchement ou d'interpénétration en plaçant les doigts de sa main droite ouverte, entre les doigts de sa main gauche), c'est-à-dire que c'est ça et puis c'est ça, c'est ça et puis c'est ça (Mère passe et repasse les doigts de sa main droite entre les doigts de sa main gauche, pour montrer une sorte de va-et-vient de la conscience entre deux états), c'est cette position-là et puis cette position-là, cette position-là et puis cette position-là. En l'espace de quelques secondes, ça fait ce mouvement-là, alors on a presque la perception simultanée des deux fonctionnements.

C'est ça qui m'a donné la connaissance de la chose, autrement je ne comprendrais pas ; je croirais seulement que c'est un état, puis que je tombe dans un autre état – ce n'est pas ça, c'est simplement...

Tout, toute la substance, les vibrations doivent suivre leur cours normal, n'est-ce pas, mais c'est seulement la perception de la conscience qui change.

Ce qui fait que si on pousse cette connaissance-là à l'extrême, c'est-à-dire si on la généralise, la vie (ce que nous appelons « la vie » généralement, la vie physique, la vie du corps) et la mort, C'EST LA MÊME CHOSE, c'est simultanément... seulement la conscience qui fait comme ça et fait comme ça, qui se déplace comme ça et comme ça (même geste de va-et-vient entre les doigts). Je ne sais pas si je peux me faire comprendre. Mais c'est fantastique.

 

Agenda du 14 juin 1965

Mais maintenant, je vois qu'il y a des profondeurs superposées : on a une symbolique, puis une profondeur et c'est une autre symbolique. Et finalement, toute forme est un symbole. Toutes les formes, notre forme est un symbole – pas très brillant, je dois dire !

 

Agenda du 14 mai 1966

Mais ce sont de drôles de choses, c'est comme si quelqu'un s'amusait à faire des expériences avec mes yeux. Je vois d'une façon étrange – étrange. Et la loupe commence à ne plus servir à rien.

(silence)

Mais tout-tout devient étrange. Comme s'il y avait deux, trois, quatre réalités (geste superposé) ou apparences, je ne sais pas (mais ce sont plutôt des réalités), l'une derrière l'autre ou l'une dans l'autre, comme cela, et en l'espace de quelques minutes ça change (geste comme si une réalité se gonflait pour dépasser et prendre la place de l'autre), comme si un monde était juste là, là-dedans, et qu'il sortait tout d'un coup.

Quand je suis tranquille, il y a un petit... pas un mouvement, je ne sais pas ce que c'est : ça ressemblerait plutôt à des pulsations, et, suivant les cas, il y a des expériences différentes.

 

Ainsi, en faisant ces quelques recherches dans l'Agenda, j'ai retrouvé des choses que j'avais oublié. Je ne me souvenais plus de cette expérience sur le pouvoir de la joie, ni ces expériences liées au processus de transformation avec la superposition d'un fonctionnement nouveau, vrai, divin... et le fonctionnement habituel, ni ces différentes réalités qui se superposent et agissent comme des vibrations, des pulsations...

Il me revient maintenant, seulement à l'instant, que Mère à souvent parlé aussi du vrai corps et du faux corps, que notre perception du corps était fausse, comme s'il y avait, caché dans notre faux corps, notre vrai corps. Et elle ne parlait pas du tout des corps subtils au sens où on l'entends avec le corps mental, le corps émotionnel, le corps énergétique. Ce serait à l'intérieur de notre matière corporelle.  D'ailleurs, Mère parlait aussi de la vraie matière et de la fausse matière, et que ces deux états, vrais et faux, étaient ou bien superposés, comme passer d'une pièce à une autre, ou en tout cas, intimement mêlés.

Tout cela reste encore très mystérieux et peut-être que cela parlera à quelqu'un... parce que, souvent, nous cherchons de la mauvaise façon et au mauvais endroit. Ces extraits peuvent inciter à regarder autrement et ailleurs et nous aider à trouver la vraie chose. Si nous prenions conscience, ne serait-ce qu'un peu, de ce phénomène de superposition que Mère évoque, cela nous rapprocherait de la vraie porte de sortie de ce monde de misère.

Et si j'ignore complètement comment ces extraits seront reçus, en ce qui me concerne, cela me parle beaucoup et je trouve cela très profond et très fort, passionnant. Mère dit des choses, raconte des choses sur le processus de transformation qui sont très intimes et très puissantes, et ce n'est pas de la théorie ou de la philosophie, ça a la force du vécu et ouvre des brèches. Et c'est formidablement INCARNÉ. Elle a taillé la route de l'Avenir... pour que nous puissions la pratiquer. Cela me rappelle ce vers de Savitri qui dit que Dieu contraindra le coeur de l'homme à la joie. 

Les liens ci-dessous vous permettront de consulter le texte intégral des Agendas que j'ai cité plus haut.

Agenda du 6 octobre 1959

Agenda du 2 octobre 1961

Agenda du 27 juin 1962

Agenda du 8 septembre 1962

Agenda du 14 juin 1965

Agenda du 14 mai 1966

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M
Interessant ... Merci
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P
Merci Marek. Tant mieux si cela te sert. Cela me permet d'ajouter que j'ai oublié de dire que cette expérience est venue après avoir davantage fixé ma pensée sur l'Un, suite à un précédent article avec des extraits de la Gîta, dans lequel Krishna rappelait aussi sa promesse qu'il nous délivrerait de tout péché et de tout mal. Parce qu'à vrai dire, par nos propres forces, je ne vois toujours pas comment nous pourrions faire, même si, encore bien borné, j'essaye encore 😀