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Publié par pascalemmanuel

Si l'on nous posait la question de savoir ce qu'il est nécessaire de cultiver dans la vie spirituelle, nous répondrions peut-être l'équanimité, l'équilibre, la paix, la joie, la sincérité, la vérité, l'amour... et très évidemment toutes ces éléments sont d'une grande importance et certains constituent même la base de départ indispensable.

Pourtant, dans ce chapitre La nécessité de la transformation spirituelle, (page 294 à 311), Sri Aurobindo accorde à la volonté une place de tout premier plan :

Notre façon normale de conduire notre vie individuelle ou sociale est en fait gouvernée par l’équilibre de deux pouvoirs complémentaires : d’abord, une volonté implicite au centre de la vie, inhérente à son principal pouvoir d’action ; ensuite, une volonté modificatrice qui vient de l’Idée (1) mentale — car l’homme est un être mental — et qui pénètre et agit dans la mesure du possible à travers nos instruments mentaux encore imparfaits, afin de donner à cette force de vie une orientation et une méthode conscientes.

(1) Sri Aurobindo désigne ici le principe supérieur dont nos idées mentales sont une traduction plus ou moins déformée, rétrécie et dépourvue de pouvoir. Dans ses écrits ultérieurs, Sri Aurobindo appellera « surmental » ce principe supérieur. (Note de l’éditeur)

Normalement, la vie a son centre dans notre être vital et physique, dans ses appétits et ses besoins, son exigence de durée et de croissance, d’expansion, de jouissance, ses recherches de toutes sortes de pouvoirs et de possessions, d’activités, de splendeurs et de grandeurs.

La première direction de cette Force-de-Vie, la première mise en ordre de ses méthodes, sont instinctives et entièrement ou très largement subconscientes et magnifiquement automatiques : l’aisance, la spontanéité, la superbe normalité, la beauté, le contentement, l’abondante énergie vitale et le pouvoir de la vie sub-humaine dans la Nature jusqu’à l’animal, viennent de sa complète obéissance à cette impulsion instinctive et automatique.

Et parce qu’il sent vaguement cette vérité et observe le caractère tout différent de la vie humaine, inférieure à cet égard, le penseur est amené, lorsqu’il n’est pas satisfait de notre condition présente, à proposer une vie en accord avec la Nature comme remède à tous nos maux.

*

Les efforts pour découvrir une règle de ce genre dans la nature essentielle de l’homme sont à l’origine de nombreuses conceptions révolutionnaires de l’éthique et du développement social ou individuel, jusqu’à la dernière du genre, la philosophie vitaliste de Nietzsche, étrangement inspirée. Le défaut commun à toutes ces conceptions est de n’avoir pas saisi le vrai caractère de l’homme ni la vraie loi de son être, son dharma.

*

L’idée de Nietzsche, selon laquelle notre tâche véritable est de développer le surhomme dans notre humanité actuelle très peu satisfaisante, est en soi une doctrine absolument correcte. Sa définition de notre but : « devenir soi-même » et « se dépasser soi- même », ne saurait guère être améliorée, impliquant, comme elle le fait, que l’homme n’a pas encore trouvé la totalité de son vrai moi, sa vraie nature qui lui permettrait de vivre spontanément et avec succès.

Mais alors se pose la question des questions : quel est notre vrai moi et quelle est notre vraie nature ? Quelle est cette chose qui devient en nous, mais que nous ne sommes pas encore devenus ? — C’est quelque chose de divin, déclare- t-on : une divinité olympienne, apollinienne ou dionysiaque, que l’homme, animal raisonnable et doté d’une volonté consciente, s’efforce plus ou moins obscurément de devenir.

Et certainement, c’est tout cela ; mais où trouverons-nous la semence de cette divinité et quel est l’équilibre qui permettra au surhomme de durer, une fois qu’il s’est trouvé, et d’être à l’abri des rechutes dans cette humanité inférieure imparfaite ?

Est-ce dans l’intellect et la volonté, la bouddhi au double aspect du système psychologique indien (1) ?

(1) Dans la psychologie indienne, la buddhi ou intelligence est à la fois un pouvoir de connaissance et un pouvoir de volonté qui met à exécution la connaissance. (Note de l’éditeur)

Mais jusqu’à présent, ce principe s’est révélé si confus, si divisé contre lui-même, si incertain de tous ses gains — jusqu’à un certain point en vérité magiquement créateur et efficace, mais en fin de compte, quand tout a été dit et fait, si splendidement futile, si perpétuellement en guerre contre notre nature inférieure, et pourtant si dépendant d’elle, si soumis à elle — que même s’il recèle quelque semence de la divinité complète, il ne peut guère être lui-même cette semence, et en tout cas il ne nous donne pas cet équilibre sûr et divin que nous recherchons.

Nous disons donc que ce n’est pas l’intellect et la volonté, mais l’Esprit, ce principe suprême en nous, plus haut encore que la Raison, et maintenant caché ici-bas sous les couches de notre nature inférieure, qui est la semence secrète de la divinité et qui, une fois découvert et délivré, lumineux au-dessus du mental, sera le vaste fondement sur lequel pourra s’établir avec sécurité la vie divine de l’être humain.

*

Quand nous parlons du surhomme, nous entendons évidemment une chose si anormale ou si supranormale pour notre nature actuelle, que l’idée même en est facilement alarmante, voire révoltante pour notre humanité normale. L’être humain normal ne désire pas être tiré de sa ronde mécanique perpétuelle pour gravir ce qui peut lui apparaître comme des sommets inaccessibles, et il aime encore moins la perspective d’être dépassé, laissé en arrière et dominé, encore que l’objet d’une surhumanité véritable ne soit pas de dépasser ni de dominer, comme une fin en soi, mais justement de révéler à notre humanité normale quelque principe qui la dépasse maintenant, et qui pourtant contient sa propre perfection prédestinée.

Mais notons que ce que nous avons appelé l’« humanité normale » est quelque chose d’anormal dans la Nature, quelque chose dont nous chercherions en vain l’équivalent autour de nous : c’est une variation rapide, un miracle soudain.

L’anomalie dans la Nature n’est pas un obstacle, ce n’est pas nécessairement un signe d’imperfection ; ce peut très bien être un effort vers une perfection plus grande.

Mais cette perfection ne peut pas se découvrir aussi longtemps que l’anormal n’a pas solidement trouvé sa propre normalité et organisé correctement sa vie au sein de son espèce et de son pouvoir propres, et sur son propre plan.

L’homme est un anormal qui n’a pas trouvé sa normalité. Il peut s’imaginer l’avoir trouvée ; il peut paraître normal dans son espèce ; mais cette normalité n’est qu’une sorte d’ordre provisoire, et, par suite, bien que l’homme soit infiniment supérieur à la plante ou à l’animal, il n’est pas parfait dans sa propre nature comme le sont la plante et l’animal.

Il ne faut aucunement déplorer cette imperfection ; au contraire, c’est un privilège et une promesse, car elle ouvre devant nous une perspective immense de développement et de surpassement.

À son sommet, l’homme est un demi-dieu surgi de la Nature animale où il est splendidement anormal ; mais l’être qu’il a commencé de devenir, le dieu complet, est tellement plus grand que ce qu’il est, que cette divinité lui semble aussi anormale qu’il est lui-même anormal pour l’animal. Ceci le met en face d’un labeur de croissance énorme et ardu, mais lui promet aussi le couronnement d’une victoire splendide pour son espèce. Un royaume lui est offert, auprès duquel ses triomphes actuels dans le domaine mental et sur la Nature extérieure apparaîtront comme une grossière ébauche et un pauvre début.

*

Quel est exactement le défaut, la source de toute l’imperfection humaine ?

Nous l’avons déjà indiqué — en fait, c’était le but général des chapitres précédents —, mais il est nécessaire maintenant de l’énoncer d’une façon plus succincte et plus précise.

À première vue, l’homme semble doté d’une double nature : la nature animale de l’être vital et physique qui vit selon ses instincts, ses impulsions, ses désirs et qui suit une orientation et une méthode automatiques ; et en même temps, la nature semi- divine de l’être intellectuel, éthique, esthétique, intelligemment émotif, intelligemment dynamique, conscient de lui-même, capable de découvrir et de comprendre la loi de sa propre action, de s’en servir et de l’améliorer consciemment, doté d’un mental réflectif qui comprend la Nature, d’une volonté qui utilise, élève et perfectionne cette Nature, et d’une perception qui en jouit intelligemment.

Le but de la partie animale de notre être est d’accroître ses possessions vitales et sa jouissance vitale ; le but de la partie semi-divine en nous est aussi de croître, de posséder et de jouir, mais d’abord, de posséder et de jouir intelligemment, esthétiquement, éthiquement, par les pouvoirs du mental plus que par les pouvoirs de la vie et du corps ; ensuite, de posséder et de jouir, non pas tant des choses vitales et physiques — sauf dans la mesure où c’est nécessaire comme fondement et point de départ, comme une nécessité ou une condition préliminaires, une base, un point d’appui —, mais surtout des choses intellectuelles, éthiques et esthétiques, et de croître, non pas tant dans la vie extérieure — sauf dans la mesure où c’est nécessaire à la sécurité, à l’aisance et à la dignité de notre existence humaine —, mais dans le vrai, le bien et le beau.

Telle est l’humanité véritable de l’homme, son unique distinction et sa seule anormalité dans la norme de cette Nature matérielle inconsciente.

*

Cela signifie que l’homme a fait apparaître un nouveau pouvoir d’être, que nous pouvons appeler un nouveau pouvoir d’âme, à condition de considérer la vie et le corps aussi comme des pouvoirs de l’âme ; or l’être qui a développé ce pouvoir est de ce fait obligé, non seulement de regarder le monde de sa nouvelle hauteur et de tout réévaluer de ce point de vue nouveau, mais de contraindre sa nature entière à obéir à ce pouvoir et, en un sens, à se refaçonner dans son moule, voire même à remodeler autant qu’il le peut la vie qui l’entoure à l’image de cette vérité et de cette loi plus hautes.

C’est en cela que réside son swadharma, sa vraie loi et sa vraie manière d’être, la voie de sa perfection et de son bonheur réel.

S’il échoue, il manque le but de sa nature et de son être, et il doit recommencer jusqu’à ce qu’il trouve le vrai chemin et arrive à un tournant favorable, à une crise de transformation décisive.

Or, c’est justement ce que l’homme n’a pas su faire.

Il a accompli quelque chose, il a franchi une certaine étape de son voyage. Il a, jusqu’à un certain point, mis le joug d’une règle intellectuelle, éthique et esthétique sur les parties vitales et physiques de son existence, et fait en sorte qu’il lui soit impossible d’être ou de se contenter d’être le pur animal humain.

Mais il n’a pas été capable de faire davantage. La transformation de sa vie à l’image du vrai, du bien et du beau, semble aussi lointaine que jamais.

S’il s’en approche parfois sous quelque forme imparfaite (et même alors, cela ne concerne qu’une classe ou un petit nombre d’individus, avec une action réflexe sur la vie de la masse), il retombe bientôt en arrière dans une déchéance générale de la vie, à moins qu’il ne se précipite dans quelque bouleversement déroutant, pour en sortir avec de nouveaux gains, sans doute, mais non sans de sérieuses pertes.

Il n’est jamais arrivé au grand tournant, jamais à la crise décisive de sa transformation.

*

L’échec principal — en fait la source même de tout cet échec — vient de ce que l’homme n’a pas été capable de déplacer vers le haut ce que nous avons appelé la « volonté implicite » au centre de sa vie, la force et la foi solidement établie inhérentes à son principal pouvoir d’action.

La volonté centrale de sa vie se situe encore dans son être vital et physique, et elle reste naturellement portée aux jouissances vitales et physiques — des jouissances éclairées, certes, et dont les impulsions sont refrénées jusqu’à un certain point par les pouvoirs supérieurs ; mais éclairées très partiellement, et non transformées — refrénées, mais non dominées ni soulevées à un plan supérieur.

La vie supérieure est encore seulement superposée à l’inférieure, comme une sorte d’intruse permanente dans notre existence habituelle.

L’intruse intervient constamment dans la vie normale ; elle gronde, encourage, décourage, sermonne, manipule, réajuste, mais ne soulève que pour laisser retomber ; elle n’a pas le pouvoir de transformer, pas le pouvoir de transmuer et de recréer.

À vrai dire, elle semble ne pas très bien savoir elle-même vers quoi tend tout cet effort, cette lutte pénible ; parfois, elle croit que c’est vers une vie humaine tout à fait tolérable sur la terre, mais la norme de cette vie, elle n’arrive jamais à la fixer ; et parfois, elle imagine que le voyage la conduit à un autre monde où, par sa vie religieuse sinon par une mort édifiante, elle échappera à tous les tracas et les tourments de l’être mortel.

Ainsi, ces deux éléments, supérieur et inférieur, cohabitent-ils dans un mutuel et perpétuel embarras, dans le malaise, la gêne, l’affaiblissement mutuel, un peu comme une femme et un mari mal assortis, toujours en désaccord et pourtant à moitié amoureux l’un de l’autre, ou du moins nécessaires l’un à l’autre, incapables d’arriver à une harmonie et pourtant condamnés à être accouplés par une laisse de malheur, jusqu’à ce que la mort les sépare.

Tout le malaise, l’insatisfaction, la désillusion, la lassitude, la mélancolie, le pessimisme du mental humain, viennent de la faillite de l’homme à résoudre pratiquement l’énigme et la difficulté de sa double nature.

*

Nous avons dit que la faillite venait de ce que le pouvoir supérieur, mental, n’était qu’un médiateur, et que de transformer complètement la vie vitale et physique à son image, n’était peut-être pas possible, ou en tout cas n’était pas l’intention de la Nature en nous.

On pourrait peut-être arguer que certains individus ont malgré tout réussi à effectuer un semblant de transformation, qu’ils ont vécu une vie entièrement éthique, artistique ou intellectuelle, qu’ils ont même façonné leur vie selon un certain idéal du vrai, du bien et du beau ; or, ce que l’individu a accompli, l’espèce le peut aussi et doit finalement réussir à l’accomplir ; car l’individu exceptionnel est le type futur, le précurseur.

Mais en quoi consiste réellement leur succès ?

Ou bien ils ont appauvri la vie vitale et physique en eux afin de donner libre essor à un seul élément de leur être, et ils ont vécu un seul aspect de l’existence, une vie limitée ; ou bien ils sont arrivés à un compromis, qui donnait certes à la vie supérieure une grande prépondérance, mais laissait la vie inférieure paître dans son propre champ sous l’œil plus ou moins sévère ou la bride plus ou moins indulgente du ou des pouvoirs supérieurs ; et la vie elle-même, en ses instincts et ses exigences propres, restait inchangée. Il y avait domination, mais non transformation.

*

La vie ne peut pas être entièrement rationnelle, elle ne peut pas se conformer entièrement à la mentalité éthique, ni esthétique, ni scientifique ou philosophique ; le mental n’est pas l’archange prédestiné de la transformation. Toute preuve apparente du contraire, est toujours un trompe-l’œil, une illusion intellectuelle, esthétique ou éthique.

On peut dominer la vie, peut-être, ou la refouler, mais elle réserve ses droits ; et même si certains individus, ou une classe, parviennent à établir cette domination pendant un temps et à en imposer le simulacre à la société, la Vie finit par circonvenir l’intelligence ; et comme il existe toujours des parties traîtresses, elle y trouve des éléments forts qui passent de son côté et l’aident à rétablir ses instincts et à reprendre possession de son domaine ; ou, si elle n’y réussit pas, elle se venge par sa propre déchéance, qui entraîne la déchéance de la société et déçoit l’espoir éternel.

Cela est si vrai qu’à certaines époques, l’humanité, constatant ce fait et renonçant à vouloir dominer l’instinct vital, se décide à mettre l’intelligence au service de cet instinct et à lui donner de la lumière sur son propre terrain, au lieu de l’asservir à un idéal plus élevé, mais chimérique.

*

 

L’âge matérialiste récent a été une période de ce genre. L’intellect de l’homme semblait décidé à étudier à fond la vie et la matière, à n’admettre que cela, à ne voir dans le mental qu’un instrument de la vie et de la matière, et à consacrer toutes ses connaissances à une expansion formidable de la vie physique et vitale, à sa commodité, son efficacité, son confort, et à une splendide organisation de ses instincts de production, de possession et de jouissance.

Tel était le caractère de l’âge matérialiste, commercial et économique de l’humanité, un âge où l’esprit éthique a péniblement survécu, en doutant de plus en plus de lui-même, de sa valeur, et en ayant tendance à faire capituler la forteresse de la loi morale devant l’instinct vital ; un âge où le sens esthétique et l’intelligence fleurissaient comme un ornement exotique, plutôt voyant, une sorte d’orchidée rare à la boutonnière de l’homme vital, tandis que la raison devenait la magnifique servante de la vie et de la matière.

Le développement titanesque de la vie vitale qui s’ensuivit, est en train de finir comme finissent toujours les titans ; il a mis le feu à son propre bûcher funéraire dans l’énorme incendie d’une guerre mondiale, son dénouement naturel, et dans une lutte où les nations les plus « efficaces » et les plus « civilisées » se disputaient la possession et la jouissance du monde, ses richesses, ses marchés, ses espaces libres, une expansion commerciale démesurée, pléthorique, et une grandeur aux dimensions d’un pouvoir impérial.

Tel était le sens de la Grande Guerre et son origine réelle, car telle était l’intention déclarée, ou secrète, de toute la diplomatie et de la politique internationale d’avant-guerre ; et si quelque conception plus noble s’est éveillée (1) — du moins pour un bref moment —, ce fut sous le seul fouet de la Mort et devant le spectre terrifiant d’une destruction mutuelle gigantesque.

(1) Peut-être Sri Aurobindo fait-il allusion aux conférences de La Haye en 1899 et 1907 pour le désarmement et l’arbitrage international. (Note de l’éditeur)

Même alors, cette prise de conscience n’était en aucune façon complète ni partout absolument sincère ; mais elle était présente et faisait effort pour se manifester, même en Allemagne qui pourtant était le grand protagoniste de la philosophie vitaliste de la vie. Cet éveil porte l’espoir de choses meilleures.

Mais, pour le moment tout au moins, la tendance vitaliste a une fois de plus redressé la tête sous une forme nouvelle et l’espoir s’est effacé dans une obscurité et une confusion où seul l’œil de la foi peut voir un nouveau cosmos qui se prépare sous le chaos.

*

Le premier résultat de cet éveil imparfait semblait vouloir être un retour à un idéal plus ancien et à une volonté de se servir mieux et plus largement de la raison et de l’éthique afin d’organiser la vie individuelle, nationale et internationale.

Mais pareille tentative, si bonne soit-elle pour un début, ne peut pas être la solution réelle ni finale ; si notre effort s’arrête là, nous n’arriverons pas au but.

La solution se trouve, nous l’avons dit, dans un éveil à notre nature réelle et à notre moi réel — réels, parce que les plus hauts —, à ce moi caché que nous ne sommes pas encore, mais que nous devons devenir.

Ce moi n’est pas la Volonté vitale puissante et éclairée que chantait Nietzsche, c’est un moi spirituel, une nature spirituelle qui se servira de l’être mental que nous sommes déjà — mais un être mental spiritualisé — et qui, par une idéalité spirituelle, transformera le but et l’action de notre nature vitale et physique.

Car telle est la formule de l’homme en sa potentialité la plus haute, et la sécurité consiste à tendre vers notre potentialité la plus haute, et non à demeurer satisfaits d’une potentialité inférieure.

Il peut sembler que de suivre ainsi ce qu’il y a de plus haut en nous, soit « vivre dangereusement », pour employer une autre expression inspirée de Nietzsche ; mais par ce danger viennent la victoire et la sécurité.

Suivre une potentialité inférieure ou s’y reposer, peut sembler sûr, rationnel, confortable, facile, mais finit mal : par quelque futilité qui tourne en rond, une descente dans l’abîme ou dans un bourbier stagnant.

Notre route vraie et naturelle conduit vers les sommets.

*

 

Il faut donc se remettre à la poursuite d’un secret ancien que l’homme en tant qu’espèce n’a entrevu qu’obscurément et maladroitement recherché, qu’il a compris, certes, mais seulement avec son mental de surface et non dans sa signification profonde — et pourtant, c’est en recherchant ce secret qu’il trouvera non seulement son salut individuel, mais son salut social : l’idéal du royaume de Dieu, le secret du règne de l’Esprit sur le mental, sur la vie et sur le corps.

Et parce que les nations asiatiques, plus vieilles, n’ont jamais complètement perdu de vue ce secret, parce qu’elles ne l’ont jamais renié dans le désir impatient d’une victoire inférieure, elles ont survécu avec une persistance inlassable et elles peuvent maintenant, comme si elles étaient immortelles, lever leur regard vers l’aurore nouvelle.

Elles se sont endormies, mais elles n’ont pas péri. Il est vrai qu’elles ont échoué dans la vie, pendant un temps, alors que réussissaient les nations d’Europe qui avaient foi en la chair et l’intellect ; mais ce succès, qui peut donner l’illusion passagère d’être parfait, a toujours tourné à la catastrophe.

L’Asie n’en a pas moins échoué dans la vie, elle est tombée dans la poussière ; et même si la poussière où elle gisait est sacrée, comme l’a déclaré le poète moderne de l’Asie (1) (et encore peut-on douter de ce caractère sacré), la poussière n’est cependant point une place convenable pour l’homme, et y rester prostré n’est pas non plus l’attitude humaine la plus adéquate.

1. Rabindranâth Tagore.

Mais si l’Asie a échoué momentanément, ce n’est pas parce qu’elle poursuivait un but spirituel, comme certains le disent pour se consoler — comme si vraiment l’esprit pouvait être une faible chose ou une cause de faiblesse ! — mais au contraire, parce qu’elle n’est pas allée assez loin dans sa quête de l’esprit et qu’elle n’a pas appris à en faire le maître total de la vie.

Son mental a créé un gouffre de division entre la vie et l’Esprit, ou il s’est reposé sur un compromis entre les deux et a accepté comme définitifs des systèmes socio-religieux fondés sur ce compromis. Ce genre de repos est périlleux, car, plus que tout autre, l’appel de l’Esprit exige qu’on le suive jusqu’au bout, et le bout n’est ni un divorce ni une fuite ni un compromis, mais une conquête de tout par l’esprit.

Selon le symbolisme religieux hindou, c’est ce règne des chercheurs de perfection que le dernier Avatâr (2) vient établir.

(2) L’Avatâr est l’incarnation du Divin sous une forme humaine. Sri Aurobindo souligne dans ses œuvres que le Divin se manifeste périodiquement parmi les hommes, apportant chaque fois un nouveau pouvoir de conscience sur la terre. En effet, selon Sri Aurobindo, le Divin s’exprime progressivement dans le monde, et le sens de la destinée humaine est une lente évolution spirituelle depuis l’Inconscience apparente de la matière jusqu’à une humanité supramentale ou divine, prochain stade de l’évolution. À chaque étape décisive de l’évolution humaine, l’Avatâr vient ouvrir le chemin d’une nouvelle région de conscience. Sri Aurobindo range le Bouddha notamment, le Christ et Râmakrishna parmi les derniers grands Avatârs. (Note de l’éditeur)

*

Cette vérité est importante à noter, car les erreurs commises sur le chemin sont souvent plus instructives encore que les erreurs commises en se détournant du chemin.

De même qu’il est possible de superposer une vie intellectuelle, une vie éthique et une vie esthétique, ou la somme de leurs mobiles, à la nature vitale et physique, et de se satisfaire d’une domination partielle ou d’un compromis, de même il est possible de superposer la vie spirituelle, ou une certaine apparence de vigueur spirituelle ou quelque influence des idées et des mobiles spirituels, à la nature mentale, vitale et physique, et, soit d’appauvrir l’existence vitale et physique, voire de rabaisser le mental afin de donner à l’esprit une domination plus facile, soit de s’arrêter à un compromis et de laisser l’être inférieur paître à sa guise pourvu qu’il rende un fréquent hommage à l’existence spirituelle, qu’il admette son influence dans une plus ou moins grande mesure, et la reconnaisse formellement comme le dernier état et la finalité de l’être humain.

La société humaine n’est jamais allée plus loin dans le passé ; mais, bien que ce doive être une étape nécessaire du voyage, s’arrêter là, c’est manquer le fond de l’affaire, la seule chose nécessaire.

Pas une humanité menant sa vie ordinaire, sa petite ronde normale d’à présent, effleurée par quelques influences spirituelles, mais une humanité qui aspire de tout son cœur à une loi encore anormale pour elle, jusqu’à ce que sa vie tout entière s’élève à la spiritualité : tel est le chemin escarpé qui doit conduire l’homme à sa perfection et telle est la transformation qu’il doit accomplir.

Clerodendrum indicum – Clérodendron – La volonté divine agissant dans le subconscient

Le secret de la transformation est de transférer le centre de notre vie à une conscience plus haute et de changer le pouvoir moteur principal de notre existence.

Ce sera un saut ou une ascension encore plus prodigieuse que celle que la Nature a dû accomplir à un moment donné lorsqu’elle est passée du mental vital (1) de l’animal au mental pensant encore imparfait de notre intelligence humaine.

(1) Selon Sri Aurobindo, chaque niveau évolutif possède son activité mentale propre, et de même qu’il existe un mental pensant, intellectuel, il existe un « mental vital » qui régit les impulsions, les désirs, les instincts et les besoins de la vie ; un « mental physique » qui enregistre les minuscules activités corporelles, ses craintes, ses peurs, ses attractions ; et même un « mental cellulaire », très puissant, qui garde toutes les empreintes et qui est la forteresse de nos mécanismes corporels — et notamment de nos habitudes de maladie. (Note de l’éditeur)

La volonté centrale implicite dans la vie ne doit plus être la volonté vitale de la vie et du corps, mais la volonté spirituelle, dont nous n’avons pour le moment que des signes et des aperçus rares et imprécis.

Cette volonté spirituelle nous parvient, mais à peine dévoilée ; affaiblie, déguisée sous l’Idée mentale, elle est pourtant supramentale dans sa nature, et c’est son pouvoir supramental et sa vérité supramentale que nous devons découvrir tant bien que mal.

De même, le pouvoir moteur principal de notre existence ne doit plus être l’élan vital inférieur de la Nature, qui a déjà touché son sommet en nous et ne peut plus guère que tourbillonner autour du centre de notre ego, mais cette force spirituelle dont nous entendons bien parler parfois, et dont nous parlons nous-mêmes, mais dont nous ne possédons pas encore le secret profond.

Car elle est encore repliée dans les profondeurs de notre être, attendant que nous transcendions l’ego et que nous découvrions l’individu véritable, universel, qui, par son universalité, nous unira à tous les êtres.

Transférer notre volonté d’être et le pouvoir moteur de notre existence depuis l’être vital — la réalité instrumentale en nous — jusqu’à l’esprit — la réalité centrale — et les élever à cette hauteur, tel est le secret que notre nature s’efforce de découvrir.

Tout ce que nous avons fait jusqu’à présent, c’est un effort à demi couronné de succès pour transférer au plan mental ce pouvoir et cette volonté ; notre tentative et notre labeur les plus hauts ont consisté à devenir un être mental et à vivre par la puissance de l’idée.

Mais l’idée mentale en nous est toujours intermédiaire et instrumentale ; elle dépend toujours de quelque chose d’autre qu’elle-même pour fonder son action, et c’est pourquoi, bien qu’elle poursuive sa propre satisfaction séparée pendant un temps, elle ne peut pas s’en contenter pour toujours.

Ou bien elle doit graviter vers le bas et l’extérieur, vers la vie physique et vitale, ou bien elle doit s’élever au-dedans et au-dessus, vers l’esprit.

*

Et c’est pourquoi aussi, dans la pensée, dans l’art, dans notre conduite et dans la vie, nous sommes toujours divisés entre deux tendances : idéaliste et réaliste.

Cette dernière a toutes chances de nous paraître plus réelle, plus solidement fondée, plus proche des réalités, parce qu’elle s’appuie sur des faits évidents, tangibles et déjà accomplis ; la tendance idéaliste a tôt fait de nous sembler irréelle, fantastique, inconsistante, nébuleuse, une affaire de pensée et de mots plutôt que de faits vivants, parce qu’elle essaye d’incarner une réalité qui n’est pas encore accomplie.

Nous avons peut-être raison, jusqu’à un certain point ; car l’idéal est un étranger au milieu des réalités de notre existence physique, et en effet, il est irréel tant qu’il ne s’est pas réconcilié d’une façon quelconque avec les imperfections de notre vie extérieure ou tant qu’il n’a pas trouvé la réalité plus grande et plus pure qu’il cherche, afin de l’imposer à nos activités extérieures ; jusque-là, il est suspendu entre deux mondes et n’a conquis ni la lumière d’en haut, ni l’obscurité d’en bas.

Il est facile de se soumettre aux réalités par un compromis ; il est difficile de découvrir la vérité spirituelle et de transformer notre manière présente de vivre : mais c’est précisément cette chose difficile qu’il nous faut accomplir si l’homme doit trouver sa vraie nature et atteindre à sa plénitude.

Notre idéalisme est toujours l’élément le plus vraiment humain en nous, mais en tant qu’idéalisme mental il reste inefficace. Pour être efficace, il doit se convertir en un réalisme spirituel qui se saisira de la réalité supérieure de l’esprit pour façonner à son image la réalité inférieure de notre nature sensorielle, vitale et physique.

*

Ce transfert vers le haut de notre volonté d’être et du pouvoir moteur de notre vie, doit donc devenir le principe même de notre perfection.

Cette volonté, ce pouvoir, doivent choisir entre la domination de l’élément vital en nous, et la domination de l’esprit.

La Nature peut s’attarder dans la ronde de l’être vital, elle peut même y atteindre une sorte de perfection, mais c’est la perfection d’un développement figé, satisfait de ses propres limites.

Elle peut s’en accommoder dans la plante et dans l’animal, parce que, là, le corps et la vie sont tout à la fois l’instrument et le but ; ils ne regardent pas au-delà d’eux- mêmes.

Mais elle ne peut en faire autant dans l’homme, car, avec lui, elle a jailli au-delà de sa base physique et vitale ; en lui elle a développé le mental, qui est l’épanouissement de la vie vers la lumière de l’Esprit, et la vie et le corps sont désormais des instruments, et non plus leur propre but.

Par conséquent, la perfection de l’homme ne peut pas consister à suivre la ronde obscure de la vie physique.

Ce n’est pas non plus dans la ronde plus large de l’être mental que nous découvrirons la perfection, car cet être aussi est un instrument et il tend vers quelque chose d’autre, au-delà de lui-même, dont le pouvoir agit en lui, certes, mais dont la vérité plus vaste est supra-consciente pour son intelligence actuelle — supramentale.

La perfection de l’homme est dans l’épanouissement de l’Esprit à jamais parfait.

*

La perfection inférieure de la Nature dans la plante et dans l’animal vient d’une obéissance instinctive et automatique, subconsciente, de chaque espèce à la vérité vitale de son être.

La perfection supérieure de la vie spirituelle viendra d’une obéissance spontanée de l’homme spiritualisé à la vérité de son être accompli, quand il sera devenu lui-même, quand il aura trouvé sa nature réelle.

Car cette spontanéité ne sera plus instinctive ni subconsciente, elle sera intuitive et pleinement, intégralement consciente.

Ce sera une obéissance joyeuse à un principe spontané de lumière spirituelle, à la force de la vérité la plus haute, de la beauté, du bien, du pouvoir, de la joie, de l’amour et de l’unité les plus vastes, unifiés et intégrés.

Le but de cette force, quand elle agira dans la vie, doit être, et sera, de croître, de posséder et de jouir, comme il en est de toute vie ; mais cette croissance sera une manifestation divine, une possession de l’esprit dans les choses et une jouissance spirituelle — une jouissance qui se servira des symboles mentaux, vitaux et physiques de notre existence, sans cependant en dépendre.

Par conséquent, ce ne sera pas la perfection limitée d’un développement figé qui dépend de la répétition des mêmes formes et d’une même ronde d’action, et dont toute déviation est une source de perturbation et de péril ; ce sera une perfection illimitée, capable de variations sans fin dans ses formes — car les voies de l’Esprit sont innombrables et sans fin — et pourtant inaltérablement la même dans toutes les variations : une et innombrablement infinie.

*

Par suite, cette perfection ne peut pas non plus venir de l’Idée mentale qui aurait avec l’Esprit le même rapport qu’elle a avec la vie. L’Idée mentale, quand elle se saisit de la volonté centrale dans l’Esprit pour essayer de donner à cette force supérieure une orientation et une méthode conscientes, conformes aux idées de l’intellect, est une force trop limitée et trop obscurcie, trop pauvre pour accomplir ce miracle.

Et cette perfection a encore moins de chances de se manifester si nous enchaînons l’esprit à quelque conception mentale fixe ou quelque système de culte religieux, à une vérité intellectuelle, à une norme esthétique, une règle morale, une méthode d’action pratique, une manière de vivre vitale et physique, ou à quelque combinaison particulière de formes et d’actions, et si nous déclarons que tout ce qui s’en éloigne, trouble la vie spirituelle et la met en péril, ou représente une déviation.

C’est l’erreur que l’Asie a commise, et c’est la cause de l’arrêt de son développement, puis de son déclin ; car c’est soumettre le principe supérieur à l’inférieur et lier la révélation spontanée de l’Esprit à un compromis provisoire et imparfait avec le mental et la nature vitale.

La vraie liberté, la vraie perfection de l’homme se réaliseront lorsque l’esprit immanent transpercera les formes du mental et de la vie pour s’envoler vers son propre domaine sur les hauteurs flamboyantes de l’éther gnostique, et que, du haut de cette lumière et de cette flamme, il se retournera vers les formes pour s’en saisir et les transformer à son image.

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En fait, nous l’avons vu, le mental et l’intellect ne sont pas les pouvoirs clefs de notre existence. Ils peuvent seulement tracer un cercle de demi-vérités et d’incertitudes, et tourner dans une ronde décevante.

Mais, caché dans le mental et dans la vie, et dans toutes les activités de l’être intellectuel, de l’être esthétique, éthique, dynamique et pratique, émotif, sensoriel, vital et physique, il existe un pouvoir qui voit par identité et par intuition, et qui donne à toutes ces parties autant de vérité, de certitude et de stabilité qu’elles peuvent en contenir.  

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Obscurément, nous commençons maintenant à entrevoir quelque lueur de ce pouvoir derrière notre science, notre philosophie et toutes nos autres activités.

Mais aussi longtemps que ce pouvoir devra travailler pour le mental et pour la vie, et non pour lui-même, à travers leurs formes et non par sa propre lumière spontanée, nous ne pourrons pas faire grand usage de cette découverte ni obtenir tout le bénéfice naturel de ce Daïmôn intérieur.

Le chemin de la surhumanité spirituelle s’ouvrira quand l’homme déclarera hardiment que tout ce qu’il a cultivé jusqu’à présent, y compris l’intellect dont il est si justement, et pourtant si vainement fier, ne lui suffit plus désormais et que sa préoccupation dominante est à présent de découvrir, dégager et libérer cette grande Lumière intérieure.

Alors sa philosophie, son art, sa science, son éthique, son existence sociale, ses recherches vitales, ne seront plus des exercices du mental et de la vie sans autre but qu’eux-mêmes et qui tournent en rond, mais des moyens de découvrir une Vérité plus grande derrière le mental et la vie, et de faire entrer le pouvoir de cette Vérité dans notre existence humaine.

Alors, nous serons sur le vrai chemin pour devenir nous-mêmes, pour trouver la vraie loi de notre perfection et vivre notre existence vraie et satisfaite dans notre être réel et notre nature divine.

Episcia cupreata – La volonté manifestée dans la vie

Quelques remarques :

Pour commencer, ni l'homme ni les sociétés n'ont atteint la plénitude de leur réalisation, c'est le moins qu'on puisse dire, et les choses semblent aller plutôt mal en ce moment. Ce chapitre me fait l'effet d'un médecin qui pose un diagnostic, explique les causes profondes de nos sempiternels échecs, individuels et sociaux, et propose un remède.

Comment pourrions-nous cesser de tourner en rond avec nos solutions qui ne solutionnent rien tant que nous ignorons où se trouve les portes de sorties du labyrinthe ?

Il est remarquable aussi que Sri Aurobindo relie le destin de l'homme à celui de la société. Dans le chapitre suivant, nous verrons le rôle précurseur des individus. D'abord le progrès s'incarne dans quelques individus et ensuite seulement il se propage dans la société. 

Ensuite, puisqu'Il insiste tant sur la volonté, sans doute devrions-nous clarifier notre compréhension sur ce point car il me semble probable qu'il s'agisse de bien autre chose que la volonté égotique et de ce que nous appelons la volonté. 

Et puis, si le secret consiste à "transférer le centre de notre vie à une conscience plus haute et de changer le pouvoir moteur principal de notre existence", encore faut-il savoir comment faire. Et, je me demande si le secret de ce comment ne serait pas, de ne pas se soucier du comment. C'est-à-dire, d'en laisser la responsabilité au Divin, à Sri Aurobindo, à partir où nous en faisons la demande, demandez et vous recevrez – une prière.

Il me semble aussi que lorsque nous posons une intention profonde et vraie, en concentration-méditation, cela à tendance à se réaliser. Je me demande d'ailleurs si ce pouvoir de l'Intention, ne serait pas justement, la Volonté, une force de réalisation siégeant au-dessus de notre tête. 

Une aspiration sincère est aussi un moyen pour faire advenir les choses. Maintenant, si quelques lecteurs ont des idées sur la question, leurs commentaires sont plus que bienvenus. 

Et enfin, dans toutes les livres saints de l'humanité, il est des paroles magnifiques, semblant porteur d'une vérité éternelle. Il en est d'autres qui laissent désormais perplexes, comme s'il s'agissait de vérités anciennes aujourd'hui périmées. Lorsque nous entendons mon royaume n'est pas de ce monde, la perfection n'est pas de ce monde, c'est en contradiction avec l'affirmation de Sri Aurobindo qu'une perfection divine est possible sur terre. Dans d'autres textes d'ailleurs, il affirme qu'elle est non seulement possible mais qu'elle sera. 

À suivre avec le chapitre suivant Les conditions de l'avènement d'un âge spirituel. Il me semble que c'est que beaucoup attendent. Là encore, si l'on nous posait la question de ces conditions, nous pourrions être plutôt embarrassés. Quand nous ne savons pas, tournons-nous vers ceux qui savent 😊.

Que le Divin vous bénisse 🙏 🔆 ❤️

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