Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Publié par pascalemmanuel

"Hâtez-vous lentement, et sans perdre courage,
Vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage,
Polissez-le sans cesse, et le repolissez,
Ajoutez quelquefois, et souvent effacez".

Nicolas Boileau

Cette citation est épatante, et celle-ci aussi, c'est la première phrase de La Genèse du Surhomme, comme si tout le processus tournait autour de  ça, comme si en une phrase, l'essentiel était dit :

Les secrets sont simples. Parce que la Vérité est simple, c’est la plus simple chose au monde, c’est pourquoi nous ne la voyons pas. 

Et cet Agenda aussi, formidable, en date du 16 septembre 1961 :

(Le disciple se plaint des difficultés qu’il a à écrire ce livre sur Sri Aurobindo. Il dit notamment qu’il a le sentiment d’être «bloqué» )

J’ai demandé à Sri Aurobindo de t’aider.

Tu sais, on est entouré de complications, et puis il y a toujours un endroit où ça s’ouvre tout simple et tout droit – ça, c’est une expérience que j’ai eue. N’est-ce pas, on tourne, on cherche, on fait, et puis on a l’impression qu’on est buté, et puis il y a un petit déclenchement d’attitude intérieure, et tout d’un coup, ça s’ouvre – tout simple.

C’est une expérience que j’ai eue très souvent. Alors j’ai demandé à Sri Aurobindo de te la donner.

Et d’une façon répétée et insistante, il dit : Be simple, be simple. Say simply what you feel. Be simple, be simple [«Sois simple, sois simple. Dis simplement ce que tu sens. Sois simple, sois simple»], avec insistance. Et en effet, ce ne sont que les mots, mais quand il disait ces mots, c’était comme si une voie de lumière s’ouvrait, très simple : « Oh! mais il n’y a qu’à mettre un pas devant l’autre !» C’était cela mon impression.

C’était... C’est curieux, c’était comme si toutes les complications étaient là (Mère touche ses tempes), c’était très compliqué et très difficile à ajuster ; et puis quand il disait Be simple, c’est curieux, c’était comme une lumière qui venait des yeux, comme cela, comme si tout d’un coup on débouchait dans un jardin de lumière.

C’était cela, l’impression.

C’était comme un jardin plein de lumière.

Une insistance très grande sur la chose simple : dire simplement ce que l’on voit ou l’on sait – simple, simple. Une simplicité... c’était tout à fait l’impression d’un jardin joyeux.

Be simple, be simple...

Les complications sont là (même geste), c’est dur et compliqué – et c’est comme une porte qui s’ouvrait : Be simple.

Comme s’il y avait trop de tension mentale : quelque chose qui est là, dans les tempes.

(silence)

Note que c’est sur un autre plan mais je fais face à une difficulté similaire. Il y a une si formidable accumulation de gens à voir, de choses à faire, de questions à régler – tout. L’accumulation est si serrée – serrée – , comme si tout était si compact ! Trop compact pour la vie d’un corps ordinaire (pour les heures et le temps et les forces).

Et il y a derrière, tout le temps, une sorte d’«immobilité active», en ce sens que la conscience a l’impression d’être immobile, et qu’elle est emportée dans le flot du progrès, c’est-à-dire de l’évolution.

Mais cette immobilité... N’est-ce pas, si je veux essayer de faire ce que j’ai à faire (tout ce que j’ai à faire), alors ça devient impossible et les choses se coincent et ça devient douloureux. Et là, il me donne la même réponse : Be simple, be simple.

Ce matin, quand je «marchais», (*) le programme de la journée et du travail était si formidable que j’avais l’impression que c’était impossible.

(*) Mère parle du Japa, qu'Elle faisait en marchant (Note personnelle)

Et en même temps, il y avait en moi cette... position intérieure, qui est comme cela, immobile, et dès que je m’arrête dans mon mouvement de formation et d’action, c’est comme une danse de joie : toutes les cellules qui vibrent (ça fait comme une musique extraordinaire et des mouvements), et ce sont toutes les cellules qui vibrent de joie de Présence – de Présence divine.

Mais quand il y a le dehors qui vient et qui attaque et que je regarde, alors cette joie ne disparaît pas mais elle se recule. Et le résultat est que j’ai tout le temps envie de m’asseoir et de rester tranquille – quand je suis comme cela, tout est merveilleux.

Mais naturellement il y a toutes les suggestions du dehors qui viennent : des suggestions d’impuissance, de vieil âge, d’usure, de diminution de pouvoir, tout cela – et je sais pertinemment que c’est faux.

Mais le calme du corps est indispensable. Eh bien, la réponse de Sri Aurobindo est toujours la même, pour moi aussi : Be simple, be simple, very simple.

Et je sais ce qu’il veut dire : ne pas laisser entrer cette pensée qui réglemente, organise, ordonne, juge, tout cela – il ne veut pas de cela. Ce qu’il appelle simple, c’est une spontanéité joyeuse: dans l’action, dans l’expression, dans le mouvement, dans la vie – be simple, be simple, be simple. 

Une spontanéité joyeuse.

N’est-ce pas, retrouver dans l’évolution cette espèce de condition qu’il appelait divine, et qui était une condition spontanée et heureuse. Ce qu’il veut, c’est qu’on retrouve cela. Et depuis des jours il est là à me dire (et pour ton travail c’est la même chose) : Be simple, be simple, be simple. Et dans sa simplicité, il y avait une joie lumineuse. 

Une spontanéité joyeuse.

C’est ce mental organisateur qui est terrible ! Il est terrible. Il nous a tellement convaincus que sans lui nous ne pouvons rien faire qu’il est très difficile de lui résister. – Convaincu ? il a convaincu toute l’humanité ! Toute l’humanité soi-disant d’élite, il l’a convaincue que sans cette puissance mentale organisatrice on ne peut rien faire de bon.

Ce que Sri Aurobindo veut, c’est que l’on soit avec la même joie simple d’une rose qui s’épanouit : Be simple, be simple, be simple. Et quand je l’entends, ou que je le vois, c’est comme un ruissellement de lumière dorée, comme un jardin qui sent bon – tout-tout-tout est ouvert. Be simple. Voilà, mon petit.

Et ça, je l’ai vu pour toi depuis deux ou trois jours, constamment. Et alors ce matin, c’était pour moi, parce que l’accumulation de travail est devenue tellement formidable qu’il me faudrait dix fois plus de temps que je n’en ai pour, simplement, mettre les choses à jour.

Alors j’étais là, un peu coincée comme ça, parce qu’il y avait une force qui voulait que je m’arrête même dans ma marche, pour que je me DÉTENDE, et je résistais avec toute ma volonté. Et puis je me suis aperçue que j’étais en train de faire une bêtise. C’était la même chose, il a dit la même chose. Et je me suis détendue – tout a été très bien tout de suite.

Au fond, on vit trop tendu. Ce n’est pas vrai ?...

Voilà mon petit, mon message de cette semaine.

Comment faire !... Oh! ça viendra. Mais c’est vrai, on est toujours trop tendu – toujours. Et je sais : tant qu’on est dans ce merveilleux mental-là, on a l’impression que si on se détend, on va tomber dans le tamas et l’inconscience ; et c’est cette habitude-là, cette vieille habitude d’avant qui reste, qui se prolonge ; quand on est comme cela, il y a quelque chose comme le restant d’un de ces censeurs merveilleux qui vous dit : «Oh ! attention, tamas, tamas ! Attention, tu t’endors – très mauvais, très mauvais.» Et c’est idiot, parce que le tamas n’est ni joyeux ni lumineux, tandis que ça, c’est tout de suite une joie et une lumière.

Vittadinia cuneata – Simplicité intégrale – La simplicité qui est la conséquence de la parfaite sincérité.

🪷

Dès que tout effort disparaît d'une manifestation, elle devient très simple, de la simplicité d'une fleur qui s'épanouit et qui manifeste sa beauté et répand son parfum sans éclats de voix ni gestes violents. Et c'est dans cette simplicité que réside la plus grande puissance, celle qui contient le minimum de mélange et qui donne lieu au minimum de réactions funestes. Simplicité, simplicité ! Comme est douce la pureté de ta présence. Mère – Prières et Méditations

🪷

Pourquoi parler de cela ? 

À propos de cette zone sensible du flanc droit, je m'étais aperçu que cela donnait l'impression d'un trou... alors j'ai posé l'intention de remplir le trou. Tout simplement. Au passage, aussi bien Mère qu'un Maitre chinois avait dit que nous étions remplis de trous, d'endroits sans conscience. Si nous étions remplis de Conscience,  remplis "à craquer" sans doute nous saurions ce qu'est la plénitude. D'ici là, nous sommes remplis de manques...

Et puis au réveil, tout frais reposé, à partir des profondeurs de la poitrine, j'ai perçu l'aspiration que la volonté vraie en moi fasse ce qu'elle avait à faire. 

C'est tout ! Alors, rien à négocier, rien à tergiverser,  rien à parlementer : on cesse de discuter. Alors, tout simple, une force à commencer à travailler sur cet endroit, aucun effort ! Ce n'est pas moi qui faisait, c'était cette force de la volonté. Simple, facile... 

Faire la volonté divine, j'ignore toujours ce que c'est. On imagine qu'il s'agit de faire des trucs. Peut-être que c'est cela aussi. Peut-être aussi que cela signifie aussi faire à partir de cette force.

Lorsque je me concentre sur la volonté vraie en moi, l'union de ma volonté avec la volonté divine... d'abord je ressens souvent automatiquement une grande joie, ça me rend heureux, je ressens de l'amour pour cette volonté... 

Et ensuite, cette volonté est une force et ça, nous pouvons la sentir. Dans l'agitation de l'action, je ne sais pas, mais dans le calme d'une intériorisation, on peut la sentir, et c'est délicieux, fort, puissant et doux, très simple...

Aucune colère, aucune violence, aucune brutalité, mais une volonté ferme, tranquille, qui ne se laisse pas corrompre, tordre : que toutes les choses dans notre nature s'ouvrent, se donnent, se laissent transformer, ou qu'elles dégagent... 

La volonté fait partie de la conscience et devrait, chez les êtres humains, être le principal moyen de maîtriser les activités de la nature. Sri Aurobindo – Lettres sur le Yoga

Quand je parle de la Volonté divine, j'entends . . . quelque chose qui est descendu ici-bas dans un monde d'Ignorance en évolution et qui se tient derrière les choses, faisant pression sur l'Obscurité avec sa Lumière, conduisant les choses, pour le moment, vers le mieux possible dans les conditions d'un monde d'Ignorance, et finalement les préparant à la descente d'un pouvoir divin plus grand dont l'omnipotence sera, non pas limitée et modifiée par les lois du monde tel qu'il est, mais en pleine action et, par conséquent, amènera le règne de la lumière, de la paix, de l'harmonie, de la joie, de l'amour, de la beauté et de l'Ânanda, car telle est la Nature divine. Sri Aurobindo – Lettres sur le Yoga

Par rapport à toutes nos maladies, tous nos désordres, toutes nos difficultés... si nous apprenions à utiliser la force de "notre" volonté-volonté divine... nous serions petits à petits libérés des moyens extérieurs. Et on ferait sans doute des découvertes. Ce serait une étude fantastique de voir les effets de cette force sur notre santé, de voir comment elle travaille, s'il y a des choses qui aident, des choses qui gênent. Etc. Alors voilà, l'humanité est en apprentissage, guidée par une main de maître, extraordinaire, c'est une autre histoire...

Aum namo bhagavaté, Aum namo bhagavaté...

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article