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Publié par pascalemmanuel

«Connais-toi, toi-même, et tu connaîtras l’Univers et les Dieux» (inscription placée sur le fronton du temple de la pythie de Delphes)

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Dans deux articles précédents, j'ai évoqué Sri Aurobindo mentionnant trois réalisations possible du Divin, sur le plan individuel (en soi), universel (dans les autres et le monde), et sur le plan transcendant et j'ai publié de larges extraits sur les différentes façons de le percevoir. Or, je ne me suis reconnu nulle part, ou très vaguement ici où là.

Cela m'a interpellé et après coup rappelé quelque chose entendu dans un cours de qi gong ou de médecine chinoise : on ne peux pas percevoir le qi mais seulement les effets du qi. 

Alors j'ai mieux regardé pourquoi je ne sentais pas spécialement "le Divin" et je me suis aperçu que j'étais beaucoup plus attentif aux effets de sa conscience, de son énergie que de sa Présence en tant que telle. Quelque chose comme ça. 

Dans la méditation Vipassana, nous ne faisons que cela pendant 10 jours et 10 heures par jour : observer les sensations. Alors, petit à petit les perceptions deviennent très fines. Dans mes intériorisations, c'est un peu la même chose. Je perçois une force travailler ici ou là, la nature de cette force, je n'y fais pas très attention. Est-ce le Divin, la Conscience divine, la Shakti....? C'est difficile à dire car cette Force est très silencieuse, très tranquille, très discrète... par contre les effets dans le corps mental, énergétique, physique sont plus facilement observables et perceptibles : ça travaille et on le sent. 

Je devrais sans doute apprendre à observer différemment et autre chose, moins la Nature, la Prakriti et davantage l'Âme, le Purusha, moins les effets de la conscience que la conscience elle-même, à supposé que cela soit possible. Je n'en sais encore rien : c'est une piste, j'ignore si cela donnera quelque chose.

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Intériorisations...

En attendant, dans mes intériorisations-concentrations, parfois l'attention se pose sur une partie sensible du corps, l'épaule droite, le flanc droit... ou sur un centre énergétique ou un autre. Et je me suis aperçu, on s'en serait douté, que les impressions sont très différentes lorsque l'on travaille sur la tête, le plexus solaire, le nombril, le bas ventre...

J'imagine que n'importe quelle concentration sur n'importe quel centre peut amener des expériences "extraordinaires" comme le laisse supposer cette belle image. Des expériences de lumière, de paix, d'infini, de joie, d'amour... 

À mon stade, il me semble que j'expérimente plutôt tout ce qui fait obstacle, tout ce qui est figé, impur, déformé, tout ce qui mérite d'être purifié, transformé, dissous...

Je ne m'étais jamais concentré sur l'échelon, l'étage du coeur... c'est surtout la zone du plexus solaire qui me demande du travail, et le ventre, et la tête... alouette... Ou plutôt, quand je me suis concentré sur le coeur, c'était directement de focaliser l'attention au fond pour essayer de connecter l'être psychique.

Chagrins...

Cette fois, allongé, j'ai posé les mains sur la cage thoracique avec l'idée de connecter-laisser remonter ce qu'il y avait sous les mains. Cela pouvait concerner aussi bien les énergies-mémoires des poumons, du maître coeur de la pensée chinoise, que du coeur lui-même. 

Et je dois dire que ce que j'ai découvert m'a surpris, on se connait bien mal, nous ignorons beaucoup ce qui nous habite.

La première vague, une dizaine-vingtaine de minutes ne m'a pas surpris : beaucoup de chagrin, de tristesse, normal, c'est l'émotion qui blesse le plus le poumon.

La méthode est toujours la même : la conscience observe, aussi neutre, imperturbable, détachée que possible et il s'agit de tout jeter dans le feu de la purification, de tout offrir au Divin, que cela devienne vide, clair, transparent, calme, serein, d'une joie paisible...

Et puis cette vague remplie de tristesses au pluriel s'est apaisée et tout est devenu calme, comme une mer paisible....

Coeur violent...

Et puis une deuxième vague a surgi, plus profonde. Et là, j'étais quand même surpris. C'est comme si j'étais rentré dans le monde des sentiments. Et nous avons des sentiments sur tout n'est-ce pas. Alors, en général, ils nous traversent un par un, ou deux par deux ou quelques-uns... Je regardais d'en haut et cela ressemblait à un hall de gare où chaque personne symbolisent un sentiment : un capharnaüm, une confusion... 

Mais c'est surtout la violence des sentiments. Je ne parle pas du tout de sentiments violents je parle de la violence des sentiments. Une sorte d'intensité. Comme lorsque nous prenons les choses très à coeur. C'est peut-être parce que j'étais en contact conscient avec eux, sans filtre, sans le filtre mental de la raison, de la morale ou de je ne sais quoi. Peut-être qu'une femme amoureuse, une mère pour protéger son petit saurait de quoi je parle.

Dans mes pratiques précédentes, j'ai "beaucoup" travaillé sur la zone du plexus et du nombril et j'ai été face à quelques passions véhémentes du vital. Là, ce n'était pas la même teneur. Nous avons une géographie intérieure qu'il nous appartient de découvrir... ou pas. Aucune règle, aucun devoir, aucune obligation, chacun suit son chemin... 

Alors, puisque dans mes intériorisations, le mental reste en état de marche, je me suis souvenu avoir entendu Annick de Souzenelle parler des "coeurs violents" dans la bible. Il y a de nombreuses versets qui condamnent les violents mais c'était autre chose. Là, cela disait que c'était les coeurs violents qui accédaient à je ne sais plus quoi... Je n'ai pas réussi à retrouver le passage.

Et puis, je me suis rappelé Sri Aurobindo parler du coeur violent de Savitri, dans le Livre 6 - Chant 1 : Mais Savitri répondit avec son coeur violent, et puis dans ce magnifique passage du Livre 3, chant 4 :

Sa prière s’est enfoncée dans le refus de la Nuit

Étouffée par les mille forces qui nient,

Comme si elle était trop faible pour grimper jusqu’au Suprême.

Or, une immense Voix consentante s’est levée ;

L’esprit de beauté s’est révélé dans un son :

La Lumière flottait sur le front de la merveilleuse Vision

Et sur ses lèvres la joie de l’Immortel a pris une forme.

“Ô puissant avant-coureur, j’ai entendu ton cri.

Celle-ci (*) descendra pour briser la Loi de Fer

Et changera le destin de la Nature par le seul pouvoir de l’Esprit.

Un Mental sans limites capable de contenir le monde,

Un cœur violent et doux aux calmes ardents viendra

Mû par la passion des dieux.

Toutes les puissances et les grandeurs se joindront en elle :

La Beauté marchera divinement sur la terre,

Le Délice rêvera dans le flot de ses cheveux

Et dans son corps, comme en son nid natal,

L’Amour immortel battra ses ailes de gloire.

(*) La naissance de Savitri sur cette terre.

Coeur de lion de Danton...

J'observais le travail intérieur se faire avec ce qui est... Et c'était comme si tous ces sentiments violents d'intensité se fondaient en une seule chose, comme s'ils perdaient leur forme extérieure, pour ne garder que leur énergie, leur essence, leur force.

Alors j'ai pensé au nom de Richard Coeur de Lion. Je ne sais pratiquement rien de lui mais son nom est ultra célèbre. Et dans la foulée la devise de Danton m'est revenue en mémoire : De l'audace, toujours de l'audace, encore de l'audace.

Je me disais que si j'avais des enfants ou si j'étais proches d'enfants, c'est cette maxime qu'il faudrait enseigner. 

Nous sommes loin de cette spiritualité mièvre, pleine de guimauve et de bons sentiments et nous préférons d'un côté, les surprotéger en disant : attention de ne pas prendre froid et met bien ton écharpe et ne touche pas la terre, c'est sale... et de l'autre, les maltraiter en leur imposant éducation débilitante, masques et injections. 

Nous sommes en guerre nous a répété Emmanuel Macron, même si c'est une guerre d'un nouveau genre, ajoutant que la Bête de l'Événement est là, sans parler de la situation terrible que nous traversons et pour traverser tout cela, quelques vertus guerrières sont très utiles... mais la société préfère véhiculer l'importance de lutter contre la corrida et de respecter les transexuels...

Pour revenir à mon intériorisation, j'avais le sentiment que cette "violence" du coeur était l'une des qualités de l'être psychique. Ou proche. La présence divine cachée dans notre coeur n'a rien de mièvre, c'est fort, c'est puissant, c'est même immortel. 

Cette phrase de Danton est pour moi la preuve qu'il était proche ou relié à cette force d'âme... 

Vraiment, si nous savions comment nous reconnecter à cette force intérieure, cela deviendrait compliqué pour les gouvernants... 

Le volcan du dragon

Alors, une vision est venue. Tout à coup, la poitrine était comme le cratère d'un volcan vu d'en haut, avec une puissante lumière orange au fond. Cette vision était déjà venue quelques mois auparavant. Alors, armé de cette audace, j'ai plongé au coeur du volcan...

Et arrivé en bas, a surgit l'image d'un dragon. Les dragons n'existent pas, bien entendu. Sauf dans le zodiaque chinois et ici et là dans Savitri. Sans doute la représentation symbolique d'une énergie. D'ailleurs je l'avais déjà vu. 

Et pendant une quinzaine de minutes, j'ai observé et réfléchi que faire de cette "énergie-dragon". 

Avec les énergies, il y a l'image du cavalier. C'est à nous de les chevaucher et de les dominer, de les maitriser et non l'inverse. Pas si facile quand les énergies sont puissantes. D'autant qu'il était immense et je me ressentais comme un tout petit point en comparaison à peu près comme  un homme par rapport à un immeuble de 6 étages. 

Je me suis un peu bagarré avec, j'ai essayé de rentrer en lui, de lui imposer le calme de l'extérieur... rien de très concluant.

En tout cas, aucune peur, une bête magnifique. Et je ne sentais pas la négativité. Les membres du gouvernement et du Forum Économique Mondial me paraissent bien plus pourri que mon dragon. 

N'empêche que je ne savais pas quoi faire. Je me suis adressé au Divin en lui disant : je ne suis pas un chaman, je n'ai pas été formé en occultisme, je ne sais pas faire... 

Pas le sentiment d'avoir reçu de réponse : sans doute que nous devons apprendre à nous débrouiller. 

La porte du ciel

De toute façon, je me disais :  même si j'arrive à le chevaucher, ce serait pour aller où, pour faire quoi ? Aucune idée. Et puis, après un moment, j'ai trouvé : voler vers le haut, l'ascension de la conscience.

Alors c'est comme si je me retrouvais sur lui et qu'il fonçait les ailes repliées comme un piqué tout droit vers le ciel, à fond les gamelles. Sauf que, très vite, ça été bloqué vers le haut. Alors je me suis rappelé le fameux couvercle évoqué par Mère. Alors j'ai poussé, poussé et rien à faire...

C'est ballot ! Cette puissante énergie dragon semblait incapable de "forcer" le couvercle de la tête.

Je ne comprends pas bien pourquoi c'est fermé. Parce que souvent, je sens des picotements au-dessus de la tête, des énergies, une force qui presse et quelque fois, ça coule dedans. Alors d'en haut cela peut descendre mais d'en bas, ça ne peut pas monter. Bizarre ! À moins que le but du jeu n'est pas de monter mais de descendre dans le corps parce que c'est là que se situe mon travail. C'est possible, je ne sais pas. 

Pendant une dizaine de minutes je me suis concentré à pousser, pousser, c'était fatigant... sans résultat.

Alors je me suis dit : il faut faire autrement. Au lieu de pousser comme un âne, une brute, de toutes tes forces, rassemble ta conscience, calme toi et pousse avec délicatesse... les portes sont étroites et difficiles à forcer nous a dit Sri Aurobindo dans l'aphorisme 5 :

Alors effectivement, il y avait le sentiment qu'un filet de quelque chose passait. 

La porte de la terre

Pas très convaincant ni très convaincu, peut-être par manque de persévérance, j'en ai eu assez et j'ai voulu forcer le passage vers le bas, la voie de la descente de Mère. C'est en bas qu'Elle a cherché la solution, la trouée vers le bas... 

Alors j'ai poussé-poussé vers le bas, dans l'abdomen, les hanches, les jambes, les pieds et je voulais descendre dans la terre...

Là non plus, la conscience n'a pas réussi a passer...

La porte du coeur

Chemin bloqué en haut, chemin bloqué en bas, alors la conscience est revenue se positionner dans la poitrine avec à nouveau cette sensation d'être face à une porte close : on n'entre pas.

Pourtant, la parole biblique est connue : frappez, et l'on vous ouvrira. 

"Demandez, et l'on vous donnera ; cherchez et vous trouverez ; frappez, et l'on vous ouvrira"

Matthieu 7.7.

Peut-être qu'avant d'ouvrir la porte le Christ regarde par le Judas 😃😃😃

J'avais tout de même le sentiment, sans doute en partie vrai en partie erroné, qu'une certaine attitude était requise... 

J'ai déjà mentionné que souvent que la conscience s'accroche sur quelques mots de Sri Aurobindo-Mère et qu'ils suffisent pour qu'un travail se fasse. Dans à peu près tout ce que j'ai publié et lu ces jours derniers, ce sont ces mots en rouge qui se sont le plus imprégnés en moi. 

La lumière grandissante de la conscience divine nous rendra proches en notre âme du Maître du sacrifice cosmique et un avec Lui par identité en notre être profond et dans notre substance spirituelle — tel est le suprême but de l’existence proposé par l’ancien Védânta.

Il y a l'intuition-sentiment-perception que très profondément dans notre coeur, une partie de nous est déjà une et unie au Divin. L'idée de focaliser ma concentration sur le point où nous sommes déjà un   m'a permis de toucher quelque chose. Ça, c'est quelque chose qui me parle et qui me donne une sensation d'entonnoir vers la profondeur du coeur. Le  Divin,  on ne sait pas trop ce que c'est, on se sent séparé, mais profondément dans le coeur, il y a un point, un lieu où nous sommes réunis... C'est sur ça que je me suis concentré... 

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La Faim...

À un autre moment, je ne sais plus quand... j'ai touché tout à fait autre chose que je suis tenté d'appeler la Faim avec un F majuscule. Physiquement, j'avais mangé, l'estomac plein je n'avais pas faim. Pourtant, en moi, quelque chose avait Faim, avait envie de manger. C'est cette énergie qui doit être à l'origine des contes sur les ogres. Ça avait envie de poulets rôtis, de cuissots de chevreuils et de terrines de sangliers, de faisans et de perdreaux, les truites, les saumons et les brochets.... une faim Pantagruélique...

Faim de quoi ? Faim d'amour ? Faim de joie ? Faim de l'Autre chose à venir ? 

Alors je l'ai mise au feu... ce qui ne veut pas dire qu'elle ne reviendra pas et que le travail est définitivement terminé. 

Je précise que cette expression "jeter au feu" est sincère-pas sincère. Sincère en ce sens que l'aspiration y est. Pas sincère en ce sens que je n'ai pas de perception très claire d'avoir touché ce feu purificateur de l'âme, d'Agni, de la Volonté divine...

L'aspiration sincère semble suffire pour une efficacité relative. Sur le moment, les choses, les énergies semblent se dissoudre, disparaître... le corps est traversé par des sensations de soulagement.

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Lumière blanche ?

Dans cette longue intériorisation, j'ai eu a plusieurs reprises la sensation de "voir sans voir" une lumière blanche. Le cratère du volcan et la lumière de feu orange était une vision, je l'ai vu, alors que cette lumière blanche était une impression, assez forte cependant. Une seule fois, j'ai vu, et cela m'a fait sourire. C'était quand je poussais-poussais dans les jambes pour forcer la porte de la terre... cela me faisait comme des chaussettes blanches 😊. De même, depuis quelques temps, lorsque je me concentre sur la volonté divine, cette force vraie qui soutient nos activités, j'ai aussi cette impression de blancheur.

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S'abandonner complètement

Découverte plus importante : dans cette intériorisation, j'ai été en contact avec une force puissante. D'abord celle des sentiments qui s'est transformée en audace et puis cette énergie du dragon, même si en définitive il n'a pas réussi à forcer la porte du ciel. 

Et pourtant, avec cette grande force intérieure que je sentais, je ne suis pas arrivé à grand chose. Et à une ou deux reprises, il y a eu un lâcher prise intérieur et je me suis adressé à la Mère divine et à sa shakti : j'ai beau essayé, je n'y arrive pas, fais le pour moi. Alors, j'ai senti qu'une autre force prenait le relais et parvenait mieux que moi. 

Alors, je n'ai pas clairement identifié le pourquoi du comment mais il y avait comme une difficulté à se laisser faire. En tout cas j'ai bien perçu une différence dans la qualité du pouvoir. Il y avait les sensations quand j'utilisais ma propre force et les sensations quand c'était une autre force qui intervenait et c'était assez nettement différent en qualité et en efficacité. 

Ce n'est pas si facile que ça de s'abandonner... 

 

Conclusions :

En tout cas, tout cela était pour moi très concret. Ce n'est pas du tout parce que cela se passe dans le monde intérieur que ce fut brumeux ou fumeux. Quand la conscience est au repos, tranquille, cela devient plus clair. Et puis, au fil des années, je commence a mieux me débrouiller... 

Malgré un cheminement apparemment désordonné qui passe d'une chose à une autre, il y a le sentiment de progresser...

Même si je ne suis pas complètement satisfait. Seule une consécration complète peut me satisfaire complètement....

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